Politiques foncières et aménagement de l’espace : la triste réalité

D’ici la fin de l’année en cours, deux rencontres d’envergure auront lieu en Algérie et évoqueront l’épineuse question de la gestion foncière et l’aménagement de l’espace.
Il y a d’abord le colloque international qu’organisera l’EPAU d’Alger (école polytechnique d’architecture et d’urbanisme) les 7 et 8 novembre sous le thème de « la ville algérienne : 50 ans après, bilan et vision d’avenir ».
Le colloque ne manquera sans doute pas d’importance lorsqu’on sait que des communications comme, entre autres, « le foncier en Algérie, de l’indépendance à aujourd’hui: quelle gestion? Quels enjeux?», « stratégie foncière urbaine à Alger face aux besoins des programmes d’habitat », sont au menu.
La seconde manifestation est la rencontre du réseau FONCIMED (réseau de recherche sur le foncier méditerranéen) qui se tiendra cette année du 16 au 21 décembre prochain à Biskra.
Dans tous les cas de figure, les défis qui se posent en matière de gestion des espaces et de protection de cette ressource rare et épuisable qui est le foncier occuperont une large part des débats à l’occasion de ces deux rencontres.
Les chercheurs et spécialistes dans ce domaine auront également à dresser une énième série de recommandations pour freiner toute forme d’anarchie et d’abus dans l’occupation des espaces.

Accaparement de terres

A partir de là, la question qui se pose est de savoir quel sort réserveront les politiques aux recommandations des scientifiques ?
Ne surtout pas espérer l’application du discours scientifique dans la conception des politiques publiques en la matière.
Pas en Algérie en tout cas. Pour preuve, il n’y a qu’à voir la facilité avec laquelle le ministère de l’habitat vient de lancer depuis quelques mois une campagne de régularisation massive des habitations entachées d’irrégularité à travers « l’instruction interministérielle N°04 portant allègement des modalités de mise en conformité des construction et leur achèvement ».
Or, d’aucuns savent que la majeur partie de ces constructions incarnent la forme la plus sauvage de l’accaparement des terres.
Pour mémoire, des centaines de constructions ont été réalisées illégalement durant les années 1990 sur des terres agricoles lorsque le pays a plongé dans une crise politique et sécuritaire sans précédent.
Les détournements ont touché notamment les périmètres périurbains, comme cela a été le cas dans la périphérie d’Alger, Blida et Boumerdès.
Dans son livre "grandeur et décadence de l’Etat Algérien", (éditions karthala 1994), l’universitaire Ahmed Rouadjia écrit:« Régulariser le fait accompli a toujours constitué une pratique courante depuis que l’Algérie a accédé à sa souveraineté ».
Les responsables des ministères comme celui de l’habitat, ont-il réellement besoin des recommandations de chercheurs universitaires ou d’experts ?

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19 Réponses à “Politiques foncières et aménagement de l’espace : la triste réalité”

  1. ZITOUNI Hamoud dit :

    Au secours, arrêtez le massacre des terres agricoles !
    Que se passe-t- à Sétif ? Près de 300 hectares de bonne terre agricole de l’ex domaine Mansouri ont été ravagés depuis quelques jours par le bulldozer pour être livrés à l’extension urbaine. Il y a quelques mois, ces terres, en partie irriguées, (près de 50 ha) portaient du blé et de la pomme de terre et faisaient vivre quelques dizaine de familles ?
    L’extension urbaine est devenue de toute évidence une nécessité mais celle-ci devrait s’opérait avec discernement et sagesse. Sétif dispose de quelques milliers d’hectares en surface inculte ou de terres agricoles de 3ème catégorie qui peuvent être destinées à l’urbanisation. Quelques centaines d’hectares se localisent à Chouf Lekdad, à l’Ouest de la ville, et le reste ; de quoi réaliser une autre plus grande ville, à l’Est, sur la commune d’Ouled Saber, un immense territoire de rocaille et de terre maigre livrée à la vaine pâture. Toutes ces terres « déclassables » sont en quasi-totalité biens du domaine privé de l’Etat
    Des instruments de gestion du territoire et de préservation des ressources ont été réalisés à l’échelle de la wilaya et à l’échelle de la commune. Schéma directeur d’aménagement et de développement agricole de la wilaya (Bneder 1987), Plan communal d’affectation des terres (Bneder , 1988) , PDAU revisé , Schémas national et régional d’aménagement du territoire (Bneder, 2009) … Il suffit de dépoussiérer ces documents sensés aider à la prise de la décision.

    Alors ? Méconnaissance des lieux ? Solution de facilité (fameux décret ravageur portant reprise des terres du domaine privé de l’Etat) ? Précipitation et à-peu-prisme ? Peut-être tout ceci à la fois.
    La terre nourricière est cette précieuse ressource non renouvelable qui restera aux futures générations d’Algériens après que le pétrole soit épuisé. Alors préservons-là à tout prix au non de ces dizaines de millions d’Algériens à venir et au non de la loi.
    Messieurs les responsables, faites arrêter ce massacre avant qu’il ne soit trop tard. Un hectare de terre fertile bétonné est perdu à jamais et aucune mise en valeur réalisée à coup de dizaines de millions de dinars ne peut le remplacer.
    ZITOUNI Hamoud, agronome.

  2. Il faudrait tout de meme arreter de prendre les Algériens pour des idiots et commmencer par le début .
    Bon nombres de proprietaires ne le sont que sur le papier en raison des titres d ‘éxploitation des EAC non annulés apres la restitution des terres , il sont dans l ‘impossibilitée de cultiver leurs terres a cause des erreurs commises par l ‘etat.
    Cette situation est irréelle .
    Des sommes faramineuses sont nécessaire et des procés a n’en plus finir , sans compter le prix de la corruption si l ‘on desire recupere sont .
    Ledroit de propriété est bafoufé a ce point ?
    Au secour !!!!!!!

  3. ZITOUNI Hamoud, agronome dit :

    Elargir la SAU (surface agricole utile) en Algérie par la mise en valeur est un impératif pour nous mais protéger les terres encore cultivables et de grande productivité c’est une URGENCE qui s’impose à l’Etat. Les nombreuses agglomérations hideuses voire des d’entrepôts des shoo room implantées comme des plaies à l’intérieur de périmètres irrigués offrent une image tout aussi affligeante que révoltante: Plaine d’Annaba, de Hamma Bouziane (Constntine), de Guelma, de Bazer Sakhra (Sétif), périmète du Ksob (Msila), Mitidja, Plaine du Chélif, etc… Elles incitent à se questionner sur la gouvernance locale (Wali, DHW, DSA, DUCH,..) , sur le respect des lois de la République et sur l’efficience des politiques de l’aménagement du territoire national et enfin celle de la préservation de la terre nourricière, une ressource non renouvelable et somme toute rare (cf les ratios cités par des intervennats).

    • BENYOUCEF BADREDDINE dit :

      Ya Hamoud, Ya Oihade Lebandit, maintenant je suis sûr que c’est la personne que je recherche. J’ai répondu à Aziz Mouats et tu trouveras mon adresse électronique. J’attends un message de ta part avec l’impatience que tu devines.

      Pour la question du foncier, j’espère que tu as lu une interview à laquelle j’ai répondu dans El Watan du 9 juillet 2012 où je parle justement de cette question cruciale.

      Je vais juste te raconter un cas particuliers : Je connais 4 algériens qui ont bénéficié de plus de 100 hectares de terre arable. Ils se sont séparés depuis. Et pour cause : Ils se sont arrangés pour vendre tout ce qu’ils ont pu vendre sur l’exploitation. Même les fenêtres et les toits des hangars ont été vendus. Il ne reste que les murs et même l’un d’eux a pensé judicieusement s’il ne pouvait pas les démonter parpaings par parpaings pour les fourger à des auto constructeurs. Il n’a pas pu le faire techniquement car les murs étaient bien crépis de ciment et les parpaings s’effritaient lors du démontage.

      Et tout cela avec la bénediction des autorités, ou du moins de leur laxisme.

      As-tu vu aussi comment nos collègues qui ont occupé des postes prestigieux (PDG, directeur central au ministère ect… ect…) se sont couchés devant leurs maîtres.

      J’attends ton mail : eniderdab@hotmail.com

      Salut vieille croûte….

    • Agronome dit :

      Les interventions réchauffent le coeur. On voit qu’il y a des hommes qui pensent à l’avenir du pays.
      @ZITOUNI.
      Vous n’êtes pas sans savoir qu’il y a une autre cause de perte de terres agricoles: l’érosion hydrique et éolienne. Mais certaines de ces formes d’érosion sont insidieuses: elles ne se voient pas.

      1) Labourer les terres agricoles est une hérésie. L’agronomie enseigne que l’homme dot prendre le grain et rendre la paille au sol. Chez nous, le mouton dévore tout. Seules les racines résistent à la dent du mouton. Mais la charrue et le cover-crop en remuant la terre minéralisent ces racines. Résultat: la matière organique du sol est de 1%. Or, pour la stabilité des agrégats du sol et la résistance à l’érosion, il faut un minimum de 2%.

      2) La solution? Le semis direct et l’abandon du labour. Le sol n’est travaillé par un disque qu’à l’endroit où la graine est déposée. Déjà à Sétif, des agriculteurs et agronomes développent le semis direct. Les superficies atteignent 5 000 hectares.

      3) Un manque de semoir. Ce type de semis demande des semoirs spéciaux. Or, ils sont importés et chers. La Syrie en fabrique un pas cher et robuste. Il est testé à Sétif. Ce pays a développé cette technique sur 50 000 ha.

      4) Interdire le cover-crop dans la steppe. Sur les 22 000 000 d’ha des éleveurs labourent les nappes d’alfa. Si une céréaliculture peut exister dans les dépressions aux sols plus profonds, le cover crop doit être interdit. La solution aussi pourrait être le semis direct.

      • ZITOUNI Hamoud dit :

        Un ancien prof de l’INA d’El Harrach affirmait que l’agronomie est la science des localités. Cela veut dire que l’agronomie doit tenir compte de toutes les particularités pédologiques, topographiques, climatiques voire sociologiques des milieux. Plus prosaïquement, ce qui est considéré comme pratique techniquement valable sur les terres lourdes (argilo limoneuses) relativement bien arrosées (+ de 500mm) de Constantine par exemple peut être déconseillé sur les terres des HP sétifiens ou du Sersou (semi aride à aride et froid aux sols légers) et inversement. Cela est connu par nos paysans professionnels.
        Le travail du sol est un élément essentiel de la mise en place d’une culture. Quand il n’est pas adapté il peut provoquer de véritables catastrophes écologiques. La céréaliculture en milieu steppique aux sols minces balayés par les vents en est l’exemple le plus connu mais pas le seul. La soi-disant mise en valeur entreprise durant la décennie précédente à coup de centaines de milliards a produit, sauf en de rares exceptions des paysages lunaires par le fait de la bêtise des uns (les techniciens) et la cupidité des autres (cf affaires dont est saisie la justice). Les exemples sont nombreux mais je citerai le cas le plus révoltant que j’ai eu à observer en 2004: les centaines d’hectares de steppe d’alfa d’armoise entre Naama et Mekmen Benamar réduits à néant par le bouteur et l’érosion éolienne. La désolation. Attila n’aurait pas fait mieux, avec svp l’argent public. Par contre, sur les dépressions alluvionnaires humides et protégées des vents (dhayate et mekmen) la culture de l’orge bien de chez nous (Saida ou Tichedrett) donne, sans apport de fertilisant, d’excellents résultats (20 à 50 quintaux/ha). Les plantations pastorales, lorsqu’elles ont été réalisées avec intelligence et soin, ont, elles aussi, donné des résultats satisfaisants. Je pense que ces plantations sont le véritable avenir de la steppe et de son pastoralisme. Sans quoi, le mouton disparaîtra de ces contrées à écosystème fragile déjà bien ravagé par le surpâturage, l’érosion éolienne et la bêtise humaine. L’image de l’agneau élevé sur les pâturages d’armoise, d’alfa et d’atriplex qui donnent toute la saveur à leur viande a cédé à la réalité bien triste de mouton engraissé intra muros par l’orge, le maïs et l’aliment composé destiné à la volaille.
        Quant à la pratique du semis direct chez quelques agriculteurs professionnels leaders et même de fermes d’Etat de Constantine et Sétif bien connus, elle donne des résultats probants (30 à 50 qx/ha) et mérite un meilleur suivi de la part des pouvoirs publics et leurs démembrements locaux. Le problème de la disponibilité de semoirs adaptés particulièrement coûteux se pose. Ces agriculteurs et gestionnaires de fermes pilotes, par leurs efforts et les défis qu’ils relèvent, méritent toute la considération tout à le moins toute l’attention. Cette technique bien avantageuse a plus d’avenir que l’hypothétique irrigation d’appoint des céréales à cause justement de la rareté de l’eau réservée à l’irrigation. Lorsqu’on dispose de l’eau d’irrigation, on préfère la réserver aux cultures de très bon rapport : pastèques, melons, poivrons, pdt …).

  4. de 0,75 ha par habitant en 62; à 0,25 ha par hab aujourd’hui. la SAU est entrain de se rabougrir à vue d’oeil. 80% des 36 millions d’habitants sont confinés sur le nord du pays cette situation va empirer sur les 20 années prochaines ,je vous laisse deviner les pressions sur le foncier de quelle nature soit il.forêts, plaines, collines, sahel, versants…..pourquoi ?parce,que la planification,la projection les expertises en aménagement du territoire c’est le cadet des soucis du fonctionnaire et de l’administration.au lieu de mettre les instruments juridiques, techniques et scientifiques au service d’un redéploiement des activités économiques et du développement des urbanismes, des infrastructures,dans un souci de respect des équilibres territoriales, nous nous sommes confinés dans des solutions de facilités au lieu de voir l’indicateur ou le ratio des terres utiles par habitant passer de 0.75 à 3.00 ou 4.00 ha par habitant c’est le contraire qui s’est produit mais le pire est dans l’avenir.

  5. Mouats Aziz dit :

    Ne serait-il pas venu le temps d’avoir une vision plus futuriste de l’usage des terres agricoles? N’est-il pas venu le temps de songer enfin à étendre la SAU du pays par la mise en valeur de nouveaux espaces…il ne faut surtout pas perdre de vue que la SAU nationale et patriotique remonte à Massinissa…il est malheureux de constater que nous avons construit dans l’anarchie et la précipitation, mais il est encore plus malheureux de voir que la SAU récupérée à l’indépendance s’est réduite sous le coup de boutoir des bulldozers et des politiques hasardeuses…il ne faut pas se leurrer, la croissance démographique et la haine entretenue pour les métiers de la terre sont les principales dévoreuses de terres agricoles. Il suffit de voir comment sont considérés les agronomes et les fellah, comment on a détruit le système de formation agronomique à tous les échelons pour se rendre à l’évidence que tout ça a été savamment orchestré par nos responsables qui ne sont que des irresponsables…dans l’accord de rééchelonnement de la dette avec le Club de Paris ( qui n’est pas le PSG) qui négociait au nom du FMI et de BM, c’est le secteur de l’agriculture qui a été sacrifié en premier…il suffit de savoir que depuis 1981 et la réforme de Sélim Saadi, aucune ferme d’état n’a été autorisée à acheter une mobylette pour que l’agronome ou le chef de culture puisse se rendre aux champs…édifiant non? Aziz Mouats (P2)

    • BENYOUCEF BADREDDINE dit :

      Salut Aziz,

      Très lucide ton intervention.

      As-tu remarqué que depuis l’article du 9 juillet 2012, le ministre a réunit tous ses cadres de son secteur pour "discuter" sur ce foncier qui nous préoccupe tant ???

      Il ya des paramètres indéniables qui nous ont plongés dans cette réalité affligeante (croissance démographique hyper galopante, Dieu Pétrole qui permet TOUT, maintenant on parle de gaz de schiste). Ils vont donc fractionner le sous sol algérien et dans quelques decénnies, ils couleront TOUS DEDANS.

      Sans oublier tous les cadres qui se sont couchés devant leurs maîtres et qui ont appliqué tous les inepties qui se sont succédées depuis 1965.
      Tu sais très bien qu’il n’y avait que leurs carrières professionnelles qui les intéressaient.
      Tu sais très bien qu’il ya des cadres du secteur agricole qui sont partis à la retraite à…..50 ans …

      Et il y a un point très important qui a été mis sosu silence par la société algérienne : tant que l’agriculteur, le fellah, l’éleveur ne seront pas considérés comme ils devraient l’être, notre pays sera toujours à la traîne et dépendra à 85% de l’étranger.

      Dans les pays possédant l’arme verte, les agriculteurs sont des notables, des dirigeants respectés et très souvent des donneurs d’ordre à l’échelle sociale.

      Dans notre pays, poru dénigrer quelqu’un, on n’a qu’à le traîter de BERGER !… Tout est dit.

      Question à un dinar n’ayant + cours : Dis-moi, mon cher ami, ce Zitouni n’est-il pas le zouave de la 3ème promo ??? SI c’est lui et qu’il lise cette intervention, qu’il me contacte, j’ai une foultitude de choses à lui dire.

      eniderdab@hotmail.com

      Salutatiosn fraternelles.

      • ZITOUNI Hamoud dit :

        Mon cursus professionnel m’interdit de stigmatiser tous les responsables du secteur agricole combien même on y compte des incompétents, des je-m’en-foutistes pistonnés (ils se reconnaîtront), carrièristes roublards, des à-plat- ventristes, voire des véreux. Nombreux de nos ainés et de notre génération ont donné le meilleur d’eux- même sans compter. Ils ont été exemplaires dans leur probité. Leur force de caractère et leur intelligence leur a permis d’accomplir avec brio leur mission et de s’opposer aux oukases mal inspirées au prix même du limogeage et de la disgrâce. Ils sont nombreux à en avoir payé le prix . Mais le plus important pour notre pays, pour le développement de son agriculture; c’est d’analyser sereinement les multiples dysfonctionnements de la politique agricole suivie depuis l’indépendance à ce jour- dont le foncier en est un élément essentiel – et d’oeuvrer à les corriger. Voir sur les étals de nos marchés des pommes ou des oranges importées peut être perçu comme l’expression de l’échec -partagé- de la politique agricole. Voir les belles terres fertiles en friche nous paraît à première vue juste titre scandaleux. Voir ces mêmes terres rongées par le béton c’est franchement désastreux. Comment arrêter la descente aux enfers de notre agriculture et lui imprimer une voie ascendante plus à même de remplir ses fonctions économique, sociale et écologique? Tel me semble la préoccupation majeure qui doit nous réunir.

    • ZITOUNI Hamoud dit :

      Pour illustrer ce que tu viens de formuler:
      1/ à propos de la formation: On a liquidé des écoles d’agriculture qui constituaient une des fiertés du secteur: Celles de Sidi Bel Abbès , de Skikda, de Tlemcen, de Constantine… Les exploitations agricoles qui leur servaient d’ateliers de travaux pratiques ont été ravagée par le béton ou laissées en friche lorsqu’elles ont échappé miraculeusement au chapardage (saluons à l’occasion le rôle salvateur d’un ex directeur central qui s’est opposé au partage de "frissa" et a permis de rattacher ce terres à des fermes d’Etat voisines).
      On forme actuellement des agronomes et assimilés sur les travées des amphi des universités. Résultats des courses: des "agronomes" qui ne savent pas faire la différence entre un pied d’orge et pied d’avoine, entre un pommier et un prunier, etc… Brusquement j’ai la nostalgie de ces fermes-ateliers de l’ex ITA, de ces stages dit d’alternance ( cours théoriques- atelier de TP et TD- stage pratique) sur les diverses exploitations agricoles étatiques et privées de l’ensemble du pays que nous rejoignons cycliquement munis de notre cartable et notre sac marin. Puissent les responsables actuels en charge de la formation s’en inspirer.
      2/ Créés par le défunt KASDI Merbah au lendemain du démantèlement des DAS (loi 87-19) auquel il n’était vraisemblablement pas associé, les " fermes pilotes" appelées initialement "fermes semencières" étaient gérées initialement par un directeur du niveau d’ingénieur sous le contrôle d’un conseil d’administration présidé par le DSA. Ce n’était pas d’une grande efficience mais un très grand nombre de fermes étatiques ont survécu à la prédation, à la faillite, aux effets dévastateurs du terrorisme. Un grand nombre estimable de ces exploitations dont les comptes sont contrôlés par un commissaire aux comptes affichent des résultats honorables. Pour tout cela, leurs directeurs méritent amplement le "wissam" agricole. Aujourd’hui, ces fermes sont dans leur totalité sous tutelle de 2 holdings dont ils subissent les plus absurdes oukases et quelquefois la prédation. Ex: Prise en charge du "missionnaire-contrôleur" , achat d’un véhicule de service sous condition d’en offrir un autre à la holding, kebch el aid, petite enveloppe, portable dernier cris, etc, etc… C’est salement scandaleux.

  6. ZITOUNI Hamoud, agronome dit :

    La dilapidation des terres agricoles en Algérie pauvre en terre arable devrait être considérée comme un crime envers les générations d’Algériens à venir. Très souvent sous le prétexte de la pression sociale, ce sont les institutions de l’Etat, plus particulièrement la wilaya qui procèdent à la hussarde, en abusant de leur autorité, quelquefois en violant la loi et très souvent au mépris des avis et des solutions de rechange formulés par les services agricoles locaux. Dans cette dilapidation qui ne dit son nom, les responsables ont une prédilection pour les terres de l’Etat, en général les terres très fertiles des ex colons à cause de la facilité de la procédure de recupération ( cf décret OUYAHIA).
    Construire tout azimut sur les belles terres de la Mitidja ou de la plaine inondable d’Annaba c’est aggraver l’appel d’air. Plus on y construit, plus les besoins en construction croissent exponentiellement. Un jour pas très lointain toutes les terres fertiles dotées de réseaux d’irrigation seront couvertes par une urbanisation sauvage, démesurée et laide.
    A quoi servent les très coûteuses et laborieuses études relatives aux schémas d’aménagement du territoire ?
    Ces études, toutes, dont les premières datent au moins des années 70 proposaient le développement des régions dites intérieures (hauts plateaux, steppe, grand sud). En vain. Même l’autoroute , on a préféré la tracer sur les terres fertiles des plaines du Chélif, de l’Habra, du Tarf, etc..
    L’autoroute de Tébessa vers Sebdou en passant par Msila, Boughzoul,Tiaret, Frenda, Saida, Sidi Djilali (frontière algéro marocaine) peut attendre. Cet axe pourrait être la colonne vertébrale d’une Algérie nouvelle, une chance de développement tourné vers son pays profond, qui soulagerait sa bande côtière.
    En empruntant la rocade des hauts plateaux on peut observer aux abords de Boughzoul, au bord de la route, une ruine cintrée par des pins rachitiques , il s’agit du reste d’une stèle marquant le lancement de la ville nouvelle par le défunt H. BOUMEDIENE. Tout un symbole!

    • Agronome dit :

      €ZITOUNI.
      Je voudrais saluer les contributeurs pour la qualité du débat.
      Comme déjà dit, je me préoccupe de la fertilité de nos sols et de leur éventuelle destruction (érosion, salinité).
      Le Pr de pédologie A. HALLITIM et Mme S.ATI ont montré à Batna qu’un sol qui reçoit des boues résiduaires des stations d’épuration donne 34 qx/ha de blé contre 14 qx/ha pour le témoin. C’est dire combien ces boues mais aussi les composts urbains qu’on peut produire à partir des ordures ménagères triées (sans plastique) peuvent contribuer à revitaliser nos sols. Mais:
      1) Nous ne mobilisons que très peu ces Produits Résiduaires Organiques (PRO). Rappel: nos ordures vont dans des CET.
      2) Nous ne faisons pas entièrement la chasse aux Elèments Traces Métalliques (métaux lourds). Les zones industrielles doivent spécifiquement recycler leurs eaux usées. Nous devons collecter piles et autres sources d’ETM de nos poubelles. Cela devient un défi national pour notre agriculture.
      3) L’enjeu est énorme. Car sans matière organique nous ne pourrons rien produire à long terme. Rappel: les moutons dévorent le moindre brin d’herbe. Et la charrue minéralise les racines restées dans le sol. Notre agriculture reste MINIERE.
      4) Plus grave, nos décideurs parlent d’irrigation. OK, mais ils ne mesurent pas la perte de matière organique du sol en cas d’irrigation. Les Marocains l’ont mesuré dans les périmètres irrigués de Doukkala. En 30 ans, sur betteraves, ce taux est passé de 2% à 1% voire moins. Rappel: sous 2%, dès qu’il pleut un sol devient hyper sensible à l’érosion.

      NOS DEFIS:
      - mobiliser les PRO indemnes d’ ETM pour l’agriculture,
      - sensibiliser les responsables du MADR et les producteurs.
      nb: S. BEDRANI note que des éleveurs qui ont reçus des concessions protègent les nappes d’alfa et réalisent à leurs frais des ouvrages de protection des sols sur leurs parcelles,
      - un atout formidable: la création récente d’organisations professionnelles agricoles (certes pas toutes représentatives).
      ps: les agronomes Algériens ont besoins de forums techniques de haute tenue pour échanger leurs expériences.

    • benchikh dit :

      çà c’est Mr Zitouni,le slogan Ouyhia que les agriculteurs ailles au sahara quelle sabotage? .aujourd’hui la demande du lait augmente (la chine)comment peut on satisfaire nos besoin si on ne pensent pas vite à augmenter la production laitière???

  7. Agronome dit :

    Sous lé béton, la terre agricole.
    1-Le phénomène d’urbanisation est très rapide chez nous. Il faut protéger nos sols. Nous sommes passés d’une SAU de 0,75 ha par Algérien en 1962 à 0,25 ha.

    2-Heureusement qu’on construit des immeubles de plus de dix étages.

    3-Sous le béton et le bitume, la terre agricole est là. Rien n’empêche à chacun de planter une vigne, un arbre fruitier ou quelques plans de courgettes et de tomates. Cela est même possible sur les terrasses. C’est mieux que rien.

    Imagination. Imagination. Faisons travailler nos neurones.

  8. MAIZA Touhami dit :

    L’anarchie qui se développe sur les terres agricoles est souvent commencées par les organismes publics (sociétés nationales sollicitant sans enquête légale des expropriations pour utilité publique avec une indemnisation ridicule et les services publics suivent la même voie et le citoyen emboîte le pas et se permet tout car l’opération CADASTRAL démarré en 1975 après avoir décidé de mettre toute l’ALGERIE dans l’INCONNU n’a été reprise que plusieurs décennies plus tard par des équipes qui souvent incompétentes ont fait le travail sous influence et beaucoup de propriétaires avec des titres réguliers se retrouvent renvoyés vers une justice qui exige que tous les documents soit traduits en ARABE ce qui permet de créer des faits accomplis. Le citoyen s’en remet souvent à DIEU car si l’ETAT lui-même ne respecte pas les procédures qu’il a édicté pour donner une image d’un ETAT de DROIT le citoyen se retrouve seul et désarmé MAIS DIEU PUNI ICI Là Cela se vérifie chaque jour. Je n’ai pas vu le cas d’un PROCUREUR s’auto-saisir pour un cas d’usurpation de propriété et traduire le coupable pour enrichissement sans cause qui est un délit qui se prescrit par 14 ans. Cela donnerait à réfléchir aux cadres de l’ETAT qui violent les propriétés privées pour s’enrichir au passage. Les choses qui ont de la valeur ailleurs sont négligées chez nous (Le Temps, La Terre, L’homme). On tue le temps, on viole la terre et souvent la valeur de l’homme est méprisé car l’on pense que l’Argent est principal alors que l’on dit que La maison des Hommes est mieux que la maison de l’Argent. C’est l’homme qui crée la valeur et ici chaque jour l’on vérifie le mépris des compétences et la fuite des cerveaux risque un jour de nous ramener à un pays dépendant de l’aide humanitaire car en surpopulation et sans préserver les choses de valeur nous n’aurons que des bouches à nourrir sans bras et sans tête et cela nous guette (il faut se demander pourquoi chaque fête devient de plus en plus triste chez nous et le dernier AID et la commémoration d’un jour mémorable (fixé à dessein par BOUDIAF selon BENBOULAID pour envoyer un message fort à l’occupant "Cette fois ce sera la bonne ou il faudra nous exterminer jusqu’au dernier et vous établir définitivement". Bâtiser une rue ou un monument du nom de ces pères de la résurection de l’âme nationale est un hommage insufisant si l’on n’explique pas aux jeunes d’aujourd’hui que cette âme nationale a existée vraiment et est restée vivace par des sacrifices que beaucoup occulte (ces mosqués et ces medersa ne fonctionnaient pas sur les deniers de l’ETAT COLONISATEUR mais étaient comme le LEVAIN qui a permis à cette âme de refaire surface alors que le COLONISATEUR voulait accréditer l’idée qu’il est venu simplement chasser un autre COLONISATEUR comme cela s’est toujours passé dans ce pays. Souhaitons que ces colloques ne soient pas des tribunes pour le vent du NORD qui n’a apporté que BOURRASQUE et dépendance.

    • ZITOUNI Hamoud dit :

      Je voudrai confirmer les propos de M. MAIZA Touhami et témoigner que l’opération du cadastre général dans les wilayate où j’ai exercé ( 6 à l’est et 1 à l’ouest) est entachée d’erreurs monumentales parce que réalisée par un personnel très souvent peu ou pas du tout incompétent souvent "formé" dans le tas et à l’aide d’ un matériel obsolète. Les procédures opérationnelles ne sont pas rigoureusement respectées. Il s’en suit que des propriétaires ou usufruitiers (cas de terres du DPE) sont lésés et que les correctifs éventuels relèvent de procédures judiciaires longues et coûteuses. Les mises à jour suite aux distractions et expropriations s’effectuent au compte goutte et ne sont pas indemnes d’erreurs (cas de l’emprise autoroutière sur les wilayate de l’Est). La mission locale de l’ONTA s’effectuant souvent avec un personnel peu familiarisé et encore moins aguerri à la problématique du foncier d’une part et obligé de travailler à la hussarde pour respecter des délais irréalistes fixés par sa tutelle d’autre part ne fait qu’entériner allègrement cette "salade" cadastrale. Pour plaire à sa tutelle, seul compte le nombre de contrats de concession déposés à la direction des domaines! Bonjour les dégâts. Lorsqu’on en s’apercevra il sera bien tard pour y remédier. La commission de wilaya aurait pu être un des moyens de limiter les dégâts mais l’acteur principal de la régulation du foncier agricole sensé être l’ONTA n’en est pas membre titulaire. Le DSA bridé par la tutelle du wali ne peut être d’aucun secours sauf à prendre le risque de la disgrâce. Le décret Ouyahia relatif à la reprise des terres agricoles du domaine national ( n 03-313 du 16.09.2003) motivé par de louables intentions est devenu un instrument redoutable du détournement des meilleures terres agricoles de notre pays. Il devient urgent de modifier et amender ce décret véritable loup dans la bergerie.

  9. bonjour!
    s’inquiéter du sort réservé de nos jours au foncier de manière générale est louable, mais y adjoindre les espaces foretiers pour préserver ce qui reste de nos forêts voir les augmenter de façon à ce que l’on puisse créer des puits de carbone serait plus crédible A+

  10. A quoi servent les experts ?
    Au choix :
    - à flatter l’ego de qui les recrute, signe de modernité …
    - à faire accepter une décision déjà prise mais qui apparaît comme "sortie de la réflexion d’expert", à laquelle il faut se soumettre (hors cette solution, point de salut).

    Dans les deux cas, ce n’est jamais gratifiant pour l’expert.
    Pour qu’une recommandation d’ "expert" soit suivie, il faut qu’elle demeure discrète ou d’initiative citoyenne, locale, bref, désintéressée …

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