Kabylie: L’hypocrisie des commis de l’Etat

Posted in Ressources naturelles with tags , , , , on 19 décembre 2015 by Paysans d'Algérie

Ci-dessous est reproduite une lettre que vient d’adresser un économiste, enseignant à l’université Mouloud Mammeri, Belkacem Boukhrouf, au wali de Tizi Ouzou. Cette reproduction n’est pas moins utile dès lors la missive décrit aisément les manœuvres pernicieuses qui caractérisent la gestion des collectivités et renseigne sur l’état de décrépitude de la gouvernance locale.

Lettre au wali de Tizi-Ouzou

Sidi El Wali,
Cette missive vous est adressée par devoir patriotique. Je sais qu’elle actionnera vos sbires et vos lèche-bottes mais des parades et des ripostes à vos manœuvres, j’en ai à revendre.

Sidi El Wali,
Depuis votre arrivée à Tizi-Ouzou, vous cumulez des combats d’arrière-garde dont un digne commis d’Etat se serait passé volontiers. Voulant jouer le gugus face à une opinion publique vaguant sur le sensationnel, vous prétendez vouloir moraliser la vie publique. Mais à y voir de près, il n’en est rien.

Vos sorties dans les communes sont ponctuées de déclarations pour le moins étranges et se résumant à la seule volonté (disons l’envie) de réinstaller la gendarmerie en Kabylie et d’intensifier la mainmise sécuritaire sur la région, connue pour son hostilité pour le diktat militaire.
Sidi El Wali,

Les courtisans, nombreux à vous faire la cour, vous affublent du titre de «El Hadj», pour le motif que vous ayez fait le pèlerinage à la Mecque. Je commence par invalider ce titre puisque, selon mes informations, le voyage aux lieux-saints vous aurait été payé par l’Etat Algérien et non pas de vos moyens propre ; ce qui est une entorse au principe du Hadj, pour lequel l’islam stipule : «l’accomplissement du hadj pour ceux d’entre vous, qui peuvent se prendre en charge» (سبيلا اليه استطاع لمن البيت حج).

Aussi, pour moraliser les autres, ne faudrait-il pas être irréprochable ? Vous arrivez à Tizi-Ouzou et vous ne faites pas votre déclaration de patrimoine (ce qui est une obligation légale)

Puis, dans votre action calculée, vous commencez votre mandat par vous attaquer aux pilleurs du sable et à la vente informelle des boissons alcoolisées (encore du sensationnel et du dogmatique).

Pour le sable, la gendarmerie arrête simplement des jeunes pris en flagrant délit de transport de ce produit et étrangement, de gros bras et de grosses entreprises continuent à piller à longueur de journée et à une échelle industrielle les lits de oueds. Je vous sais peu courageux pour vous risquer à une telle manœuvre ; la vraie maffia, celle de l’administration à laquelle vous appartenez vous éjectera de votre poste en un tour de bras. Sinon, comment expliquer que des sablières sont autorisées et vos services délivrent des autorisations d’extraction du sable de oueds pour le besoin des projets à Tizi-Ouzou tandis qu’on emprisonne de petites gens. Pire, n’est-ce pas là une volonté de saborder le développement de la wilaya puisqu’aucune carrière d’agrégats ne fonctionne et quand les entrepreneurs les achètent, les laboratoires de qualité leur interdisent l’usage. N’est-ce pas les gendarmes qui en bénéficient le plus de ce commerce juteux. Quelques éléments, sont par ailleurs, en justice pour chantage et abus d’autorité. Forces de l’ordre dites-vous ?

Pour ce qui est des boissons alcoolisées, vous franchissez le rubican pour frôler le ridicule : sous prétexte de préserver l’environnement, vous prenez un raccourci dangereux : interdire la vente des boissons alcoolisées comme si elles sont la pollution la plus dangereuse. Pour votre information : cette pollution est, certes, esthétique, mais elles moins sont dangereuses contrairement aux autres pollutions qui laminent notre potentiel écologique : La Kabylie consomme 90 fois plus de plastique que de verre ou d’aluminium, tout à fait recyclable. La pollution industrielle, faite de résidus chimiques dangereux éjectés par les entreprises dans les oueds ne vous offusquent nullement, notre santé ne vous intéressant certainement pas.

Je vous informe juste que l’Etat a institué, en 2008, une taxe de ramassage de cinq (05) DA qu’elle collecte sur toute bouteille de boisson alcoolisée vendue. C’est la réglementation cher Monsieur et son emballage est le seul digne à être collecté. Votre directeur de commerce, voulant vous emboiter le pas attente même à la santé des usagers en voulant décréter l’interdiction de la vente de boissons fraîches ; une décision incongrue et antiréglementaire qui attentera à la santé publique.

Sur les milliers de dossiers déposés par des personnes pour la création de débits en toute légalité, votre administration, répondant aux sirènes du dogme islamistes, les bloquent et refusent leur agrément. Quel sens de la république avez-vous ? Pensez-vous que vous vous ferez pardonner par Dieu tous vos pêchés en jouant le pasdaran sur terre ? Le comportement de votre administration est, curieusement, le même que celui des USA dans les années 30 face au poids d’Al Capone, le parrain et de sa maffia qui a su profiter de ce caractère informel pour se faire fortune !!!!
Lors de votre visite à Ouaguenoun, vous déclarez «faire de la politique et l’assumer ». Faisons-y : vous vous attaquez aux MAK et à la classe politique en Kabylie, vous humiliez les élus et leur ôtez leur légitimité. Non, le mal du pays est le FLN qui vous a enfanté, le DRS qui vous a parrainé et le pouvoir qui vous actionne. Le mal, ce sont ces maffias auxquelles vous prêtez le flanc et devant lesquelles vous vous pliez. Le silence des partis locaux est, tout de même, intrigant.

Sidi El Wali,
Occupez-vous des cliniques (celles de Mizrana notamment) que vous avez refusé de visiter ; occupez-vous des enfants de mon village, parmi lesquels ma petite sœur, qui font chaque jour trois (03) kilomètres à pied pour rejoindre leur collège ; occupez-vous de la maffia du foncier qui a dilapidé Tizi-Ouzou et a détourné tous les mètres carrés d’espaces verts restant ; occupez-vous de la bureaucratie qui enchaîne les investisseurs et les empêche de bâtir l’économie locale ; occupez-vous surtout de la drogue que votre religion tolère et qui fait des dégâts énormes dans notre société ! Mais pour ça, les intérêts sont énormes et ce commerce juteux de stupéfiants profite à toutes les clientèles.

Chaoui de Ouled Fadel, vous ferez mieux de vous abstenir de ces combats et de mener la vraie bataille du développement ? Des leçons, Tizi-Ouzou en est gavée ! Sinon, ce soir, je prends une bière dans un bar clandestin, puisque vos services n’ont autorisé aucun commerce de ce genre, dans ma région, pour me délecter et vivre ce plaisir ; ô combien exquis.

Tout le reste est littérature !

Par Belkacem Boukhrouf, économiste, enseignant à l’université Mouloud Mammeri de Tizi Ouzou

Agriculture algérienne : Tributaire des aléas climatiques et peu modernisée

Posted in Financement et investissement dans l’agriculture, Marché agricole et régulation, Productions animales et végétales, Ressources naturelles with tags , , , on 22 mai 2015 by Paysans d'Algérie

Révélées et structurées dès la fin du 19ème siècle selon le modèle français, soit aux premières décennies de la colonisation, les potentialités agricoles du territoire algérien occupent une place centrale dans les politiques de développement économique du pays mais elles demeurent confrontées à des contraintes non moindres.

Plus vaste pays d’Afrique avec 238 millions d’hectares, mais la surface agricole utile (SAU) n’est que de 8,5 millions ha, soit 3,5% seulement de la superficie totale du pays. Alors que, à titre indicatif, la France dont le territoire représente ¼ de cette superficie seulement en dispose d’une SAU de 29 millions ha. Lequel indice reflète les limites de l’agriculture algérienne en dépit de toute l’importance des efforts consentis par les pouvoirs publics depuis le début des années 2000 pour donner un nouvel essor au secteur agricole. Avec un taux de croissance annuelle moyenne de 13%, participant à hauteur de 11% au PIB (produit intérieur brut) et employant 20% de la population active, l’agriculture algérienne occupe une place prépondérante dans l’équilibre socioéconomique du pays. Néanmoins, les contreperformances qui caractérisent les filières stratégiques hissent ce pays au rang du principal importateur de produits agricoles en Afrique et dans le bassin méditerranéen.

Le premier facteur de blocage qui freine l’élan du secteur agricole en Algérie est d’ordre naturel. Malgré son étendue, le territoire de ce pays est de nature désertique dans sa plus grande part. Le Sahara en représente en effet 84% du territoire. Le climat qui y sévit est donc semi-aride à aride avec une pluviométrie qui oscille entre 500 et 800 mm/an à travers les régions à potentialités agricoles. Les périmètres d’irrigation étant encore limités, avec moins d’un million d’hectares à la fin 2014, l’agriculture algérienne se pratique dans sa majorité en sec. Outre la modernisation des techniques culturales qui fait défaut, la mécanisation, elle aussi, est à un stade quasi embryonnaire. En conséquence, les rendements demeurent très en-deçà des niveaux moyens enregistrés par les pays de même rang que l’Algérie à travers le monde. Pour les céréales, la filière peine à dépasser la moyenne de 17 quintaux/hectare. Pour la production laitière, les rendements sont de moins de 15 litres/vache/jour.

Des aides à l’importation

Ce n’est que ces 10 dernières années que les politiques publiques accentuent les efforts, tant financiers que techniques pour inciter les agriculteurs à développer les performances de leurs exploitations. Des subventions importantes sont ainsi allouées aux agriculteurs pour leur permettre d’introduire des équipements modernes et d’améliorer leurs rendements. Un plan quinquennal pour la période 2015-2019 est ainsi mis en œuvre avec une mobilisation budgétaire de 15 milliards d’euros, soit 3 milliards €/an sous forme de subventions au profit des agriculteurs pour l’acquisition de nouveaux équipements, le renouvellement des cheptels bovins à travers l’importation de vaches laitières de races à forts rendements ou de bovins de boucherie de qualité supérieure. Les pouvoirs publics incitent également les exploitants agricoles à nouer des partenariats avec des coopératives agricoles et agriculteurs étrangers dans le but de s’imprégner de leur savoir-faire et d’introduire des techniques culturales modernes. C’est dans ce sillage d’ailleurs que de nombreux accords de coopération ont été signés entre des exploitants algériens avec leurs homologues français, notamment dans les domaines de la production laitière, les céréales et l’amélioration des semences.

En revanche, la taille des exploitations agricoles en Algérie représente une autre contrainte qui rend difficile l’aboutissement des programmes de modernisation et d’amélioration des rendements. Avec 75% des exploitations ayant une superficie moyenne de moins de 5 hectares, l’agriculture algérienne est dominée par la petite exploitation, ce qui ne permet pas la rentabilisation des investissements engagés dans l’équipement.

Outre les cultures céréalières qui occupent 3,3 millions hectares chaque année, le maraichage, l’élevage ovin et bovin, les filières arboricoles et viticoles renferment des potentialités importantes. Les agrumes, l’oléiculture et la phœniciculture (palmier-dattier) occupent une place importante dans le système de production agricole en Algérie, avec des rendements annuels moyens respectifs de 200 000 tonnes pour tous types d’agrumes, 500 000 tonnes pour les olives et 600 000 tonnes de dattes dont près de 50% destinés à l’exportation. Pour la viticulture, bien qu’elle soit dominée par la production du raisin de table au détriment de raisin de cuve après le net recul de la production du vin, la filière est forte avec une production annuelle moyenne de 250 000 tonnes…Lire la suite sur www.revenuagricole.fr

Filière céréales,

Posted in Financement et investissement dans l’agriculture, Marché agricole et régulation, Productions animales et végétales with tags , , , on 8 mai 2014 by Paysans d'Algérie

Par Djamel Belaïd*

Il peut être étonnant de parler de « dream team » hors du secteur sportif. Portant, ce qui se passe actuellement au niveau de la filière céréales est positif.
Jamais du point de vue d’augmentation de la production nous n’avons jamais connu de telles évolutions positives.
A qui en revient le mérite ? Nous nous proposons de mieux faire connaître les membres de cette « équipe Algérie » qui gagne : cadres dirigeants d’institutions, d’entreprises publiques ou privées ou enfin simples citoyens.

Les attaquants de pointe : La banque agricole

Dans toute opération économique, l’argent constitue le « nerf de la guerre ». Aussi, rendons à « César, ce qui appartient à César ».
En premier lieu l’augmentation des rendements de céréales vient du financement de la filière. Tous les postes qui constituent la marge brute sont en augmentation.
On, ne peut donc que louer l’action des Décideurs ayant pris les mesures d’augmenter les prix à la production, de soutenir les prix des intrants agricoles ou de favoriser le crédit (Rfig et Ettahadi) et les organismes bancaires en charge de cette application.

CCLS, PMAT, ANABIB, des ailiers sûrs

Afin de suivre un itinéraire technique efficace, les céréaliers ont plus de moyens matériels à leur disposition.
PMAT mais également les importateurs (on aimerait qu’ils soient également fabricants) mettent sur le marché des tracteurs, matériel aratoire, de semis, d’épandage, de pulvérisation et de récolte.
PMAT a engagé, sous la direction de son PDG, Attouchi Salah, ingénieur en construction mécanique, un vaste programme de construction d’engins, dont certains en partenariat comme les moissonneuses-batteuses Sampo.
L’OAIC, à travers les CCLS, apporte une aide conséquente sur le terrain. Exemples : fourniture de semences certifiées, engrais, phytos et aide d’unités de motoculture.
Grâce entre autres, à Anabib, se développe l’irrigation d’appoint des céréales. Quand on sait que les céréales sont en déficit hydrique 8 fois sur 10 en fin de cycle, on imagine l’intérêt de la mise en place progressive de cette mesure.

Firmes d’agrofournitures et minotiers, une défense efficace

Une révolution a lieu depuis quelques années dans les campagnes. Aux agronomes des instituts techniques et services agricoles viennent s’ajouter les vulgarisateurs du secteur marchand.
Sur le terrain, les firmes de produits phytosanitaires et d’engrais développent des réseaux de technico-commerciaux.
C’est par exemple le cas de l’entreprise privée PorFert dirigée par les frères Meziani et basée à Béjaïa.
De leur côté les principaux possesseurs de moulins mettent en place des réseaux d’appui technique à de gros céréaliers afin de produire en quantité mais aussi en qualité du blé dur.
Le conseil technique auparavant cantonné à de la simple diffusion d’information est aujourd’hui accompagné d’un acte marchand.
Il en est profondément modifié positivement dans son efficacité. La dynamique en cours a trouvé un cadre original sous forme de clusters régionaux : les CRIC.
Une palme particulière est à réserver à Eriad et au Groupe Benamor. Celui-ci a initié la mise en place de réseaux d’appui aux agriculteurs.
Enfin, Mme Djamila Ikhnèche, du groupe Eriad, a indiqué à la presse que cette entreprise allait mettre sur le marché une farine de blé tendre importée enrichie à 30% de semoule de blé dur produite localement. Cela permettant de réduire les importations.

Les universitaires, des remplaçants sur le banc de touche

Des universitaires s’illustrent par des innovations remarquables. On peut noter ainsi les résultats de Mme SATI de l’université de Batna qui montrent que l’application de boues résiduaires permet de doubler le rendement du blé.
Mr Arezki Meckliche de l’ex-INA El-Harrach a montré que des fongicides et des pulvérisations foliaires d’engrais doublent le rendement de l’orge. Mr Hamenna Bouzerzour au sein d’une équipe à Sétif propose avec succès l’abandon du labour et l’utilisation du semis direct qui améliore le rendement et permet de lutter contre l’érosion.
D’autres encore montrent l’intérêt de mieux utiliser les engrais azotés ou phosphatés en sols calcaires. Cependant, pas assez écoutés, pas assez intégrés ces pionniers restent parfois sur la touche, tels des remplaçants sur leur banc…

Paysans, des ramasseurs de balles

Tous ces moyens financiers et techniques sont mis en œuvre par les céréaliers. Jamais on ne pourra assez louer leurs efforts, (ensemençant) chaque année leurs parcelles (même) au risque de voir la sécheresse réduire à néant leurs efforts sans possibilité de récupérer la mise de départ (frais de labour, engrais, semences).
Etrangement ces acteurs de premier plan, bien que contribuant fortement au succès de la filière sont mis en retrait.
En effet, existe-t-il des instances où les céréaliers ont leur mot à dire? A distribuer des crédits ? A gérer des agronomes ? Comme le note dans un de ces articles l’agroéconomiste Omar Bessaoud, le « dirigisme administratif » offre peu de place à des élus représentatifs des paysans en Algérie.
Combien des céréaliers, membres du prestigieux club des 50 quintaux du MADR, une fois les flashs de la cérémonie annuelle de remise des distinctions (passés) accèdent à des postes de responsabilité dans leur région?
Quelles responsabilités professionnelles sont proposées à Mr Abdelkrim Salmi de Négrine (Wilaya de Tébessa), lui qui a obtenu un rendement de 84 quintaux/ha ou à Mr Mostfa Benouis qui dépasse les 60 quintaux dans la wilaya de Relizane ?
En France de tels céréaliers seraient membre du Conseil d’Administration de la coopérative céréalière ou du CA de la Chambre d’Agriculture.
Il faut faire passer les agriculteurs les plus aptes à prendre des responsabilités du statut de ramasseur de balles à celui de donneur d’ordres et de coach.

Mettre les bons joueurs au poste adéquat

Les progrès en matière d’augmentation des rendements céréaliers sont tangibles. Certes, comme le faisait remarquer l’agroéconomiste Slimane Bedrani, dans un article de la presse nationale, avec toutes les sommes investies on aurait pu faire mieux.
Faut-il désespérer ? Nous pensons que la situation actuelle n’est que la résultante des forces socio-économiques en présence. Pour faire progresser les choses, à chacun de s’engager. Comment ?
L’artisan soudeur peut mettre au point des dispositifs permettant d’améliorer les outils du céréalier.
L’universitaire peut grâce à internet partager le fruit de ses recherches. L’ingénieur et technicien de terrain peuvent accélérer les procédures administratives et aller vers plus de céréaliers en pratiquant l’enregistrement de performances et en faisant connaître comme le fait le groupe Danone les meilleures pratiques de terrain.
Quant aux agriculteurs… Qu’il nous soit permis de citer cette image vue dans un film algérien du début des années 70.
Dans un village reculé, un journaliste demande à des villageois ce qu’il en est de leur relation avec les autorités politiques. La réponse fuse : « ma djaw lal ‘anedna, ma rohna lihoum » (ni ils sont venus vers nous, ni nous ne sommes allés vers eux).
Nous pensons que c’est aux agriculteurs de tout mettre en œuvre pour bâtir des organisations professionnelles représentatives.
La filière céréale constitue actuellement une dream team remarquable. Des succès nouveaux sont possibles. Il faut pour cela mettre les bons joueurs au bon endroit.
Dj. B.

(*) Ingénieur agronome

Perspectives favorables pour l’origine France

Posted in Marché agricole et régulation, Productions animales et végétales with tags , on 30 avril 2014 by Paysans d'Algérie

Deuxième importateur de céréales dans le pourtour méditerranéen et en Afrique, après l’Egypte, l’Algérie n’est pas près de réduire son recours au marché international pour répondre à la demande locale en produits céréaliers.
La France demeure le principal fournisseur du marché algérien, particulièrement en blé (tendre et dur).
A lire sur www.revenuagricole.fr

Ce que Hamrouche doit au monde agricole

Posted in Financement et investissement dans l’agriculture, Ressources naturelles with tags , , , on 25 mars 2014 by Paysans d'Algérie

Dans le sillage des élections présidentielles du 17 avril prochain, Mouloud Hamrouche rompt une nouvelle fois le silence et livre sa vision de l’évolution actuelle de la scène politique.
Réformateur, critique à l’égard du système politique actuel et sa démarche, favorable au changement. Autant d’attributs qui propulsent vers le haut la côte de popularité du personnage dans les milieux populaires n’ayant pas eu accès à la rente sous le règne de Bouteflika.
Néanmoins, pour mieux cadrer le débat sur la démarche de Hamrouche, il est nécessaire de rappeler certains de ses challenges antérieurs.

Bannir l’amnésie

C’est un regard rétrospectif utile notamment pour les jeunes générations qui n’ont pas vécu le basculement qu’a connu l’Algérie en 1989. Il n’est pas moins utile, non plus, pour ne pas tomber dans le gouffre de l’amnésie.
Mouloud Hamrouche a occupé le poste de chef de gouvernement sous Chadli de 1989 à 1991. Durant cette période, il fut le concepteur des réformes ultralibérales qu’a connu l’Algérie dans plusieurs secteurs, d’où d’ailleurs il tire sa légitimité de réformateur.
Outre ses choix qui ont favorisé l’ouverture du champ médiatique et la liberté d’expression sous toutes ses formes qui constituent des acquis indiscutables de l’ouverture démocratique en Algérie, les réformes inspirées par Hamrouche dès le début des années 1990 continuent à générer des retombées désastreuses sur plusieurs secteurs.
Dans cet espace dédié en priorité aux préoccupations du monde paysan, nous nous contenterons de rappeler les ratages de l’ancien chef de gouvernement en matière de préservation du potentiel agricole sans tomber dans la spéculation politicienne.
Lors de sa sortie médiatique du 24 mars 2014, Hamrouche parle des milieux affairistes dont il constate l’ampleur aujourd’hui.
Pour lui, cette ampleur des milieux maffieux est « une conséquence de la crise » avant de préciser : « Pendant que l’armée et les services de sécurité luttaient contre le terrorisme et la violence, les administrations gouvernementales, les administrations pérennes d’autorité ont été phagocytées ou mises en échec, à l’instar des autorités fiscales, douanières et monétaires. La source de l’affaiblissement de ces administrations régaliennes de l’Etat est la conjonction entre l’abus de pouvoir, les passe-droits et le champ du non-droit. L’Etat et le gouvernement sont menacés dans leurs fondements. »

La marche vers l’ultralibéralisme

Dans sa description, Hamrouche rappelle la conjoncture des années 1990 bien évidemment, mais sans aller jusqu’à reconnaitre sa part de responsabilité dans cet échec. Comment ?
Un exemple suffit pour éclairer ce constat : Il est relatif aux choix pour lesquels a opté Hamrouche à son époque en matière de gestion du foncier agricole.
En adoptant la loi 90-25 du 18 novembre 1990 (toujours en vigueur) portant orientation foncière, l’ancien chef de gouvernement a ouvert la voie à l’émergence de la spéculation foncière et au détournement de milliers d’hectares parmi les terres les plus fertiles du pays.
A la faveur de ladite loi, ce père spirituel des réformateurs, a adopté la restitution des terres nationalisées dans le cadre de la révolution agraire de 1971, estimées à plus d’un million d’hectares.
Certes, la démarche est louable de point de vue démocratique dès lors des familles expropriées abusivement recouvrent leur patrimoine.
Mais, en omettant de mettre au préalable des garde-fous concrets et effectifs pour préserver la vocation agricole et la valeur sociale de ces terres, Hamrouche fait un pas indéniablement vers l’ouverture d’un marché foncier informel et l’anarchie urbanistique de plus en plus accentuée.
C’est à l’ombre de ses choix que sont nés les premiers lobbies et cercles maffieux qui, au fil des années, se sont fait des entrées dans les institutions, au sein du pouvoir et s’imposent sur la scène nationale.

Lex-FIS comme un amer souvenir

D’ailleurs, même l’ex-FIS, dont le programme socioéconomique fut d’essence libérale, a fait campagne en faveur de Hamrouche en ce qui concerne l’ouverture du patrimoine foncier à la propriété privée.
C’est à cette époque aussi que certains courants ont failli imposer la privatisation (la vente pure et simple) des terres agricoles relevant du domaine privé de l’Etat.
Dans la périphérie d’Alger et à travers les périmètres périurbains de la plaine de la Mitidja, les conséquences de la loi Hamrouche sont lourdement ressenties et la situation ne fera que s’aggraver durant les années de terrorisme lorsque l’Etat était préoccupé beaucoup plus par la situation sécuritaire.
Chérif Rahmani, à son arrivée au poste de Gouverneur de Grand Alger ne fera pas mieux que de généraliser cette débandade avec l’encouragement de l’urbanisation massive et la distribution de lots de terrains à outrance.

Congrès de l’UNPA : Le clan et la cagnotte

Posted in Financement et investissement dans l’agriculture, Marché agricole et régulation, Ressources naturelles with tags , , , , , on 3 mars 2014 by Paysans d'Algérie

L’UNPA (union nationale des paysans algériens) a tenu son 8ème congrès ce 1er mars où la langue de bois, le clientélisme politique, l’allégeance et l’« aplaventrisme » excessif ont fait de l’ombre aux préoccupations réelles du monde agricole.
Connue pour être créée en 1974 comme organisation de masse qui devait permettre au FLN (parti unique à l’époque) de garder dans son giron le monde paysan et monopoliser la rente foncière à travers la redistribution des terres de la Révolution agraire aux caïds et nababs du parti, 40 ans après et c’est le plus affligent, l’UNPA continue d’exceller dans son rôle d’appendice du pouvoir en place.
Les discours tenus lors de ce 8ème congrès, la manière avec laquelle a été reconduit le SG de cette organisation, Mohamed Alioui, et l’appel lancé au nom de tous des paysans algériens pour le soutien de la candidature de Bouteflika pour un 4ème mandat à la présidence de la République, sont plutôt perçus dans les milieux paysans comme de l’insolence à l’égard du monde agricole.

Privilèges

Le premier ministre, le ministre de l’agriculture et autres gros bonnets du FLN ont tous été présents aux assises de l’UNPA. Leur présence se veut un message adressé aux agriculteurs authentiques et leurs familles qui préfèrent travailler concrètement la terre que d’utiliser leur statut d’agriculteur pour se pavaner dans les hôtels de la Capitale ou participer à des rencontres occultes pour faire et/ou défaire des hommes politiques.
En filigrane, le personnel politique présent au congrès de l’UNPA a voulu faire comprendre au monde rural et paysan que le travail de la terre n’est pas la seule clé de réussite.
En d’autres termes, l’agriculteur doit se joindre au « clan » pour espérer avoir accès aux moyens dont il a besoin pour la modernisation de son exploitation, comme les subventions agricoles, l’accès au crédit bancaire sans contrainte, l’importation de machines et équipements agricoles sans droits de douanes même pour les revendre, etc.

Se sucrer avec l’argent des subventions

C’est la réédition du scénario de la période de précampagne électorale pour le 3ème mandat de Bouteflika.
Le monde agricole se rappelle sûrement la fameuse rencontre organisée à Biskra sur le renouveau agricole et rural le 28 février 2009, à l’occasion de laquelle le président Bouteflika annonça devant une foule « sélectionnée » par l’UNPA l’effacement de 41 milliards de dinars de dettes contractées par les agriculteurs.
A ce jour, cette mesure suscite la frustration et le courroux dans les milieux agricoles et la question demeure posée : Qui sont les heureux bénéficiaires de l’effacement des dettes puisque des milliers d’agriculteurs à travers diverses wilayas du pays dénoncent et affirment avoir été exclus de cette mesure ? La cagnotte a dû servir pour récompenser les amis du « clan ».
Pendant ce temps, le ministre de l’agriculture, Abdelwahab Nouri, se réjouit que l’Etat consacre chaque année 200 milliards de dinars pour le secteur agricole.
Mais, comment sont dépensés ses fonds ? Qui sont les courants qui se sucrent avec l’argent des subventions agricoles ?
Il ne faut surtout pas importuner l’UNPA avec des questions de ce genre.

Et si l’agriculture n’était pas une fin en soi !

Posted in Financement et investissement dans l’agriculture, Marché agricole et régulation, Productions animales et végétales with tags , on 5 février 2014 by Paysans d'Algérie

Avec une superficie de 2,38 millions de km² et une côte de 1 200 kilomètres, l’Algérie est le pays le plus vaste du pourtour méditerranéen mais ne possède pas la façade maritime la plus importante. Ces deux paramètres renseignent sur les potentialités mais aussi les défis qui caractérisent le secteur de la logistique et des infrastructures agro-alimentaires de ce pays.
Lire sur Mediterra 2014

PS. Lire l’intégralité de la publication

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