L’Algérie entre le marteau de la sécurité alimentaire et l’enclume environnementale

Posted in Financement et investissement dans l’agriculture, Ressources naturelles with tags , , , on 17 mars 2016 by Paysans d'Algérie

La lecture d’un système économique à l’intérieur de son environnement peut s’avérer très  instructive à plus d’un titre. Un bilan écologique doit nous renseigner sur notre aptitude à gérer les infrastructures écosystémiques ou les richesses naturelles d’un territoire.

Par Sofiane Benadjila*

Au nom de la croissance économique, l’humanité a contracté une dette environnementale à l’échelle de la planète depuis les années 1970.

L’Algérie, quant à elle, a utilisé ses ressources, tué ses capacités de production mais –fait insolite – sans rien bâtir ! Ce qui peut s’apparenter à du pillage pur et simple. Dire que la masse financière extraite des richesses du milieu depuis l’indépendance aurait pu insuffler une dynamique économique à tout un continent. Tout ce qu’on a réussi à faire avec toutes les ressources naturelles exploitées c’est de financer notre dépendance alimentaire et de remettre en question la souveraineté nationale.

Si on considérait l’évolution de l’ensemble des maux qui ont frappé le pays durant ces années, on est amené à constater que notre embarcation est pour le moins que l’on puisse dire en état de détresse. Parmi toutes les crises vécues par le pays durant ce demi siècle d’indépendance, celle dans laquelle nous sommes pris aujourd’hui est certainement  la plus grave. Son issue sera déterminante pour les années, voire les mois qui arrivent.

Sofiane Benadjila

Pressions sur les liens sociaux**

Situation inédite, héritage de l’accumulation de dérives successives parvenant pour la première fois à culminer au point de nous placer face à une question de survie. La conjonction des effets pervers des déviances, risque de s’abattre sur le pays avec une violence inégalée jusque là. L’ethnologie nous apprend que ce qui a poussé les hommes à s’unir est le besoin d’assurer leur subsistance. La cohésion du groupe ou de la société, provient de la nécessité à donner plus de résilience pour assurer la pérennité de l’espèce. Le spectre de la famine ne justifie plus l’existence de ces liens sociaux. La pression qu’il peut exercer sur ces rapports vitaux peut les faire voler en éclats. Vu autrement, on comprend que des personnes se rassemblent pour manger, mais elles ne le font jamais pour crever de faim ! A l’échelle d’un pays, ce lien est la base de l’édifice de toute l’architecture sociétale. La cohésion et les structures sociales, en dépendent directement et, avec elles, l’unité nationale.

L’Algérie a lié sa dépendance économique à l’exportation des hydrocarbures peu après les avoir nationalisés, c’est-à-dire dès les années 1970. La disponibilité de cette ressource a permis le  passage de l’économie vers un système « cueillette et troc ». Rappelons-le, c’est le modèle économique dominant au paléolithique, avant le développement de l’agriculture comme première activité de production…

 

biocap

Les besoins explosent

 

Comme c’est le cas dans de nombreux pays, après la période coloniale, la poussée démographique et l’amélioration du niveau de vie font exploser les besoins. Ceux-ci vont à leur tour exercer une pression insoutenable sur l’exploitation des ressources du pays. Le graphique ci-dessus reflète les résultats des différentes politiques économiques du pays. La courbe  (1) (Jaune-exportation nette) montre  que nous ne sommes plus devenus exportateur de richesses dès les années 1970. La courbe (3) indique que juste après, les prélèvements (empreinte écologique) ont dépassé les capacités des écosystèmes et des structures de production du pays (2), c’est le début de la dépendance.

Depuis, nous vivons donc sur une dette écologique en croissance (aire : 3-2), soutenue par une baisse tendancielle de la production, et par une croissance de l’extraction des ressources. En d’autres termes, cela signifie que le pays consomme des richesses  étrangères, pour cela il dilapide ses propres écosystèmes de production en utilisant les ressources fossiles disponibles. La lecture de ces données confirme qu’hier est mieux qu’aujourd’hui, et qu’une prospective dira sans aucun doute que demain ne sera pas meilleur qu’aujourd’hui. On peut noter au passage que durant toute cette période, le développement humain s’est fait sur une surexploitation des ressources existantes, en absence de développement économique.

Au-delà du  pillage des ressources  environnementales, l’extension de ce système rentier, donc contreproductif, s’est fait au détriment du bien être et de la volonté des populations locales. On a vu progresser la marginalisation des acteurs économiques, l’extinction des anciens secteurs de productions, et l’échec des nouvelles politiques économiques, comme si « l’existant a été remplacé par rien ». Nous avons vu aussi comment nous avons poussé à l’exportation clandestine de la ressource humaine…, Au même moment on a assisté à l’extension de la corruption, du clientélisme…, jusqu’à leur institutionnalisation.

Pendant toutes ces années la croissance démographique a été accompagnée structurellement par une réduction de la capacité productive (biocapacité) propre au pays (de 1,7 à 0,6%). Comparativement aux autres pays de la rive Sud méditerranéenne, l’Algérie a atteint le plus haut niveau (65,9%) de dépendance de la région. Pour ne rien arranger, contrairement à nos voisins, il n’est possible de maintenir le degré d’autonomie (34,1%) que dans la mesure où les recettes d’hydrocarbures permettent de soutenir une activité économique interne. On l’aura compris, dans une situation pareille notre préoccupation va en premier à la dépendance alimentaire, sans laquelle il n’est pas permis d’envisager de souveraineté nationale. Aujourd’hui  ce niveau de dépendance atteint par l’homme sur cet espace est sans précédent dans l’histoire.

Dev&env

  • Empreinte écologique (Empte) : C’est un outil qui sert à mesurer la pression exercée par l’homme sur la nature.
  • Biocapacité (Bio) : Capacité d’une zone, terrestre ou aquatique, à générer une offre continue en ressources renouvelables et à absorber les déchets.
  • Autosuffisance (Autoce) en % : Ratio biocapacité /empreinte
  • Dépendance (Depce) en % : 100% – Autoce. Exprime dans quelle proportion un pays doit, pour assurer le niveau de vie de ses habitants, faire appel à l’extérieur et/ou puiser dans des ressources non-renouvelables.

Comment subvenir aux besoins de 40 millions d’habitants ?

Considérée comme étant le baromètre de la faim dans le monde, les céréales apportent 46% des calories alimentaires dans  les pays de la rive Sud de la Méditerranée. Pour la plus part de ces pays, la productivité a été multipliée par 3 ou 4 ces 50 dernières années. Dans le cas de l’Algérie, il s’avère que c’est la dépendance qui s’est multipliée.

On pourrait remonter aux paléo-berbères, ou aux premiers humains ayant occupé cette partie du Maghreb, sans trouver une trace de peuples soumis au risque de famine comme c’est le cas actuellement. Bien entendu à ne pas confondre avec les catastrophes naturelles ou les guerres, etc. qui ont eu toujours des conséquences désastreuses sur les populations, mais considérées à l’échelle du temps elles peuvent être assimilées à des situations conjoncturelles.

Cette menace lancinante du spectre de la faim, se concrétise en ces temps où le déficit budgétaire affiche des records alarmants. Elle nous rappel avec une brutalité naturelle sa position vitale dans la société. On peut se demander à partir de quoi allons nous construire le secteur agricole, ou encore comment passer d’une économie virtuelle vers une économie réelle capable de subvenir durablement aux besoins alimentaires de 40 millions d’habitants.

1 500 litres d’eau pour produire un 1 kg de blé

Certains paramètres sont déterminants dans la conception d’une politique alimentaire. Ce sont des éléments de réflexion qui donnent la possibilité d’évaluer le potentiel de développement existant. Il s’agit, en l’occurrence, des disponibilités en eaux douces, en terres agricoles, en énergie et surtout en capital humain.

Travailler permet d’acquérir les moyens de subsistances certes, mais c’est aussi une façon d’exister. En accédant à la vie professionnelle, l’être humain doit être en mesure de pouvoir s’exprimer dans son rôle social en libérant sa force vitale. Au sein d’une société rentière l’emploi est conçu tout à fait autrement. Dans sa logique, le caractère sociopolitique de l’emploi-rente traque les hommes de métiers porteurs de savoir-faire et méprise la compétence, l’éthique, etc.

Pendant des années, fonctionnaires et salariés, toute une frange de la société engagée dans une société convertie à  la consommation voit sa vie active s’écouler sans pouvoir participer naturellement à la construction du pays. Ce sont des générations qui se retrouvent exclues, baignées dans un gigantesque mensonge régulièrement reverni par la rente.

Pour ne rien arranger, on sait que dans une situation contreproductive, il n’y a pas d’accumulation de savoir, bien au contraire, une érosion du capital humain affecte lourdement le potentiel des forces vives de la société. Le secteur agricole ayant été le fleuron de l’économie, il est donc logique de constater que c’est celui qui est le plus pénalisé.

L’agriculture consomme en moyenne 80% de l’eau douce disponible sur la planète. Selon la FAO, ces réserves en eau sont de 7 000m3/habitant/an. En Afrique du Nord et Moyen Orient, elles seraient de 1 200m3/hab./an, et en Algérie de 500m3 m3/hab./an. Parallèlement, on sait que les nappes au nord du pays sont surexploitées, que les barrages présentent un grave état d’envasement, que l’eau de mer commence à s’infiltrer dans les nappes phréatiques de la bande littorale. On imagine l’effort colossal qui devra être fourni, sachant qu’il faut  mobiliser  1 500 litres d’eau pour produire juste 1 kg de blé, et que l’Algérien en consomme 230kg/an.

 

Pour accéder à l’autosuffisance alimentaire l’Algérie compte atteindre 2 millions d’hectares de surfaces irriguées d’ici 2020. Plus de 80% de ces terres se trouvent dans des zones semi arides et arides. Ce sont des écosystèmes très fragiles, dont les sols sont désertiques et biologiquement inertes.

Au risque d’une exploitation minière de leur faible potentiel (le cas de l’Arabie Saoudite pour les céréales est devenu un exemple de développement non durable), il faudra leur consacrer des années de travail pour leur conférer une fertilité durable. Sous de tels étages bioclimatiques les besoins en eau sont très élevés (Ouargla ; Evaporation : 33 000 m3/an/ha), sachant que la disponibilité de l’eau est étroitement liée à celle de l’énergie, il y a lieu de croire que la consommation énergétique sera corrélative à celle des besoins d’irrigation. Sans compter les problèmes de salinité auxquels il faudra faire face, il est évident qu’on ne peut engager des projets aussi vitaux avec une ingénierie des années 1980.

irrigation dans une oasis à Biskra

Massacre écologique à Biskra et El Oued

 

Il sera demandé d’innover des approches d’une ingénierie écologique durable et très contextualisée. Il est certain que l’on peut attribuer aucune viabilité à un développement agricole à l’image des massacres environnementaux qui sont entrain de se faire à Biskra ou El Oued.

Depuis 1962, entre pertes et gain de terres arables, les projets agricoles n’ont pas pu augmenter de façon sensible les surfaces cultivées. Sous l’effet de l’explosion démographique, de l’érosion et de l’urbanisation, les surfaces disponibles par habitant ont systématiquement diminuées. De 0,2ha/Hab. en 2000, elles risquent de passer à 0,17ha/Hab. en 2020. En l’espace d’un demi-siècle, la surface agricole par habitant  aurait donc été divisée par six.

Indépendamment de ces paramètres, il faut intégrer dans la réflexion les changements  climatiques, et avec eux l’accélération de la perte des sols, la raréfaction de l’eau, les rendements déjà faibles chuteront  de 10 à 30 %.

D’une façon générale, l’énergie est un facteur clé du développement économique. Celui de l’agriculture n’y échappe pas, non plus. A lui seul ce secteur absorbe 30% de l’énergie mondiale, soit 4 fois plus que l’industrie. L’agriculture industrielle dominante dans le monde a besoin de consommer 7 à 10 calories fossiles pour produire une calorie alimentaire. Pour simplifier, on peut tout simplement considérer que ce modèle agricole arrive à nourrir l’humanité grâce au pétrole. L’énergie permet de mobiliser l’eau, de mécaniser, de motoriser, chauffer, refroidir, transporter, etc. C’est sur sa disponibilité que s’est bâtie la production agricole après la seconde guerre mondiale, dite révolution verte.

Nous sommes à un moment où la production des hydrocarbures (pétrole) suit une courbe en déclin, alors que la croissance de la consommation interne prend une allure exponentielle. A ce rythme, la consommation absorbera fatalement l’ensemble de la production. La Commission de Régulation du Gaz et de l’Electricité (CREG) estime pour sa part, que l’Algérie risque de ne plus pouvoir  exporter de gaz dès 2017-2018. D’où l’intérêt à raisonner un  modèle de développement agricole peu vorace en énergie fossile.

L’agriculture paysanne comme alternative

 

De toute évidence, en cinquante ans, l’état des infrastructures écologiques s’est nettement dégradé, il y a eu perte de potentiel biologique. En cas de relance elles n’auront plus le même répondant, mais il est certain que leur récupération (lorsqu’elle est possible) présentera une facture conséquente.

Il est donc évident que c’est dans un contexte de transition énergétique qu’il faut voir l’avenir. De toute façon il ne sera pas possible d’apposer les besoins énergétiques agricoles et industriels sur la consommation interne existante. Techniquement, il est possible de trouver les solutions les plus efficientes pour assurer durablement la sécurité alimentaire de la population. L’ingénierie à développer sera totalement différente de celle des années 1980. Mis à part le fait de multiplier les surfaces cultivées, d’accroitre leur productivité, d’augmenter considérablement les quantités d’eaux disponibles, les modes de cultures doivent être réadaptés aux conditions locales de l’Afrique du Nord. Il faudra conceptualiser au départ l’affranchissement des énergies fossiles, l’augmentation du carbone dans les sols.

Il serait ridicule de ne pas profiter des erreurs de l’agriculture dite moderne pour se lancer dans des projets pompeux dans leur gigantisme, à la fois coûteux et qui se sont avérés non durables.

A travers le monde, la communauté scientifique reconnait de plus en plus que seul le modèle agrobiologique est capable de surmonter ces défis. Il permet d’intensifier les systèmes agroécologiques avec une très forte efficacité énergétique (1 calorie renouvelable pour plus de 5 calories alimentaires) tout en maintenant des seuils de productivité élevés. Dans le cas des pays émergents, cela sous entend que ce sera à l’agriculture familiale paysanne de porter un tel projet économique pour assurer la  promotion sociale des acteurs sociaux, tout en préservant les écosystèmes grâce auxquels les activités économiques deviennent possibles.

Pour l’heure, tout en espérant que cette approche soit erronée, cela fait 18 mois que nous sommes assis, figés sur cette réserve de changes en résorption. Nous regardons la dévaluation accélérée de la monnaie nationale (30% depuis décembre 2015). La COFACE vient de classer l’Algérie parmi les pays les plus risqués du monde en matière d’investissements. La troisième compagnie d’assurance à l’échelle  mondiale nous rappelle que nous n’avons plus de solvabilité.

La gouvernance n’ayant aucune maitrise sur les montants de recettes des hydrocarbures (évalués pour 2016 entre 14 et 22 milliards de dollars pour un baril proche de 30 USD), ni sur la plus grande partie du flux monétaire circulant à l’intérieur du pays (secteur informel), sans institutions compétentes en mesure d’opérer un changement de fond. Face à l’effritement, elles font ce qu’elles peuvent pour sauver les apparences.

Sans conteste, chaque jour qui passe est un jour contre nous. Toujours dans l’incapacité d’engager des réformes structurelles conséquentes, pouvons-nous nous permettre de fonder tout notre espoir sur un Demain construit à coûts de promesses décalées de la réalité, sans nous rappeler que sur Terre, la gesticulation dans le vide obéit obligatoirement à la loi de la pesanteur ?

(*) Sofiane Benadjila, ingénieur agronome, ENSA (ex INA).

Membre de la LADDH (Ligue algérienne de défense des droistd e l’homme)

 sofbenadjila@hotmail.fr

(**) Le titre et les intertitres sont de Mohamed Naïli

Références bibliographiques :

 

– Mémoire présenté en vue de l’obtention du Diplôme de Magister en Sciences Agronomiques Spécialité : Agronomie Saharienne, Option : Gestion des Agro systèmes sahariens, par Mohamed Faci, Soutenu le 08/04/2009.

 

– COFACE : Compagnie française d’assurance pour le commerce extérieur. « Evaluation des risques d’impayés de entreprises par pays », janvier 2016.

 

Global Footprint Network. WWF. Direction du développement et de la coopération (DDC),

 Afrique, Empreinte Ecologique et Bien-être Humain »

 

– Organisations Population Matters, Global Footprint Network (GFN) « Empreinte écologique et population soutenable », 2011.

 

– UNCCD (2004), United Nations Convention to Combat Desertifi cation, « Programme d’Action National sur la lutte contre la désertification, Algérie, Ministère de l’Agriculture et du Développement Rural, Direction Générale des Forêts.

 

Dorsouma, Hamndou et Mélanie Requier-Desjardins et al., Observatoire du Sahara et du Sahel (OSS), 2010, « Variabilité climatique, désertification et biodiversité en Afrique : S’adapter, une approche intégrée ».

 

Lydia et Claude Bourguignon,2016,  « Soigner la planète pour nourrir l’homme ».

 

Charles Hervet Bruyer, Bruno Parmentier, Eric Fottorino, « Nourrir les hommes, les nouveaux défis de l’agriculture », décembre 2015.

 

Eléments de réflexion sur une stratégie sous-régionale (les pays de l’UMA) relative

à la gestion de la sécheresse (avant-projet). OSS, 2004.

 

-L’aridoculture et le développement durable .Amor HALITIM.

Département d’Agronomie, Faculté des Sciences Université El-Hadj Lakhder, Batna, Algérie

 

-Un meilleur accès à l’énergie pour les Africains, 4ème forum international sur les perspectives africaines, organisé conjointement par la Banque africaine de développement et le Centre de développement de l’OCDE.

 

-F.A.O : Le Programme de développement pour l’après-2015 et les OMD : Énergie

 

L’homme et l’énergie, des amants terribles – Jancovici – Septembre 2015

 

-Afrique – Électrification : la solution pas seulement dans le financement.   Sidy Diop. Nathalie Daley.08/12/2015.

 

Le déclin de la biodiversité menace l’humanité. Alain Zecchini  1998. Monde Diplomatique

 

Le défi climatique, une chance pour l’Afrique, Linah Mohohlo et Michel Camdessus, 06/07/2015.

 

L’agriculture et le BTPH tirent la croissance hors-hydrocarbures vers le bas, Algérie Presse Service, 20 août 2015.

 

CHANGEMENT CLIMATIQUE ET AGRICULTURE DE CONSERVATION M. FENNI et Y. MACHANE

Laboratoire de valorisation des ressources biologiques naturelles, Faculté des Sciences, Université Ferhat Abbas, Sétif 19000, Algérie. fennimo@yahoo.fr.

 

LA LUTTE CONTRE L’ÉROSION DU SOL EN ALGÉRIE. Indice bibliographique: 11.63. (65). SACCARDY.R EVUE FORESTIÈRE FRANÇAISE Iß.

 

Céréales en milieu méditerranéen Un modèle pour limiter les risques Climatiques Ph. GATE, L. VIGNIER- ITCF B. VADON – FERT D. SOUICI – ITDAS, Algérie D. MINKOV

 

– CES, Bulgarie A. LAFARGA – ITGA , Espagne M. ZAIRI, CRGR, Tunisie . Perspectives Agricoles – n°217 – Octobre 1996.

 

Assurer la sécurité alimentaire : Faits et chiffres. Michael Hoevel. Crédit: FAO.2014

: -http://www.scidev.net/afrique-sub-saharienne/agriculture/actualites/vers-creation-fonds-africain-agroecologie.html#sthash.lXG8bJWQ.dpuf

 

Rapport 2014 sur l’état de l’insécurité alimentaire dans le monde.  (FAO, PAM et (FIDA), 19 septembre 2014.

 

NOURRIR MANGER… DEUX DEFIS DU SIECLE25 juin 2015.  Bruno Parmentier

 

Aménagement des bassins versants dans les zones arides. JOHN L. THAMES
Professeur, School of Natural Renewable Resources, Tucson -Arizona

 

Le Sahara prehistorique entre Afrique du Nord et Sahel : Etat des connaissances et perspectives. Robert Vernet. Paris 2004

 

8000 ans avant JC Sédentarisation et agriculture. Jeanne Laffont

 

-L’Afrique du Nord antique jusqu’à la conquête romaine. Anonyme

 

-Le concept de durabilité à travers une relecture de l’histoire agricole romaine et des paysages actuels de certains sites maghrébins hérités de cette époque. Colloque international « Développement durable des productions animales : enjeux, évaluation et perspectives », Alger, 20-21 Avril 2008 BOUABDALLAH El-Hadi, Groupe conseils agricoles de l’Abitibi. Québec. Canada.

theses.fr – Mohamed Naili, Les mutations politiques en Algérie à travers les transformations subies par les terres agricoles de l’ex domaine colonial

Posted in Ressources naturelles with tags , , , , on 26 février 2016 by Paysans d'Algérie

Après 132 ans de colonisation, l’Algérie accède à son indépendance en 1962 à la faveur des Accords d’Evian conclus entre le gouvernement français et le GPRA (gouvernement provisoire de la république algérienne). Outre le cessez-le-feu entre l’armée coloniale et l’armée de libération nationale algérienne, les accords d’Evian portent également des mesures censées garantir la protection des biens matériels et immobiliers des civils Français (Pieds noirs) ayant choisi de rester en Algérie après l’indépendance et balisent le terrain pour les relations futures entre la France et le nouvel Etat algérien. Néanmoins, à l’indépendance du pays, un clan du parti FLN (front de libération nationale), qui a mené la guerre de libération, s’empare de force du pouvoir et en exclut les principaux leaders politiques qui ont mené les négociations d’Evian. En 1963, la nationalisation de 2,7 millions d’hectares de terres agricoles relevant de l’ancien domaine colonial est décrétée, expropriant de fait les Pieds noirs qui en sont propriétaires jusqu’alors. Ces terres subiront par la suite des transformations multiples dans le sillage des différentes réformes politiques que l’Algérie a traversé depuis son indépendance. Toutefois, le lien entre la nature rentière des différents régimes politiques qui se sont succédé depuis l’indépendance et le mode d’attribution de ces terres est étroit. C’est sur ces mutations que le présent travail de recherche se propose de revenir à travers l’analyse du contexte de la nationalisation des terres de l’ancien domaine colonial pour évaluer dans quelle mesure l’évolution foncière qui en est issue reflète-t-elle les changements politiques et les rivalités de pouvoir en Algérie post indépendance.

http://www.theses.fr/s131157

Source : theses.fr – Mohamed Naili, Les mutations politiques en Algérie à travers les transformations subies par les terres agricoles de l’ex domaine colonial

Kabylie: L’hypocrisie des commis de l’Etat

Posted in Ressources naturelles with tags , , , , on 19 décembre 2015 by Paysans d'Algérie

Ci-dessous est reproduite une lettre que vient d’adresser un économiste, enseignant à l’université Mouloud Mammeri, Belkacem Boukhrouf, au wali de Tizi Ouzou. Cette reproduction n’est pas moins utile dès lors la missive décrit aisément les manœuvres pernicieuses qui caractérisent la gestion des collectivités et renseigne sur l’état de décrépitude de la gouvernance locale.

Lettre au wali de Tizi-Ouzou

Sidi El Wali,
Cette missive vous est adressée par devoir patriotique. Je sais qu’elle actionnera vos sbires et vos lèche-bottes mais des parades et des ripostes à vos manœuvres, j’en ai à revendre.

Sidi El Wali,
Depuis votre arrivée à Tizi-Ouzou, vous cumulez des combats d’arrière-garde dont un digne commis d’Etat se serait passé volontiers. Voulant jouer le gugus face à une opinion publique vaguant sur le sensationnel, vous prétendez vouloir moraliser la vie publique. Mais à y voir de près, il n’en est rien.

Vos sorties dans les communes sont ponctuées de déclarations pour le moins étranges et se résumant à la seule volonté (disons l’envie) de réinstaller la gendarmerie en Kabylie et d’intensifier la mainmise sécuritaire sur la région, connue pour son hostilité pour le diktat militaire.
Sidi El Wali,

Les courtisans, nombreux à vous faire la cour, vous affublent du titre de «El Hadj», pour le motif que vous ayez fait le pèlerinage à la Mecque. Je commence par invalider ce titre puisque, selon mes informations, le voyage aux lieux-saints vous aurait été payé par l’Etat Algérien et non pas de vos moyens propre ; ce qui est une entorse au principe du Hadj, pour lequel l’islam stipule : «l’accomplissement du hadj pour ceux d’entre vous, qui peuvent se prendre en charge» (سبيلا اليه استطاع لمن البيت حج).

Aussi, pour moraliser les autres, ne faudrait-il pas être irréprochable ? Vous arrivez à Tizi-Ouzou et vous ne faites pas votre déclaration de patrimoine (ce qui est une obligation légale)

Puis, dans votre action calculée, vous commencez votre mandat par vous attaquer aux pilleurs du sable et à la vente informelle des boissons alcoolisées (encore du sensationnel et du dogmatique).

Pour le sable, la gendarmerie arrête simplement des jeunes pris en flagrant délit de transport de ce produit et étrangement, de gros bras et de grosses entreprises continuent à piller à longueur de journée et à une échelle industrielle les lits de oueds. Je vous sais peu courageux pour vous risquer à une telle manœuvre ; la vraie maffia, celle de l’administration à laquelle vous appartenez vous éjectera de votre poste en un tour de bras. Sinon, comment expliquer que des sablières sont autorisées et vos services délivrent des autorisations d’extraction du sable de oueds pour le besoin des projets à Tizi-Ouzou tandis qu’on emprisonne de petites gens. Pire, n’est-ce pas là une volonté de saborder le développement de la wilaya puisqu’aucune carrière d’agrégats ne fonctionne et quand les entrepreneurs les achètent, les laboratoires de qualité leur interdisent l’usage. N’est-ce pas les gendarmes qui en bénéficient le plus de ce commerce juteux. Quelques éléments, sont par ailleurs, en justice pour chantage et abus d’autorité. Forces de l’ordre dites-vous ?

Pour ce qui est des boissons alcoolisées, vous franchissez le rubican pour frôler le ridicule : sous prétexte de préserver l’environnement, vous prenez un raccourci dangereux : interdire la vente des boissons alcoolisées comme si elles sont la pollution la plus dangereuse. Pour votre information : cette pollution est, certes, esthétique, mais elles moins sont dangereuses contrairement aux autres pollutions qui laminent notre potentiel écologique : La Kabylie consomme 90 fois plus de plastique que de verre ou d’aluminium, tout à fait recyclable. La pollution industrielle, faite de résidus chimiques dangereux éjectés par les entreprises dans les oueds ne vous offusquent nullement, notre santé ne vous intéressant certainement pas.

Je vous informe juste que l’Etat a institué, en 2008, une taxe de ramassage de cinq (05) DA qu’elle collecte sur toute bouteille de boisson alcoolisée vendue. C’est la réglementation cher Monsieur et son emballage est le seul digne à être collecté. Votre directeur de commerce, voulant vous emboiter le pas attente même à la santé des usagers en voulant décréter l’interdiction de la vente de boissons fraîches ; une décision incongrue et antiréglementaire qui attentera à la santé publique.

Sur les milliers de dossiers déposés par des personnes pour la création de débits en toute légalité, votre administration, répondant aux sirènes du dogme islamistes, les bloquent et refusent leur agrément. Quel sens de la république avez-vous ? Pensez-vous que vous vous ferez pardonner par Dieu tous vos pêchés en jouant le pasdaran sur terre ? Le comportement de votre administration est, curieusement, le même que celui des USA dans les années 30 face au poids d’Al Capone, le parrain et de sa maffia qui a su profiter de ce caractère informel pour se faire fortune !!!!
Lors de votre visite à Ouaguenoun, vous déclarez «faire de la politique et l’assumer ». Faisons-y : vous vous attaquez aux MAK et à la classe politique en Kabylie, vous humiliez les élus et leur ôtez leur légitimité. Non, le mal du pays est le FLN qui vous a enfanté, le DRS qui vous a parrainé et le pouvoir qui vous actionne. Le mal, ce sont ces maffias auxquelles vous prêtez le flanc et devant lesquelles vous vous pliez. Le silence des partis locaux est, tout de même, intrigant.

Sidi El Wali,
Occupez-vous des cliniques (celles de Mizrana notamment) que vous avez refusé de visiter ; occupez-vous des enfants de mon village, parmi lesquels ma petite sœur, qui font chaque jour trois (03) kilomètres à pied pour rejoindre leur collège ; occupez-vous de la maffia du foncier qui a dilapidé Tizi-Ouzou et a détourné tous les mètres carrés d’espaces verts restant ; occupez-vous de la bureaucratie qui enchaîne les investisseurs et les empêche de bâtir l’économie locale ; occupez-vous surtout de la drogue que votre religion tolère et qui fait des dégâts énormes dans notre société ! Mais pour ça, les intérêts sont énormes et ce commerce juteux de stupéfiants profite à toutes les clientèles.

Chaoui de Ouled Fadel, vous ferez mieux de vous abstenir de ces combats et de mener la vraie bataille du développement ? Des leçons, Tizi-Ouzou en est gavée ! Sinon, ce soir, je prends une bière dans un bar clandestin, puisque vos services n’ont autorisé aucun commerce de ce genre, dans ma région, pour me délecter et vivre ce plaisir ; ô combien exquis.

Tout le reste est littérature !

Par Belkacem Boukhrouf, économiste, enseignant à l’université Mouloud Mammeri de Tizi Ouzou

Agriculture algérienne : Tributaire des aléas climatiques et peu modernisée

Posted in Financement et investissement dans l’agriculture, Marché agricole et régulation, Productions animales et végétales, Ressources naturelles with tags , , , on 22 mai 2015 by Paysans d'Algérie

Révélées et structurées dès la fin du 19ème siècle selon le modèle français, soit aux premières décennies de la colonisation, les potentialités agricoles du territoire algérien occupent une place centrale dans les politiques de développement économique du pays mais elles demeurent confrontées à des contraintes non moindres.

Plus vaste pays d’Afrique avec 238 millions d’hectares, mais la surface agricole utile (SAU) n’est que de 8,5 millions ha, soit 3,5% seulement de la superficie totale du pays. Alors que, à titre indicatif, la France dont le territoire représente ¼ de cette superficie seulement en dispose d’une SAU de 29 millions ha. Lequel indice reflète les limites de l’agriculture algérienne en dépit de toute l’importance des efforts consentis par les pouvoirs publics depuis le début des années 2000 pour donner un nouvel essor au secteur agricole. Avec un taux de croissance annuelle moyenne de 13%, participant à hauteur de 11% au PIB (produit intérieur brut) et employant 20% de la population active, l’agriculture algérienne occupe une place prépondérante dans l’équilibre socioéconomique du pays. Néanmoins, les contreperformances qui caractérisent les filières stratégiques hissent ce pays au rang du principal importateur de produits agricoles en Afrique et dans le bassin méditerranéen.

Le premier facteur de blocage qui freine l’élan du secteur agricole en Algérie est d’ordre naturel. Malgré son étendue, le territoire de ce pays est de nature désertique dans sa plus grande part. Le Sahara en représente en effet 84% du territoire. Le climat qui y sévit est donc semi-aride à aride avec une pluviométrie qui oscille entre 500 et 800 mm/an à travers les régions à potentialités agricoles. Les périmètres d’irrigation étant encore limités, avec moins d’un million d’hectares à la fin 2014, l’agriculture algérienne se pratique dans sa majorité en sec. Outre la modernisation des techniques culturales qui fait défaut, la mécanisation, elle aussi, est à un stade quasi embryonnaire. En conséquence, les rendements demeurent très en-deçà des niveaux moyens enregistrés par les pays de même rang que l’Algérie à travers le monde. Pour les céréales, la filière peine à dépasser la moyenne de 17 quintaux/hectare. Pour la production laitière, les rendements sont de moins de 15 litres/vache/jour.

Des aides à l’importation

Ce n’est que ces 10 dernières années que les politiques publiques accentuent les efforts, tant financiers que techniques pour inciter les agriculteurs à développer les performances de leurs exploitations. Des subventions importantes sont ainsi allouées aux agriculteurs pour leur permettre d’introduire des équipements modernes et d’améliorer leurs rendements. Un plan quinquennal pour la période 2015-2019 est ainsi mis en œuvre avec une mobilisation budgétaire de 15 milliards d’euros, soit 3 milliards €/an sous forme de subventions au profit des agriculteurs pour l’acquisition de nouveaux équipements, le renouvellement des cheptels bovins à travers l’importation de vaches laitières de races à forts rendements ou de bovins de boucherie de qualité supérieure. Les pouvoirs publics incitent également les exploitants agricoles à nouer des partenariats avec des coopératives agricoles et agriculteurs étrangers dans le but de s’imprégner de leur savoir-faire et d’introduire des techniques culturales modernes. C’est dans ce sillage d’ailleurs que de nombreux accords de coopération ont été signés entre des exploitants algériens avec leurs homologues français, notamment dans les domaines de la production laitière, les céréales et l’amélioration des semences.

En revanche, la taille des exploitations agricoles en Algérie représente une autre contrainte qui rend difficile l’aboutissement des programmes de modernisation et d’amélioration des rendements. Avec 75% des exploitations ayant une superficie moyenne de moins de 5 hectares, l’agriculture algérienne est dominée par la petite exploitation, ce qui ne permet pas la rentabilisation des investissements engagés dans l’équipement.

Outre les cultures céréalières qui occupent 3,3 millions hectares chaque année, le maraichage, l’élevage ovin et bovin, les filières arboricoles et viticoles renferment des potentialités importantes. Les agrumes, l’oléiculture et la phœniciculture (palmier-dattier) occupent une place importante dans le système de production agricole en Algérie, avec des rendements annuels moyens respectifs de 200 000 tonnes pour tous types d’agrumes, 500 000 tonnes pour les olives et 600 000 tonnes de dattes dont près de 50% destinés à l’exportation. Pour la viticulture, bien qu’elle soit dominée par la production du raisin de table au détriment de raisin de cuve après le net recul de la production du vin, la filière est forte avec une production annuelle moyenne de 250 000 tonnes…Lire la suite sur www.revenuagricole.fr

Filière céréales,

Posted in Financement et investissement dans l’agriculture, Marché agricole et régulation, Productions animales et végétales with tags , , , on 8 mai 2014 by Paysans d'Algérie

Par Djamel Belaïd*

Il peut être étonnant de parler de « dream team » hors du secteur sportif. Portant, ce qui se passe actuellement au niveau de la filière céréales est positif.
Jamais du point de vue d’augmentation de la production nous n’avons jamais connu de telles évolutions positives.
A qui en revient le mérite ? Nous nous proposons de mieux faire connaître les membres de cette « équipe Algérie » qui gagne : cadres dirigeants d’institutions, d’entreprises publiques ou privées ou enfin simples citoyens.

Les attaquants de pointe : La banque agricole

Dans toute opération économique, l’argent constitue le « nerf de la guerre ». Aussi, rendons à « César, ce qui appartient à César ».
En premier lieu l’augmentation des rendements de céréales vient du financement de la filière. Tous les postes qui constituent la marge brute sont en augmentation.
On, ne peut donc que louer l’action des Décideurs ayant pris les mesures d’augmenter les prix à la production, de soutenir les prix des intrants agricoles ou de favoriser le crédit (Rfig et Ettahadi) et les organismes bancaires en charge de cette application.

CCLS, PMAT, ANABIB, des ailiers sûrs

Afin de suivre un itinéraire technique efficace, les céréaliers ont plus de moyens matériels à leur disposition.
PMAT mais également les importateurs (on aimerait qu’ils soient également fabricants) mettent sur le marché des tracteurs, matériel aratoire, de semis, d’épandage, de pulvérisation et de récolte.
PMAT a engagé, sous la direction de son PDG, Attouchi Salah, ingénieur en construction mécanique, un vaste programme de construction d’engins, dont certains en partenariat comme les moissonneuses-batteuses Sampo.
L’OAIC, à travers les CCLS, apporte une aide conséquente sur le terrain. Exemples : fourniture de semences certifiées, engrais, phytos et aide d’unités de motoculture.
Grâce entre autres, à Anabib, se développe l’irrigation d’appoint des céréales. Quand on sait que les céréales sont en déficit hydrique 8 fois sur 10 en fin de cycle, on imagine l’intérêt de la mise en place progressive de cette mesure.

Firmes d’agrofournitures et minotiers, une défense efficace

Une révolution a lieu depuis quelques années dans les campagnes. Aux agronomes des instituts techniques et services agricoles viennent s’ajouter les vulgarisateurs du secteur marchand.
Sur le terrain, les firmes de produits phytosanitaires et d’engrais développent des réseaux de technico-commerciaux.
C’est par exemple le cas de l’entreprise privée PorFert dirigée par les frères Meziani et basée à Béjaïa.
De leur côté les principaux possesseurs de moulins mettent en place des réseaux d’appui technique à de gros céréaliers afin de produire en quantité mais aussi en qualité du blé dur.
Le conseil technique auparavant cantonné à de la simple diffusion d’information est aujourd’hui accompagné d’un acte marchand.
Il en est profondément modifié positivement dans son efficacité. La dynamique en cours a trouvé un cadre original sous forme de clusters régionaux : les CRIC.
Une palme particulière est à réserver à Eriad et au Groupe Benamor. Celui-ci a initié la mise en place de réseaux d’appui aux agriculteurs.
Enfin, Mme Djamila Ikhnèche, du groupe Eriad, a indiqué à la presse que cette entreprise allait mettre sur le marché une farine de blé tendre importée enrichie à 30% de semoule de blé dur produite localement. Cela permettant de réduire les importations.

Les universitaires, des remplaçants sur le banc de touche

Des universitaires s’illustrent par des innovations remarquables. On peut noter ainsi les résultats de Mme SATI de l’université de Batna qui montrent que l’application de boues résiduaires permet de doubler le rendement du blé.
Mr Arezki Meckliche de l’ex-INA El-Harrach a montré que des fongicides et des pulvérisations foliaires d’engrais doublent le rendement de l’orge. Mr Hamenna Bouzerzour au sein d’une équipe à Sétif propose avec succès l’abandon du labour et l’utilisation du semis direct qui améliore le rendement et permet de lutter contre l’érosion.
D’autres encore montrent l’intérêt de mieux utiliser les engrais azotés ou phosphatés en sols calcaires. Cependant, pas assez écoutés, pas assez intégrés ces pionniers restent parfois sur la touche, tels des remplaçants sur leur banc…

Paysans, des ramasseurs de balles

Tous ces moyens financiers et techniques sont mis en œuvre par les céréaliers. Jamais on ne pourra assez louer leurs efforts, (ensemençant) chaque année leurs parcelles (même) au risque de voir la sécheresse réduire à néant leurs efforts sans possibilité de récupérer la mise de départ (frais de labour, engrais, semences).
Etrangement ces acteurs de premier plan, bien que contribuant fortement au succès de la filière sont mis en retrait.
En effet, existe-t-il des instances où les céréaliers ont leur mot à dire? A distribuer des crédits ? A gérer des agronomes ? Comme le note dans un de ces articles l’agroéconomiste Omar Bessaoud, le « dirigisme administratif » offre peu de place à des élus représentatifs des paysans en Algérie.
Combien des céréaliers, membres du prestigieux club des 50 quintaux du MADR, une fois les flashs de la cérémonie annuelle de remise des distinctions (passés) accèdent à des postes de responsabilité dans leur région?
Quelles responsabilités professionnelles sont proposées à Mr Abdelkrim Salmi de Négrine (Wilaya de Tébessa), lui qui a obtenu un rendement de 84 quintaux/ha ou à Mr Mostfa Benouis qui dépasse les 60 quintaux dans la wilaya de Relizane ?
En France de tels céréaliers seraient membre du Conseil d’Administration de la coopérative céréalière ou du CA de la Chambre d’Agriculture.
Il faut faire passer les agriculteurs les plus aptes à prendre des responsabilités du statut de ramasseur de balles à celui de donneur d’ordres et de coach.

Mettre les bons joueurs au poste adéquat

Les progrès en matière d’augmentation des rendements céréaliers sont tangibles. Certes, comme le faisait remarquer l’agroéconomiste Slimane Bedrani, dans un article de la presse nationale, avec toutes les sommes investies on aurait pu faire mieux.
Faut-il désespérer ? Nous pensons que la situation actuelle n’est que la résultante des forces socio-économiques en présence. Pour faire progresser les choses, à chacun de s’engager. Comment ?
L’artisan soudeur peut mettre au point des dispositifs permettant d’améliorer les outils du céréalier.
L’universitaire peut grâce à internet partager le fruit de ses recherches. L’ingénieur et technicien de terrain peuvent accélérer les procédures administratives et aller vers plus de céréaliers en pratiquant l’enregistrement de performances et en faisant connaître comme le fait le groupe Danone les meilleures pratiques de terrain.
Quant aux agriculteurs… Qu’il nous soit permis de citer cette image vue dans un film algérien du début des années 70.
Dans un village reculé, un journaliste demande à des villageois ce qu’il en est de leur relation avec les autorités politiques. La réponse fuse : « ma djaw lal ‘anedna, ma rohna lihoum » (ni ils sont venus vers nous, ni nous ne sommes allés vers eux).
Nous pensons que c’est aux agriculteurs de tout mettre en œuvre pour bâtir des organisations professionnelles représentatives.
La filière céréale constitue actuellement une dream team remarquable. Des succès nouveaux sont possibles. Il faut pour cela mettre les bons joueurs au bon endroit.
Dj. B.

(*) Ingénieur agronome

Perspectives favorables pour l’origine France

Posted in Marché agricole et régulation, Productions animales et végétales with tags , on 30 avril 2014 by Paysans d'Algérie

Deuxième importateur de céréales dans le pourtour méditerranéen et en Afrique, après l’Egypte, l’Algérie n’est pas près de réduire son recours au marché international pour répondre à la demande locale en produits céréaliers.
La France demeure le principal fournisseur du marché algérien, particulièrement en blé (tendre et dur).
A lire sur www.revenuagricole.fr

Ce que Hamrouche doit au monde agricole

Posted in Financement et investissement dans l’agriculture, Ressources naturelles with tags , , , on 25 mars 2014 by Paysans d'Algérie

Dans le sillage des élections présidentielles du 17 avril prochain, Mouloud Hamrouche rompt une nouvelle fois le silence et livre sa vision de l’évolution actuelle de la scène politique.
Réformateur, critique à l’égard du système politique actuel et sa démarche, favorable au changement. Autant d’attributs qui propulsent vers le haut la côte de popularité du personnage dans les milieux populaires n’ayant pas eu accès à la rente sous le règne de Bouteflika.
Néanmoins, pour mieux cadrer le débat sur la démarche de Hamrouche, il est nécessaire de rappeler certains de ses challenges antérieurs.

Bannir l’amnésie

C’est un regard rétrospectif utile notamment pour les jeunes générations qui n’ont pas vécu le basculement qu’a connu l’Algérie en 1989. Il n’est pas moins utile, non plus, pour ne pas tomber dans le gouffre de l’amnésie.
Mouloud Hamrouche a occupé le poste de chef de gouvernement sous Chadli de 1989 à 1991. Durant cette période, il fut le concepteur des réformes ultralibérales qu’a connu l’Algérie dans plusieurs secteurs, d’où d’ailleurs il tire sa légitimité de réformateur.
Outre ses choix qui ont favorisé l’ouverture du champ médiatique et la liberté d’expression sous toutes ses formes qui constituent des acquis indiscutables de l’ouverture démocratique en Algérie, les réformes inspirées par Hamrouche dès le début des années 1990 continuent à générer des retombées désastreuses sur plusieurs secteurs.
Dans cet espace dédié en priorité aux préoccupations du monde paysan, nous nous contenterons de rappeler les ratages de l’ancien chef de gouvernement en matière de préservation du potentiel agricole sans tomber dans la spéculation politicienne.
Lors de sa sortie médiatique du 24 mars 2014, Hamrouche parle des milieux affairistes dont il constate l’ampleur aujourd’hui.
Pour lui, cette ampleur des milieux maffieux est « une conséquence de la crise » avant de préciser : « Pendant que l’armée et les services de sécurité luttaient contre le terrorisme et la violence, les administrations gouvernementales, les administrations pérennes d’autorité ont été phagocytées ou mises en échec, à l’instar des autorités fiscales, douanières et monétaires. La source de l’affaiblissement de ces administrations régaliennes de l’Etat est la conjonction entre l’abus de pouvoir, les passe-droits et le champ du non-droit. L’Etat et le gouvernement sont menacés dans leurs fondements. »

La marche vers l’ultralibéralisme

Dans sa description, Hamrouche rappelle la conjoncture des années 1990 bien évidemment, mais sans aller jusqu’à reconnaitre sa part de responsabilité dans cet échec. Comment ?
Un exemple suffit pour éclairer ce constat : Il est relatif aux choix pour lesquels a opté Hamrouche à son époque en matière de gestion du foncier agricole.
En adoptant la loi 90-25 du 18 novembre 1990 (toujours en vigueur) portant orientation foncière, l’ancien chef de gouvernement a ouvert la voie à l’émergence de la spéculation foncière et au détournement de milliers d’hectares parmi les terres les plus fertiles du pays.
A la faveur de ladite loi, ce père spirituel des réformateurs, a adopté la restitution des terres nationalisées dans le cadre de la révolution agraire de 1971, estimées à plus d’un million d’hectares.
Certes, la démarche est louable de point de vue démocratique dès lors des familles expropriées abusivement recouvrent leur patrimoine.
Mais, en omettant de mettre au préalable des garde-fous concrets et effectifs pour préserver la vocation agricole et la valeur sociale de ces terres, Hamrouche fait un pas indéniablement vers l’ouverture d’un marché foncier informel et l’anarchie urbanistique de plus en plus accentuée.
C’est à l’ombre de ses choix que sont nés les premiers lobbies et cercles maffieux qui, au fil des années, se sont fait des entrées dans les institutions, au sein du pouvoir et s’imposent sur la scène nationale.

Lex-FIS comme un amer souvenir

D’ailleurs, même l’ex-FIS, dont le programme socioéconomique fut d’essence libérale, a fait campagne en faveur de Hamrouche en ce qui concerne l’ouverture du patrimoine foncier à la propriété privée.
C’est à cette époque aussi que certains courants ont failli imposer la privatisation (la vente pure et simple) des terres agricoles relevant du domaine privé de l’Etat.
Dans la périphérie d’Alger et à travers les périmètres périurbains de la plaine de la Mitidja, les conséquences de la loi Hamrouche sont lourdement ressenties et la situation ne fera que s’aggraver durant les années de terrorisme lorsque l’Etat était préoccupé beaucoup plus par la situation sécuritaire.
Chérif Rahmani, à son arrivée au poste de Gouverneur de Grand Alger ne fera pas mieux que de généraliser cette débandade avec l’encouragement de l’urbanisation massive et la distribution de lots de terrains à outrance.

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