Extension urbaine : menace sur les terres agricoles

Selon la directrice de l’urbanisme au ministère de l’Habitat, Mme Houria Meddahi, un nouveau PDAU (plan directeur d’aménagement urbain) pour la capitale sera approuvé prochainement. La mobilisation de nouvelles assiettes foncières pour permettre l’intensification des réalisations dans les secteurs du bâtiment et des travaux publics dans la périphérie d’Alger est l’objectif premier recherché de ce nouveau PDAU.

La directrice de l’urbanisme au ministère de l’Habitat n’est pas moins explicite sur ce point en affirmant à El Watan économie que le nouveau plan permettra de trouver de nouvelles potentialités foncières pour permettre la poursuite du développement de la capitale.

Toutefois, ces projections ne seront pas sans conséquences sur le secteur de l’agriculture étant donné que toutes les assiettes foncières potentiellement mobilisables pour l’urbanisme dans le grand Alger sont à vocation agricole, sachant que cette zone s’inscrit dans le prolongement des plaines de la Mitidja dont la fertilité n’est pas à prouver.

Ainsi, la mise en œuvre du nouveau PDAU de la wilaya d’Alger impliquera inévitablement la disparition de terres agricoles. Au-delà de la capitale, ces dix dernières années, toutes les villes du pays et les grands centres urbains sont entrés dans un cycle d’expansion impressionnant en se dotant d’importants équipements publics et infrastructures de base diverses à la faveur de l’embellie financière dont jouit le pays avec le raffermissement des cours du pétrole.

Cette extension urbaine se fait souvent sur des terres agricoles provoquant une baisse sensible de la SAU (surface agricole utile), notamment dans les régions du nord où se concentrent plus de 70% de la population du pays.

Plus de 5 000ha perdus dans la région d’Alger

Le détournement des terres agricoles de leur vocation initiale n’est pas un phénomène nouveau en Algérie. Pour illustrer l’ampleur de l’extension urbaine accélérée au détriment du foncier agricole, l’ancien ministre de l’Agriculture, Mohamed Elyas Mesli, dans son livre « l’agronome et la terre » a parlé de la dilapidation sans fin des terres agricoles. En se référant à des statistiques officielles, l’ancien membre du gouvernement citait les exemples de la ville d’Alger qui passe de 7 500hectares durant les années 1970 à 17 000ha actuellement et Annaba, à l’est du pays, qui s’étale sur 3 900ha alors que sa superficie ne dépassait pas 1 200ha.

Pour le grand Alger, une étude qui a été réalisée à l’université de Blida souligne que « la wilaya d’Alger a enregistré une diminution de ses superficies agricoles de 5 074 hectares (15%) en l’espace de 16 ans. Soit une moyenne de 317 ha par an. Alors qu’une croissance urbaine constante a été observée entre 1987 et 2003, empiétant ainsi sur plus de 5 074 ha de terres cultivables pendant cette même période. Soit une augmentation de 53 % du territoire urbain ».

Décidément, les terres agricoles sont loin d’être protégées malgré les différents textes réglementaires promulgués ces dernières années, à l’instar de la loi 10-03 relative à l’exploitation des terres relevant du domaine privé de l’Etat.

42 Réponses to “Extension urbaine : menace sur les terres agricoles”

  1. benchikh Says:

    Bonjour tout les agriculteurs et merci pour votre courage,
    Je veux demander sur deux sujets importants (l’huile,sucre) j’ai lus sur le colza et je vois pas c’est quoi le colza en Arabe (ghervala??)et si le cas nous sommes près à la cultivé et le soja il faut penser à notre sécurité alimentaire notre saleté du pétrole ne donne plus le pain,que quelqu’un nous montre comment cultivé le colza ,le soja.es que c’est possible içi chez nous à Constantine sans irrigation ,et j’ai lus que Mr Haddad veut construire des usines de raffinerie de sucre ,il faut nous paysans sois prêts pour cultiver la betterave du sucre que j’ai toujours rêver le sucre Algérien,donnez SVP plus de formations.

  2. ratuma Says:

    est-ce que l’on peut planter des variétés de bananes sur ces terres endommagées – et faire par exemple des bananes séchées – on n’en trouve pratiquement pas sur le marche

    Les bananes – Cirad
    http://www.cirad.fr/content/download/4888/…/3/…/Bananes-8p-A4-pages.pdf
    19 nov. 2010 – peuvent avoir tous les goûts. Sur nos tables apparaissent surtout les variétés de bananes dessert cultivées pour l’exportation, les “Cavendish”.

  3. Garfy Says:

    http://www.eric-petiot.fr

    je me permets de vous indiquer ma dernière découverte –

  4. Amrouche Says:

    Le temps du mal,

    Solutions locales pour un désordre global.

    Vous avez la montre nous avons le temps

  5. il faut aller construire les villes et villages sur les hauts plateaux ou le sahara pour libérer les terrs agricle !!!!!!

  6. En vous assurant de la forte appréciation de votre appréciation, je voudrais vous inviter à approfondir cette question de l’opposition entre urbanisation et protection des ressources foncières à l’agriculture. En effet, l ‘absence de prise en compte des impératifs de protection des bases foncières nécessaires à l’agriculture est significative de la nature des politiques publiques algériennes qui sont conduites de façon approximative et autoritaire. L’exemple en est excellemment donné par les domaines de l’urbanisation, de la construction, du logement, et de la ville en général dont la gestion et l’orientation sont soumises aux impératifs de l’urgence et de l’improvisation et s’appuient sur des documents de planification (PDAU, révisions de PDAU, POS ,..). Les documents de planification sont en effet de très mauvaise qualité du fait des modes de soumission des appels d’offres, de sélection de ces dernières, des manques d’exigence de qualité des rendus, de non suivi et d’absence totale d’enquête d’utilité publique conformes aux exigences de respect des droits des usagers, propriétaires, riverains et intérêts tant publics que privés. Jamais anticipées et mal préparées, non gérées au sens le plus complet du terme, les politiques d’équipement, d’urbanisme et de logement sont dépourvues d’observatoires et d’observations, non soumises à l’expertise contradictoire et non respectueuse des lois édictées par les décideurs eux mêmes des politiques urbaines. L’agriculture et les agriculteurs comme l’environnement en subissent donc les effets tout autant que les conditions générales de vie des populations.
    Face à cela, il me semble nécessaire d’orienter toute réflexion sur la concurrence et les relations entre agriculture et urbanisation vers l’analyse fine des exigences de protection et de développement de l’agriculture. Les évolutions des conditions de production agricole et

  7. Nadir BOUMAZA Says:

    il est regrettable que vos prises de positions et plus largement vos articles ne mentionnent pas les sources de façon conforme aux règles, cela crédibiliserait plus vos textes
    N. BOUMAZA

    • Merci de votre contribution à ce modeste forum sur la question alimentaire et agricole en Algérie. Néanmoins, je vous prie de bien vouloir citer un des articles dont les sources ne seraient pas « mentionnées de façon conforme aux règles ». Il n’y a que le débat contradictoire et la critique qui nous permettent d’avancer.

  8. Les Algeriens doivent savoir ce qu’ils veulent à commencer par les pouvoirs publics, quand on cherche à à avoit tout en meme temp sans rien donner en echange, le resultat le plus logique est de tout perdre en meme temps
    Nous voulons 2.000.000 de logements dans la peripherie immediate des centre urbains, nous voulons tous habiter près des infrastructures principales et des administratins de souveraineté, et en meme temps avoir des terres agricoles dans ces zones!!
    à moins d’etre atteint de strabisme, je ne vois pas comment on peut raisonner pareillement.
    Les villes doivent se developper harmonieusement avec leur environnement naturel, elles sont appellées à empieter sur les terres dites agricoles, c’est ineluctable l’essentiel est de limiter leur emprise au sol par des constructions plus hautes, quant aux agriculteurs vrais ou supposés, s’ils augmentaient le rendement à l’hectare en innovant et en se mettant serieusement au travail, on pourra avec la moitié des surfaces actuelles exporter toutes sortes de produits, les rurbains qui infestent les villes pour houer aux dominos et bruler des pneus de temps à autre seraient bien inspirés de se retrousser les manches et l’etat serait bien inspiré de les y encourager par l’incitation bien placée et la dissuasion de vivre par le chantage au chaos,
    Nous avons le rendement à l’hectare le plus minable dans toute la planète et ce dans tous les produits y compris les mauvaises herbes, ce n’est pas une terre sterile, elle porte sur son dos un peuple sterile avec un etat sterilisateur

  9. ghellab smail Says:

    Depuis l’independance aucune politique agricole proprememt dite n’ a été initiée en Algerie.Tout ce qui a été fait,c’est des formules de gestion ,qui s’apparentent à de la diversion ,qui n’ont eu en fait aucun impact sur le secteur agricole.A l’instar  »l’autogestion » au lendemain d l’independance,la Revolution Agraire,durant les années 70,la remise en cause de cette meme revolution agraire durant les années 80, activité vivriere durant les années 90,relance en grande pompe du secteur en 2000 à travers le FNRDA, qui est en fait redistribution de la rente dans un souci plutot de diversion.Preuve en est,qu’aucun impact materiel n’ a été enregistré,sinon une dilapidation outrageuse des eaux souterraines et des deniers publics sous forme de credits irrecuperables(effacement de la dette agricole à l’occasion de la presidence à vie pour Boutef)
    Presentement Benaissa,a inventé une formule complexe et irrealisable le PPDRI, qui devrait theoriquement enclencher un developpement economique integré,autour d’une activité principale:Maadid,commune dans la wilaya de M’sila a été choisie comme APC pilote,qui devrait voir dvelopper l’activité touristique ,et enclencher le developpement de l’ensemble des secteurs.
    Finalement ,tellement c’est compliqué,formulé n’ a su traduire sur le terrain l’idée genetrice de richesse ,et le secteur n’est pas pour sorti grandi de cette tchektchouka, austro-sino-sovietique
    On continue à bricoler,jusqu’à perdre le metier,qui a fait un moment de l’histoire contemporaine de l’Algerie la fierté de tout un peuple.

  10. tetentole Says:

    pauvre de nous.L’Algérien voit partir son pays en miettes ,jour après jour sans pouvoir s’opposer à cette descente aux enfers.

  11. Hormis les terres agricoles,faisant un tour sur nos rivages algérois,à BORDJ EL BAHRI ,pour en citez juste un exemple,je n’inviterez pas les âmes sensibles a constatez le désastre occasionné par des individus sans scrupules,au vu et au su des autorités de cette dite commune.
    A quoi servirait il un service d’urbanisme dans une commune ???

  12. tetentole Says:

    Qu’une responsable de l’urbanisme s’inquiète de la diminution des SAU c’est carrément du surréalisme.L’attitude logique et courageuse voudrait qu’on démissionne quand on est confronté à un cas de conscience.Quand aux industriels qui cherchent des terrains d’assiette,bien évidemment qu’ils s’en foutent de détruire des terres à vocation agricole.Rendez-vous dans quelques années ,quand il n’y’aura plus de pétrole et que nous crèverons de faim dans ce pays.Bien fait pour nous.

  13. avertir la fao(fmi agricole)

  14. mobencous Says:

    hélas tous les jours on le dit mais l’état ne fait rien pour endiguer cette catastrophe !et 1 directrice de l’urbanisme qui le justifie!c scandaleux! quand on voit les dégats autour de la capitale et la meme chose dans toutes les villes du paysc suicidaire!ensuite on se demande pourquoi nos importations alimentaires augmentent!l’état devrait interdire toute nouvelle construction au nord!allez vers le sud!et créez les commodités nécessaires ça évitera de faire des trams!14 trams pour l’algérie c de la folie douce!alors que si on avait opté pour créer de nouvelles zones urbaines ou rurales vers les hauts plateaux à dimension humaine modeste on n’aurai pas eu besoin de ça!pourquoi le ministre de l’agriculture ne s’oppose pas à cette rurbanisation?c lui le gardien des terres agricoles!bien sur 1 ha par ci 1 ha par là et toutes les terres du nord seront bétonnées!

  15. Article intéressant, mais la loi 10-03 semble déjà parfaitement obsolète.

    • les dilapideurs devront payer un jour leur crime d’accaparement des terres agricoles. Aucun envahisseur n’a fait ce que font les hommes du pouvoir depuis 1962 sur les terres agricoles. Un jour ils devront répondre de leurs crimes abjects mettant en péril l’avenir des futures générations.
      sadouki

      • oui ils paieront – la justice divin existe – et un jour ils devront tous répondre de leurs actes, chez vous comme chez nous

      • benchikh Says:

        vous avez tout à fait raison ,en Algérie l’agriculture est administrative ,des terres abandonnées ,mal structurer ,ces paysans sont justes des gardiens des terres de l’état??pas pour cultiver mais pour des projets mal barré loin du domaine,mais je m’arrête içi,pour me demander es-que c’est la faute de l’état ou bien de ce pauvre paysan qui ne bouge pas un doigt pour s’enrichir et enrichir les autres ???rendez les terres aux vrais agriculteurs qui aiment cette magnifique nature ,et protégé les contre les bandes du béton.

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