Agroalimentaire : Les échecs des années 1970 se reproduisent en 2011

Un regard rétrospectif est toujours nécessaire pour faire l’évaluation du chemin parcouru et le degré du rapprochement des objectifs tracés. A partir de cette évidence, il est lamentable de se rendre compte que le secteur agricole et agroalimentaire en Algérie est figé dans une position statique et peine à amorcer une avancée vers la croissance.

Ce constat est relevé en se penchant sur le diagnostic qu’on fait de ce secteur à des époques différentes. Des travaux de recherche effectués respectivement au milieu de la décennie 1980, en 1995 et dernièrement en 2011, font ressortir un constat quasi-identique de l’agriculture et la transformation agroalimentaire en Algérie : Une sorte d’état stationnaire qui désigne une économie dans une situation qui ne favorise pas la croissance.

Dans un livre intitulé « industrie agroalimentaire et dépendance envers les approvisionnements extérieurs : Le cas algérien » publié durant la décennie 1980, deux docteurs en sciences économiques, Zga Kamel et Arif Salah Eddine, ont procédé à une analyse détaillée de ce secteur. Le constat établi fait ressortir une forte dépendance vis-à-vis des importations dans le domaine agroalimentaire durant les années 1970 et 1980 et le rôle capital que joue la rente pétrolière pour financer ces importations.

Une facture alimentaire couverte exclusivement par la rente pétrolière

On y lit : « Restituées dans l’esprit du modèle de développement algérien, les industries agroalimentaires devraient évoluer en interaction avec l’agriculture nationale. La situation en a été toute autre, dans la mesure où une logique extérieure est apparue, par le biais du marché capitaliste, d’où provient la majorité des approvisionnements en produits agricoles. Cette dépendance extérieure a de plus été largement accentuée par la modification du modèle de consommation algérien, due à des facteurs d’urbanisme accéléré et à l’influence du mode de consommation occidental. Ces importations alimentaires ont été financées grâce à l’existence d’une rente liée aux hydrocarbures qui, initialement, devaient favoriser la mise en place du système productif, or la constatation actuelle est que cette dépendance prend une part de plus en plus importante, ce qui à terme risque de remettre en cause le schéma de développement ».

En 1995, Mohamed Tounsi, professeur à l’IAMM, dans une étude sur l’« industrialisation et sécurité alimentaire en Algérie », relèvera « le recours massif aux importations de biens d’équipements en l’absence d’une capacité nationale de production pour assurer le renouvellement de l’outil industriel [qui] accroît la dépendance des IAA (industrie agroalimentaires, ndlr) et contredit profondément les objectifs de sécurité alimentaire ».

En 2011, le secteur reflète une situation qui ne diffère presque pas des époques précédentes. Un rapport sur les échanges algéro-canadiens, élaboré en mai dernier par des services du gouvernement canadien, souligne : « L’Algérie ne produit pas de cultures permanentes, ce qui représente une occasion pour les exportateurs canadiens de produits agroalimentaires (…) L’agriculture ne représente que 8 % de son PIB. L’économie de l’Algérie est largement tributaire de son secteur du gaz naturel et des hydrocarbures, qui représente environ 60 % des revenus budgétaires, 30 % du PIB et plus de 97 % des recettes d’exportation. (…) L’Algérie est le principal partenaire commercial du Canada en Afrique et le plus grand importateur de produits agricoles du continent, ce qui en fait un marché attrayant par son potentiel ».

A ce rythme, tout est à construire pour relever le défi de la sécurité alimentaire et réduire la facture des importations.

10 Réponses to “Agroalimentaire : Les échecs des années 1970 se reproduisent en 2011”

  1. Agronome Says:

    AUTO-SUFFISANCE ALIMENTAIRE, Y ARRIVERA-T-ON TOUT SEULS ?

    Djamel BELAID 15.01.2016

    En Algérie, les importations alimentaires augmentent d’années en années. Face à cela les pouvoirs publics et les services agricoles déploient des efforts considérables. Ces efforts visent à réunir les meilleures conditions de travail pour les exploitations agricoles. Cette politique donne ses premiers fruits. Mais l’urgence de la situation fait que ces progrès ne suffisent pas. Faut-il alors recourir à plus de coopération étrangère et dans ce cas là comment ?

    DES PROGRES DZ SANS AIDE ETRANGERE

    L’agriculture locale peut se targuer de belles réussites. C’est le cas par exemple du développement de la culture de pomme de terre et de légumes sous serres dans le Sud. C’est le cas encore à Constantine pour la conservation des fourrages. Lounes Hamitouche, le dynamique PDG de la Laiterie Soummam a mis sur pied dans cette région une entreprise de travaux agricoles pour la récolte et la conservation des fourrages par enrubannage. C’est également le cas avec la société ACI qui en Mitidja avec la technique de la plantation des agrumes à haute densité révolutionne ce secteur. De gros progrès sont également réalisés dans le domaine du stockage des excédents de pomme de terre ou de la production de raisin de table.
    Ces progrès sont possibles grâce aux efforts financiers des pouvoirs publics, à l’encouragement de l’initiative privée et à une politique de formation qui aujourd’hui permet au secteur agricole de disposer d’un grand nombre de cadres capables d’acquérir de nouvelles compétences au contact de techniques étrangères. Certes, ces progrès ne se font pas sans technologie étrangère. Ainsi dans le cas des serres canariennes de la région de Biskra ce sont des ouvriers marocains qui ont contribué à vulgariser cette technique. Mais, à chaque fois il s’agit là de réussites d’investisseurs locaux.
    Cependant, répétons le ces progrès sont trop lents au vu de la demande locale. Rappelons également que la campagne céréalière 2015 peut être qualifiée de moyenne et que la campagne 2016 a démarré dans un contexte de sécheresse automnale. Si les progrès sont lents il apparaît qu’ils peuvent également être irréguliers. Dans un contexte de réduction de l’aisance financière liée à la rente pétrolière, cette situation n’est plus tenable pour le budget de l’Etat.

    CE QUE NOUS NE SAVONS PAS FAIRE

    Ces quelques réussites ne doivent pas nous faire oublier ce que nous ne savons pas faire dans le domaine agricole.
    Nous ne savons pas diffuser de nouvelles techniques ni de nouvelles cultures. Ainsi, la protection phytosanitaire des céréales est bien en dessous de ce qu’elle devrait être. De ce fait les mauvaises herbes réduisent les rendements de même que les maladies fongiques telle la rouille. Nous ne savons pas apporter de façon adéquate la dose adéquate d’engrais au moment voulu et à l’endroit voulu.
    Quant aux cultures nous ne savons pas produire plus de fourrages ni des oléagineux tels le colza ou le tournesol.

    Enfin, concernant le management, il n’y a pas encore en Algérie de gestion efficace des structures agricoles : Chambre d’Agriculture, coopératives paysannes, structure de conseil agricole, instituts techniques ou CCLS. Or cela est fondamental car la mise en place de nouvelles techniques repose sur des structures professionnelles performantes et donc représentatives.

    PROGRES DZ ET UN CHOUIA DE COOPERATION

    Jusqu’à présent de nombreux projets de coopération agricole ont été signés avec des partenaires étrangers.
    C’est le cas dans les années 70-80 entre l’ITGC et des partenaires français pour dynamiser les productions végétales et animales dans la région de Tiaret (Sersou). Plus récemment l’ONG française FERT a contribué à un suivi de la production laitière en Mitidja. Dans le même ordre d’idées le projet Alban a permis à des techniciens laitiers français de mettre sur pied des groupes appui lait au niveau de la wilaya de Souk Ahras. Des accords ont été signés avec des partenaires hongrois ou coréens pour le domaine avicole ou de la semence de pomme de terre.
    Il s’agirait de faire le bilan de cette coopération. Dans le cas des organismes dépendant du MADR, ces accords ont consisté en un accompagnement des agriculteurs ou structures locales.
    Ce type de coopération est fondamental. Il permet un transfert de technologie. Cependant, les résultats sont parfois lent car sous la dépendance de l’environnement local.
    Les blocages pour arriver à une augmentation de la production agricole sont variés : juridique (foncier), financier (prêts), techniques et humains. Du point de vue humain l’apport étranger peut être considérable. Cet apport pourrait venir de chefs de cultures étrangers qui n’auraient pas pour mission première de conseiller des homologues locaux mais de mettre en application leur savoir dans les conditions algériennes. Pourquoi ne pas imaginer des exploitations où de tels chefs de culture viendraient avec leur propre matériel agricole produire localement.

    Notre interrogation porte donc sur un type de coopération qui permettrait de s’affranchir des lourdeurs locales. Il nous semble que cela est possible dans le cas de structures telles des fermes pilotes ou des concessions agricoles.

    FERMES PILOTES DZ, MAIS AGRI-MANAGER ETRANGER

    Le cas des fermes pilotes est particulier. Il s’agit de grandes exploitations d’un seul tenant sur de bonnes terres avec le plus souvent une pluviométrie abondante. Il s’agit de propriétés de l’Etat. Il est donc possible de signer rapidement des accords permettant la mise en place d’une expertise professionnelle étrangère dès les campagnes agricoles suivantes.
    De tels accords pourraient déboucher sur la fourniture sur le marché local de volumes conséquents de produits agricoles. En effet, si le déficit hydrique structurel d’une grande partie du territoire constitue une réelle difficulté, il existe cependant des techniques d’arido-culture que maîtrisent parfaitement chefs de culture espagnols, italiens français ou australiens. Il s’agit de considérer la proximité culturelle et géographique (Espagnols à l’Ouest, Italiens à l’Est) et la possibilité d’une coopération inter-maghrébine. A ce propos, chez nos voisins immédiats existent des contremaîtres et des ouvriers spécialisés recherchés par les investisseurs locaux pour leur savoir faire. Or, l’actuelle politique de contrats de travail et de permis de séjour est très restrictive pour la main d’oeuvre spécialisée étrangère.

    L’OPTION SIM

    Parmi les grands groupes agro-alimentaires privés nationaux SIM se distingue par l’établissement d’alliances avec des groupes étrangers. C’est notamment le cas avec la filière Sanders du groupe coopératif français AVRIL. Cette stratégie a abouti à la création d’une première unité d’aliments pour bétail. SIM comme d’ailleurs CEVITAL ont plusieurs fois manifesté leur volonté de pouvoir disposer de moyens afin de produire eux même une partie de leur approvisionnement en matières premières ; respectivement céréales et graines d’oléagineux.
    A côté de ces groupe à capitaux essentiellement nationaux, il faut noter la présence de capitaux en provenance du moyen orient et qui sont investis par exemple dans le secteur de la production de matières grasses alimentaires.
    Ces entreprises qui aujourd’hui assurent l’approvisionnement d’un grand nombre de consommateurs ont le besoin de sécuriser leurs approvisionnements en matière première. Si de tels groupes peuvent espérer un meilleur accès aux marché international des céréales et des oléagineux, ils ne sont pas à l’abri de crises conjoncturelles : mauvaises récoltes en Europe ou en Amérique). Par ailleurs, le développement des agro-carburants entraîne une hausse progressive de certains de leurs approvisionnements.
    Dans ce contexte, il serait tout a fait indiqué de favoriser l’intégration en amont de ces grands groupes agro-alimentaires. Cet objectif pourrait passer par une politique de concessions agricoles mais également par une orientation publique de ces groupes vers une politique de contractualisation. Au lieu que ce soit des services agricoles publics qui assurent un appui technique parfois défaillant aux producteurs, dans leur bassin d’approvisionnement, cet appui pourrait être le fait de structures dépendant des firmes agro-alimentaires locales. C’est déjà le cas du Groupe Benamor dans le cas de la tomate industrielle et du blé dur (réseau qualité blé). Dans ces conditions, ces groupes auraient alors tout intérêt à s’entourer des meilleurs compétences qu’elles soient locales ou étrangères. Ce type d’approche est réalisé dans le domaine laitier. Afin de sécuriser leur approvisionnement en lait frais, certaines laiteries dont Danone Djurdjura investissent en amont.

    Par ailleurs, les groupes agro-alimentaires locaux à capitaux étrangers peuvent bénéficier du savoir faire de leur partenaire étranger ou de leurs filiales maghrébines comme dans le cas des relations à trois entre Danone (France) – Sotubi (Tunisie) – Lu (Algérie) pour les biscuits ou Lesieur (France) – Cristal (Maroc) – Lesieur Cristal (Tunisie) pour les huiles végétales.
    Dans le cas d’accords avec de grands groupes coopératifs, les partenaires algériens pourraient disposer de l’expérience de réseau d’appui technique confirmé. Les structures étrangères viendraient ainsi compenser l’inexistence de réseaux locaux d’apui technique efficaces.

    CE QU’IL NE FAUDRAIT PAS FAIRE

    La presse nationale a souvent évoqué la possibilité de réaliser des accords avec des pays étrangers ou des firmes étrangères pour par exemple l’installation de grandes fermes laitières dans le grand Sud algérien. On peut se demander comment la production laitière qui n’a pas pu être réalisée dans les conditions climatiques favorables du Nord du pays pourrait l’être dans les conditions arides du désert.
    Ces projets tablent tous sur l’exploitation des ressources hydriques du sous sol. Ces ressources étant chargées en sel et n’étant pas renouvelables, on peut se demander quelle est la durabilité de ce type de projets.

    Une autre erreur serait de développer des coopérations dans le seul but d’augmenter l’exportation à l’état brut ou transformé de certains produits agricoles: dattes, pomme de terre primeur, pâtes alimentaires. En effet, le milieu naturel local est fragile. Il est menacé par l’érosion hydraulique, l’érosion éolienne et la salinisation. Par ailleurs, la mobilisation des ressources hydriques de surface nécessite des moyens financiers important au moment où la demande en eau potable des villes ne fait qu’augmenter. Dans ces conditions, espérer faire de l’Algérie un pays exportateur de produits agricoles est une chimère.

    BRADER LE PAYS ?

    Dans le processus de démocratisation que connait le pays, on peut imaginer les critiques de l’opposition vis à vis d’une telle démarche. Certains parleront sans doute de « retour des colons ». A cela, il s’agit de répondre et d’expliquer qu’il s’agit d’arriver à des accords gagnant-gagnant. Cela nécessite de négocier finement car les investisseurs étrangers n’investiront que si le rendement des fonds qu’ils engagent leur est profitable.
    Aussi, de tels accords devraient  être limités dans le temps (5 ou dix ans renouvelables). Ils devraient assurer une exploitation durable du sol et des ressources locales en eau, permettre un transfert de technologie et bénéficier au marché local tout en interdisant l’export des produits agricoles.

    Du point de vue pratique, l’investisseur étranger devrait disposer de la possibilité de ramener en Algérie, dans des conteneurs, et sans aucun droit de douane, son matériel agricole neuf ou d’occasion. Il devrait également lui être accordé la possibilité d’importation de toute pièce détachée, de tout engrais ou facteur de croissance (inexistant sur place) ou de tout produit phytosanitaire (autorisé par la législation locale) mais sans possibilité d’exporter les productions.

    Ces exploitations devraient avoir également la possibilité de faire venir de la main d’oeuvre étrangère spécialisée. Elles devraient donc pouvoir bénéficier d’accords de droits de séjour facilités.

    Outre la possibilité de produire, de telles exploitations pourraient avoir le droit de transformer leur production (1ère ou 2ème transformation) et de vendre localement farine, semoule, pâtes, couscous, pain, huile, tourteaux … etc. La rentabilité de ces exploitations seraient ainsi améliorée. Une telle attractivité pourrait amener plus d’investisseurs potentiels mais également permettre à la partie algérienne que les contreparties demandées soient plus larges (emplois, impôts, transfert de technologie, …).

    Par ailleurs un état des lieux devrait être établi avant tout signature de contrat. Cet état des lieux devant comporter notamment analyse sol avec notamment analyse du taux de matière organique du sol, niveau de la nappe phréatique.
    Le contrat devrait également comporter des mesures favorisant l’agriculture de conservation. Il devrait y avoir interdiction labour avec obligation de semis direct et de restitutions organiques au sol. L’irrigation par submersion devrait être interdite et toute irrigation ne devrait être faite qu’au goutte à goutte ou par pivot (avec utilisation de sondes tensiométriques).

    Concernant les aménagements il devrait être possible par exemple d’engager des travaux afin de limiter le ruissellement des eaux de pluies, favoriser l’épandage des crues, de réaliser des forages mais en nombre et débit contrôlé (présence de compteurs à eau). Les services concernés tels ceux de l’hydraulique devraient être chargés d’établir des contrats type.

    CONCLUSION

    L’analyse des chiffres relatifs aux importations alimentaires a de quoi donner le vertige. L’accroissement actuel de la production agricole locale n’arrive pas à suivre les besoins toujours plus croissants en quantité et en qualité des consommateurs algériens.
    Face à cette situation, le secteur dispose d’atouts : le recours à plus de coopération étrangère. En effet, les potentialités du secteur agricole restent sous-exploitées. Si les compétences locales sont nombreuses et en plein développement avec parfois des innovations originales, elles restent limitées.
    Des coopérations avec des institutions étrangères permettent de bénéficier du savoir faire de techniciens confirmés. Ce type de projets avec, par exemple, la mise sur pied de réseaux d’appui technique à des éleveurs laitiers comme dans le projet Alban, s’avèrent positives et à poursuivre. En effet, l’Agriculture algérienne occupe un million de familles paysannes et à ce titre, outre la production agricole, son rôle est d’assurer un revenu à ce qui représente 11% de la population locale. Il s’agit ainsi de réunir les conditions d’un développement des petites exploitations (formation, auto-encadrement par des associations professionnelles agricoles, développement de coopératives paysannes, maturation des filières…).

    Cependant, les progrès ainsi obtenus sont lents. Par ailleurs, trop longtemps en Algérie, le développement agricole a été considéré comme pouvant être impulsé par de seules structures à caractère administrative (DSA, Instituts techniques, office tel l’OAIC). Depuis plusieurs années à ces structures se sont ajoutées des structures privées (transformateurs et vendeurs de matériel et d’intrants agricoles).

    Aussi, face à l’urgence du moment, il pourrait être fait recours à plus de coopération étrangère sous la forme d’une prise en charge pour des périodes de 5 à 10 ans de certaines fermes pilote ou de grandes concessions agricoles. Leur gestion au jour le jour pourrait être confiée à des techniciens étrangers rompus aux techniques durables de l’arido-culture et disposant de facilités d’importation de matériel agricole.

    Une autre forme pourrait consister à mobiliser cette expertise étrangère par le biais de grands groupes agro-alimentaires locaux investissant dans l’amont par le biais de concessions agricoles ou d’une politique active de contractualisation que les pouvoirs publiques pourraient fortement encourager. Selon les productions et les partenariats, différentes formes de coopération de terrain seraient alors possibles.

    De grands groupes agro-industriels locaux ont choisi de développer des alliances stratégiques avec des partenaires étrangers : grand groupe coopératif dans le cas de l’accord SIM-Sanders ou PME dans le cas d’une boulangerie industrielle dans le cas de Groupe Benamor-Mecatherm. On note un seul absent : les pouvoirs publics. Ces derniers brillent par l’absence d’un stratégie claire. Ainsi le projet de Cevital de relance de la production locale d’oléagineux reste en stand-by.

    Dans tous les cas, l’urgence ne doit pas faire oublier le caractère fragile du milieu naturel local (méditerranéen, semi-aride et aride) et la nécessité d’une exploitation durable des ressources en terres agricoles et en eau de ce milieu.

  2. Agronome Says:

    @Fathi. Je suggère une réflexion sur l’extrusion concernant l’investissement en Algérie. Ce procédé concerne autant les aliments du bétail que l’alimentation humaine: céréales pour petit déjeuner, snakes, protéines extrudées…. Je ne manquerais pas de poster d’autres infos. Merci pour vos éventuelles remarques.

    Veille technologique 2 : du nouveau pour les FABRICANTS DE PRODUITS ALIMENTAIRES.
    D. BELAID 25.04.2014

    L’extrusion consiste à « forcer un produit à s’écouler à travers un orifice de petite dimension, la filière, sous l’action de pressions élevées obtenues, dans un conduit cylindrique, grâce à une ou plusieurs vis de type vis sans fin ». Selon le procédé choisi il peut survenir un échauffement qui permet une cuisson du produit. On parle alors de cuisson-extrusion. Ce procédé a de larges utilisations agro-alimentaires. En Tunisie, la fabrication de céréales pour petit déjeuner est assurée par la société Gerpro’S. En Algérie, cette fabrication est assurée par la multinationale Nestlé selon laquelle « la demande du marché algérien en céréales n’est pas suffisamment importante » pour lancer une production locale. Un fabricant d’extrudeuse* était présent au dernier salon de l’agro-alimentaire Djazagro 2014. A partir de ce type de machines et de matières premières locales n’est ce pas aussi à des investisseurs locaux de produire de telles céréales mais également d’explorer le marché des produits protéiques sans viande?

    L’EXPERIENCE TUNISIENNE EN MATIERE DE CORN FLAKES

    Gepro’s le fabricant tunisien de céréales pour petit déjeuner exploite à fond la technique de l’extrusion. Sur le site de la société est présenté un historique. « Crée en 1981, Gepro’s est une entreprise du secteur agro-alimentaire spécialisée dans la fabrication de céréales pour le petit déjeuner (Corn Flakes, blé soufflé, maïs extrudé, riz extrudé, mélange de céréales, ….) et des produits snacks ». En quelques années, Gepro’s est devenu le leader tunisien. « Installée dans la zone industrielle d’Utique (Nord de la Tunisie), Gepro’s est devenue, au fil des ans, une entreprise prospère et florissante. La firme, qui ne proposait au départ que deux produits, décline aujourd’hui une cinquantaine d’articles (céréales et snacks confondus). Sa gamme de produits est proposée dans divers types d’emballages et sa production est écoulée à une large clientèle. »

    UN TEMOIGNAGE EDIFIANT

    Dans le numéro 20 de décembre 2011 de la revue Clextrusion** un témoignage intéressant de Mr Beldiman, industriel roumain. Suite à une question du journaliste, il explique qu’il a démarré son activité en fabriquant sa propre machine à extrusion.

    Clextrusion: Vous avez acheté une ligne d’extrusion multi produits chez Clextral en été 2009 et j’ai noté que c’était votre première expérience en extrusion bivis. Qu’est ce qui vous a décidé à choisir Clextral ?
    M. Beldiman : En 2004, nous avons nous même conçu un extrudeur monovis d’une capacité de 70kg/h sur lequel nous avons réalisé toute une gamme de produits extrudés.
    Une fois que l’intérêt du marché a été prouvé, il était devenu nécessaire de se doter d’un véritable équipement industriel ayant une capacité de production beaucoup plus importante, utilisant
    une technologie moderne. Nous avons donc naturellement choisi d’investir dans une ligne d’extrusion bivis. Après une étude du marché nous avons choisi Clextral, reconnue comme leader sur le marché des équipements d’extrusion bivis

    UTILISER DES CEREALES LOCALES

    Maîtriser l’extrusion des céréales est intéressant à plusieurs titres. Les céréales pour petit déjeuner permettent d’assurer une alimentation matinale équilibrée. Outre le fait qu’une fabrication locale est source d’emplois, ces produits peuvent permettre l’emploi de matières premières locales. Il pourrait être ainsi possible de valoriser le blé dur, l’orge, l’avoine, des extraits de dattes voire le caroube local afin de contribuer à donner un goût chocolaté.

    Le sujet est à creuser et on peut espérer que des équipes de recherche universitaires collaborent avec des investisseurs potentiels afin de mettre au points des produits qui répondent aux besoins des consommateurs et utilisent des denrées produites localement.

    Certes, avec comme concurrent une multinationale implantée localement la tâche risque d’être rude. Cependant, il peut exister des marchés de niche en jouant sur les arômes ou la diététique. On pourrait imaginer des Corn Flakes au goût de dattes, ou bien particulièrement enrichis en fibres pour les personnes suivant un régime spécial. En la matière, le domaine est vaste et c’est aux nutritionnistes de se positionner. Face à la hausse continue des prix de la viande on peut penser à des produits enrichis en protéines végétales.

    PRODUITS PROTEIQUES SANS VIANDE, UN MARCHE A SAISIR

    A l’étranger le marché des produits protéiques sans viande se développe régulièrement. Des industriels et universitaires étrangers développent des recherches dans ce sens. Ainsi, pour développer son procédé d’extrusion bivis la société Clextral a signé des accords de coopération avec les centres de recherche chinois et canadiens. Et déjà les premiers résultats sont là. Des « produits finis, à base de protéine de soja extrudée, se présentent sous des formes très variées : dips de poulet, calamars, boeuf teriyaki, saucisses, rouleaux de printemps et bien d’autres ».

    Pour Alain Brisset responsable des procédés agro-alimentaires au niveau de cette société trois grandes catégories d’aliments riches en protéines végétales peuvent être développées avec à chaque fois de nombreuses variations possibles au sein de chaque segment :
    -végétarien avec gluten : produits qui combinent le soja, gluten de blé, de seigle,… et d’autres sources de protéines végétales (lentilles, pois chiche, petits pois, etc …)
    -végétarien sans gluten
    -végétaliens : produits qui peuvent combiner tous les types de protéines végétales mais sans
    aucun composant laitier.

    Ces produits à l’origine destinés aux végétariens intéressent de plus en plus d’autres segments de consommateurs européens et américains. En Algérie, face à l’envolée des prix des protéines animales, ce type de préparation a de beaux jours. A condition de trouver les formulations adaptées aux goûts des consommateurs locaux.

    En conclusion, l’extrusion peut permettre de développer toute une gamme de produits alimentaires. Outre des produits traditionnels telles les céréales pour petit déjeuner, de nouveaux produits protéinés peuvent être développés. L’extrusion permet ainsi de valoriser des produits locaux. Il reste à innover afin de satisfaire les goûts des consommateurs. L’expérience roumaine montre qu’il est possible de mettre au point des extrudeuses de faibles capacités. Pour des installations plus importantes, la firme Clextral déjà implantée depuis des années sur le marché local pour la production de couscous propose un savoir faire et un équipement intéressants.

    * Le fabricant d’extrudeuse CLEXTRAL était présent à Djazagro 2014 du Lundi 21 avril – jeudi 24 avril 2014 au Palais des Expositions d’Alger – SAFEX à Alger au stand 2C 118
    ** Clextrusion, revue technique du groupe Clextral (www.clextral.com).

  3. aghioul Says:

    du vent du vent du vent

  4. souhalr Says:

    Je lance un débat aux économistes ruraux du BNDER et de l’INA, y a -t-il un modèle Economique pour faire vivre de sa terre un paysan kabyle (je vous rappelle, qu’il possède quelques champs en pente) et les autres champs qui l’entoure sont abandonnées par leur propriétaire puisqu’ils vivent en ville et se nourrissent des conteneurs des agro-importateurs.

    • Agronome Says:

      AGRICULTURE DE MONTAGNE, VERS QUEL TYPE DE DEVELOPPEMENT?
      Djamel BELAID 27.04.2014

      Sur le blog « Paysans d’Algérie » de Mohamed Naïli on peut lire cet appel lancé par un lecteur: « Je lance un débat aux économistes ruraux du BNDER et de l’INA, y a -t-il un modèle Économique pour faire vivre de sa terre un paysan kabyle (je vous rappelle, qu’il possède quelques champs en pente) et les autres champs qui l’entoure sont abandonnées par leur propriétaire puisqu’ils vivent en ville et se nourrissent des conteneurs des agro-importateurs ». Cette interrogation date du 4 juillet 2011 mais n’a rien perdu de son actualité.

      NE JAMAIS PERDRE ESPOIR

      Tout d’abord, il ne faut pas désespérer. Il ne faut jamais perdre espoir quant au développement économique de la rive sud de la Méditerranée et en particulier de l’agriculture algérienne. Le lecteur fait allusion aux agro-importateurs. Ils causent un tort incommensurable à l’économie. Faut-il pour autant battre en retraite? Dans le cas de la tomate industrielle, malgré des importations de concentré de tomates, le groupe Benamor a continué d’investir. Son pool agronomique constitué de cadres algériens a su trouver les moyens techniques pour tripler les rendements dans les champs des producteurs de tomates sous contrat. Grâce à des techniques innovantes les serres du groupe produisent aujourd’hui des milliers de plants de tomate.

      Par ailleurs, croire que le patriotisme économique est définitivement mort en Algérie serait une erreur. Peut-on croire réellement qu’au sein des institutions il n’y a pas des patriotes que révulse le taux actuel de chômage des jeunes? Par ailleurs, il faut compter avec la pression constante que font peser les demandeurs d’emplois.
      Aussi, il s’agit de trouver les moyens afin de développer l’économie et en particulier dans les zones rurales. Les différents programmes des pouvoirs publics afin de favoriser l’investissement sont autant d’opportunités à saisir

      LA PLURIACTIVITE UNE NECESSITE EN ZONE RURALE

      Comment faire vivre un paysan sur un champs en pente est-il demandé plus haut. A cela, le pluriactivité peut être une solution: compter sur le travail de la terre mais également sur des activités à forte valeur ajoutée. Un première idée qui vient à l’esprit concerne la valorisation des produits agricoles. Pour un producteur de lait, la première chose à proposer est de fabriquer des fromages.

      Une autre activité peut être de créer des sociétés de services dont de services agricoles. Dans l’exemple de la culture des oliviers très présente en zone de montagne, la rentabilité est actuellement faible. Un des points négatif vient de la récolte. Celle-ci est manuelle et revient cher. Les arbres sont peu entretenus et produisent peu. Or la demande en huile d’olive reste forte. Une des pistes pourrait être de créer des sociétés de travaux agricoles. Ce type d’entreprise s’engagerait par exemple à réaliser une récolte mécanique. Le propriétaire s’engageant à payer en numéraire ou en cédant un pourcentage de la récolte. Les services pourraient également comprendre un « pack » travail du sol et fertilisation ou une taille. De telles initiatives pourraient être lancées prioritairement dans les zones ou des huileries sont à la recherche d’olives à presser.

      Un autre activité peut consister en l’agrotourisme par la création de gîtes ruraux. Dans le cas de la région de Tizi-Ouzou, il faut compter avec la possibilité d’une clientèle émigrée et d’une clientèle venant des grands centres urbains tout proches.

      EN ZONE DIFFICILE INTENSIFIER

      La région de Tizi-Ouzou présente la particularité de développer la production laitière. D’énormes progrès ont été réalisés dans l’équipement d’étables. La question actuelle est la production de fourrages. En la matière l’intensification de la production et la réalisation d’échanges avec la plaine sont à considérer.
      L’intensification fourragère est loin d’être menée à terme. Il s’agit de développer la culture de fourrages verts les plus adaptés aux conditions locales: sorgho, bersim, luzerne. A ce titre l’irrigation est déterminante. Comment capter plus d’eau de pluie et d’eau de ruissellement? Il s’agit par ailleurs d’utiliser le fumier des étables comme fertilisants. Des solutions originales sont à rechercher comme la fabrication de composts organique à base de bois raméal fragmenté (BRF). En effet, les taillis peuvent fournir une abondante matière première. D’autres solutions telle la plantation d’arbustes fourragers sont à explorer. Quant au foin on peut penser à mieux organiser les échanges avec les producteurs de la plaine. Il pourrait être possible de leur échanger du foin contre des quantités de fumier ou de compost de BRF1.

      Les zones de montagnes représentent un agrosystème particulier. Elles sont souvent fortement peuplées. Des possibilités de développement rural existent. Cela passe par la pluriactivité ainsi qu’une agriculture durable à forte valeur ajoutée. D’où l’impérieuse nécessité d’un mouvement associatif rural fort qui puisse encourager l’initiative et l’échanges d’expériences entre producteurs. Ce mouvement peut notamment bénéficier de l’aide technique et financière d’une diaspora. Plus qu’ailleurs, c’est aux pouvoirs publics de savoir déléguer une partie des responsabilités à des organisation agricoles représentatives.

  5. Abdo Maalaoui Says:

    Bonjour,
    J’ai eu la chance de travailler à travers les divers territoires de l’Algérie dans le secteur agricole et agro-alimentaire comme expert en coopération canadienne. Je certifie que l’agriculture algérienne des années 90 n’a rien à voir avec l’agriculture des années 2010, c’est le jour et la nuit ! Il suffit d’y aller sur le terrain pour le constater.
    Je certifie aussi que l’Algérie a un potentiel agricole qui peut nourrir tout le peuple arabe. Les algériens ont la compétence de bâtir une agriculture moderne, écologique sans tomber dans l’industrialisation à outrance de la production agricole.

    J’ai rencontré à maintes reprises les autorités algériennes dans le secteur de l’agriculture et de l’agro-alimentaire qui ont le désir de faire mieux mais n’oubliez pas que l’Algérie n’est pas la Tunisie (mon pays natal, ni le Canada mon pays d’adoption depuis 40 ans), l’Algérie est méga pays afro-arabe qui a hérité de la culture managériale arabe, africaine et française = la bureaucratie et la culture du chef !

    Le problème de l’agriculture algérienne est le manque de jeune entrepreneur(e) en technique agricole et des fonds capitaux risque pour aider ses jeunes dans un cadre de pépinières d’entreprises agricoles et agro-alimentaires. Ces dernières doivent conseiller, assister, encadrer et les aider à trouver du financement
    à ces jeunes promoteurs. Par la suite créer des structures de transformation, de commercialisation et d’exportation des produits des jeunes promoteur(e)s…

    Je suis très positif et enthousiaste sur l’avenir agricole algérien. Les importateurs (ces parasitaires), ils vont finir par plier bagage quant ils vont trouver une agriculture moderne et structurée… Ils vont comprendre que la spéculation est finie…

    Quand je regarde l’agriculture algérienne des années 60 ou 70 ou 80 ou 90 ou 2000 ou 2010… Je ne peux dire comme expert en coopération internationale : Bravo Algérie et continuer … Quel beau pays !!!
    Abdo Maalaoui, MBA
    Expert en coopération internationale
    Montréal / Canada
    maalaoui@ymail.com

  6. Vous me faites rire avec vos analyses d’experts et de connaisseurs. Comme si le plus ignorant des algériens ne savait pas ce qu’il faut faire pour permettre à notre agriculture de jouer un rôle économique majeur et garantir par là-même notre sécurité alimentaire !
    Vous savez très bien que la maffia qui tient l’économie de notre pays et prospère grâce l’importation ne laissera jamais faire ce que tout le monde sait nécessaire à faire.
    Le problème ne relève pas de l’expertise technique, mais bien de la politique.
    L’importation permet à ceux qui prennent les décisions économiques, chez-nous, de s’enrichir et d’enrichir les leurs de l’autre rive, et de renforcer à la même occasion leur emprise sur notre pays.
    Alors, de grâce, cessez cette naïveté ou cette hypocrisie de croire et faire croire aux autres que le problème de notre agriculture est dû à une insuffisance de savoir faire ou à des erreurs de gestion ou à d’involontaires et malencontreux choix.

  7. BELHABLA Says:

    la politique du constat est toujours de rigueur, a quand une décision cérébrale qui fera de l agriculture le tous sécuritaire, en attendant une adhésion de masse de toute l économie algérienne.certes l agriculture doit se mécaniser, mais la culture viviere est une manne qui apporte son équilibre socioéconomique pour vaincre l exode rurale .le ressourcement dans l agropastoralisme et une valeur sure a notre indépendance sur tous points de vue. l agrotourisme chez les touaregs est une réalité,l’ algérien doit se relever par le travail de la terre et doit redécouvrir le savoir de sa propre nature, consolider cette équipe de jeune a la tête de l agriculture, deja la qualite y esyt le reste viendra

  8. fathi Says:

    très interessé par vos analyses,je me demande comment aborder les algériens,en effet habitant en France, nous pourrions vous êtres utiles, étant issues d’une double culture qui nous offrent des potentialités inexploités de travailler ensemble,alors quand est-ce qu’on commence…

    • bonjour ou bonsoir,
      je pense que votre double culture ne pourra rien faire ici. au plus vous vous noierez dans une bureaucratie tatillonne, destructrice et antinationale. pour assurer la sécurité alimentaire des algériens, il n’est pas nécessaire de faire de longue études, juste que l’on vous laisse en paix et que l’on ferme pas les portes des banques et des aides sous votre nez parce que vous déranger un intouchable versé dans l’importation de votre spéculation. des exemples de gabegies et de gaspillage de Milliards pour le renouveau agricole sont en long et en large dans la presse nationale. qui a été sanctionné? aucun sauf peut être quelques lampistes qui ont eu la mal chance de ne avoir prévu un parapluie sur eux. trouvez vous normal, que les supérettes algériennes regorgent de produits qui peuvent se faire ici, que des agrumes soient importés d’Espagne et les pommes de France. c’est une honte. Pour finir, tous ceux qui veulent travailler la terre et mettre l’Algérie à l’abri du besoin alimentaire sont soit embourbés dans des problèmes de dossier qui n’avancent pas ou carrément menacés si jamais le patriotisme leur monte à la tête.

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