Agriculture urbaine : Un mythe pour l’Algérie

A l’ombre des changements multiples que connaît le paysage socioéconomique national, une question se pose : Le concept des villes vertes peut-il avoir une place en Algérie ?
Toute tentative de réponse à cette interrogation, (même sous forme d’une vision globale), débouche automatiquement sur le rôle de l’agriculture urbaine et périurbaine (AUP) et son état des lieux dans le monde et au niveau national.
Ce sujet relance ainsi le débat sur les défis qui se posent à l’agriculture algérienne et ses capacités d’intégration de l’espace méditerranéen avec les mutations qu’il traverse.
L’épisode des habitants de Hydra qui ont défrayé la chronique en juillet dernier avec leur soulèvement contre la destruction du Bois des Pins illustre parfaitement l’inquiétude grandissante que suscite l’insouciance des pouvoirs publics quant à la dimension écologique de l’espace urbain.
Lorsqu’il s’agit d’asseoir des modèles de développement permettant de couvrir une partie des besoins alimentaires des populations urbaines par une production émanant de l’intérieur des villes elles-mêmes, il est plus que sûr qu’aucun responsable n’y pense.
Or, dans la conjoncture actuelle, la tendance est au développement de villes productives, à travers l’agriculture urbaine et périurbaine.
Le Centre international de hautes études agronomiques méditerranéennes (Ciheam) vient de se pencher sur le rôle et l’avenir de ce type d’agriculture à travers sa lettre de veille N°18, dédiée aux « agricultures urbaines en Méditerranée ».
Cette publication met en évidence un élément qu’il n’y a pas lieu de négliger : Tous les pays de la rive sud ont une tradition de pratiques agricoles dans les villes, sous diverses formes et malgré les difficultés qui y persistent, sauf l’Algérie.

Des choix contradictoires

L’attitude des pouvoirs publics algériens excluant ouvertement cet aspect des politiques de développement mises en œuvre se confirme à travers leur choix pour ce qu’ils appellent la densification urbaine.
En réalité, cette option a donné lieu à l’accaparement des espaces verts et une bidonvilisation pure et simple des centres urbains.
Or, la FAO a recommandé vivement l’AUP qui joue un rôle actif dans la sécurité alimentaire des villes, notamment dans les pays en développement où l’espace urbain représentera 60% de la population à l’horizon 2030.
En Algérie, les perspectives en la matière sont diamétralement opposées aux recommandations de l’organisation onusienne : Ni l’agriculture, ni le secteur de l’habitat et de l’urbanisation ne sont dotés de stratégies fixant des objectifs à long terme.
Au lieu d’asseoir une complémentarité entre ces deux secteurs, leurs responsables respectifs continuent d’agir séparément et, parfois, en prônant des choix contradictoires à travers des opérations conjoncturelles considérées comme des politiques de développement, à l’instar du fameux programme d’un million de logements du ministère de l’habitat ou le Syrpalac du département de l’agriculture.
Décidemment, en Algérie, le développement durable, la sécurité alimentaire ou la préservation des richesses ne sont que des termes utilisés pour meubler le discours officiel.

10 Réponses to “Agriculture urbaine : Un mythe pour l’Algérie”

  1. HAMMICHE Says:

    c est bien dans le domaine de l agriculture et de l education qu on peut mesurer l incurie et l incompetence des decideurs algeriens dans ces 2 domaines….dans les annees 1960 a 1970 l algerie avait garde le niveau international dans le domaine de l education et avait une production agricole tres apreciable puisqu on exportait des agrumes et du vin de qualite et nos villes avait un caractere urbanistique qui aurait pu pretendre a ces nouvelles mission du 21em siecle de production agricole si il n yavait pas eu toute cette mediocrite qui avait envahi le corps des administration de l education.. de l agriculture et de l urbanisme…toute honte bue on consomme de l ail irradie venu de chine pendant qu on betonne a tout va tous les espaces peri urbain et urbain et n ont aucune idee de la notion de developpement durable ..sinonde la durabilite de leurs privileges……pourtant il s est trouve de grands commis de l etat qui ont vainement tente de redresser la situation mais les forces du mal et de la mediocrite a ce jour dominent le secteur de l agriculture…..

  2. MOHAMED BOURAD Says:

    il faut éviter des clonages d’expériences qui ne marchent ni avec la mentalités des responsables ni celle des citoyens l’agriculture urbaine nécessite un haut degré de conscience pour le moment nous n’arrivons même pas à faire de l’agriculture classique pendant que des pays émergents inde brésil parlent de méga parc agricole d’agropole et de fermes a étage des building.
    nous nous parlons de lopins de terres de haouch du vocable datant du 19eme siècle.alors
    je crois nous devons avoir plus de modestie et réfléchir sur une agriculture performante notamment au sud soleil eau terre il parait qu’une Wilaya comme ADRAR pourrait nourrir toute l’Algérie.

  3. BOUTEF EST EN TRAIN DE DETRUIRE LE PAYS, c’est un assoife de pouvoir un raciste un revenchard,kasdi marbah de son vivant ne permettrait jamais son retour aux affaires du pays
    lui l’ami de carlos,le terroriste numero un de la planete
    il n’a jamais songer a baisser la facture alimentaire mais plutot a l’alourdir lui qui est entoure de vautours et salopards tels que soltani le crapaud louiza hanoun l’ivrogne,belkhadem l’iranien,oul kablia dahou voleurs des biens vacants d oran,messahel le proxenete de mascara

  4. l’agriculture est autosuffisance des pays mais en Algérie , sa mauvaise gestion a conduit au bricolage qu’on voient
    1- les programmes ne sont pas suivi par d’autres programmes qui peuvent accéder aux fruits voulu ( ex: le système du goutte à goutte) qui est délaisse au intempéries.
    2- changement du système Bancaire en Algérie.
    3- changement du système de la chambre d’agriculture .
    4- instaurer un système d’écoute des producteurs afin d’aboutir à des solutions concrètes.
    5- régler le problème foncier.
    6- alléger les exigences et conditions d’octroi de prêt sans intérêt.
    …/…

  5. zineouali zinedine Says:

    L’agriculture recèle un potentiel de croissance, et pas seulement à la campagne. Une agriculture urbaine à grande échelle pourrait faire éclore les germes d’une nouvelle croissance, et améliorer la vie des individus.

    L’effort le plus réussi à l’arrière du front pendant la Seconde Guerre mondiale fut la création des « jardins de la victoire » dans toutes les villes américaines. Selon le ministère de l’Agriculture des États- Unis, ces quelque 20 millions de jardins auraient produit entre 9 et 10 millions de tonnes de fruits et de légumes, soit plus de 40 % de la production nationale, et introduit la pratique de la mise en conserve dans la vie urbaine.

    Aujourd’hui, les villes américaines sinistrées peuvent de nouveau tirer profit de l’agriculture urbaine, tant sur le plan économique et social que de l’environnement. L’agriculture urbaine accroît la prospérité économique en créant des emplois et de nouvelles activités locales. De plus, elle améliore la santé et la sécurité des résidents en leur procurant des aliments sains et un meilleur accès à des espaces verts bien entretenus, favorise le sentiment d’appartenance à une communauté, renforce le tissu social et la capacité d’organisation, et unit les habitants autour d’un objectif commun. L’agriculture urbaine améliore aussi l’environnement local en remplaçant les espaces vacants délabrés et en reverdissant les quartiers.

    La demande de produits alimentaires cultivés localement, en particulier de la part de restaurants et de magasins d’alimentation, augmente aux États-Unis. Le ministère de l’Agriculture estime qu’elle atteindra 7 milliards de dollars en 2012, contre 4 milliards en 2002. Fait important, les sommes dépensées dans l’agriculture locale restent dans l’économie locale.

    À Detroit, le nombre considérable de terrains vagues, qui avoisinent 130 km2 total, pourrait approvisionner en fruits et légumes sains une grande partie de la population. Aujourd’hui, il existe peu de demande, voire pas du tout, pour des utilisations urbaines habituelles de ces espaces vacants.

    La décision d’investir dans l’agriculture urbaine est économiquement intelligente. Chaque dollar investi dans un jardin communautaire génère l’équivalent de 6 dollars environ en fruits et légumes. Des chercheurs de l’Ohio estiment que « le choix de produits et de techniques de culture appropriés peut rapporter à des agriculteurs urbains jusqu’à 90 000 dollars par acre (0,4 hectare) ». À Philadelphie, les gains représentés par les « jardins maraîchers urbains » pourraient atteindre jusqu’à 68 000 dollars par demi-acre (0,2 hectare). Selon les estimations, les fruits et légumes cultivés à Detroit pourraient générer des ventes de 200 millions de dollars et créer environ 5 000 emplois.

    Lorsque des terrains vagues deviennent propres, productifs et attrayants aux yeux des résidents, anciens ou nouveaux, grâce à l’agriculture, la valeur des logements de la ville augmente, et sa base d’imposition aussi. L’accès à une alimentation de qualité encouragera les citadins à adopter des modes de vie plus sains. Le manque d’accès à des produits sains et bon marché nuit à la santé et au bien-être des habitants de Detroit, et contribue à la faim et à l’obésité, omniprésentes dans la ville. Alors que la plupart des rues sont parsemées de supérettes et de magasins de spiritueux, aucune chaîne de grande distribution n’est implantée dans la ville. Les habitants ont donc un accès limité à des aliments autres que des produits de restauration rapide, de qualité médiocre, industriels et hautement caloriques. Detroit est la cinquième ville des États-Unis pour le taux d’obésité, et le faible accès à des produits alimentaires sains en est l’une des principales causes.

    Les aliments produits sur place sont plus nutritifs que les produits provenant d’ailleurs. Lorsqu’un produit parcours de grandes distances et contient de grandes quantités de conservateurs chimiques, sa valeur nutritionnelle diminue. De plus, le jardinage est un loisir qui entraîne un mode de vie plus sain, et la thérapie horticole est bénéfique pour la santé.

    Les effets secondaires potentiels de l’agriculture urbaine sont sans équivalent. Les jardins et les fermes suscitent un sentiment de communauté, de fierté et d’appartenance. L’agriculture urbaine est bénéfique pour l’éducation des jeunes, le tourisme et l’animation socioculturelle, à travers des programmes scolaires ou professionnels, par exemple. Elle peut en outre attirer de nouveaux résidents en ville et améliorer la qualité de vie des habitants.

    Cultiver les zones délabrées et instables de Detroit pourrait aussi réduire la criminalité. Les terrains vagues deviennent des décharges illégales et sont des trous béants dans le paysage urbain, tandis que les maisons inoccupées sont la cible d’intrusions illicites, d’actes de vandalisme et d’incendies volontaires. Les fermes et jardins peuvent améliorer la sécurité, dès lors que les terrains sont occupés et surveillés par ceux qui les exploitent à des fins agricoles, réduisant ainsi la nécessité, pour la ville, d’assurer la police et le maintien de l’ordre des terrains inoccupés.

    La production alimentaire locale réduit les besoins d’emballage, de réfrigération, de stockage et de transport des aliments, économisant ainsi de l’énergie et des coûts associés à la production de nourriture. De surcroît, elle permet d’atténuer considérablement les atteintes à l’environnement. Par exemple, les jardins sur les toits exploitent des eaux pluviales qui risqueraient de faire déborder les égouts. Ils réchauffent aussi les immeubles en hiver et les rafraîchissent en été, permettant de réduire la consommation d’électricité et les factures énergétiques. En outre, on peut, avec une bonne gestion de l’agriculture urbaine, transformer les eaux usées et d’autres produits dérivés agricoles, comme le compost, en ressources recyclables et réutilisable

    On a beaucoup parlé de la nécessité d’établir une justice économique par la refonte de l’économie de Detroit au XXIème siècle, en s’assurant que tous ses résidents profitent des futurs programmes économiques. Aucune activité n’offre de plus grandes possibilités de concrétiser la justice économique que l’agriculture urbaine, si les friches urbaines sont mises à la disposition des résidents à grande échelle pour contribuer à satisfaire leurs besoins alimentaires. Il faudrait toutefois agir avec prudence : les sols destinés à la culture doivent être testés, pour s’assurer qu’ils ne sont pas contaminés, en particulier au plomb, et dépollués. Que les grands labours commencent !

    Références et liens recommandés

    Mogk, John E. (2010), « Promoting urban agriculture as an alternative land use for vacant properties in the city of Detroit », Wayne State University Law School, Detroit, Michigan. Voir http://www.law.wayne.edu/pdf/urban_agriculture_policy_paper_mogk. pdf

    Growing Michigan’s Future : Sommet d’agriculture urbaine, organisé par la Engineering Society of Detroit et la American Society of Agricultural and Biological Engineers. Voir ww2.esd.org/EVENTS/2010/2010-10-UrbanFarm.htm

    OCDE (2009), Farmland conversion: The spatial dimension of agricultural and land-use policies, OCDE, Paris, voir http://www.oecd.org/dataoecd/34/30/44111720.pdf

    Cet article est originalement paru (en anglais) sur le blog OECD Insights, le 13 septembre 2010, voir http://oecdinsights.org/2010/09/13/urban-agriculture-good-food-good-money-good-idea/

    © L’ Annuel de l’OCDE 2011

    Lien(s)associé(s)
    • Agriculture durable
    • Politiques agricoles
    • Questions environnementales
    • Développement régional, urbain et rural

  6. Les jardins urbains sont nés à la suite des difficultés financières des familles pour se nourrir convenablement en convertissant une partie du jardin en potager !
    Ce modèle ne pourra jamais exister en Algérie, vu la taille des jardins des maisons !
    Ce qui est compréhensible vu le prix du terrain constructible qui varie de 10 000 à 250 000Da le m² (j’ai même vu plus cher) selon les zones !
    En Algérie, même les bidonvilles, sont touchés par ce phénomène de l’absurde, qui affichent des prix de l’ordre de 300 000Da minimum, c’est dire l’ampleur que ça prend !
    Le gouvernement est dépassé depuis longtemps et ne comprends même pas le terme de réalité économique !
    La meilleure preuve est le prix du ticket du métro d’Alger à 50Da qui est plus cher que le prix du transport individuel…Depuis quand le transport collectif coûte plus cher que le transport individuel ?
    Le ministère de l’agriculture se gargarise des bons résultats obtenus, alors que la production céréalière a baissé de 35% entre 2009 et 2011 et ce sont les chiffres officiels….
    On chante les louanges du très coûteux Syrpalac, alors que les prix des produits de base sont en évolutions constantes !
    On dépense des milliards pour lutter contre la désertification, sans aucun résultat mais on continue quand même !
    On ouvre les fermes pilotes au partenariat en espérant que des investisseurs vont venir financer à perte des missions de service public !
    Alors comment voulez-vous que ce gouvernement comprenne ce principe d’agriculture urbaine ?
    Et si par malheur il comprenait quelque chose, il s’empresserait de créer une administration chargée de bloquer toute initiative individuelle !
    Je crois que vous êtes en avance d’un millénaire sur eux…le seul concept pour l’Algérie c’est celui du bidonville et de la fripe !

    • Agronome Says:

      Questions terrains, il existe différents cas:
      – terrains communaux en attentente d’affectation,
      – voies de chemin de fer désafectée,
      – par des administrations et d’usines,
      – parc des immeubles,
      – … etc;

      Il n’est pas besoin de beaucoup de surface. Il faut chercher dans chaque coin de ville ce qui peut être utilisé.
      Puis, il existe des tentatives de culture en hauteur dans certains bidonvilles africains (voir sur le net).
      Mais, le point central est de valoriser les petits espaces de terres non utilisés en ville. On peut aussi penser aux terrasses des maisons.

  7. Merci pour le lien. Les exemples chiffrés sont particulièrement parlant.
    En Europe, vous avez ce que l’on appelle les « jardins ouvriers », les « jardins partagés » ainsi que les AMAP (un agriculteur fournit chaque semaine un panier-type à des clients abonnés ).
    Ces idées serait-elles transposables ?
    Quant à la ressource de l’eau, ne faut-il pas préférer des cultures moins « assoiffées », telles que le figuier de barbarie et d’autres légumes ?

    • Agronome. Says:

      jardins ouvriers ou familiaux sont possibles en Algérie.
      Il faudrait que:
      – des APC ou des détenteurs de lots de terrains près des villes ou dans les villes concèdent à l’année de petits jardinets,
      – un abri jardin sur le lopin pour abriter les outils, une tôle sur le toit pour récupérer l’eau de pluie dans un fût de 200 L et hop c’est parti!
      – et vive la convivialité entre voisins,
      – on peut envisager des parcelles en bas des immeubles,
      – et pourquoi ne pas planter des vignes grimpantes en bas des immeubles?

    • Agronome. Says:

      – les jardins ouvriers sont à promouvoir. Les gens n’attendent pas dans certaines cités. En bas des immeubles, les locataires du rez-de-chaussée aménage un petit bout de terre.Quand on voit que 5 pieds de courgette suffise à approvisionner une famille toute la saison, on ne peut que favoriser cela. Surtout vu leur prix.
      -par ailleurs, c’est le moyen de valoriser les déchets organiques de nos poubelles en faisant du compost.

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