La question céréalière à l’ère des contrats de (contre)performance

Encore un nouveau bilan du commerce extérieur, rendu public par les services de douane, qui révèle une hausse spectaculaire de la facture alimentaire.
Jusqu’à la fin du mois de novembre dernier, l’Algérie aura importé durant l’année 2011, plus de 69 millions de quintaux de blé (tendre et dur).
A la fin de l’année d’avant (2010), le blé importé a dépassé en volume les 50 millions de quintaux.
Qu’il ne faut surtout pas concentrer la réflexion sur l’évolution chiffrée des importations d’année en année, parce que les statistiques ne peuvent avoir de sens si elles ne sont pas appuyées par des lectures croisées et des éclairages adéquats.
Dans tous les cas de figure, à la fin de l’année 2011, les quantités de blé importées dépasseront largement le volume des 70 millions de quintaux.
En conséquence, l’Algérie aura importé au moins 120 millions de quintaux de blé en l’espace de deux années (2010 et 2011).

Plus de 270 millions de quintaux en deux ans

A côté des importations, la production locale a cumulé quelque 87 millions de quintaux durant cette période (42 millions de quintaux en 2011 et 45 millions de quintaux en 2010).
Une simple addition des importations et la récolte déclarée officiellement au niveau local révélera que les disponibilités durant ces deux années dépassent les 200 millions de quintaux.
Si on y ajoute les 62 millions de quintaux produits en 2009 – parce qu’ils n’auront jamais été consommés avant 2010 – nous aurons au final des disponibilités céréalières de quelque 270 millions de quintaux en deux années, soit une moyenne de 135 millions de quintaux par année.
Mais, la demande locale n’est pas en mesure d’absorber autant de quantités sachant que les besoins exprimés sont en moyenne de 80 millions de quintaux/an selon les estimations officielles faites sur la base d’une population de 36 millions d’habitants.
Donc, peut-on supposer que l’Algérie dispose actuellement de stocks supplémentaires de blé qui auront à couvrir les besoins pour une longue période ?

Fausses déclarations

Cette hypothèse est moins sûre lorsqu’on sait que les commandes à l’importation ont été passées, dans la majorité des cas, durant des périodes de flambées aigues sur le marché international, ce qui renseigne sur le caractère d’urgence de ces approvisionnements.
Au final, cette situation paradoxale dévoile une réalité : Dès l’authentification des statistiques établies par les services de douane sur les importations, c’est les bilans de la production locale qui sont simplement remis en doute.
Ce qui n’est pas moins vrai tenant compte de la manière avec laquelle les bilans sont arrêtés à la fin de chaque campagne.
Faute d’un système statistique efficient, les autorités sectorielles se contentent des additions faites à partir des bilans communiqués systématiquement par les services chargés du secteur au niveau des wilayas.
Or, depuis la mise en œuvre des contrats de performance en 2008, les DSA (directions des services agricoles) s’empressent à annoncer des bilans positifs mais fantaisistes.
Cette attitude est motivée par le souci des cadres du secteur – notamment au niveau des DSA – à se prémunir de la disgrâce de la hiérarchie.
D’où, la raison pour laquelle les DSA annoncent d’une façon récurrente à la fin de chaque campagne que « les objectifs tracés dans le cadre des contrats de performance sont atteints ».
Voilà donc comment les contrats de performance ont engendré des contreperformances.

29 Réponses to “La question céréalière à l’ère des contrats de (contre)performance”

  1. la rareté de l’eau conditionne le developpement agricole en Algérie, il suffit seulement de voir l’étude de HEKSTRA et MACKONNEN (2011) qui montre l’intensité de contenu en eau virtuelle dans les importation en Algérie 17,5 milliards m3 soit un total dépassant même les potentialités hydriques du pays. toutefois, le seul moyen à vaincre cette contrainte est la reconversion agricole par le biais des spécialisations sur les cultures à forte valeur ajoutée et moins consommatrices d’eau.

    • ingenieur Says:

      cool, il faut rajouter tout de même une absence catégorique de la volonté politique d’améliorer l’efficience de l’eau voire hisser la productvité de l’eau

  2. houhou Says:

    La patate à 100 DA et Benaissa toujours à son poste.Plus rien n’étonne dans ce bled.Rouh ya syrpalac rouuuuuh!!!!

  3. Bravo chers compatriotes! C’est à partir de ce genre de cite que l’on pourra avancer vers le progrès de l’agriculture Algérienne. Ce qui manque à l’agriculture Algérienne c’est le manque de débat contradictoire et de franchise pour permettre à chacun de parler des problèmes de fonds , de critiquer ,d’exprimer ses idées , de rectifier certaines erreurs ,faire des propositions concrètes et parfois même trouver des solutions aux nombreux problèmes auxquels est confrontés le monde rural.L’agriculture Algérienne est entre les mains de gens qui refusent le débat ouvert ou chacun à le droit de donner son point de vue . Il n’y pas de place actuellement à la critique (tout le monde est beau! tout le monde est gentil!tout va pour le mieux.). A mon avis l’intervention de l’état devra se limiter à :
    – La gestion du parc foncier agricole avec toute sa problématique(tout un programme);
    – La gestion de l’eau d’irrigation(captage, adduction, distribution);
    – La fourniture des énergies au meilleurs coûts ;
    – La protection et la gestion des parcours steppiques et sahariens;
    – Le désenclavement des zones inaccessibles.
    Par ailleurs, le soutien de l’état devra se limiter uniquement aux subventions des semences , plants, engrais ,machines (intrants)qui doivent être disponibles en quantités et qualités et à des prix raisonnables.
    Le troisième volet qui demande l’intervention de l’état est la vulgarisation et formation dans le domaine technique , économique,environnemental et managérial où de grands efforts doivent être entrepris.

  4. EL HAKIKA Says:

    Il faut appeler les choses par son nom.Le probéme du secteur agricole est d’ordre humain, l’incompétence est la source de tous les maux du secteur surtout durant ces cinq derniéres années.Le departement de Mr BENAISSA cultive la médiocrité et le mensonge, les bateaux s’en chargeront du reste.

  5. EL BACHA Says:

    je suis un ingénieur de l’agriculture(1976) j’ai vieilli dans ce domaine,j’ai vu des vertes et des pas mures,j’ai combattu autant que la majorité des ingénieurs de ma génération..wallahi tous ces problèmes dont vous parlez sont des futilités si les pouvoirs publics daignent bien les prendre en charges….la contre performance,les fausses déclarations,l’incompétence,le laisser aller,l’immobilisme,la démobilisation,la peur des lendemains incertains,en somme ce cocktails de négativisme est voulu par l’État.ya djemaa l’agriculture c’est la terre,l’eau,la semence et beaucoup de travail,beaucoup de travail bien fait.L’environnement administratif,logistique,bancaire n’est pas du ressort du fellah.excusez moi je repasserais certainement.

  6. ait abderrahim mahmoud Says:

    Mo je suis persuadé que si la sécheresse perdure encore et que les rendements actuels stagnent , vous allez devoir payer votre semence encore plus chère. et tant mieux pour ce qui travaillent et souffrent afin de maintenir leur outil de production.

    Je garde d’ailleurs ma semence chaque année en attente d’acheter et de recevoir celle de la ccls , ce qui me permet de maitriser mes dats de semis

    Je produit de la semence de ferme et je vends ma semence de blé dur à 6000 da / qt mais au moins les agriculteurs peuvent en avoir à leur disposition au temps voulu et économiser dans la quantité a semée

    Je vends ma semence d’orge à 3500 da / qt et je vais finir par abandonner les programmes de production de semences avec la ccls vu les tracasseries et perte de temps que celle ci nous occasionne sans parler de la Badr qui pour des raisons fumeuses et de pret avec la salem (pour l’acquisition d’un moissoneuse batteuse avec l’accord de la dsa)vient de m’interdire ( en pleine saison agricole ) tout type de crédit y compris RFIG

    Je ne sais pas si les cadres du MADR sont bien ou mal payer , moi personnellement je pense qu ils sont très très bien payé pour ce qu’ils font réellement et les résultats sur le terrain qu’ils obtiennent

    Pour réussir des contrats de performances , ils faut avoir des personnes performantes et efficaces , c’est loin d’être le cas surtout que personnes n’est inquiétées ou sanctionnées

    La majorité des cadres de tout bord ont intégré ( ils vivent sur un nuage ) que leur salaire leur est due , et la part de salaires qui devrait être distribuées au bon est partager avec les plus médiocres d’où le découragement des meilleures et le trafic et bêtises des médiocres

    PAS BESOIN DE BEAUCOUP DE STATISTIQUES POUR COMPRENDRE QUE NOUS ALLONS «  »DROIT «  »VERS LA CATASTROPHE , IL SUFFIT DE lire le dernier rapport ou loi des finances et de constater combien de milliards l’Algérie consacre a son budget de fonctionnement …..

    La première chose a faire est de se poser les bonnes questions et de mettre en place un stratégie courageuse et à long terme

    La premier question est de savoir quels prix on veut pour la production agricoles et pour quels acteurs….

    La régulation et la politique de soutien des prix est un enfer pavé de bons intentions , Or il faut se méfier comme de la peste des bonnes intentions , l’histoire nous la déjà prouvé plusieurs fois….

    Il faudra faire un choix courageux et politique d’investissement dans l’agriculture ; de formations des agriculteurs et leur enfants plutôt que des pseudo agronomes et vétérinaires qui n’ont jamais gérer une exploitation agricole ou un troupeau , l’augmentation des salaires de ses corporation est un scandale, de plus il ne fait qu’encourager l’inflation et le pillage de nos ressources car un bon nombre de ses abrutis vont tous simplement utiliser cette argent pour s’acheter une voiture , on va donc devoir importer encore plus de gazole et peut etre meme construire de nouvelles raffineries pour tous ses anes qui roulent , on marche sur la tete….

    Pour développer l’agriculture il faudra au contraire aretter immédiatement ou progressivement ( pendant qu’il est encore temps) la politique de soutien des prix et maintenir les prix des matières agricoles élevées afin justement que les gens se mettent à investirent dans l’agriculture et produire

    Et qu ‘on arette de nous bassiner avec la soi disant politique nutritionnelle qui a aboutit d’un coté à 4 millions de diabétiques que l’on est en plus obliger de subventionné ( encore !!!! ) en subventionnant les médicaments , un autre scandale d’ailleurs et de l’autre coté beaucoup de mal nourris

    D’ailleurs plus aucun agriculteur sérieux ou éleveur ne compte sur son vétérinaire ou conseiller agricole pour gérer et optimiser son exploitation , d’ailleurs la moitié devrait être viré du MADR ET ON DEVRAIT LEUR DONNER DE LA TERRE pour qu il nous montre chtaarethoum

    On ne peut conseiller les autres que si on est vraiment expérimenté , crédible , sérieux,ingénieux aimant son métier et en tenant compte des divers contraintes de ses interlocuteurs ; il n’ y’ a pas de recettes toutes faites

    Nous avons besoins de philosophes et de psychanalystes

  7. On parle de contrat de performance, de nourrir la population mais le ministére affame ses cadres .et leurs familles .Savez vous que plusieurs dsa n’ont pas payé les fonctionnaires ce mois de decembre -laghouat , bejaia , oum el bouaghi etc .le cas de khenchela ou cinq producteurs ont eu des rendements de 55à 60 quintaux de blé par hectare au niveau de la commune de Babar .Ceci a valu des félicitations au maire de Babar et le dsa de khenchela.Mais pour les agriculteurs lorsqu’ils ont su que le ministére a été incapable de payer le salaire des fonctionnaires pour le mois de decembre , c’est la surprise.les responsables du budget au minstére sont des incompétents ;eux ils font la fête du nouvel an et ceux du pays profond s’endettent auprés de l’épicier du coin.on parle de sécurité alimentaire et on affame ses propres cadres avec un salaire de minable et qu’on ne touche pas forcement.Pauvre ALGERIE.

  8. professeur docteur en Agronomie Says:

    Le directeur général de l’OAICéreales a osé même dire à la radio et cela a été repris dans les journaux que l’ Algerie a exporté du blé en 2010 et 2011. Quel mensonge! quelle honte! La culture du mensonge tout azimut au sein du ministère de l’agriculture et de ses annexes ITGC, OAIC, INRA, Etc…continue de semer le faux pour montrer aux citoyens que les progrès sont toujours là. En fait il n’ya aucun progrès, les statistiques et tous les agronomes algériens le savent très bien. La solution à tout cela est complexe car elle est à la fois politique, culturelle et professionnelle (ressources humaines défaillantes au plus haut niveau). Arrêter de mentir est pas essentiel vers le progrès.

    • pour ajouter une chose, personnellement j’ai constaté un blocage, du peut de développement de l’agriculture depuis 2007 rien ne bouge et a voir les stats on croit que l’Algérie est un pays exportateur de produits agricoles

  9. Votre approche est non seulement atypique, dans le monde de la presse Algérienne, qui se contente habituellement d’un copié-collé des communiqués du Minagri ; mais également extrêmement pertinente d’un point de vue économique !
    L’autosatisfaction affichée cette année encore, par les services du Minagri qui considèrent que les objectifs des contrats de performance ont été atteints malgré une baisse de la production de 7% est bien représentative du peu d’ambition des cadres du secteur.
    En règle général, il devrait être facile de faire un recoupement entre les chiffres des DSA et les quantités réellement achetés par les CCLS mais étrangement les CCLS font état que seul 50% à 60% de la production, leurs sont proposés par les agriculteurs, alors que le prix offert de 4500Da le quintal pour le blé dur et 3500Da pour le blé tendre est deux fois supérieurs au cours mondial !
    Etant donné qu’il est impossible que les producteurs de céréales puissent trouver un prix supérieur à celui de la CCLS, on peut considérer que c’est bien la totalité de la production qui est livré ; ce qui rejoindrait votre analyse de la production nationale !
    Un autre point même si il reste marginal, est la revente de blé d’importation au CCLS comme si il s’agissait de blé produit localement ; sur ce point on peut noter que 25% des producteurs avec des hauts rendements (85Qa/Ha), sont situés dans la wilaya de Tébessa, région frontalière avec la Tunisie…
    Il est toujours difficile de faire des prévisions sans entrer dans la prédiction, et encore plus lorsqu’il s’agit d’agriculture, mais pour 2012 on peut déjà dire que ce ne sera pas encore cette année que l’autosuffisance sera atteinte.
    La date des semis est une variable capitale, or à ce jour les semis ne sont toujours pas finis, alors que pour un blé d’hiver, les semis auraient du être terminés depuis le 30 octobre.
    Bien que la qualité des semences est une vraie problématique, on ne mesure toujours pas le taux de germination des semences, on se contente de semer une quantité prédéfinie de 120Kg/Ha !
    Or c’est ce point essentiel qui va déterminer le rendement que l’on peut attendre et compte tenu de la date retardée des semis, il aurait normalement fallu semer une quantité de l’ordre de +/- 170Kg/Ha !
    L’absence de rotation des cultures, va lui aussi provoquer un salissement (invasion de mauvaises herbes) de plus en plus important qui aura bien évidement un impact sur les rendements.
    Un autre constat qui témoigne de cette politique du chiffre est la filière du lait ; on importe massivement des vaches mais nous ne produisons pas les aliments pour les nourrir, il faut donc importer encore plus de fourrages.
    La production de lait augmente mais nous ne disposons pas des infrastructures pour assurer la collecte du lait ; bilan on continue d’importer massivement du lait !
    Mais rassurons-nous les objectifs des contrats de performance sont atteints ; donc tout va bien !

    • excusez-moi de vosu embêter avec mon cas personnel, mais j’ai pasé une thèse en…1980 qui avait la prétention d’apporter un coup de fouet à la culture des cérèales en Algérie.

      J’ai transmis un courrier qui a été remis en mains propres à l’actuel ministre. Je vais tenter de vosu en faire un copier-coller.

      Inutile de vous dire que je n’ai reçu aucune réponse.

      Dr Badreddine BENYOUCEF
      Nîmes

      Nîmes, le 9 mai 2011

      A Monsieur Le Docteur Rachid BENAÏSSA
      Ministre de l’agriculture et du développement rural
      Ministère de l’agriculture et du développement rural
      ALGER
      Objet : mon retour au pays suspendu à votre décision

      Monsieur le Ministre,

      Si vous êtes en train de prendre connaissance de ce courrier, c’est que j’ai pris l’assurance qu’il vous parvienne par l’intermédiaire de Sidi Mohammed AL KACIMi AL HASSANI, notre Cheikh de la Zaouïa d’El Hamel.

      Monsieur le Ministre, je suis un ancien cadre du ministère de l’agriculture (1977-1981) que j’ai dû déserter devant le traitement que j’ai dû subir de la part les responsables de l’époque qui n’étaient préoccupés que par l’avancée supersonique de leur carrière professionnelle et surtout de celles de leurs serviles protégés.

      Je ne souhaite pas alourdir inconsidérément ce courrier avec mes déboires passés, d’autant qu’ils ont été pour moi, une rampe idéale de lancement pour une carrière professionnelle que je ne regrette pas. Si cela était à refaire, je ne changerais pas un iota à mes prises de position générées par une éducation éprise de droit, de probité, de sacrifices envers notre patrie et d’abnégation au travail bien fait.

      J’ai exercé comme professeur en économie du développement rural à l’université de Batna (1981-1993) et j’ai même occupé le poste de Vice-recteur chargé de la Post-graduation et de la recherche scientifique.

      Parallèlement à cela, et contraint par les évènements tragiques qu’a traversé notre pays, j’ai dû m’installer en France où je réside actuellement. Je suis Conseiller en Communication et je suis pour ainsi dire, satisfait de mon parcours qui a été dicté par une lutte sans merci, comme je viens d’en exposer les contours, contre le népotisme, le Ben Hamisme, l’incompétence et surtout la corruption, quatre fléaux qui ont fait tant de dégâts à l’économie de notre pays. Songez, Monsieur le Ministre, et vous devez sans doute le savoir, que le dinar, notre pauvre dinar, pour ne citer que ce paramètre, a perdu 47 fois de sa valeur de 1975 à 2011 !…

      Satisfait, pas totalement je dois vous l’avouer. Tout simplement parce que j’ai justement soutenu mon doctorat dans le domaine des céréales et j’ai dirigé des recherches poussées à la station expérimentale d’El Khroub (1975-1976) qui relevait à l’époque de l’IDGC. Mes travaux ont conclu que notre pays, peut réduire considérablement sa facture alimentaire et j’avais en mains la solution idoine.

      L’une de mes publications est consultable sur le catalogue en ligne du centre culturel algérien de Paris. Le thème en est : Essai de charge sur une prairie de luzerne annuelle « Jemalong ».

      J’ai rêvé de l’appliquer « grandeur nature » en Algérie. Malheureusement, les conditions rencontrées ne m’ont pas permis de la mettre en pratique.

      Pourtant, je reste convaincu, Monsieur le Ministre, que c’est LA SOLUTION pour notre pays.

      On peut arriver, à très court terme, à remplacer la jachère par une pratique raisonnée de cette technique culturale et on pourra laisser aux générations futures, un pays autosuffisant en matière de céréales. Ce n’est pas une fiction et ce n’est surtout pas une utopie.

      Comme j’adorerais vous exposer cela oralement, et ce en présence de l’un de vos cadres, en l’occurrence, mon ami Amar ASSABAH.

      Monsieur le Ministre, je suis disposé à rentrer au pays pour réaliser mon rêve. Pour cela, j’ose vous proposer ma demande sans détour :

      Dans le cadre de la concession des terres, n’existent-ils pas 100 hectares, quelques part en Algérie , pour un féru des céréales ?

      Si la réponse est positive et si j’aurais droit à l’accès au crédit sans passer par une quelconque cooptation, je suis alors disposé à rejoindre le pays sur un signe de votre part. Je compte également installer une entité avicole dont je domine tous les contours (poussins, poules pondeuses, poulets de chair, élaboration et fabrication de l’aliment du bétail, commercialisation et autres). Rien que cette activité que je classe comme annexe peut, à elle seule, générer plus de 20 emplois directs.

      Enfin, je suis disposé à injecter en fonds propres 5 millions de dinars dans ce projet qui me tient tant à cœur.

      Si ces conditions ne sont pas réunies, je vous prierais de bien vouloir m’excuser de vous avoir importuné avec mon présent courrier.

      Dans l’attente, je vous prie d’agréer, Monsieur le Ministre, en ma déférente considération.

      Dr Badreddine BENYOUCEF

      N.B.1 : Quelques personnalités qui pourront, sans aucune concession, vous parler de moi :
      • Monsieur Aziz DEROUAZ, Ancien Ministre de la jeunesse et des Sports,
      • Monsieur Mohamed HAOUARA, actuel maire de Batna,
      • Monsieur Amar ASSABAH, Directeur de la production agricole au MADR,
      • Monsieur Laroussi BOUZNADA, ancien directeur régional du Trésor Public,
      • Monsieur Noureddine KEHAL, PDG de l’O.A.I.C.
      • Monsieur Mohamed BOURICHA, membre de la glorieuse équipe du F.L.N,
      • Et bien d’autres.

      N.B.2 : Par contre, s’il se trouve par inadvertance des personnes qui excelleront dans la médisance à mon encontre, soyez assuré, Monsieur le Ministre, que ; durant ma courte carrière en Algérie (J’ai été aussi président des aviculteurs de la wilaya de Batna) ; je les ai sans aucun doute surpris en pleine situation, soit de corruption, soit de népotisme avéré, soit je leur ai crié sans aucune retenue et avec verve leur criarde incompétence.

      N.B 3 : Une copie de ce courrier sera transmise en mains propres à Monsieur le Premier Ministre.

      P.J : Mes diplômes.
      Mon curriculum vitae.

      • Malgré vos compétences, votre motivation et vos ambitions, je doute que votre démarche aboutisse !
        Non pas, à cause du manque de foncier disponible puisque tout le monde sait que ce sont des centaines de milliers d’hectare, qui sont laissés à l’abandon où plus exactement, qui sont devenus des cultures de déchets à très haut rendement.
        Ni même à cause de la nature de votre projet, car vous devez sans doute savoir que nombreux sont les expatriés Algériens qui sont revenu au pays pour apporter leur contribution à l’essor du pays et qui se sont repartis après avoir été épuisés financièrement et émotionnellement.

        Si ce phénomène est difficile à décrypter, on peut malgré tout mettre en évidence deux points :
        Le premier est que l’Algérie n’est pas un état de droit, n’importe qui peut prendre le pouvoir sur ce qui l’intéresse sans être inquiété !
        C’est ainsi qu’une poignée de chômeurs peut paralyser pendant plusieurs semaines une mine vitale pour le pays, avec des conséquences lourdes sur l’économie nationale et sur des milliers d’emploi en aval.
        Ou bien que quelques salariés peuvent décider de s’accaparer leur entreprise comme dans le cas de la laiterie Draâ-Ben-Khedda ou dans celui de l’usine d’aluminium Algal plus.
        On peut également provoquer un drame sanitaire gigantesque comme celui des chaussures chinoises qui ont conduit à l’amputation de milliers de personnes….sans être inquiété !
        Le second point est l’absence totale de préférence nationale ; à l’heure où dans tous les pays d’Europe on voit les partis prônant la préférence nationale devenir de plus en plus influent, l’Algérie a choisi la voie inverse.
        Même lorsque nos produits nationaux sont compétitifs et de qualités, on va leur préférer leur homologue étranger !
        Pire encore, des études techniques confiées à des entreprises étrangères sont aujourd’hui sous traitées auprès d’entreprises Algériennes.
        Ce qui est bien, la preuve que nos compétences existent et sont reconnus….mais pas par les Algériens eux-mêmes.
        Peut-être que si vous étiez Turc ou Chinois, votre projet pourrait trouver un soutien mais tant que vous êtes Algériens, il n’y a aucune chance qu’on vous aide à le concrétiser.
        Sur ce point j’en suis même arriver à me dire qu’en Algérie, on aime pas les Algériens !

        • Agronome. Says:

          El Bekayates! (pleurs de pleureuses comme au temps des obsèques des pharaons)
          1- un constat (bka) sans propositions! Note de 10/20.
          Il est relativement facile de poser un constat. Ce qui est attendu, ce sont des SOLUTIONS.
          2- Obtenir la préférence des produits nationaux à la place des produits importés. Les ouvriers et ingénieurs de l’usine d’El Hadjar productrice de pipelines ont fait grève. Du coup la Sonatrach qui ne voulait acheter ces tubes va devoir revoir sa position.
          CONCLUSION: la solution des problèmes du pays passe par la mobilisation des premiers concernés.

  10. Agronome. Says:

    Ces dernières années, on note une réelle augmentation de la production de céréales. Certes avec des fluctuations. Par ailleurs, notre appareil statistique a besoin d’être plus fiable (voir Slimane BEDRANI)..
    Sur les contrats performance. Il me semble qu’il s’agirait de fortifier le lien entre agriculteurs et conseillers agricoles.
    – viser d’abord les agriculteurs les plus dynamiques, les autres suivront,
    – créer ce lien avec les directions de l’agriculture mais aussi avec des techniciens et ingénieurs de chambre d’agriculture ou d’association professionnels (producteurs de lait, de miel, …).
    – l’idéal: conseillers agricoles recrutés par ces organismes ou sont présents des représentants des agriculteurs.

    • Je ne partage pas du tout votre avis:
      1°) vous indiquez que « Ces dernières années, on note une réelle augmentation de la production de céréales ».

      Or si on se base, sur les chiffres du minagri des trois dernières années :
      La production a été pour 2009 de 61 millions de quintaux, de 45 millions de quintaux en 2010 et de 42 millions de quintaux en 2011.
      La superficie emblavée a été de 3 millions d’hectare en 2009 et de 3,3 millions en 2010 et 2011!

      A partir de là, on peut constater que non seulement le rendement brut est passé de 20 quintaux/hectare en 2009, à 13,6 quintaux/hectare en 2010 et à 12,7 quintaux en 2011 mais aussi que la production globale à baissé de plus de 30%!

      2°) de recruter des conseillers agricoles!
      Vous pensez que les problèmes des agriculteurs sont d’ordre techniques?

      Les problème des agriculteurs sont la disponibilité et la qualité des semences, la qualité des engrais et produits phytosanitaires, la disponibilité de l’eau et bien sur les vols!
      Pour le reste ça fait longtemps qu’ils ont appris à faire sans.

      • très bien dit erod39 je partage votre point de vu, pour l’info je ss conseiller agricole j’ai exigé pour mes clients une semence certifié avec un certificat d’agréage l’OAIC a refuser et son directeur n’a plus demander des études pour fournir la semence(qui exige l’étude la BADR ou l’OAIC), ces mêmes agriculteurs ont eu des épis vide de 25 cm de hauteur

        • Agronome. Says:

          Il ne faut pas mélanger les problèmes.
          – il y a des problèmes d’approvisionnement. Vous avez raison de le noter,
          – mais le rôle du conseiller ce n’est pas de s’occuper de ces questions. Elles sont du ressort des associations représentatives des producteurs. C’est leur affaire syndicale. Le conseiller, en fonction des moyens dont il dispose sur le terrain, a pour mission de proposer les meilleurs itinéraires techniques en vulgarisant ce qu’il voit sur les meilleures parcelles. Je parle en connaissance de cause.
          – c’est ce travail de collecte d’information techniques sur les différents itinéraires techniques dans une petite région, leur comparaison les uns par rapport aux autres quant au rendement qu’ils ont permis d’obtenir.

      • Agronome. Says:

        – Quand je dis que la production nationale de céréales a augmenté, je compare aux années 80. Vous abordé la contradiction en comparant d’une année à l’autre. Mais voyons avec l’incertitude, il faut comparer des moyennes sur 5 ou dix ans.
        – votre négation du renouveau agricole nie l’apparition de ces nouveaux agri-managers: ingénieurs, techniciens, investisseurs éclairés en charge d’exploitations modernes.
        – quant aux problèmes, de l’agriculture, Slimane BEDRANI explique bien que le prix des intrants, le statut juridique de la propriété jouent sur la production.
        – Maintenant, je suis choqué quand à propos de la technicité vous dites des agriculteurs « qu’ils ont appris à faire ».
        — la régularité de semis à 3 cm, ils savent?
        — le blocage de l’engrais phosphaté sur sol calcaire, ils savent?
        — le semis direct, ils savent?
        — les herbicides céréales, ils savent?
        — l’emploi des semences de céréales traitées, ils savent?

        J’arrête l’énumération. C’est navrant de réfuter le progrès technique. Les agriculteurs ont un savoir pratique certain. Et c’est cette alliance agriculteur-cadres agronomes qui permettra de faire avancer l’agriculture.

        – quand je parle de conseillers agricoles, je parle de conseillers recrutés par des chambres agricoles et organismes professionnels où seraient représentés démocratiquement des agriculteurs. Conseillers révocables par ces instances professionnelles. Je sais de quoi je parle, car j’ai vu ces conseillers en France.

        • Très sincérement, je ne dénigre pas du tout la politique du renouveau rural, bien au contraire.
          Mais rajouter des conseillers alors que le minagri en a déja plein, c’est méconnaitre les problèmes des agriculteurs!

          • Agronome. Says:

            Il ne s’agit pas d’en rajouter mais de bien les utiliser. En France, j’ai observé un système où le conseiller agricole est révocable par les agriculteurs. Eh bien je peux vous dire qu’il y a du rendement. Toujours à aller d’une exploitation à l’autre, à leur téléphoner, à leur préparer des réunions de bilan de campagne, des fiches techniques, à organiser des tours de plaine, Moi qui avait travaillé dans l’agriculture en Algérie, j’ai découvert une autre façon de faire…

  11. ou va l’algerie?pourquoi cette incurie ? et partout!les algeriens beni oui oui c’est bien connu!aucun exercice normal de citoyenneté;les interets égoistes,aucun interet pour leur pays!un haut fonctionnaire à qui je reprochais d’etre pour ce nidam pourri qu’il faut abattre avant que l’algerie ne perde tout espoir de redressement,me merite pas épondit ce peuple ne mieux que les dirigeants qu’il a.C’est écoeurant!!

  12. Pour votre information les stats ce font dans les bureaux des DSA pour le blé c l’oaic qui donne les chiffre (pour l’information 50% du blé produit ne passe pas par elle), ici a Laghouat on vient d’annoncer la production de 300 000 qtx de pomme de terre mais sur le marché rien m^me pas 1 kilo, la question qui se posent qui fait les stats et sur quelle base, autre chose on arrête pas de nous soûler avec des producteurs qui font 55 et plus qtx/ha de blé, il est ou ce blé, le soutien pour l’acquisition de pivot qu’est qu’il a fait, les crédit accordés dans le cadre du RFIG pour les compagne labours semailles a coup de milliards ou est le résultat……..etc etc trop de question pour une seule repense

  13. je ne sais pas ce qui fausse vraiment les prévisions, est ce que ces les données, ou les composants de ces données? pour moi, ça sera les composants de ces données; quand on sait que chaque famille composé de 5 à 10 personnes, jettes chaque jours une moyenne de baguette de pain, ce qui fait 500 g de farine, ce qui fait au moins 750g de blé. combien de familles existe en Algérie, si on essaye de minimiser les pertes, nous allons dire que juste, la moitie des famille qui gaspilles, c’est énormes. je veux juste vous expliquer quelques choses. au lieu qu’ on commence à faire un autre travail, celui de communiquer et de sensibiliser les consommateurs, la pression sur ceux qui font les provisions, serait moins, et là ça sera une autre manière ou y aura d’autres méthodes plus pratique, pour gérer les risques. et peut être nous arriverons au final que la production local nous suffira largement. donc pensons à sensibiliser au lieu de se limiter juste à critiquer…à partir de la, même nos critiques auront une crédibilité.

    • algerien Says:

      je suis désole monsieur, mais c’est vraiment ridicule d’incomber la responsabilité de cette catastrophe qui mine notre sécurité alimentaire au gaspillage des familles qui, au contraire, sont de plus en plus paupérises, et on constate de plus en plus que cette inculpation des citoyens est l’issue de secours préférés des responsables incompétents et opportunistes pour justifier leur médiocrité.

  14. ben oui, je crois que c’est un secret de polichinelle, la pression de la centrale sur les structures déconcentrées fait ensorte que personne n’ose sortir de la ligne tracée par mr benaissa connu et reconnu par son tempérament haineux, frolant la vulgarité. sa touche finale sur les chiffres et le résultats des rendements cadre parfaitement avec l’image qu’il a toujour voulu donner au secteur. pauvre algérie, avec tout ca, on continu a parler de stratégie et de sécurité alimentaire.

  15. bonjour!

    le probblème soulevé n’est pas nouveau
    de notre point de « vue » une des solutions prénisées résident dans le reboisement à grande échelle, et pourquoi pas au coeur du Sahara où l’eau et les sols exixtent (comprendre des régions bien ciblées dans un esprit ‘utile à l’agréable’
    contacter nous pour plus d’info A+

  16. EL HAKIKA Says:

    C’est bien dit dans l’article, les bilans du MADR sont établis à partir de fausses déclarations emanant des DSA sous la pression du département de Mr BENAISSA.
    La vraie production locale en céréales est celle livrée aux CCLS majorée au maximum de 10 à 15%(taux de retention).Ceci, est aussi vrai pour la production laitiére.
    On le dit et on le répéte que le contrat de performance est une tromperie QUI NE DIT PAS SON NOM…

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