Changement climatique : Limiter les dégâts

Malgré le caractère récurrent du débat sur les questions environnementales, la communication et l’éducation en matière de changement climatique demeurent confrontées à des défis importants en ce début du 21ème siècle. Ce qui constitue un obstacle à la sensibilisation des citoyens pour adapter leur comportement en faveur d’atténuation des effets négatifs des mutations climatiques actuelles.
La problématique en question a fait l’objet de travaux de recherche (*) dont les points saillants qui en ressortent, suggèrent des pistes pour la mise en œuvre d’une stratégie de communication et une méthode éducative efficaces permettant une meilleure prise de conscience sur le changement climatique.
Le premier défi dans ce domaine est d’ordre cognitif. Les chercheurs qui se sont penchés sur la question relèvent ainsi une sous-estimation apparente des conséquences du changement climatique chez le citoyen dont le niveau d’inquiétude est faible.
En revanche, les préoccupations liées à la vie quotidienne, comme le pouvoir d’achat ou la santé, passent bien devant la question climatique.

Décalage saisonnier

Les recherches menées auprès des populations révèlent que les citoyens éprouvent des difficultés à comprendre ou contribuer aux solutions d’atténuation de la dégradation climatique, quoique, généralement, ils sont conscients des signes de ce changement, comme la hausse des températures, le dérèglement saisonnier, et sur ses causes, en faisant allusion à titre d’exemple à la prolifération du nucléaire ou l’émission des gaz à effet de serre.
L’ignorance des retombées du phénomène climatique est, toutefois, liée à la complexité des multiples notions appuyant ce thème, or, il est difficile au citoyen de saisir l’ampleur des changements qu’il n’observe pas dans son entourage, comme la fonte de l’arctique, la pollution des nappes et baisse de leur niveau.
La communication et l’éducation en termes de changement climatique sont aussi confrontées à des défis sociaux et psychologiques.
A cet égard, les auteurs citent l’éloignement du citoyen de son milieu naturel qui réduit sa prise de conscience, alors que, faute d’une interprétation efficace et simple de la problématique, les citoyens se détournent de l’information reçue sur le changement climatique.
Cependant, l’implication des citoyens dans l’atténuation des effets de ce changement est confrontée à des défis comportementaux, car les efforts attendus du citoyen requièrent des sacrifices au niveau de la consommation du plaisir ou du pouvoir personnel.

Une question d’éducation

Face à ces défis, il est nécessaire de développer une stratégie de communication sur les changements climatiques plus efficace avec des messages qui peuvent atteindre la sensibilité des citoyens, et ce, en focalisant notamment sur l’imminence de l’aggravation des effets de ces changements, la responsabilité directe de l’être humain et l’urgence de l’impliquer dans l’atténuation de ces effets négatifs.
Si la communication sur le changement climatique requiert une stratégie directe et un discours explicite pour atteindre le public ciblé, l’éducation en la matière, en revanche, doit être appuyée par une méthodologie plus élargie.
Les chercheurs qui ont étudié cette question ont évoqué une transmission de connaissances qui tient compte des « cinq objectifs formulés par l’UNESCO-PNUE (1977), soit la prise de conscience, les connaissances, l’état d’esprit, les compétences et la participation (l’action environnementale) pour permettre de construire un vouloir, un pouvoir et un savoir agir chez les apprenants ».
En conclusion, les auteurs de ces études mettent l’accent sur la nécessité de privilégier la communication et l’éducation en matière de changements climatiques.
Néanmoins, la concrétisation des objectifs escomptés dans ce domaine passe inévitablement par la présence permanente de la sphère scientifique sur le terrain pour accompagner les populations dans l’observation directe des effets du changement climatique et les orienter vers l’adaptation de leur comportement aux défis qu’imposent ces mutations environnementales.

(*) « Éduquer et communiquer en matière de changements climatiques : défis et possibilités », Diane Pruneau, Mélanie Demers et Abdellatif Khattabi, in Vertigo ; [http://vertigo.revues.org/4995#article-4995]

7 Réponses to “Changement climatique : Limiter les dégâts”

  1. dire vrai Says:

    Je m’excuse, ce sujet n’est pas d’actualité,parler de changement climatique, alors qu’on est embourbé dans l’eternelle question de la patate…Et DIEU sait que ce pays recele d’enormes potentialités qui lui permettent de se surpasser.
    Dommage que la mauvaise gouvernance s’est installée à tous les niveaux de la hiéarchie des decideurs.

  2. erod39 Says:

    En lisant votre article, me revient à l’esprit un très juste proverbe des indiens d’Amérique « La Terre n’est pas un don de nos parents. Ce sont nos enfants qui nous la prêtent ».
    Cet état d’esprit était le reflet d’un mode de vie dans lequel l’homme n’était qu’un gardien de la nature.
    Mais depuis, l’homme s’est proclamé Propriétaire de cette nature ; tout est sous contrôle, le vivant est passé sous la coupe des brevets ; on peut polluer mais à condition d’y mettre le prix.
    Même le réchauffement climatique est devenu un moyen pour faire toujours plus de profits, on échange des droits à émettre des gaz à effet de serre, comme n’importe quel titre financier.
    L’argent n’est plus un outil pour faciliter les échanges, il est devenu l’essence d’une nouvelle foi au nom de la corruption, du clientélisme et de l’affairisme ; le symbole de cette nouvelle trinité.
    Quelques traders qui spéculent sur les marchés à terme du blé peuvent provoquer plus de mort que des bombes, comme ce fut déjà le cas en 2008.
    Les politiques des états ne sont plus dictées par l’intérêt général mais par les lobbys qui s’affichent ouvertement comme si il était naturel qu’un groupe d’industriel puisse influencer les élus d’une nation.
    Le monde, que nous avons développé, a la prétention de pouvoir tout maîtriser aveuglé par l’égoïsme de certains dont la soif d’argent ne s’étanche jamais.
    Alors, vous voyez je ne pense pas que les populations sous estiment le problème du réchauffement climatique et ses conséquences, pas plus que les problèmes de pollution ou de désertification.
    Mais, ce projeter dans l’avenir est devenu un luxe pour beaucoup de gens ; dans ces conditions comment peut-on espérer voir émerger des nouveaux comportements ?
    On sait que l’érosion est une plaie et pourtant on continue à labourer !
    On sait que le désert avance et pourtant on subventionne le surpâturage dans les steppes !
    L’agriculture a un rôle à jouer c’est certain, mais encore faut-il arriver à sortir de nos pratiques actuelles pour évoluer vers une gestion à long terme de notre environnement avec des modèles comme l’agroforesterie, qui associe des arbres aux milieux des cultures et qui pourrait être un moyen efficace de lutter contre le réchauffement.

  3. bonsoir!

    j’ai du plaisir à lire vos articles et vous remerci de vos envois
    en ce qui le présent article permettez-moi de vous donner le point de vue de notre association
    nous ne parlons pas de changement climatique mais de dérèglement climatique
    notre pays en sait qlq chose (semer « ici » et récolter au canda)
    si nous avons proposé de reboiser à grande échelle notamment au coeur du sahara – nous disposon d’idées et de plan géographique-
    c’est pour contribuer à la lutte, de manière naturelle, contre le réchauffement de la planète et par là même créer les conditions susceptibles de contribuer à l’atténuation des effets du changement climatique et par voie de conséquence contre le procésus des dérèglements climatique
    notre association peut vous proposer une contribution pour développer nos idées sur le sujet particulièrement applicables à l’Algérie avec une influence sur toute la région de l’Afrique du nord voir le bassin Méditerrannien A+

  4. C’est vrai que dans la plupart des cas,le message « peut » très bien passer par les élèves.Alors utilisons aussi cette possibilité,en insistant sur les buts à atteindre avec des applications pratiques avec des spécialistes de la question à débattre,et des sorties sur le terrain.Nous avons des « pépinières »,il faut savoir les former et les préparer à la relève,mais il faut être patient.

  5. rih750 Says:

    je suis tres inquiet sur le caractere superficiel de certain qui pretendent aborder le sujet du climat .en effet,sur le teritoire national combien y a de station meteo qui peuvent mettrent a notre disposition des donnees a analisees?.sur des teritoires qui ont l’ampleur de pays ne disposent d’aucune station meteo,et ce meme au nord.alors arreter de dire n’importe quoi.sur le net c’est vrai le site tuetempoo .climate ,vous permet de ….objectivement merci

  6. Un truc qui marche pas mal, nous dit-on, c’est l’action de sensibilisation en milieu scolaire.
    Les enseignants, surtout en primaire, abordent le sujet en proposant une solution simple, reproductible à la maison, pour é-du-quer. Et encore, c’est plus efficace si la pratique scolaire dure au delà du temps de la leçon !
    Les enfants ont parfois le chic pour réprimander les parents « contrevenants » aux consignes scolaires … Nous y avons eu droit avec le tri sélectif des déchets ménagers : cruel !

    Et puis, le changement climatique ne sera une préoccupation que si c’est valorisant pour celui qui fait le geste qui sauve la planète !

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