Ce que Hamrouche doit au monde agricole

Dans le sillage des élections présidentielles du 17 avril prochain, Mouloud Hamrouche rompt une nouvelle fois le silence et livre sa vision de l’évolution actuelle de la scène politique.
Réformateur, critique à l’égard du système politique actuel et sa démarche, favorable au changement. Autant d’attributs qui propulsent vers le haut la côte de popularité du personnage dans les milieux populaires n’ayant pas eu accès à la rente sous le règne de Bouteflika.
Néanmoins, pour mieux cadrer le débat sur la démarche de Hamrouche, il est nécessaire de rappeler certains de ses challenges antérieurs.

Bannir l’amnésie

C’est un regard rétrospectif utile notamment pour les jeunes générations qui n’ont pas vécu le basculement qu’a connu l’Algérie en 1989. Il n’est pas moins utile, non plus, pour ne pas tomber dans le gouffre de l’amnésie.
Mouloud Hamrouche a occupé le poste de chef de gouvernement sous Chadli de 1989 à 1991. Durant cette période, il fut le concepteur des réformes ultralibérales qu’a connu l’Algérie dans plusieurs secteurs, d’où d’ailleurs il tire sa légitimité de réformateur.
Outre ses choix qui ont favorisé l’ouverture du champ médiatique et la liberté d’expression sous toutes ses formes qui constituent des acquis indiscutables de l’ouverture démocratique en Algérie, les réformes inspirées par Hamrouche dès le début des années 1990 continuent à générer des retombées désastreuses sur plusieurs secteurs.
Dans cet espace dédié en priorité aux préoccupations du monde paysan, nous nous contenterons de rappeler les ratages de l’ancien chef de gouvernement en matière de préservation du potentiel agricole sans tomber dans la spéculation politicienne.
Lors de sa sortie médiatique du 24 mars 2014, Hamrouche parle des milieux affairistes dont il constate l’ampleur aujourd’hui.
Pour lui, cette ampleur des milieux maffieux est « une conséquence de la crise » avant de préciser : « Pendant que l’armée et les services de sécurité luttaient contre le terrorisme et la violence, les administrations gouvernementales, les administrations pérennes d’autorité ont été phagocytées ou mises en échec, à l’instar des autorités fiscales, douanières et monétaires. La source de l’affaiblissement de ces administrations régaliennes de l’Etat est la conjonction entre l’abus de pouvoir, les passe-droits et le champ du non-droit. L’Etat et le gouvernement sont menacés dans leurs fondements. »

La marche vers l’ultralibéralisme

Dans sa description, Hamrouche rappelle la conjoncture des années 1990 bien évidemment, mais sans aller jusqu’à reconnaitre sa part de responsabilité dans cet échec. Comment ?
Un exemple suffit pour éclairer ce constat : Il est relatif aux choix pour lesquels a opté Hamrouche à son époque en matière de gestion du foncier agricole.
En adoptant la loi 90-25 du 18 novembre 1990 (toujours en vigueur) portant orientation foncière, l’ancien chef de gouvernement a ouvert la voie à l’émergence de la spéculation foncière et au détournement de milliers d’hectares parmi les terres les plus fertiles du pays.
A la faveur de ladite loi, ce père spirituel des réformateurs, a adopté la restitution des terres nationalisées dans le cadre de la révolution agraire de 1971, estimées à plus d’un million d’hectares.
Certes, la démarche est louable de point de vue démocratique dès lors des familles expropriées abusivement recouvrent leur patrimoine.
Mais, en omettant de mettre au préalable des garde-fous concrets et effectifs pour préserver la vocation agricole et la valeur sociale de ces terres, Hamrouche fait un pas indéniablement vers l’ouverture d’un marché foncier informel et l’anarchie urbanistique de plus en plus accentuée.
C’est à l’ombre de ses choix que sont nés les premiers lobbies et cercles maffieux qui, au fil des années, se sont fait des entrées dans les institutions, au sein du pouvoir et s’imposent sur la scène nationale.

Lex-FIS comme un amer souvenir

D’ailleurs, même l’ex-FIS, dont le programme socioéconomique fut d’essence libérale, a fait campagne en faveur de Hamrouche en ce qui concerne l’ouverture du patrimoine foncier à la propriété privée.
C’est à cette époque aussi que certains courants ont failli imposer la privatisation (la vente pure et simple) des terres agricoles relevant du domaine privé de l’Etat.
Dans la périphérie d’Alger et à travers les périmètres périurbains de la plaine de la Mitidja, les conséquences de la loi Hamrouche sont lourdement ressenties et la situation ne fera que s’aggraver durant les années de terrorisme lorsque l’Etat était préoccupé beaucoup plus par la situation sécuritaire.
Chérif Rahmani, à son arrivée au poste de Gouverneur de Grand Alger ne fera pas mieux que de généraliser cette débandade avec l’encouragement de l’urbanisation massive et la distribution de lots de terrains à outrance.

15 Réponses to “Ce que Hamrouche doit au monde agricole”

  1. Lilas el fellaha Says:

    bonjour,
    Je suis abonnée à ce site depuis un certain temps. Je trouve les articles (pas tous) très intéressant mais……..il semble que nous vivons en 2016, et les derniers articles datent de 2014 ?????
    Faites encore un effort et ce sera parfait.. Merci!

  2. Hamoud ZITOUNI Says:

    Loi 90-25 permissive ou piétinée ?
    Prétendre que la loi 90-25 du 18 novembre 1990 portant orientation foncière a contribué à la dilapidation des terres agricoles c’est me semble-t-il méconnaître son contenu. Pour avoir utilisé cette loi pendant de nombreuses années comme référentiel dans mes missions de préservation des terres agricoles, je me dois de déclarer avec conviction que malgré ses insuffisances, cet instrument législatif est le meilleur qu’a connu le secteur agricole depuis 1962. D’abord, par ses dispositions transitoires, il a permis de dénouer l’inextricable problématique de restitution des terres nationalisées au titre de la révolution agraire. Une restitution très compliquée sur le terrain pour diverses raisons qu’il est fastidieux de s’y étaler. Malgré les imperfections inhérentes à ces dispositions temporaires, plus tard en partie corrigées par l’ordonnance 95-26 et grâce à un personnel en général compétent et honnête la quasi-totalité des terres nationalisées restituables (titres de propriété authentiques, terre n’ayant pas perdu sa vocation agricole, etc..) ont été rendus à leurs propriétaires légaux sans effusion de sang et sans injustice majeure. Par un laborieux travail d’enquête, de vérification, de délimitation, de concertation, voire de négociation, les anciens attributaires en règle avec les dispositions de la loi 87-19 du 8 décembre 1987 , se sont vus déplacés sur des terres vacantes du domaine privé de l’Etat (terres des ex DAS) ou indemnisés ou même exceptionnellement maintenus quant ils ont réalisé d’importants investissements que les propriétaires initiaux ne peuvent rembourser. Les relativement peu nombreux litiges nés de cette restitution furent portés devant les juridictions compétentes. Mais l’administration a commis çà et là des restitutions abusives tombant sous le coup de la loi notamment pour ce qui des terres mises sous protection de l’Etat dès 1962 d’anciens collaborateurs du pouvoir colonial (alinéa 1 de l’article 76 de la loi portant orientation foncière). Dans le cas de l’espèce, il s’agit de passe droit que la loi a interdit expressément. Il y eut aussi des entourloupes comme cet ancien dignitaire qui se fait compenser une donation de terre agricole située en montagne d’une wilaya de l’Est par une terre du domaine national sise sur les belles terres de la Mitidja. Tel autre qui a tenté de se faire restituer une « propriété » sans titre, relevant en fait du domaine privé de l’Etat (ex terres communales) située à l’intérieur d’un grand périmètre irrigué à l’extrême Ouest du pays. Dans la même région, un autre ex grand dignitaire a réclamé, dans le tard, la restitution d’une soit disant propriété familiale non doté de titre qui s’est avérée, elle auss, partie intégrante du domaine national. C’est compter sans la probité des agents de l’Etat qu’on traite jusqu’ à présent de « tous des corrompus, incompétents et pourris ». Des anecdotes de ce genre dans un sens comme dans l’autre, existent sur tout le pays. Il faut i se souvenir aussi de la publication durant plusieurs jours des listes d’attributaires indus de terres agricoles de l’Etat. Ces listes étaient truffées de noms de pontes ou de leurs proches. Une grande partie de ces prédateurs a été légalement déchue de ses indus droits. La terre récupérée a été réaffectée aux attributaires conformes évacués des terres restituées. Malheureusement, un peu plus tard, durant la décennie noire, la prédation a repris le dessus et des terres les plus fertiles se sont transformées en entrepôts de produits frelatés importés ou de cossus lotissements. Tout cela bien sûr en violation de la loi. Pour terminer avec les dispositions temporaires, je tiens à témoigner de la capacité d’écoute et de synthèse qu’avait Mouloud HAMROUCHE alors chef de gouvernement. Une réunion tenue au palais du gouvernement avec les délégués aux réformes agricoles lui a permis de protéger les terres des fermes pilotes (initialement appelées semencières) contre le démantèlement et le bradage attendu. Aujourd’hui, la quasi-totalité de ces fermes, encore loin de mériter le qualificatif de pilote, affichent une bonne santé financière malgré les boulets et les chaînes qui les rattachent à une bureaucratie incompétente, annihilatrice de l’initiative et du désir d’entreprendre, et quelquefois prédatrice. Je veux parler des holdings. Aujourd’hui, les vautours volent bas sur ces précieux patrimoines encore intacts. Il est possible d’en faire un bon usage pour contribuer au salut de notre agriculture pour peu qu’on remette à plat leur mode de fonctionnement, de gestion et surtout qu’on les affranchit de cet impotent tutorat que constituent les holdings.
    Quant aux dispositions permanentes de la loi 90-25 décriée, elles ont permis, malgré leur insuffisance, de fixer les règles de base de classement du foncier en fonction de sa nature et de son régime juridique. Elle a fixé également les règles générales de leur protection et de leur utilisation. Je ne connais aucun texte similaire et de même portée antérieur à cette loi. Les dispositions draconiennes des articles 33 à 37 (Titre I, cahpitre II, section 2) permettent une protection suffisante des terres agricoles contre tout détournement abusif de leur vocation. Le contenu des articles 48 à 52 met en garde contre la non exploitation des terres agricoles. Moins d’un mois plus tard, la loi 90-29 du 1er janvier 1990 sur l’aménagement l’urbanisme est venue baliser les conditions draconiennes d’urbanisation et de la consommation de terre agricole qui lui est liée. La boucle a été bouclée ou presque. Il restait à construire l’édifice de la gestion intelligente et durable du foncier agricole et de son exploitation optimale. Par exemple, la loi sur la création des périmètres irrigués et sur le remembrement y afférent, leur protection et leur gestion n’existe pas à ce jour. L’urgente révision de la loi 87-19 qui a participait de mon point de vue au démantèlement du potentiel productif agricole n’a été opérée qu’une vingtaine d’années plus tard à cause de la résistance des puissants lobbies quasi maffieux qui ont pris en otage le développement agricole durable dans notre pays. La loi sur la concession des terres agricoles parce qu’elle ménage le choux et la (grosse) chèvre vorace apporte peu de réponse à la relance effective de la production agricole sur les meilleures terres agricoles du pays. Cette loi n’est nullement porteuse de dynamique et des possibles et nécessaires mutations du monde agricole (acteurs, investissements, redimensionnement des exploitations, etc…). Le foncier agricole n’arrive pas à se défaire de cette chape maudite faussement « socialiste » ou collectiviste dont l’EAC (exploitation agricole collective en est l’expression la plus absurde). Aujourd’hui, malgré le la propagande parlée et même écrite (circulaire n° 108 de février 2011, diverses brochures… ), l’éligibilité de l’EAC ou d’un seul membre de l’EAC au crédit est refusée par des agences bancaires à cause de son statut peu conciliable aux règles prudentielles en usage dans les banques.
    De tout temps et même après la promulgation de la loi portant orientation foncière, la dilapidation des terres agricoles a été d’abord l’ œuvre des pouvoirs publics surtout locaux puis celle de citoyens encouragés en cela par le laissez allez impunité. Concernant les pouvoirs publics , des centaines d’exemples édifiants peuvent être cités . On évoquera que quelques uns: construction de cimenteries au milieu ou à proximité de vergers (Chlef, Constantine, Annaba), implantation de zones industrielles sur des terres très fertiles et irrigables ( Tlemcen, Alger, Blida, Sétif, Constantine, Annaba, Chlef ). Aujourd’hui encore, on dévaste un peu partout les terres bien grasses pour implanter l’ambitieux programme d’habitat au mépris de la loi et même du bon sens. A titre d’exemple, à Sétif où l’on dispose de milliers d’hectares incultes et constructibles, les autorités ont jeté leur dévolu sur de belles terres céréalières. Une première tentative de dilapidation de terre irrigable a avorté grâce à la vigilance des concessionnaires de ces terres et de la presse et aussi à la justice saisie. Quelques mois plus tard, c’est la même histoire qui recommence un peu plus loin : un projet d’habitat sur une bonne terre agricole et au bord de la route expresse d’évitement. Nos responsables manquent-ils de prévenance ou sont-ils aveugles au point de mépriser la sécurité de nos enfants ?
    Malgré un ratio avoisinant 0 ,20 ha de SAU/habitant, la dilapidation des meilleures terres agricoles situées en majeure partie sur la bande tellienne continue. Les schémas directeurs d’aménagement du territoire (SNAT, SRAT, SDAW) et les PDAU coûteusement élaborés ne sont que rarement mis à contribution pour arrêter les appels d’air vers les villes du littoral. C’est le tonneau des Danaîdes. Plus on construit au Nord, plus les besoins en construction se démultiplient. En même temps, de grands espaces incultes des hauts plateaux et du Sahara se désertifient.
    Dans la Mitidja, jardin potager et fruitier de la capitale on peut citer de très nombreux exemples de violations des dispositions de la loi relatives à la protection des terres agricoles. Il suffit de parcourir des yeux cette plaine, joyau et source nourricière de notre pays pour se rendre compte du désastre. Le même désastre s’observe sur les plaines de l’Est et de l’Ouest. Et comme dirait un célèbre chroniqueur le cauchemar continue. Notre pays est déjà bien dépendant des importations de denrées alimentaires essentielles (céréales, lait, viandes, huile, sucre…). Dans un proche avenir, nos terres agricoles grignotées, déchiquetées, émiettées, asséchées, polluées, mises en friche (parce que devenues non exploitables), ne pourront suffire à produire les denrées alimentaires les plus banales. Le spectre de la famine se cache derrière la chute de la rente des hydrocarbures. Il y a réellement menace sur la sécurité alimentaire et par voie de conséquence sur la sécurité nationale.
    En guise de conclusion, je peux dire que dans le cas de l’espèce : ce n’est pas la loi qui est mauvaise ou permissive, c’est le mauvais usage ou le non usage que l’on en fait qui est en cause.
    H.ZITOUNI, ingénieur agronome.

  3. maiza touhami Says:

    Un journaliste d’investigation doit aller en profondeur pour donner un avis motivé et la motivation suppose un fait rattaché à une stucture juridique. En réalité la destruction de l’Agriculture remonte à la période initiale (l’autogestion et ses fondements mêmes). Il faut se rappeler l’alignement vers le bas du métier par des responsables qui n’avaient qu’une pensée « faire passer les gens au bain maure ». Depuis cette époque l’élément humain a été réduit à néant. Il faut savoir qu’après cette époque le secteur privé à dû survivre et souvent chaque année pour redémarrer (semer pour les blés) il a dû recourir au crédit de campagne et chaque année la soudure (la dernière période avant la récolte a été une épreuve. L’autogestion n’a pas été une réussite non plus parce que l’on a fait dans le populisme. La déspécialisation a été fatale. L’arrachage des vignes, la distribution des gains réalisés sur l’importation des blés aux agents de l’OAIC, au lieu de les affecter au soutien de l’agriculture locale. La révolution agraire transformée en vengeance envers beaucoup de familles bien plus révolutionnaires que quelques usurpateurs de qualité devenus avec le temps des ex-héros (le menteur fini par croire en son mensonge : on dit bien que le mensonge après un an devient vérité. Si la restitution des terres a été faite c’est qu’elle était prévisible car en réalité les juristes qui ne pouvaient déplaire au Maitre, mal inspiré, ont laissé une porte de sortie (le texte fondamental prévoyait que la terre est considérée comme mise sous la protection de l’ETAT jusqu’à la publication de la nationalisation dans le journal officiel ce qui n’a jamais été fait parce que rapidement avec le lancement l’on s’est aperçu de beaucoup d’anomalies de conception (les fourchettes qui ont servies de critère de nationalisations et d’attribution étaient similaires et égales à celles qui avaient été adoptées lors de la colonisation plus d’un siècle avant et qui avaient conduit à l’échec qui s’est donc répété : avec 30 hectares en sec et 1/2 hectare en irrigué l’on ne peut même pas couvrir les besoins d’une famille. Les terres restituées étaient en réalités très dévalorisées par un quasi abandon pendant plus de 20 ans. Ces terres étaient déjà squattées et l’urbanisation est devenue fatale.
    A ce facteur le journaliste aurait dû ajouter que les sirènes européennes profitant de la déconfiture de l’autogestion ont proposées en 1986 des dons conditionnés par la destruction de ces ensembles en EAC et EAI. L’ouvrier agricole qui recevait une rémunération très insuffisante pour couvrir ses besoins a dû se résoudre à puiser dans le bien public. Il faut aussi savoir que ces dons parfois n’ont jamais été mobilisés bien que les conditions posées étaient réalisées ou tardivement. Les enfants des paysans du secteur autogéré comme du secteur privé ont été poussés à la reconversion et le savoir faire s’est estampé. Cet usufruit concédé à la place de la retraite légale a conduit à la stérilisation de tout un pan de l’économie. Donc si l’on tient compte de tout ces paramètres l’on comprend que ce secteur agricole qui est aussi important que la Défense Nationale est devenu le parent pauvre et l’orphelin et de là vient tout le mal. Il faut pour finir dire que l’Agriculture est le seul secteur ou il est indispensable d’avoir une vision à long terme et donc il faut revenir à la structure coopération construite partout dans le monde et même en Algérie avant l’indépendance pour que le fruit du labeur et de l’investissement puisse profiter à la terre. Si l’on assiste à la dilapidation des terres c’est souvent parce que l’on a créé une cassure importante dans cette société paysanne qui par l’autogestion a été contrainte à l’exode rurale et à l’émigration et par la Révolution Agraire à la reconversion car que peut-on faire quand l’on vous dit que « LA REVOLUTION EST UN CHAR D’ASSAUT » Cette analyse est surtout faite pour démontrer que l’on doit respecter la terre et faire en sorte qu’être paysan devienne une valeur et non une tare. Il faut des mesures d’accompagnement du même genre que ceux qu’a mis Roosvelt aux USA et aussi cesser de développer le BOKHL. L’héritage de la terre correspond à des efforts et des privations consentis par des générations qui ont élevés l’autosuffisance en arme de combat. Grâce à ces sacrifices et l’existence de ces ressources cachées la Résistance a pu vaincre mais l’image que me renvoi aujourd’hui ce journaliste qui ignorant ce contexte accuse sans raison les uns et les autres alors qu’il s’agit du résultat de l’accumulation de mensonges déroulés par des menteurs qui ont finis par se convaincre qu’ils disent la vérité et que le volé mérite son sort et c’est ce qui explique l’inapplication de l’équité et la prédation qu’elle engendre en retour. J’espère que par ces quelques rappels avoir contribué à situer certaines responsabilités car le mensonge par le mal qu’il fait a été élevé en impossibilité si l’on est réellement musulman et cette apparence finie par semer le doute de mon esprit malgré les gesticulations et les apparences. Serions déjà dans le monde de Machiavel qui préconisait « faire semblant d’être religieux et surtout ne pas l’être »

    • Convenons-en, l’autogestion fut une erreur, la révolution agraire fut un abus avec ce qu’elle a impliqué en expropriations/nationalisations -à tort et/ou à raison?? (cela est un autre débat)-, mais cela ne peut justifier l’échec des réformes de 1990, une réforme étant censée rectifier les erreurs du passé.
      Dans le présent texte, il est question de la loi 90-25, de son inspirateur et ses retombées. Les investigations sur les périodes et les réformes antérieures ont été faites en d’autres circonstances et continueront de faire l’objet d’autres recherches chaque fois l’opportunité se présente.
      Cela dit, une chose est sure : Quelle que soit la stratégie de développement agricole pour laquelle il sera opté, la libéralisation incontrôlée de l’exploitation des facteurs de production, particulièrement les ressources foncières et hydriques, ne sera jamais une solution, bien au contraire, elle ne fera qu’aggraver davantage les convoitises et les dilapidations de tous genres, peu importe le rapport avec la religion, peu importe le rapport avec « la légitimité historique ». Pour être productive, la terre ne demande qu’à être préservée et travaillée.

  4. kannoun Says:

    laissant le passé et parlant d’avenir . la crise est trop profonde pour que l’un des candidats puisse dire ana laha.je pense a mon avis qu’il vaut mieux laisser les choses comme elles sont avec bouteflika et songer d’ors et déjà a la création d’une commission nationale pour la révision de la constitution dont tous le partis seront représentes ainsi que la société civile. une fois la commsision installéé elle se chargera d’elire uin chef de gouvernement avec la prérogative le referandum constitutionnel et l’election d’une assemblée nationale.

    • Hamoud ZITOUNI Says:

      le mieux est de rester dans le sujet. Il est suffisamment complexe et délicat. Je souhaite que cet espace de débat reste consacré au monde agricole dont le sort nous préoccupe tant, quand bien même il reste lié au sort général de la Nation.

  5. Sami BOUMENDJEL Says:

    est-ce honnête de mettre sur le dos de Mouloud Hamrouche la perversion de la loi de 90, tel que le fait M. Naïli… est-ce que Mouloud HAMROUCHE en édictant cette loi a eu le temps de l’usité dans les règles du décret de l’application de la loi… En répondant à cette question M. Naïli retrouvera le sens de la mesure et de l’équité qui fait souvent défaut quand ona envie d’être seulement l’esclave du sensationnel… un journaliste qui se paye un premier ministre, ce serait si beau dans ce pays l’Algérie…. mais je crois en l’occurrence c’est qu’il ne faut pas se tromper de cible et que dans ses deux sorties « imminement politique » de février 2014, Monsieur Mouloud HAMROUCHE a bien spécifié la mort du « système autoritariste de prébende qui prévaut depuis le 5 juillet 1962″ qui joue avec la loi foncière de 1990, en la dévoyant à leurs profits et à leurs intèrêts particuliers » détruisant par là l’intérêt collectif national… à quand la réaction « populaire pacifique »….???
    sami BOUMENDJEL
    fils du chahid Ali BOUMENDJEL

    • BADREDDIEN BENTOUCEF Says:

      @ Monsieur Sami BOUMEDJEL,

      Je pense qu’il ne s’agit pas d’accabler Monsieur Naili sur son article et encore le soupconner de malhonnête. Pour avoir connu la probité de l’homme, je peux attester qu’il a rédigé son article sous le coup d’une déception de voir notre pays livré aux loups et aux hyènes.

      Et voilà, que même les USA se mettent de la partie en envoyant M. Kelly pou rel 2 et le 3 avril pour cautionner la mascarade du vote du 17 avril.

      L’article de M. Naili est une contribution honnête, provenant d’un homme de terrain qui a voulu pointer les inpeties du système.

      Gloire à Votre Père et Gloire à tous les Chouhadas.

      • Hamoud ZITOUNI Says:

        Oui Badreddine. Je crois que M.NAILI a le grand mérite et l’hospitalité même de nous ouvrir un espace sérieux de débat libre,à ma connaissance sans censure aucune, si ce n’est celle que peuvent édicter les règles de bienséance et de courtoisie. N’abusons pas des mots qui blessent inutilement et profitons de nous éclairer les uns, les autres sur les problèmes de notre agriculture et du monde qui la fait pour nous aider à en entrevoir le meilleur salut.

    • Mon sens de correction oblige, je vous remercie pour votre contribution à ce modeste débat.
      Concernant le contenu de votre commentaire, vous êtes allé jusqu’à remettre en cause mon honnêteté pour l’unique tort que j’ai commis qui est celui d’avoir rappelé les méfaits de la loi 90-25 en y jetant un regard critique. Ce que j’ai écrit reste un avis que chacun est libre d’apprécier à sa manière au nom de la liberté d’expression.
      Quant au mal de l’Algérie, à l’instar de tous les Algériens vivant loin des sphères rentières, je n’ai pas attendu la sortie de Hamrouche à la veille des présidentielles de 2014 pour être convaincu que l’Algérie est victime d’un « système autoritariste de prébende qui prévaut depuis le 5 juillet 1962 », comme vous le réitérez.
      Des opposants, des analystes, des observateurs avertis et authentiques l’ont moult fois souligné avant Hamrouche qui, à travers ses sorties médiatiques de ces dernières semaines, ne cesse pas de faire remarquer que l’armée n’a pas choisi de candidat pour les présidentielles de 2014 avec un sentiment de regret à peine voilé et, du coup, une allure d’« offre de services».
      Cependant, c’est bien de rappeler aussi que l’Algérie de 2014 est aussi confisquée par le recours abusif à la légitimité historique… 52 ans après l’indépendance. C’est d’ailleurs au nom de cette légitimité historique que se maintient ce régime autoritaire que nous ne cessons de dénoncer.

  6. et pourtant il est interdit par la loi, de construire sur des terres agricoles, donc toute construction est considérée illicite.
    le comble, comment peut on expliquer que toutes les constructions illicites, ont fait l’objet d’une régularisation et d’une distribution de certificat de conformité, par des commissions des wilaya tes, bien sûr sans le consentement de la justice ou des juges.

  7. BADREDDIEN BENTOUCEF Says:

    Vous avez corrigé par vous-même mon blase !… : BADREDDINE BENYOUCEF

  8. BADREDDIEN BENTOUCEF Says:

    Monsieur Naili a bien fait de mettre en évidence la contribution de Monsieur Hamrouche dans la dilapidation du foncier agricole. Mais, je pense qu’il y a lieu d’apporter une nuance qui je n’en doute pas, apportera du grain à moudre dans le débat.

    Lorsque Monsieur Hamrouche a initié la loi 90-25 du 18 novembre 1990 qui permettait la restitution de plus d’un million d’hectares à leurs propriétaires, n’avons-nous pas applaudi des deux mains l’initiative ?

    Mais, sans être un Hamrouchiste convaincu (je ne le porte pas du tout dans mon cœur pour tout vous dire), que pouvons-nous reprocher à cet homme ?

    Fallait-il placer des garde-fous concrets pour éviter la dérive qui s’en est suivie avec les millions de mètres cubes de béton qui ont envahi non seulement le secteur rural mais aussi ont hypothéqué l’avenir de l’agriculture algérienne et ont remis à plus tard, bien plus tard, la chimère de l’autosuffisance alimentaire.

    Nous avions même mis en garde en 2013 les gestionnaires agricoles sur le danger de la dilapidation des terres agricoles par un article dont le titre était édifiant : « Les zones industrielles en périphérie des villes sont une insulte à l’agriculture vivrière »
    Ceci pour dire à Monsieur Naili que le mal ne vient pas de cette loi qui aurait permis, bien au contraire, dans un pays bien dirigé, de remettre à plat les paramètres agricoles et enclencher sur un élan qui aurait permis de sortir l’agriculture algérienne de l’ornière dans laquelle elle se trouve.

    Le problème provient plutôt du civisme du peuple algérien et même de son indiscipline notoire. Il n’y avait pas de besoin pour placer des curseurs gravés dans le marbre pour interdire la construction sur les terres agricoles. Les plans d’urbanisme auraient suffi si les lois étaient appliquées en Algérie.
    Il s’agit plutôt d’une léthargie chronique de toute la population algérienne dans son ensemble :

    • Que peut faire Monsieur Hamrouche, ou un autre, dans un pays où les crédits agricoles sont décernés selon le désir du prince ?

    • Que pouvons-nous faire dans un pays où pour obtenir un crédit de la BADR, il faut soit montrer patte de velours, soit glisser le bakchich à la bonne personne, soit être chaperonné par une fripouille quelconque du système ?

    • Que pouvons-nous faire dans un pays où l’agriculture est menée par des incultes dont un ministre est intervenu même dans l’attribution du diplôme de vétérinaire à sa fille alors qu’elle n’avait pas terminé son cursus ?

    • Que pouvons-nous faire dans un pays où la justice est rendue dans les cafés ?

    Et je peux continuer ainsi ma litanie pour montrer qu’en fin de compte, à ce rythme, (on prévoit en 2035 qu’il faudrait réserver une enveloppe de 100 milliards de dollars pour couvrir les importations agricoles !…) A ce rythme, comme j’avais conclu l’un de mes articles sur El Watan, une famine n’est pas du tout exclue en Algérie.

    La meilleure illustration de mes propos vient de nous rappeler que le 17 avril 2014, le peuple algérien va porter au pinacle un président virtuel… Pour un peuple virtuel !…

    • Hamoud ZITOUNI Says:

      Cher Badreddine, je suis à peu près d’accord avec toi sur ton constat, voire sur le danger de la famine qui guette la génération montante faute d’une reprise en main urgente de l’ensemble de la gouvernance agricole qui doit déboucher sur un plan quinquennal de redressement du secteur agricole qui ne doit se résumer à la distribution de la rente pétrolière. Ce plan doit aborder et prendre en charge tous les aspects du développement: L’arsenal juridique, la formation, les mécanismes du réinvestissement et de l’amélioration de la productivité, l’emprunt bancaire d’exploitation et d’investissement, l’économie de l’eau et les modes de gestion des surfaces irriguées, l’intégration des produits agricoles et l’agro-industrie, la promotion des produits exportables et des produits de terroir, la promotion et la préservation des semences, la promotion des nouvelles technologies de production, les missions de la recherche-développement en agriculture, la remise en phase de l’administration agricole avec la réalité du terrain et les défis à relever, etc…

      • BENYOUCEF BADREDDINE Says:

        Hamoud, petit frère, bonjour,

        Je lis toujours tes interventions avec plaisir mais je t’avoue que je m’équipe toujours d’un bouclier tant je connais ton expertise dans ce domaine.

        Mais, pour tout t’avouer, et tu dois t’en souvenir, en 1971, lorsque nous participions au recensement des terres éligibles à la RA, on était enthousiastes et nous croyons fermement à la réussite de cette initiative que l’on croyait salvatrice pour notre pays.

        Te souviens-tu comment les journaux télévisés étaient ouverts ? Par la liste des heureux donateurs, égrenée en début de journal…. Alors, pourquoi réclamer le don 20 ans + tard. J’ai toujours appris « que reprendre un don c’est voler !…

        J’ai toujours considéré la RA à ses débuts je précise, était une mesure à laquelle je croyais fermement. Par la suite, j’ai constaté de visu l’anarchie qui s’est installée. Et sais-tu pourquoi ???

        Parce que tout simplement :

        – L’algérien est, comme tout humain, un égoïste impénitent. L’effort collectif ne pouvait se concevoir dans une société comme la notre.

        – J’ai toujours appris, pour te citer un dicton bien de chez nous « ALLLI BLACHE MA YAHLACHE !… » Ce qui est donné gratuit, est sans saveur !…

        Et on peut continuer à disserter ad libitum mais tes remarques sont crédibles car tu as touché du doigt la réalité du terrain et personne ne peut te contester la crédibilité de tes propos.

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