Filière céréales,

Par Djamel Belaïd*

Il peut être étonnant de parler de « dream team » hors du secteur sportif. Portant, ce qui se passe actuellement au niveau de la filière céréales est positif.
Jamais du point de vue d’augmentation de la production nous n’avons jamais connu de telles évolutions positives.
A qui en revient le mérite ? Nous nous proposons de mieux faire connaître les membres de cette « équipe Algérie » qui gagne : cadres dirigeants d’institutions, d’entreprises publiques ou privées ou enfin simples citoyens.

Les attaquants de pointe : La banque agricole

Dans toute opération économique, l’argent constitue le « nerf de la guerre ». Aussi, rendons à « César, ce qui appartient à César ».
En premier lieu l’augmentation des rendements de céréales vient du financement de la filière. Tous les postes qui constituent la marge brute sont en augmentation.
On, ne peut donc que louer l’action des Décideurs ayant pris les mesures d’augmenter les prix à la production, de soutenir les prix des intrants agricoles ou de favoriser le crédit (Rfig et Ettahadi) et les organismes bancaires en charge de cette application.

CCLS, PMAT, ANABIB, des ailiers sûrs

Afin de suivre un itinéraire technique efficace, les céréaliers ont plus de moyens matériels à leur disposition.
PMAT mais également les importateurs (on aimerait qu’ils soient également fabricants) mettent sur le marché des tracteurs, matériel aratoire, de semis, d’épandage, de pulvérisation et de récolte.
PMAT a engagé, sous la direction de son PDG, Attouchi Salah, ingénieur en construction mécanique, un vaste programme de construction d’engins, dont certains en partenariat comme les moissonneuses-batteuses Sampo.
L’OAIC, à travers les CCLS, apporte une aide conséquente sur le terrain. Exemples : fourniture de semences certifiées, engrais, phytos et aide d’unités de motoculture.
Grâce entre autres, à Anabib, se développe l’irrigation d’appoint des céréales. Quand on sait que les céréales sont en déficit hydrique 8 fois sur 10 en fin de cycle, on imagine l’intérêt de la mise en place progressive de cette mesure.

Firmes d’agrofournitures et minotiers, une défense efficace

Une révolution a lieu depuis quelques années dans les campagnes. Aux agronomes des instituts techniques et services agricoles viennent s’ajouter les vulgarisateurs du secteur marchand.
Sur le terrain, les firmes de produits phytosanitaires et d’engrais développent des réseaux de technico-commerciaux.
C’est par exemple le cas de l’entreprise privée PorFert dirigée par les frères Meziani et basée à Béjaïa.
De leur côté les principaux possesseurs de moulins mettent en place des réseaux d’appui technique à de gros céréaliers afin de produire en quantité mais aussi en qualité du blé dur.
Le conseil technique auparavant cantonné à de la simple diffusion d’information est aujourd’hui accompagné d’un acte marchand.
Il en est profondément modifié positivement dans son efficacité. La dynamique en cours a trouvé un cadre original sous forme de clusters régionaux : les CRIC.
Une palme particulière est à réserver à Eriad et au Groupe Benamor. Celui-ci a initié la mise en place de réseaux d’appui aux agriculteurs.
Enfin, Mme Djamila Ikhnèche, du groupe Eriad, a indiqué à la presse que cette entreprise allait mettre sur le marché une farine de blé tendre importée enrichie à 30% de semoule de blé dur produite localement. Cela permettant de réduire les importations.

Les universitaires, des remplaçants sur le banc de touche

Des universitaires s’illustrent par des innovations remarquables. On peut noter ainsi les résultats de Mme SATI de l’université de Batna qui montrent que l’application de boues résiduaires permet de doubler le rendement du blé.
Mr Arezki Meckliche de l’ex-INA El-Harrach a montré que des fongicides et des pulvérisations foliaires d’engrais doublent le rendement de l’orge. Mr Hamenna Bouzerzour au sein d’une équipe à Sétif propose avec succès l’abandon du labour et l’utilisation du semis direct qui améliore le rendement et permet de lutter contre l’érosion.
D’autres encore montrent l’intérêt de mieux utiliser les engrais azotés ou phosphatés en sols calcaires. Cependant, pas assez écoutés, pas assez intégrés ces pionniers restent parfois sur la touche, tels des remplaçants sur leur banc…

Paysans, des ramasseurs de balles

Tous ces moyens financiers et techniques sont mis en œuvre par les céréaliers. Jamais on ne pourra assez louer leurs efforts, (ensemençant) chaque année leurs parcelles (même) au risque de voir la sécheresse réduire à néant leurs efforts sans possibilité de récupérer la mise de départ (frais de labour, engrais, semences).
Etrangement ces acteurs de premier plan, bien que contribuant fortement au succès de la filière sont mis en retrait.
En effet, existe-t-il des instances où les céréaliers ont leur mot à dire? A distribuer des crédits ? A gérer des agronomes ? Comme le note dans un de ces articles l’agroéconomiste Omar Bessaoud, le « dirigisme administratif » offre peu de place à des élus représentatifs des paysans en Algérie.
Combien des céréaliers, membres du prestigieux club des 50 quintaux du MADR, une fois les flashs de la cérémonie annuelle de remise des distinctions (passés) accèdent à des postes de responsabilité dans leur région?
Quelles responsabilités professionnelles sont proposées à Mr Abdelkrim Salmi de Négrine (Wilaya de Tébessa), lui qui a obtenu un rendement de 84 quintaux/ha ou à Mr Mostfa Benouis qui dépasse les 60 quintaux dans la wilaya de Relizane ?
En France de tels céréaliers seraient membre du Conseil d’Administration de la coopérative céréalière ou du CA de la Chambre d’Agriculture.
Il faut faire passer les agriculteurs les plus aptes à prendre des responsabilités du statut de ramasseur de balles à celui de donneur d’ordres et de coach.

Mettre les bons joueurs au poste adéquat

Les progrès en matière d’augmentation des rendements céréaliers sont tangibles. Certes, comme le faisait remarquer l’agroéconomiste Slimane Bedrani, dans un article de la presse nationale, avec toutes les sommes investies on aurait pu faire mieux.
Faut-il désespérer ? Nous pensons que la situation actuelle n’est que la résultante des forces socio-économiques en présence. Pour faire progresser les choses, à chacun de s’engager. Comment ?
L’artisan soudeur peut mettre au point des dispositifs permettant d’améliorer les outils du céréalier.
L’universitaire peut grâce à internet partager le fruit de ses recherches. L’ingénieur et technicien de terrain peuvent accélérer les procédures administratives et aller vers plus de céréaliers en pratiquant l’enregistrement de performances et en faisant connaître comme le fait le groupe Danone les meilleures pratiques de terrain.
Quant aux agriculteurs… Qu’il nous soit permis de citer cette image vue dans un film algérien du début des années 70.
Dans un village reculé, un journaliste demande à des villageois ce qu’il en est de leur relation avec les autorités politiques. La réponse fuse : « ma djaw lal ‘anedna, ma rohna lihoum » (ni ils sont venus vers nous, ni nous ne sommes allés vers eux).
Nous pensons que c’est aux agriculteurs de tout mettre en œuvre pour bâtir des organisations professionnelles représentatives.
La filière céréale constitue actuellement une dream team remarquable. Des succès nouveaux sont possibles. Il faut pour cela mettre les bons joueurs au bon endroit.
Dj. B.

(*) Ingénieur agronome

159 Réponses to “Filière céréales,”

  1. https://resistance71.wordpress.com/2016/07/18/nouvel-ordre-mondial-chine-ogm-syngenta-syngentachine-monsantous

    attention – il n’y a pas que Monsanto maintenant ….. attention à toutes les terres qui sont sacrées

  2. Agronome Says:

    L’ITGC Sétif vient de mettre en ligne une vidéo montrant le premier semoir pour semis direct produit en Algérie.
    C’est une grande réussite qui aura des conséquences positives pour notre agriculture.

  3. Agronome Says:

    ALGERIE, REDUIRE LES SUBVENTIONS AUX CEREALIERS SANS TOUCHER A LEUR REVENU

    Djamel BELAID 1.04.2016 djamel.belaid@ac-amiens.fr

    La baisse de la rente pétrolière réduit les moyens financiers des pouvoirs publics. A terme, cette baisse ne peut que se traduire sur le niveau des subventions versées au secteur céréalier. Comment pour la puissance publique réduire ces subventions où ne plus les aligner sur l’inflation sans pénaliser la production?

    REGIONALISER LES SUBVENTIONS

    Une première solution serait de régionaliser les subventions. Il existe en Algérie des régions céréalières à fortes potentialités. Les sols y sont profonds et la pluviométrie plus régulière. C’est notamment le cas à l’Est du pays ou dans la région de Tiaret. Lorsque en culture non-irriguée les rendements sont de l’ordre de 40 qx/ha, faut-il continuer à verser la prime de 1 000 DA/qx pour le blé dur ? Ne faudrait-il pas la maintenir aux céréaliers installés sur des terres plus ingrates ? Il s’agit en effet d’encourager ces derniers à intensifier la conduite de leurs céréales. Le risque est qu’ils donnent la priorité à l’élevage ovin plus rémunérateur.

    PERSONNALISER LES SUBVENTIONS

    Un autre moyen est de personnaliser les subventions selon les exploitations. Pour une même région, un céréalier produisant sur 100 hectares reçoit plus de subventions qu’un céréalier produisant sur 15 hectares. La solution serait de n’attribuer, par exemple, la prime blé dur qu’aux seuls premiers 300 quintaux1 livrés à l’organisme collecteur. Malgré un montant réduit de subventions au secteur céréales, les pouvoirs publics assurent ainsi une aide aux exploitations et aux familles les plus fragiles. Cette façon de faire est notamment développée par les récentes versions de la Politique Agricole Commune (PAC).

    Nombre de grandes et moyennes exploitations ont acquis ces dernières années un équipement matériel qui leur permet de réaliser des travaux agricoles vers des exploitations démunies. Cette prestation de services agricoles leur assure des revenus dont il s’agit de tenir compte et qu’il est possible de développer – notamment par le développement du non-labour avec semis direct.

    ASSURER UN FILET DE SECURITE TECHNIQUE

    Pour la puissance, réduire le montant des subventions céréalières – ou ne pas les augmenter à l’avenir – nécessite de ne pas s’aliéner les céréaliers et leur capacité à réduire les importations. La solution pourrait être d’offrir à ces céréaliers un saut technologique leur assurant un gain de productivité. Ce saut est possible grâce au développement du non-labour avec semis direct. Outre une meilleure régularité des rendements en sec, il permet de réduire les charges de mécanisation. Il s’agirait donc de faciliter l’importation de semoirs pour semis direct (SD). Nombreuses sont en effet les grosses exploitations céréalières intéressées par ce genre d’engins. Ils permettent en effet d’implanter les cultures 6 à 10 fois plus vite. Certaines ont déjà abandonnée le labour. La récente hausse du prix des carburants ne pourra que favoriser cette tendance.

    Pour les petites et moyennes exploitations, il s’agit de rendre disponibles ce genre d’engins. La solution passe par l’importation de modèles de semoirs SD tels ceux développés en Syrie, Irak et Jordanie par les experts australiens au sein de l’Icarda. Mais l’idéal serait leur production locale par CMA2 et des investisseurs locaux privés.

    ASSURER UN FILET DE SECURITE EN TERME DE MARCHE

    Toujours afin de ne pas s’aliéner les gros céréaliers, les pouvoirs publics pourraient basculer une partie des subventions céréalières vers les protéagineux, oléagineux ou légumes secs. Actuellement afin de maximiser leurs profits, bon nombre d’exploitations céréalières ont tendance à pratiquer des rotations courtes. Le blé dur revient souvent sur les parcelles. Cette pratique favorise le développement d’une flore adventices et de ravageurs spécifiques des céréales. Encourager les céréaliers à développer des oléagineux tels le tournesol ou le colza permettrait de réduire les importations. Il en est de même avec la production de pois fourrager ou de féverole qui peuvent concourir à réduire les importations de soja. Ces dernières années, en matière d’oléagineux et de protéagineux, les variétés et les techniques ont évolué en milieu semi-aride. Au Maroc, les surfaces semées en tournesol ont progressé.

    ASSURER UN FILET DE SECURITE EN TERME DE MARGES

    Il est également possible de réduire le montant des subventions des céréaliers sans toucher à leur revenu. La solution passe par le développement des activité des transformations de céréales à la ferme ou du moins dans des groupements de producteurs. Les statuts des CCLS devraient pouvoir leur permettre de disposer de filiales3 – sous statut privé ou non – chargées des activités de transformation. Les agro-industriels de la première transformation (farine, semoule, aliments du bétail) et ceux de la deuxième transformation (couscous, pâtes alimentaires, pain et biscuits) réalisent de confortables marges. Les céréaliers qui sont les producteurs de grains sont actuellement tenus à l’écart de toute transformation. Toute mesure en leur faveur – aide à l’équipement matériel, compensations financières liées au soutien du prix des céréales – ne pourrait que protéger leur marge financière et donc le revenu des exploitations.

    DECIDEURS, FAIRE TOURNER LES ORDINATEURS DE MODELISATION

    Afin de réduire la charge des subventions agricoles sur le budget de l’Etat, des solutions existent. A condition d’être mûrement réfléchies, celles-ci peuvent être prises sans que le revenu des exploitations ne soit remis en cause. On peut penser à une ré-orientation des subventions selon la région ou la taille des exploitations, à des mesures techniques innovantes ou liées à la promotion de productions très fortement déficitaires ou à des mesures liées aux marges.

    On ne peut continuer à distribuer des subventions agricoles sans discernement comme cela est le cas également pour les subventions liées au soutien des prix alimentaires. Une telle pratique développe des effets d’aubaine. Réduire le montant des subventions ne peut que pousser à l’innovation. On n’évolue que sous la contrainte. Mais pousser à l’innovation implique un meilleur management de l’encadrement institutionnel. Par exemple, au conseil d’administration d’organismes tels l’ITGC ou l’OAIC devraient figurer des représentants4 de l’amont et l’aval. Dans les CCLS, le représentant du conseil de gestion devrait pouvoir apposer sa signature à côté de celle du directeur pour toute décision importante. Au « centralisme administratif », il s’agit de préférer le principe de subsidiarité. Comme « rien ne tombe du ciel », aux céréaliers, cadres de terrain et patriotes de terrain de pousser en faveur de mesures pour lever les goulots d’étranglement.

    Au niveau du gouvernement mais également dans leur ministère respectif, les Décideurs peuvent prendre des mesures novatrices à zéro dinars d’effet sur le budget de l’Etat. A eux de faire tourner les logiciels de modélisation. Existent-ils au niveau du MADR et de l’OAIC ?

    Notes:

    1Il s’agit là d’un exemple. Ce chiffre est à affiner. Il pourrait être modulé selon les zones céréalières.

    2CMA Sidi Bel Abbès a construit un prototype actuellement à l’essai.

    3Le staff de direction de l’OAIC devrait étudier l’évolution des coopératives céréalières paysannes françaises.

    4Il doit s’agir de représentant démocratiquement élus par leurs pairs et participant au financement de ces structures par un pourcentage minime prélevé sur chaque quintal de céréales.

    • AIT ABDERRAHIM Mahmoud ( Agriculteur -Eleveur ) Says:

      Bonjour a tous

      Voilà un bon exemple de stalinisme du 21 eme siècle qu’on devrai enseigné à nos agroéconomistes et intellectuels de tous pois , un cas d’école que je croyais disparu à jamais , mon dieu !

      Au lieu de taxer les véritables rentiers et les parasites du système et oh qu’ils sont nombreux ( y compris dans les administration et à l’ifgc et chez pmad surement hacha lima yestaahelhech)) La solution SELON VOUS serai d’arrêter les subventions aux agriculteurs qui arrivent ( oh qu’ils sont peu nombreux ) à obtenir des rendements de 40 qtx (voir plus )à l’hectare , afin d’aider tous le reste des bras cassé qui pullulent au sens propre et figuré .

      Ce n’est pas sérieux et le modèle de la PAC QUE VOUS CITÉ N’EST SUREMENT PAS LE BON EXEMPLE ….

      Tout d’abord pour être sérieux il faudrait comparé les subventions à l’échelle régionale et à l’échelle mondiale , pour analyser véritablement les subventions réelles que reçoivent réellement les céréaliculteurs Algériens ( qui ne sont surement pas la source du problème de la crise actuel ) et pour ça nous pouvons compter sur les analystes de l’inca et de l’igtc pour nous les donner et les analyser …..

      Un principe à retenir d’urgence : En économie comme dans la vie de tous les jours ;  »Il faut se méfier comme de la peste des bonnes intentions qui au final se transforme en enfer , el l’Algérie en est un bon exemple malheureusement pour nous tous patriotes qui aimons ce pays …  »

      La mesure de réduire au 300 premiers quintaux les subventions (si elles existent réellement ) serai difficilement applicable d’abord compte tenu de l’inorganisation de la filière en générale, papperasserogéne, traficogène et surtout totalement contreproductive et surtout décourageante pour le peu d’agriculteurs qui innovent et essayent d’investirent et progresser
      afin de transmettre un patrimoine correct et rentable , c’est d’ailleurs que comme ça qu’ils arrivent pour certains d’entre eux à obtenir des rendements corrects

      Par contre je suis tout a fait d’accord pour réduire rapidement et surement la plus part des subventions destinés aux produits alimentaires et sois disant profitables aux consommateurs , alors qu’elles que ne sont qu’un système ruineux et désastreux pour notre économie générale et pour nos comportement et notre productivité

      Encore une fois nous avons ratez une occasion formidable au début des années 2000 pour promouvoir véritablement une agriculture bio intensive et fortement recruteuse de main d’oeuvre avec des prix élevées mais de qualités élevées et donc exportable au lieu de developper un modèle centré sur des désherbants et engrais que nous importons et qui ruinent notre agriculture à court terme et moyen terme et notre système de santé dont nous importons aussi les principaux outils avec le résultat que l’on sait

      C’est donc tout le modèle économique de notre pays qui est à revoir et non pas juste les subventions aux agriculteurs qui au final ne pèsent rien dans les véritables dépenses du budget

      Que pèsent les subventions ( soit disant ) des céréaliculteurs sur le budget total du pays ,,,?

      Pour parler technique :

      La récente hausse des prix des carburants ( pas assez élevée d’ailleurs à mon gout , et qui devrait être augmenté chaque année de 15% ) restent marginal dans le total de nos couts d’exploitation et d’autres part meme si je considère que votre discours concernant le semis direct est plausible , vous ometté de dires aussi qu ‘il n’a pas que des avantages et qu’il provoque aussi le développement de mauvaises herbes difficilement traitable comme le brome et le ray gras dont la plus part des solutions sont inefficaces sans interventions conjointes de solutions mécaniques voir de gros labour .

      Nos terres en été sont dures comme du béton , car elles sont pour la plupart d’entres elles matraquées par des millions de têtes d’ovins , beaucoup d’agriculteurs profitent de cette période de l’année pour louer leurs chaumes aux nomades et éleveurs locaux et ils n’ont souvent pas le choix

      Il faudra un jour choisir entre le pain et la viande d’agneaux …. ou alors trouver d’autres solutions pratiques et intelligentes

      D’autres part je souhaite connaitre s’il vous plait ses fameux agriculteurs qui obtiennent chaque années des rendements de 40 qtx/ ha en plus en blé dur et en sec et je suis prêt à parié que beaucoup sont des menteurs qui souhaitent juste profité de la prime de 100 000 da qui leur est octroyé et pour se montré auprès des autorités et du wali totalement incompétent en la matière ( agriculture – agronomie ) , une vil opération de communication politique qui laisse de marbre l’ensemble de la profession

      D’ailleurs je doute que les administrations locales ai le temps et les moyens de contrôler sérieusement les dires de ses agriculteurs et leurs factures d’intrants

      Mais chiche , je vous propose d’aller sur place cette année contrôler bénévolement avec vous et d’autres téméraires les rendements de ses fameux agriculteurs pour vérifier si c’est vrai…. et si c’est vrai alors oui ils méritent ses subventions et les primes et si c’est non : remboursez au trésor !!!! la meme choses pour les maisons rurales octroyés à de sois disants agriculteurs et qui restent désespérément vides

      Les activités de transformation de céréales sont soumises a de nombreux agréments , elles nécessitent du volume et elles sont soumises à des prix subventionné qui empêchent certains agriculteurs de sauter dans cette direction , sans parler des problèmes de main d’oeuvre et de nécessité de produire des produits de qualité donc chère afin de trouver leur marché , ce qui n’est pas franchement la tendance vu la crise qui couve et la perte du pouvoir d’achat qui est annoncé , car il ne suffit pas de produire et de transformé , mais il faut vendre les produits transformées , opération qui n est pas sans risques et qui est chronophage

      Pour finir : voici quelques idées à débattre bien sure

      – Augmentation régulière de l’impôt foncier qui est ridiculement bas à toutes les exploitations petites ou grandes afin de favoriser le remembrement , la sortie de l’indivision qui mine notre agriculture , la fin des litiges fonciers (ou la plus parts) et/ ou l’ouverture d’un marché foncier dynamique pourvoyeur d’argent pour le trésor public

      – Impot pastoral au delà de 100 têtes de brebis

      – Taxe sur les plus value de 70% lors du changement d’affectation de la nature des terres

      – Augmentation régulière des droits de mutations

      – Au delà de 40 000 000 dinars de CA l exploitation est requalifié en entreprise et donc assujettie aux impôts que payent toutes les entreprises avec comptable et commissaire aux comptes

      – l’obligation à toutes les exploitations d’avoir une comptabilité et un comptable

      – les agriculteurs doivent pouvoirs récupérer la TVA

      – La création de nouvelles banques agricoles , car celles dont je pense est nule …..

      – la privatisation partielle et ou entrée en bourse de l’oaic
      – la privatisation partielle dans un premier temps des ccls

      – La privatisation totale de l’ITGC ou en grande partie ( je vous invite à aller visiter celle de tiaret pour vous en rendre compte )

      – La taxation de toutes les denrées alimentaires importées et que nous pouvons produirent sur place afin justement de développer et encourager la jachère travaillé et encourager les producteurs locaux

      – Changement du code communal afin que le maire puisse lever un impôt local et que ses responsabilités soient élargies

      – La mise en place de lycée agricole professionnelle adaptée au contexte local

      – Le développement de concours d’innovations agricoles et d’éducation à la citoyenneté et au patriotisme

      – Augmentation régulière du prix des carburants afin de relocaliser et rendre rentable les productions locales et bio et diminuer le gaspillage et diminuer ou optimiser l’importation de véhicules

      – taxation des désherbants et des intrants importés au profit de la création d’un institut POUR LA FORMATION ET LE DEVELOPPEMENT d’agriculture biologique à
      management privé -public

      – La création d’une véritable filière de production de semences

      – Augmenter le prix du lait payer au producteur , car cette subvention faite au consommateur est la pire des injustices faites au éleveurs et donc aux ruraux et donc aux vrais pauvres

      – Ouvrir rapidement ce vaste chantier qui est la médecine gratuite pour la réformé , car c’est aussi la pire des injustice faites aux vrais malades et aux vrais pauvres

      – Une réforme et un bilan du metier d’expert foncier et de leurs sois disantes expertises , avec création d’un fichier national ou par wilaya des expertises foncières qui doivent obligatoirement êtres numérisées, un guide de l’expertise foncière et une autorité réelle de contrôle de l’expertise fonciere et des experts eux meme , role que ne joue pas l’ordre des experts fonciers ( qui n’a pas dans son entourage eu affaire à des expertises de 250 pages avec une conclusion de trois lignes , conclusion qui ne conclu rien et sur laquelle le juge doit s’aider pour prendre une décision ……. )

      – Une réforme du cadastre dont l’objectif est d’être autonome financièrement

      – La mise en place d’un droit rural

      – La dévaluation du dinar pour encourager la production locale et la recherche de solutions innovantes avec nos propres moyens au lieu de se contenté d’importer des solutions réfléchies et obtenus avec des moyens que nous n’avons pas ou plus.

      – l’Augmentation des droits d’inscriptions à l’université qui doivent êtres autonomes afin de pouvoir assurer une formation de qualité et une sélection de qualité

      – CHANGER D’URGENCE NOTRE MODÈLE ÉCONOMIQUE et PHILOSOPHIQUE

      J’espère avoir contribuer à ce débat d’une manière efficace , Bonne Récolte in chaaa alllaaah .

  4. Agronome Says:

    ALGERIE: POSSIBILITES LOCALES DE FABRICATION DE SEMOIRS POUR SEMIS-DIRECT

    Djamel BELAID 4.03.2016 djamel.belaid@ac-amiens.fr

    En Algérie, l’implantation de céréales, fourrages, légumes secs et oléo-protéagineux par l’intermédiaire du semis direct (SD) s’avère très prometteuse. Si de grosses exploitations se sont déjà équipées en semoirs importés d’Europe ou du Brésil, les petites exploitations sont démunies face aux montants de l’investissement à consentir. Construire localement des semoirs de petites tailles est possible. Mode d’emploi.

    PRINCIPES DE BASES DU SEMOIR SD

    Dès 2008, grâce à l’aide d’experts australiens agissant dans le cadre de l’ICARDA, la construction de semoirs SD a été lancée en Syrie, Jordanie puis Irak. Ces modèles sont inspirés du semoir australien de marque John Shearer. Il s’agit de modèles à dents (voir la documentation en fin d’article).
    Une dizaine de dents sont installées sur un bâti composé de trois poutres en acier. Contrairement à un alignement sur une seule poutre, ce type de disposition permet d’éviter l’accumulation de paille sous le semoir. Les dents sont munies de ressorts leur permettant de se relever en présence d’obstacles.
    Les dents comprennent un renforcement spécifique qui limite leur usure. Chaque dent est munie à l’arrière de deux tubes d’acier sur lesquels viennent se fixer les tubulures de descente en provenance de la trémie du semoir. Les dents présente un minimum de largeur permettant la réalisation d’un sillon d’une profondeur de 7 à 8 cm.

    Fixées sur ce bâti sont installées deux trémies : une pour les semences et une pour les engrais. Ces trémies sont fixées relativement haut afin de faciliter la descente des semences et des engrais dans les tubulures.
    A l’arrière du bâti sont fixées des dents plombeuses. Elles ont pour rôle de rappuyer le sol juste au dessus des semences. L’étroit contact sol-graines ainsi créé permet à celle-ci de profiter au maximum de humidité du sol. La présence de sillons de 7 à 8 cm derrière chaque dent permet de collecter l’eau de pluie et de la diriger vers les graines. Ainsi, il est permis d’assurer un maximum de levée à l’automne.

    REALISATION PRATIQUES, CAS DU MATERIEL PMAT

    La fabrication de semoirs SD peut se faire deux façons. Une construction à partir d’un modèle sur papier ou en transformant un semoir conventionnel en semoir SD. C’est cette deuxième option que nous nous proposons d’explorer à partir du matériel fabriquer par le groupe PMAT. Ce groupe fabrique en effet des semoirs conventionnels et des cultivateurs de 7 à 11 dents. Il nous semble qu’à partir de ces deux engins il est possible de fabriquer un semoir SD. En effet, le cultivateur possède des dents avec ressort.

    L’idée est de positionner, en la soudant, la trémie et les tubulures de descente du semoir au dessus du cultivateur à dents. Il s’agit également de repositionner les roues du semoir sur le bâti du cultivateur et d’ajuster les chaines d’entrainement à la longueur désirée afin d’obtenir un débit proportionnel à l’avancement.
    Il est nécessaire de souder derrière les dents du cultivateur des tubes en acier afin d’y fixer les tubulures de descente des semences puis celles de l’engrais. Les semoirs PMAT ne permettant pas de localiser les engrais de fonds (P – K), il s’agit donc d’équiper le bâti d’une deuxième trémie avec un système de distribution. Bien qu’apportant un net avantage, la distribution localisée des engrais n’est pas obligatoire pour de premiers prototype. Mais à terme, elle s’avère indispensable1.

    La dernière opération concerne la fabrication de roues plombeuses et leur fixation à l’arrière du bâti. A noter que certains semoirs n’ont pas de telles roues mais uniquement une chaîne d’une dizaine de centimètres terminée par une plaque d’acier de 5 cm de diamètre. Sans remplacer totalement l’effet positif des roues plombeuses, un tel dispositif présente le mérite de remuer la terre au fond du sillon derrière chaque dent.

    VERS D’AUTRES PERSPECTIVES

    L’opération de transformation d’un cultivateur PMAT en semoir SD nécessite de renforcer le bâti et d’opérer des réajustements suite à de premiers essais sur le terrain. Ces opérations sont à la portée de tout artisan possèdent du matériel de découpe et de soudure de l’acier.
    Cette transformation peut être demandée à l’initiative d’un agriculteur et réalisée par un artisan soudeur. L’intérêt d’une telle option consiste dans la proximité des deux opérateurs et des aller-retour indispensables afin de perfectionner le prototype.
    Outre l’avantage de semer sans labourer et donc d’économiser sur le carburant, le SD permet de semer en sec dès le mois d’octobre. Il est ensuite possible de développer une activité d’entreprise agricole et de semer les terres de ses voisins. De tels semoirs sont capables de semer tout type de céréales, et de fourrages, notamment les mélanges de vesce-avoine ou de triticale-pois. Il est également possible de semer des légumes secs (lentilles, pois-chiche, fève et féverole) ainsi que des oléagineux dont le tournesol.
    Ce type de semoir peut également être construit par des investisseurs désirant développer uniquement le semis chez autrui ou vendre des semoirs. En Syrie, ce sont pas moins de 8 ateliers de semoirs SD qui se sont ouvert à partir de 2008. Puis cela a été le cas de la Jordanie et enfin de l’Irak.
    En Algérie, ce type de fabrication pourrait être également le fait de concessionnaires en matériel agricole ou de grands ateliers fabricants déjà du matériel agricole ou de transport.

    Un candidat tout désigné à la fabrication de semoirs SD est bien sûr le groupe PMAT.dz qui dispose de moyens considérables et d’une base technique. Il est à espérer que ce modèle de semoirs SD proposé par l’Icarda soit repris également au niveau du département de machinisme tel celui de l’Ecole Nationale Supérieure d’Agronomie et de tout autre établissement lié à l’agriculture ou les fabrications mécaniques.

    UNE DOCUMENTATION EN LIBRE ACCES SUR INTERNET

    Les experts australiens travaillant à Alep (Syrie) dès 2005 ont importé un modèle de semoir SD à dents de fabrication John Shearer. Il en existe un exemplaire au niveau de la station ITGC de Sétif. On aurait pu penser que ces experts australiens poussent à l’achat de matériel australien. Ce n’est pas le cas. Ils ont permis à des Syriens, Jordaniens et Irakiens de s’inspirer des ces semoirs pour fabriquer des modèles locaux. De ce fait, des ingénieurs, artisans et agriculteurs ont collaboré à la mise au pont de prototypes. De là ont découlé de nombreux articles en libre accès sur internet de même que des photos et des vidéos.
    Aussi, nous recommandons à chaque personne de rechercher cette documentation actuellement en ligne. Un des spécialiste australien, le Pr Jack Desbiolles a particulièrement publié sur le sujet. Nous recommandons en particulier le rapport détaillé qu’il a dirigé : « The Practical Implementation of Conservation Agriculture in the Middle East » Stephen Loss · Atef Haddad · Jack Desbiolles · Harun Cicek · Yaseen Khalil · Colin Piggin· Technical Report · Jul 2015.
    Parmi les nombreuses vidéos nous recommandons celle de l’ICARDA et de Mr Sani Jalili ; elles permettent de montrer les différentes étapes de réalisation d’un semoir SD.

  5. Agronome Says:

    CAMPAGNES LABOURS-SEMIS 2015
    Les leçons du début de campagne

    Djamel BELAID 20.01.2016. Réactualisé le 22.02.2016.

    La campagne céréalière a été marquée par une sécheresse automnale préoccupante. Elle a pu retarder les semis ou entrainer des pertes de pieds sur les semis précoces. Quels enseignements tirer des façons de procéder des agriculteurs? Aurait-on pu faire mieux ?

    UNE SECHERESSE SURTOUT A L’OUEST

    Les remontées d’informations en provenance des différentes wilayas montrent que la sécheresse a surtout concerné l’ouest du pays. C’est le cas de Chlef et Aïn Defla.
    Dans plusieurs cas les semis ont été retardés jusqu’à l’arrivée des pluies. Dans le cas des semis d’octobre-novembre, de nombreuses parcelles ont montré des signes de desséchement. Les plantules ont jauni puis se sont desséchées. « La culture de celui qui a semé avant le mois de décembre peut être compromise à cause d’un déficit hydrique persistant. Mais les agriculteurs qui ont semé durant le mois de décembre peuvent prétendre à une bonne production puisque les récentes précipitations leur seront très bénéfiques surtout ceux de la région est où les germes commencent à pousser », explique Omar Zaghouane DG de l’ITGC dans les colonnes du journal Horizons1. Certes, si les graines semées en décembre germent aujourd’hui sans problème grâce aux récentes pluies, les rendements sur ces parcelles ne seront pas les meilleurs. En effet, afin d’assurer un parfait développement de la plante et notamment des racines, les semis doivent se faire en octobre-novembre et surtout pas après.

    SEMER SANS DESSECHER LE SOL

    Cette situation montre l’intérêt d’utiliser le non labour avec semis-direct (SD). Le semis direct est possible grâce à des semoirs munis de dents ou de disques permettant de travailler le sol uniquement à l’endroit où placer la semence dans le sol. De récents essais montrent que cette technique a le mérite de ne pas dessécher le sol. Des chercheurs ont réalisé un test original : à l’automne ils ont arrosé artificiellement un sol et ensuite mesuré chaque jours l’humidité du sol derrière le passage de différents outils. Il est apparu qu’après le passage d’une charrue le sol ne reste humide qu’une journée tandis que derrière le semis-direct le même type de sol restait humide jusqu’à 25 jours.
    Or, ce type d’engins connus d’une poignée d’agriculteurs n’est pas encouragé à sa juste mesure par les services agricoles. Quant aux concessionnaires, ils préfèrent importer le matériel traditionnellement connu des agriculteurs et donc plus facilement vendable. L’espoir aurait pu venir du constructeur PMAT, mais celui-ci ne semble pas au courant de ces nouveautés puisque le dernier contrat passé avec la firme portugaise Galucho ne prévoit que la fabrication commune de charrues.
    En Algérie, apprendre à semer sans dessécher le sol reste donc une entreprise de longue haleine.

    SEMER EN CANALISANT L’EAU DE PLUIE

    En matière de semis, l’expérience des céréaliers australiens est précieuse. Ces agriculteurs cultivent avec succès du blé dans des régions aussi sèches que les nôtres. Comment réussissent-ils à faire mieux que nous ? Un expert australien a récemment mis en ligne les résultats obtenus en Syrie et Irak en mettant en application les techniques développées dans son pays. La clé du succès revient à l’utilisation d’un type de semoir particulier. Il s’agit d’un semoir pour semis direct avec des dents espacées tous les 17 cm. Celles-ci grattent le sol non labouré et y déposent les semences. Suivent ensuite des roues plombeuses qui tassent légèrement le sol au dessus des semences afin de renforcer le contact sol-graines et ainsi permettre à celles-ci de capter l’humidité du sol. Mais, il y a mieux. La dent provoque la formation d’un sillon de 4 à 5 cm de profondeur. Et c’est là l’atout capital face aux risques de sécheresse automnales, car dès la moindre pluie, l’eau est collectée vers le fond du sillon. L’eau est ainsi dirigée vers la zone où se situent les semences*. Celles-ci bénéficient donc du maximum d’humidité jusqu’à la pluie suivante. C’est ce procédé qui a manqué aux céréaliers des wilayas de Chlef et Aïn-Defla.

    QUEL MATERIEL DE SEMIS EN ALGERIE ?

    Il devient crucial de développer ce genre de semoirs en Algérie. Il est à espérer que le groupe PMAT s’inspire de l’expérience australienne en fabricant ce type de semoir. En attendant, c’est également aux investisseurs privés, petits ou grands, de développer ce genre d’engins. En Syrie, en 2012, il existait 8 ateliers de fabrication de semoirs. Et certains continuent leur production malgré la guerre. Différentes stratégies sont possibles : fabriquer des semoirs SD en construisant un chassis sur lequel viendront s’ajouter une trémie, des dents et des roues plombeuses en faisant appel à la sous-traitance. Une autre solution est de faire comme certains agriculteurs irakiens, c’est à dire modifier des semoirs conventionnels en ajoutant des poutres, y fixer des dents – telles qu’elles sont sur les chisel – munies de tube de descente et rajouter des roues plombeuses. Le document cité plus bas indique comment procéder.

    L’avantage des semoirs SD est également de pouvoir localiser les engrais tels que le DAP sous les semences. De ce fait l’engrais est immédiatement utilisable par les jeunes racines.

    DES CULTURES DE REMPLACEMENT POSSIBLES

    Pour les exploitations ayant eu de forts taux de perte à la levée, la solution est d’implanter une culture de remplacement. Diverses solutions sont possibles : légumes secs ou tournesol.
    A condition de disposer de semences, il est possible de semer lentilles ou pois-chiche. Ces cultures peuvent être semées jusqu’à la fin de l’hiver. De récents travaux ont montré que des semis de décembre ou janvier sont possibles. A condition de maîtriser le désherbage chimique, ce type de semis permet des gains de rendements appréciables. Dans le cas du pois-chiche on veillera cependant au risque d’anthracnose.
    Dans le cas du tournesol, la même démarche est possible ; les semis peuvent s’étaler jusqu’à la fin de l’hiver. Cependant, des travaux montrent que des semis de décembre ou janvier permettent de meilleurs rendements à condition d’utiliser des variétés tardives.
    Ces semis précoces s’inscrivent dans une stratégie dite « d’évitement ». Le but est de faire coïncider le cycle végétatif de la culture avec la période la plus arrosée de l’année et surtout d’éviter le risque de sécheresse printanière de fin de cycle.
    Mais, si dans le cas des légumes secs les semences peuvent être disponibles, dans le cas du tournesol, la culture n’est pas encouragée par les pouvoirs publics.
    Enfin reste la possibilité de resemer des fourrages : orge en vert pour pâturage ou mélange de vesce-avoine ou pois triticale.

    L’URGENCE TECHNIQUE POUR LA FILIERE CEREALES

    La sécheresse de cet automne doit être l’occasion de remettre en cause nos façons de cultiver des céréales. Des exemplaires de semoirs SD (type John Shearer) avec des dents permettant de créer des sillons collecteurs de pluie sont présent au niveau de la station ITGC de Sétif**. Leur principe doit être étudié afin que des modifications soient apportées aux semoirs conventionnels actuellement fabriqués par le groupe PMAT. Aux investisseurs privés également de s’emparer de cette technique comme l’ont fait 8 ateliers syriens, deux entreprises irakiennes et un grand constructeur jordanien de matériel agricole.

    La mise au point de ce type de semoirs pourrait être facilitée par le récent transfert du centre de recherche Icarda de Alep à Settat (Maroc). Les experts australiens mais également syriens et irakiens ont prévu de multiplier les visites avec leurs homologues algériens. A nous de saisir cette opportunité.
    Il ne s’agit plus de subir les difficultés climatiques, et de se lamenter sur la faiblesse du niveau des précipitations mais de s’adapter en mobilisant le potentiel créatif de nos ingénieurs, artisans et fellahs.

    Notes :
    (*) Voir la photo de la fig 28 du document en ligne sur internet « The Practical Implementation of Conservation Agriculture in the Middle East » Stephen Loss · Atef Haddad · Jack Desbiolles · Harun Cicek · Yaseen Khalil · Colin Piggin· Technical Report · Jul 2015 .
    (**) Des vidéos de ces semoirs sont visibles sur le site Facebook ITGC Sétif.

  6. Agronome Says:

    SECHERESSE A L’OUEST : L’ALGERIE FACE AU RECHAUFFEMENT CLIMATIQUE

    Djamel BELAID 14.02.2016 Djamel.belaid@ac-amiens.fr

    Les remontées du terrain le confirment. Les wilaya à l’Ouest du pays connaissent une grave sécheresse. Les céréales mais aussi les cultures fourragères sont gravement touchées. A l’heure du réchauffement climatique, on peut se demander que faire dans de telles circonstances. Que faire au niveau des décideurs, des cadres de terrain et du simple citoyen ?

    CADRES DE TERRAIN MISER SUR LE SEMIS DIRECT

    Certes, on ne peut faire pleuvoir, cependant, au niveau agricole il est possible de cultiver selon des techniques adaptées aux conditions sèches. En effet, on ne pourra pas irriguer toutes les parcelles de céréales. Agriculteurs australiens, espagnols et même marocains ont développé depuis quelques années la technique du non-labour avec semis direct. Les ingénieurs marocains ont montré que si, après une charrue, on verse l’équivalent d’un seau d’eau sur un mètre carré le sol est sec dès le lendemain. Or, si le même seau est versé après le passage d’un semoir pour semis direct, le sol reste humide 25 jours.
    Ces techniques sont-elles développées en Algérie et particulièrement à l’Ouest de l’Algérie ? Non. Il serait temps de réagir. D’autant plus qu’en janvier il a plu, il y a là un potentiel pour assurer un minimum de rendement. Au moins sur les parcelles au sol les plus profonds. Agriculteurs tunisiens et marocains ont remarqué qu’en année de sécheresse, ils ne récoltent rien ou 2 quintaux/hectare au mieux sur les terres labourées tandis que celles en semis direct donnent 10 qx/ha.

    Les cadres des fermes pilotes, les gros céréaliers, les CCLS doivent à tout prix s’équiper de ce type de matériel. Quant aux décideurs de l’OAIC et u groupe PMAT, ne pas assurer la disponibilité des exploitations en ce type de matériel pourrait être qualifié d’attitude irresponsable pour ne pas dire criminelle.

    AMELIORER LA FERTILITE DU SOL

    Les sols algériens sont en général épuisés et les engrais chimiques n’y feront rien. En effet, nos pratiques agricoles conduisent à une agriculture minière. Sur les parcelles de blé, l’agriculteur récolte le grain et la paille, le mouton mange les chaumes et la charrue provoque la décomposition des racines. Résultats, d’année en année, les sols s’appauvrissent en matière organique. Or, un sol pauvre en matière organique et en humus ne retient pas l’eau ni les engrais. L’humus joue en effet un rôle d’éponge. Par ailleurs, la structure du sol est améliorée ; le sol est moins compact.
    Cultiver en conditions sèche nécessite de veiller à un meilleur taux de matière organique du sol. Que ce soit l’Algérien Pierre Rahbi ou le marocain Rachid Mrabet, tous les deux recommandent de nourrir le sol par du fumier, du compost, de la paille ou des engrais verts. Cette dernière technique consiste à implanter une culture à croissance rapide et à forte biomasse qui n’est pas récoltée mais enfouie au sol.
    Procéder de la sorte devant des agriculteurs amènerait à être traité d’inconscient quand on connait le manque local en fourrages et le prix de la botte de paille ou de foin. Pourtant, il n’y a pas d’alternatives. En Algérie, pour nourrir les hommes, il faut nourrir la terre.

    RECHAUFFEMENT CLIMATIQUE, REDUIRE NOS EMISSIONS

    En Algérie, le réchauffement climatique est une réalité. Récemment deux universitaires algériens ont planché sur les relevés pluviométriques de ces 50 dernières années. Leur constat est alarmant : selon les régions d’Algérie et en moyenne, il manque annuellement 100 mm de pluies.
    Il serait peut-être temps d’apporter notre contribution à la réduction des gaz à effet de serre. Certes, la plantation d’arbres est encouragée en Algérie, de même que les transports collectifs dans les grandes villes. Ces plantations permettent de capter plus de CO2. Mais à côté de cela, combien de CO2 dégagées par les torchères de nos puits de pétrole, par l’industrie gazière et le boom de l’automobile en Algérie ?
    Où sont les panneaux photo-voltaïques, les chauffes-eau solaire sur les terrasses, l’isolation thermique des maisons, l’utilisation de la bicyclette, le recyclage des déchets ? Quelle proportion de l’apprentissage de gestes écologiques dans les programmes scolaires ?
    Rappelons qu’il s’agit de gestes pour nous protéger et non pas pour suivre une quelconque mode.

    L’ALGERIEN CONDAMNE A ETRE VEGETATRIEN ?

    Un autre domaine où le citoyen peut agir afin d’influencer le cours des choses concerne l’alimentation. Produire 1 litre de lait, nécessite la consommation de 500 litres d’eau. Dans un pays semi-aride et aride comme l’Algérie, tabler sur une forte consommation de produits laitiers représente une hérésie. Certes, les produits laitiers et les produits animaux apportent des protéines. Mais les protéines existent également dans les légumes secs : pois-chiche, lentille, fève, soja. Ceux-ci apportent des acides aminés dont des acides aminés essentiels si importants pour l’organisme. En témoigne les végétariens et les végétaliens qui privilégient les protéines végétales dans leur alimentation. Ces catégories de consommateurs de plus en plus représentées dans les pays européens bénéficient d’une bonne santé. Aujourd’hui où les consommateurs algériens sont gagnés par l’obésité, l’hypertension, le diabète et le cholestérol il serait temps de s’interroger sur le mode d’alimentation que nous devons privilégier.
    De leur côté les industriels du secteur agro-alimentaire ont à imaginer et à promouvoir les protéines végétales pourtant déjà très présentes dans l’alimentation traditionnelle.

    DETRUIRE LES CONSTRUCTIONS ILLICITES SUR LES TERRES AGRICOLES

    Nourrir à partir des ressources locales 38 millions d’Algériens connaissant une démographie encore galopante relève d’un pari impossible selon certains spécialistes européens. Il s’agit également de tenir compte des populations sahéliennes à la démographie incontrôlée et qui se voyant refuser l’eldorado européen seraient bien tenté par l’Algérie. Il paraît que les cartes d’identité d’Algériens décédées se monnayent à prix d’or dans les wilayas du grand Sud algérien. Maliens et nigériens en sont très demandeurs.

    Dans ces conditions, la préservation des terres agricoles du Nord du pays est un impératif vital. Il est criminel de bétonner ces terres constituées de sols profonds et à la pluviométrie abondante. Et si les pouvoirs publics se doivent d’être impitoyables en détruisant toute construction illicite sur des terres agricoles, ils doivent être également exemplaires.
    Etre exemplaire signifie, délocaliser vers l’intérieur du pays diverses administrations. On peut se demander pourquoi le siège de l’Institut Technique des Grandes Cultures se situe à Alger. Chacun sait en effet, que les régions céréalières sont situées à l’intérieur du pays. L’un des meilleurs laboratoire algérien spécialisées dans l’étude des zones arides et plus particulièrement le palmier-dattier se situe à … Bab-Ezzouar. L’Ecole Nationale Supérieur d’Agronomie se situe à Alger, idem pour l’Ecole Nationale Vétérinaire. Les exemples de la sorte sont légion.
    Mais au delà des institutions agricoles, à l’heure du numérique et des transports rapides en train devront nous obligatoirement maintenir des administrations et industries sur le littoral algérien ? Car qui dit administrations et industries dit écoles, lycées, universités, hôpitaux, super-marchés, autoroutes ; bref tous les équipements nécessaires à l’accroissement naturel d’une population urbaine. Malgré la tendance à la baisse du nombre d’enfants par famille, nombreuses sont celles qui dans les villes d’Alger, Oran, Annaba ou Constantine possèdent 4 enfants ; le tout parfois dans seulement deux pièces.
    Les espaces libérés par ces délocalisations ne devraient pas servir d’effet d’aubaine à d’autres, mais être sanctuarisés dans un but de préserver les terres agricoles.
    Délocaliser un service à l’intérieur du pays, c’est délocaliser également les emplois de services induits. Nos universités forment des géographes et des spécialistes de l’aménagement. Il serait temps de faire appel à leurs compétences.
    Le principe de la protection des terres agricoles devrait être inscrit dans la Constitution et faire l’objet d’un pacte national. Mais dans l’état actuel des choses, cela reste un rêve. Les wali, même ceux les plus courageux, ne peuvent rien contre la marée bétonneuse. Ainsi, la ville de Batna concentre la majorité de la population de la wilaya. Or, la ville est construite sur une plaine fertile dont la terre vient des collines environnantes. Colline aujourd’hui pierreuses malgré les travaux de DRS de l’époque coloniale. La ville de Batna s’agrandit et construit sur le sol qui auparavant la nourrissait.

    URBANISATION INCONTROLEE, INCOMPETENCE ET
    IMPUISSANCE AU PLUS HAUT NIVEAU
    Un précédent ministre de l’agriculture affirmait que face au bétonnage des terres agricoles au Nord, il y avait en parallèle la mise en valeur des terres de l’intérieur du pays. La sécheresse hivernale vient montrer l’absurdité d’un tel raisonnement. Comment irriguer ces terres s’il ne pleut pas. Comment ré-alimenter les nappes phréatiques sur-exploitées s’il ne pleut pas.
    Quand l’incompétence se situe à un tel niveau de responsabilité, cela devient plus qu’inquiétant. Et quand il ne s’agit pas d’incompétence, il s’agit d’impuissance. Ainsi l’actuel ministre de l’agriculture exprimait récemment la difficulté à défendre les terres agricoles et les pressions phénoménales qui étaient exercées sur les services du MADR. C’est dire combien le pays courre à la catastrophe. « Rabbi yastor » a-t-on coutume de dire en Algérie…

    • être végétarien n’est pas une condamnation – nous consommons tous trop de produits animaux : viandes, produits laitiers etc ….

      je viens de trouver ce commentaire sur un blog :

      « La spiruline est une algue de lac qui permet d’équilibrer les besoins alimentaires vitaux. Dix grammes par jours pendant 21 jours suffisent pour qu’un enfant atteint de mal nutrition retrouve une biométrie normal voir supérieure.
      Pour faire un kilo de protéine avec une vache, il faut l’alimenter avec 110000 litre d’eau, pour la spiruline, seulement 2500 litre suffisent.
      Il est très simple de cultiver, surtout dans les régions avec des température ayant un battement entre 20 à 35°c.
      En conclusion, nous avons les capacités de pouvoir éviter la mal bouffe en occident et la mal nutrition là où les marchés financier l’ont imposés, avec un impact très faible sur l’écologie. Les maux de ce monde ont tous une voir des solutions, nous sommes juste trop occupés à nos petites vies… »

      les panneaux solaires ? – ils sont fabriqués en chine, polluants à la fabrication, polluants à la destruction

      je ne sais pas avec quels matériaux on construit chez vous, mais ici c’est souvent « béton armé » mais on a tendance à revenir à la brique creuse –

      j’ai lu un jour sur El Watan qu’un architecte algérien préconisait les construction à l’ancienne – j’aimerais bien retrouver l’article

      La brique de chanvre est un bon isolant – et il y en a d’autres – l’habitat c’est important, mais il ne faut pas trop empièter sur les terres cultivables – c’est sacré une terre à blé –

      Bon courage, prenez soin de vos terres

    • MAHMOUD ait abderrahim AGRICULTEUR Says:

      bONJOUR

      Je vais atteindre les 35 quintaux à hectare voir plus si les pluies persistent ,et j’ai fait de gros labours ( eh oui Mr BELAID )avec une préparation de lits de semences parfaite AVEC IMPASSE SUR LES ENGRAIS DE FOND, en faisant le gendarme intraitable contre le surpâturage ET CONTRE LE TASSAGE DU SOL ? MAIS EN PRENANT A CHAQUE FOIS DES RISQUES SUR LE DÉSHERBAGE ET SUR L’EMPLOI D’ENGRAIS AVANT D’IMPROBABLES PLUIES

      Précédent culturale : Avoine et lentille

      LES SEMOIRS SONT IMPORTANTS MAIS LE RESTE AUSSI

      j UTILISE AUSSI UNE STATION MÉTÉO personnelle LOCALE PERFORMANTE

      Bonne récolte a tous in chaa allah

      vous AVEZ RAISONS SUR BEAUCOUP DE CHOSES ? MAIS L INERTIE ET LA VOLONTÉ POLITIQUE EST TELLE QUE LES GENS DE BONNE VOLONTÉ ET PATRIOTES NE S Y RISQUENT PAS …..

  7. Agronome Says:

    ALGERIE: QUALITE DES BLES FRANCAIS, PEUT MIEUX FAIRE.
    Djamel BELAID 9.02.2016 djamel.belaid@ac-amiens.fr

    Les blés tendres français présentent une caractéristique: leur taux de protéines chute depuis plusieurs années. Ils sont aujourd’hui à 11% en moyenne. Dans ces conditions, difficile de faire un pain de qualité. Que ce soient les acheteurs Algériens ou Marocains, les blés français n’ont plus la côte. Un plan protéines a été lancé en urgence. Les céréaliers peuvent-ils redresser la barre? Concernant le blé dur, un tel plan serait à mettre en œuvre en Algérie. Le cas français peut permettre d’apprendre des autres.

    UNE CHUTE CONTINUE DU TAUX DE PROTEINES

    Depuis plusieurs années, les céréaliers français voient se réduire leur revenu. Les différentes réformes de la PAC y sont pour beaucoup. Face à cette érosion de leur revenu, ils s’adaptent. Ils choisissent des variétés de blé plus productives, mettent des formes d’engrais azoté moins cher ou réduisent les doses d’engrais quand les prix augmentent. Par ailleurs, la générosité du climat fait que les pluies de fin de cycle ont tendance à faire accumuler beaucoup d’amidon ce qui dilue d’autant les protéines du grain. Et il s’agit là d’un levier que la filière française ne peut maîtriser. A propos du climat Alexis Decarrier, animateur national filière blé tendre à ARVALIS – Institut du végétal indique « c’est la variable la plus importante, qui fait fluctuer les taux de protéines de près de 2 points ».

    Sur les dernières 18 années écoulées, les blés français n’ont été que 5 fois au dessus de 12% de protéine. Un document d’Agrimer lance ce cri d’alarme : « La teneur moyenne en protéines du blé français tendre s’effrite ». Même si les agriculteurs désiraient mettre plus d’azote, la nouvelle directive azote encadre strictement la pratique de la fertilisation azotée. Résultat, à la récolte, ils bennent au trou de leur coopérative des blés qui présentent de moins en moins des qualités meunières. D’où ce cri du cœur de Philippe Pinta, président d’Intercéréales et Rémi Haquin, céréalier dans l’Oise et président du Conseil spécialisé céréales de FranceAgriMer « ne faisons pas comme les Danois qui ont laissé filer leur teneur en protéines de 12 à 8,5 % ! »

    UN PLAN PROTEINE POUR SAUVEGARDER LES PARTS DE MARCHE A L’EXPORT
    Face à cette situation la filière a décidé de prendre le taureau par les cornes et un plan protéine a été décidé. Plan dont InterCéréales et FranceAgriMer constituent la cheville ouvrière. Mr Rémy Haquin explique dans une vidéo ce plan.

    Plan Protéines Blé Tendre – Interview de Rémi … – YouTube
    Vidéo pour « https://youtu.be/wjAyCRstJP4″▶ 4:41

    15 juil. 2015 – Ajouté par Cecile Despierres

    La plan Protéines prévoit diverses actions dont la mention du taux de protéines sur les contrats de vente de toute cargaison de blé, l’utilisation d’outils de pilotage de la fertilisation azotée au champs et l’emploi de variétés plus riches en protéines.
    Déjà les silos à grains s’équipent d’appareils de mesure rapide du taux de protéines. Ainsi, à terme ces appareils à infra-rouge devrait permettre d’analyser chaque remorque de blé arrivant au silo d’un organisme de collecte. Il faut dire, que bon nombre de céréaliers avaient pris l’habitude de livrer des variétés aux rendement atteignant les 100 qx/ha mais au taux de protéines frôlant parfois la barre des 10%. Il devrait être ainsi possible de repérer les céréaliers qui « ne jouent pas le jeu ».

    ENCADRE : le plan protéine

    Trois principaux leviers, à envisager simultanément sous l’égide interprofessionnelle
    »Levier contractuel, avec l’accord interprofessionnel porté par Intercéréales et étendu par l’arrêté ministériel du 7 juin 2014
    »Levier agronomique et le pilotage de fertilisation azotée
    »Levier génétique

    Des actions de recherche et développement, du conseil, de la formation et de l’information sont prévues. Le levier contractuel prévoit d’introduire systématiquement la mention d’une teneur en protéines dans tous les contrats. Les contrats d’achat/vente de blé tendre doivent mentionner la teneur en protéines. Ce taux est librement consenti entre les parties. Le taux de 11,5% appelé «taux de référence» dans l’accord est un objectif de progression de la moyenne de la production française de blé tendre. Il ne s’agit pas d’un taux qui deviendrait obligatoire en l’absence d’autre indication. Tous les blés sont concernés par l’accord : meuniers, fourragers ou biscuitiers, quelle que soit leur destination. Il est également prévu un plan d’investissement dans le cadre de FranceAgriMer pour équiper tous les silos des collecteurs d’appareils de mesure rapide des protéines du blé.

    DIAGNOSTIC DE LA FILIERE CEREALES

    Les services agronomiques de la filière céréales ont chiffré les gains à atteindre d’un meilleur itinéraire technique. Actuellement, de nombreux céréaliers privilégient le rendement. Il est vrai que les progrès de la sélection génétique leur offre des variétés à très haut rendement. Celles-ci dépassent allègrement les 104 quintaux/hectare. C’est le cas des variétés Fairplay, Sobred, Armanda, Hystar, Glasgow ou Hybery. La variété Lyrik arrive même à 107 qx/ha dans le regroupement de 26 essais réalisés en 2013 dans le Nord de la France. Or, il existe un lien entre haut rendement et faible taux de protéines. Ainsi, la la variété mal nommée «So Bred » ne se situe qu’à 10, 2% de protéines. De tels niveaux de production sont le cas de blé qualifiés de « blés fourragers ». Certains de ces blés proviennent parfois d’Angleterre. Ils sont très prisés par certains céréaliers. Au milieu des années 90, dans le Nord de la France, des cargaisons de semences de ce type de blé (la variété Slejpner) en provenance d’Angleterre « circulaient sous le manteau. »
    Cependant, malgé la liaison négative haut rendement-taux de protéines, il existe des variétés qui répondent moins à ce principe. C’est le cas, par exemple de la variété Rubisko qui atteint 103 qx/ha et se situe à 11,3 % de protéines alors que la variété Trapez, pour le même niveau de rendement, ne se situe qu’à 10,3% de protéines. Aussi, les ingénieurs d’Arvalis estiment que le choix de variétés adaptées peut permettre un gain de 0,5 à 1%.

    Un autre levier concerne l’apport d’azote. Il est estimé que 50 unités d’azote correspondent à 0,5-1% de protéines en plus ; à conditions que les apports soient fractionnés en soient apportés à bon escient selon la méthode des bilans prévisionnels.

    AU SILO, « LA CHASSE AUX PETITS TAUX »

    Face à la situation actuelle les organismes de collecte (coopératives, négoce privé) se trouvent dans une position stratégique. En effet, les organismes de collecte sont situés à l’interface entre les agriculteurs d’une part, et les industriels ou les exportateurs d’autre part. Déjà, selon une récente enquête, 86% de ces organismes affirment que le barème de paiement de leur blé s’appuie sur la teneur en protéines.

    Pour des dirigeants de coopératives, il s’agit de « générer un mouvement de fond » comme l’indique Philippe Florentin directeur général adjoint de la coopérative Noriap (80-Somme) cité dans un document de InterCéréales : « Chez Noriap, nous travaillons sur les taux de protéines depuis plusieurs années. Notre activité est principalement centrée vers les industriels, amidonniers, meuniers… qui ont toujours eu des cahiers des charges assez pointus en la matière. Nous avons donc une communication particulièrement poussée sur ce sujet. Nous encourageons la généralisation des OAD (Outils d’Aide à la Décision) et proposons des bonifications « protéines » à l’achat, comme moyens d’incitations pour les producteurs qui ont bien d’autres critères à prendre en compte. ». Mais afin de constituer des lots, la logistique des silos doit suivre. En face des difficultés pour réaliser des analyses pour chaque remorque, la politique est d’arriver à une moyenne haute du taux de protéines. « Il n’est possible de séparer les bennes qui nous arrivent, en fonction du taux de protéines, que dans une certaine mesure. Nous devons donc travailler à améliorer la moyenne en faisant la chasse aux petits taux… et ainsi avoir une moyenne à 11,5 %. Pour cela, il est important de générer un mouvement de fond. Le Plan va dans ce sens, il a le mérite de mobiliser l’ensemble de la filière autour de la protéine. Et notamment les agriculteurs, car c’est bien dans les parcelles que tout se joue. »

    Chez les collecteurs privés, le même message est délivré . Pour Cyril Duriez Président du négoce Duriez et ­ fils (62- Pas de Calais), le mot d’ordre est « Aller chercher la protéine sans impacter le rendement ». Il explique « Des mesures ont été prises depuis deux ans sur trois de nos dépôts, et sur l’ensemble des dépôts dès la récolte 2014, en raison de la mauvaise qualité des blés fourragers. Une modification des habitudes pour les agriculteurs, qui ont toutefois bien compris l’évolution du système de réception en fonction de la teneur en protéines.
    C’est un chiffre qui varie d’une année sur l’autre, mais si on prend l’exemple de la dernière campagne, il y avait jusqu’à 30 à 40 euros par tonne de différence entre un blé fourrager et un blé meunier, au niveau du céréalier. Je pense qu’en mettant les moyens, en cherchant à optimiser la balance rendement et protéines, ce bonus est accessible sans perdre de quintaux. »

    L’ENJEU : L’ACCES AUX MARCHES

    Les agriculteurs français n’ont connu que déception ces dernières années. La fin des quotas laitiers a entrainé l’afflux de lait allemand ou irlandais en France. Le boycott contre la Russie a non seulement fermé les débouchés pour la viande de porc mais accru l’arrivée de viande européen en France. Aussi, face à la concurrence internationale, la filière céréales souhait conserver son accès aux marchés. « Qu’il s’agisse d’exporter, de transformer sur le marché français pour la ­ filière meunerie ou encore du débouché alimentation animale, la protéine s’impose comme l’un des critères d’importance. Derrière une simplification de la logistique et un gain de transparence, c’est parfois tout simplement l’accès aux marchés qui est en jeu » indique la filière Céréales française. Ce message semble passer à l’aval.

    Pour Jean-Philippe Everling directeur de Granit Négoce (31-Gard) l’export constitue : « Un critère crucial d’accès au marché ». Il ajoute : « Ce plan a l’avantage de remettre la protéine au centre des contrats. Ce critère est devenu de premier ordre à l’exportation. Sauf exception, l’ensemble du blé tendre exporté depuis la France est dédié à la meunerie, avec des contraintes très fortes en la matière. Ce n’est ni plus ni moins qu’une question d’accès au marché. » Ce dirigeant tire la sonnette d’alarme : « Depuis quelques années, on est parfois limite avec certains lots. Si la tendance se confirme, on risque d’être privé des débouchés du bassin méditerranéen et d’Afrique de l’Ouest. Ce serait la double peine : si le blé doit être vendu à des pays tiers demandeurs de ressource fourragère, le prix de vente sera moins élevé, et ces marchés se situant essentiellement en Asie du Sud-Est, avec le surcoût en transport qui va avec ». Optimiste il ajoute : «  A notre niveau, on constate que tout le monde joue le jeu et accepte cette nouvelle donne en France : les effets du plan devraient commencer à se faire sentir dès 2015/16. »

    Pour Lionel Deloingce président des Moulins Paul Dupuis (76-Seine Maritime) la meunerie réclame de la protéine: « Des exigences en matière de quantité et de qualité de la protéine ». Et d’expliquer son propos : « Pour tous les débouchés de la meunerie, notamment la panification, la quantité et la qualité des protéines sont importantes. Les process industriels induisent des caractéristiques physiques de plus en plus spécifiques, en plus des propriétés nutritionnelles. » Puis inquiet, il ajoute : « Si le Plan Protéines ne parvenait pas à inverser la tendance, le recours à des blés de force et des ajouts de gluten accroîtrait nos coûts logistiques et industriels. Pour ces raisons, le taux de protéines figurait systématiquement dans nos contrats bien avant 2014, comme nous travaillons avec des collecteurs locaux dans une relation de confiance, où la discussion économique vient après la discussion technique. Cette approche filière est positive. Elle permet de remonter nos besoins jusqu’aux producteurs. C’est tout le sens et le bénéfice du Plan protéines. »

    Même son de cloche au niveau du secteur de l’alimentation animale. Stéphane Hotte, directeur pôle amont Novial (80-Somme) aborde les « avantages logistiques et économiques ». Très dépendant des tourteaux de soja importés ce dirigeant se préoccupe du niveau de protéines des blés. « Le critère protéines est essentiel pour le bon équilibre de nos formules alimentaires, d’autant plus que son coût a considérablement renchéri ces dernières années. Définir contractuellement les taux de protéines présente de nombreux avantages. Jusqu’à l’année passée, nous découvrions le taux de protéines d’un lot à son arrivée après déchargement, trop tard pour bien l’orienter et le valoriser sur la base de ce critère. Le Plan protéines nous permet d’anticiper, en intensifiant les échanges avec les collecteurs, ce qui est une très bonne chose en soi. Pour ces industriels, l’établissement de leurs différents aliments, passe par la connaissance et la régularité du taux de protéines des blés fourragers. « Que les taux soient bons ou moins bons, en avoir la connaissance avant réception nous permet de mieux adapter notre formulation et, de ce fait, de mieux valoriser la protéine présente dans le blé au lieu de se caler sur le niveau le plus bas. Le Plan protéines nous permet de rassembler les lots de blé présentant des bons taux en protéines et de mieux les valoriser ».

    Un programme d’aide à l’équipement des organismes collecteurs
    Un an après le lancement de l’accord interprofessionnel pour la partie organisme collecteur-aval, et au moment où les contrats agriculteurs-organismes collecteurs entrent dans le processus, les acteurs des filières se félicitent de la mise en place du Plan protéines blé tendre. Il est toutefois un peu trop tôt pour mesurer son impact, d’autant que la récolte 2014 a été atypique, avec des problèmes de germination qui déplacent les critères d’exigences. L’information et la mobilisation du secteur sont toutefois des indicateurs positifs pour la réussite du Plan protéines. Afin d’inciter les organismes collecteurs à s’équiper de matériels de mesure rapide du taux de protéines FranceAgriMer a mis en place un programme d’aide. Engagé début 2014 il se poursuit jusqu’à fin décembre 2016 (les dossiers devant être déposés jusqu’au 30 septembre 2016).
    < Montant de l’aide : 25 % de l’investissement, plafonné à 10 000 euros par collecteur.
    < 282 matériels financés en 2014 (investissement global de 5,37 millions d’euros, dont 1,14 financés par FranceAgriMer).
    < 101 matériels aidés au 18 juin 2015 (investissement global de 2 millions d’euros, dont 400 000 € financés par FranceAgriMer).
    Le collecteur qui bénéficie de ce programme signe une convention qui l’engage sur plusieurs points, notamment :
    – Communiquer le taux de protéines au producteur.
    – Promouvoir les moyens d’améliorer le taux de protéines auprès des agriculteurs.
    – Fournir à FranceAgriMer les données sur les teneurs moyennes en protéines sur cinq années et contribuer à l’enquête qualité des blés réalisée annuellement par FranceAgriMer.

    UNE VULGARISATION TOUT AZIMUTH
    Des actions pour sensibiliser, des outils pour piloter
    ARVALIS – Institut du Végétal mène des actions pour sensibiliser les conseillers et les agriculteurs à améliorer les niveaux de protéines des blés.
    – 140 000 plaque#es techniques « Teneur en protéines des blés : relever le double dé­ agronomique et économique » diffusées en partenariat avec de nombreux organismes de collecte et de développement.
    – Un colloque « Blé tendre protéines », le 13 mai 2014 à Paris, rassemblant 250 participants
    – 20 journées de présentation d’expérimentations pour les techniciens en novembre 2014, et 38 journées
    pour les agriculteurs en décembre 2014.
    – 270 retombées dans la presse agricole nationale et régionale sur l’itinéraire technique protéine.
    – Campagne les « Vrais-Faux » de la fertilisation azotée, guides techniques,fiches, posters… Des
    plaque#es ont été réalisées avec la distribution, à l’instar de celle avec Dijon Céréales, diffusées à
    1500 exemplaires.
    – 43 journées dans le Grand Ouest sous forme de réunions interactives, ont touché 730 technico-commerciaux.
    – Atelier avec vidéo expliquant les leviers et les clés de réussite aux Culturales, les 24 et 25 juin.

    L'AMORCE D'UNE DYNAMIQUE DE TERRAIN

    Les techniciens sur le terrain multiplient les conseils de pilotage de la fertilisation azotée. Michaël Mimeau responsable agronomique Dijon Céréales explique la démarche développée en Côte d’Or : «Nous avons initié avec des professionnels régionaux le plan « Blé objectif protéines » en 2014, pour identifier les leviers les plus pertinents. Il s’est traduit cette année par l’envoi de messages aux agriculteurs à des moments-clés de leurs pratiques de fertilisation ». Cap est mis sur le fractionnement des apports : « Nous voulons généraliser le troisième apport, voire tendre vers un quatrième. Le positionnement du dernier apport, souvent trop précoce, doit être positionné au stade dernière « feuille pointante à étalée ». Il est important de réduire les quantités d’azote au premier apport, dans les sols qui le permettent, afin d’en garder pour la fin. »

    Parfois, il s'agit de rattraper des situations catastrophiques en matière de protéines. Pour Patrick Deuil, responsable commercial et marché de la fertilisation au sein des Etablissements Hautbois en Mayenne, l'ambition n'est pas d'arriver à 11,5% mais « d’atteindre la barre des 11 points de protéines. » Pour y arriver il explique : « Nous avons bâti une méthodologie de conduite azotée des blés en 2014, centrée sur la diminution du premier apport et le fractionnement. Un conseil majeur dans notre région où les éleveurs utilisent de la matière organique dont l’efficacité reste aléatoire. Notre préconisation est de conserver 40 à 50 unités d’azote minérale pour le troisième apport afin d’assurer la production de protéines. » La démarche s'appuie sur des outils moderne de pilotage de la fertilisation azotée : « Cette année, nous avons testé les drones. Des essais de pratiques de fertilisation ont été installés avec ARVALIS. »

    Cette volonté d'utiliser des méthodes fines d'estimation des besoins en azote est partagée par Didier Rebillard, responsable de région sud Ille-et-Vilaine au niveau de la société Triskalia : «Nous visons des fractionnements systématiques en trois à quatre apports pour augmenter les taux de protéines. Cela passe par la formation des équipes terrain pour réaliser de meilleures préconisations en matière de fertilisation et par l’utilisation d’outils de pilotage. Trois sont à notre gamme : N-Tester, N-Sensor et la technologie des drones. » Pour cette entreprise, l’enjeu de la protéine est double : valorisation à l’exportation mais aussi en élevage dans le but d'une plus grande autonomie fourragère des exploitations.

    UN PARI DIFFICILE A GAGNER

    Les nouvelles variétés alliant productivité et taux de protéines pour moins d'engrais azotés mettront au moins 8 ans pour être obtenues. La directive nitrates oblige à moins d'azote dans les champs or selon Arvalis seulement 20% des céréaliers utilisent des outils de pilotage de la fertilisation azotée. C'est dire le chemin à parcourir.
    Enfin, le démantèlement des quotas de betteraves prévu pour 2017 risque de mettre à mal la trésorerie des exploitations céréalières. Les céréaliers devraient donc enclin à « serrer les boulons », pas sûr qu'ils arrêtent la course au rendement pour la remplacer par la course à la protéine.
    Dans ces conditions, le pari qualité de la filière française sera difficile à gagner.

    Sources : documents de la filière Céréales française.

    Plan Protéines Blé Tendre – Interview de Rémi … – YouTube

    ▶ 4:41

    15 juil. 2015 – Ajouté par Cecile Despierres

    • et il y a de plus en plus d’intolérance au gluten – vive l’épautre –

      apparemment la chine et l’ allemagne s’intéressent à la terre algérienne – je ne pensais pas à la France, mais vous avez eu la visite de ‘ »jupette » –

      bon courage à tous – n’oubliez pas, la terre,c’est sacré !!

  8. Agronome Says:

    CEREALES, APRES LA SECHERESSE SURVEILLER L’AZOTE DU SOL

    Djamel BELAID djamel.belaid@ac-amiens.fr 22.01.2016

    La menace a été sérieuse. Une sécheresse automnale persistante a marqué les semis de céréales de ce début de campagne. L’origine de ce manque d’eau est certes céleste. Cependant, des dysfonctionnements techniques et humains sont à relever1. Il serait bon d’en tirer les conclusions. Le retour de la pluie a permis de sauver la prochaine récolte, mais des effets sur le potentiel de récolte attendu sont à craindre. Et de façon étonnante ces effets ne seront pas là où on pourrait le craindre. A ce titre les services agricoles ont un deuxième défi à relever.

    REALISER EN EXTREME URGENCE DES ANALYSES DE RELIQUATS AZOTES

    Depuis quelques années, la pratique des analyses de sol se développent en Algérie. De nombreux laboratoires concourent à la réalisation de ces analyses de sols. C’est le cas de celui de Fertial. L’agriculteur peut savoir ainsi le niveau d’éléments minéraux présents dans le sol et donc estimer le niveau d’engrais qu’il doit apporter. Ces analyses sont faites en moyenne tous les 4 à 5 ans dans les exploitations performantes. Cet intervalle de temps entre deux analyses est celui que préconisent les spécialistes pour les principaux éléments minéraux : potasse, phosphore et oligo-éléments. Mais concernant l’azote, les préconisations agronomiques sont de réaliser des analyses chaque année. Oui, vous avez bien lu : chaque année.

    AZOTE DU SOL, SEUL ELEMENT ISSU D’UN CYCLE BIOGEOCHIMIQUE

    C’est que contrairement aux autres macro-éléments (phosphore et azote) l’azote minéral du sol provient essentiellement de la décomposition de la matière organique du sol. Dans le cas d’un blé par exemple, ce sont essentiellement la décomposition des pailles, chaumes, racines ou amendements organiques qui peuvent apporter de l’azote minéral aux racines de la culture suivante. En effet, les résidus de récolte et ces amendements sont riches en azote. Cependant, cet azote est sous forme organique. Or, les racines ne peuvent l’absorber que sous forme minérale : ammoniacale et nitrates. Ce sont des bactéries naturellement présentes dans le sol qui permettent cette transformation.

    Mais ces bactéries ne sont actives qu’en présence d’un minimum d’humidité. Par ailleurs, elles sont capricieuses dans la mesure où elles ne sont pleinement actives qu’à des températures situées au delà de 6-7 degrés. Autant dire que la minéralisation en Algérie n’est active que lors des automnes et printemps humides.

    Si on considère la pluviométrie de l’automne dernier, la faiblesse des pluies voire leur inexistence fait que dans certaines régions d’Algérie, on peut affirmer en première analyse, que la minéralisation de l’azote organique du sol n’a pas eu lieu. Conséquences, cet hiver 2016 les premiers horizons du sol sont plus pauvres qu’à l’accoutumée en azote minéral. Cette analyse est à moduler selon les précipitations automnales de chaque région.

    EN 2016 SUR BLE, MAJORER LES DOSES D’AZOTE

    D’une expérience de conseil auprès de gros céréaliers-betteravier dans le bassin parisien, nous avons retenu qu’on bon conseiller est celui qui se mouille, celui qui, entre différentes options, en choisit une. Aussi, mouillons nous ! Il nous semble qu’en Algérie, dans les conditions climatiques de cet automne, les reliquats azotés en sortie hiver sont faibles. Notre préconisations est donc de majorer les doses d’engrais azotés à apporter. Bien sûr l’idéal est de les fractionner. Les travaux de l’ITGC montrent, en effet que plus les apports d’azote sont fractionnés, meilleurs sont les rendements et le taux de protéines des grains de blé.

    Cette faiblesse des reliquats azotés en cet hiver 2016 est une tendance forte. Ce constat est renforcé par les observations de ces derniers jours : des pluies abondantes et parfois de la neige. En effet, si les pluies d’automne sont intéressantes pour la minéralisation de la matière organique du sol, celles de l’hiver ne le sont guère pour l’alimentation azotée des plantes. Ces pluies ont tendance à lessiver une partie de l’azote minéral du sol. Les ions nitrates ne sont pas retenus par le sol ; de ce fait, ils ont tendance à migrer dans le sol hors d’atteinte des racines de la plante. Cela est d’autant plus vrai que les retards de semis de cette année ont eu pour conséquence un faible développement racinaire.

    BLE DUR, QUEL NIVEAU DE FERTILISATION AZOTEE VISER

    Le blé dur est une culture exigeante qui demande une réelle technicité de la part des céréaliers ; outre un objectif de rendement maximal, il leur faut viser un bon taux de protéines. En effet, le manque d’azote donne un grain farineux au lieu de la belle transparence si particulière du grain de blé dur. On dit que le grain est mitadiné. Or, qui dit mitadinage, dit faible rendement en semoule et mauvaise qualité des pâtes alimentaires. Choses rédhibitoires pour l’industrie de la semoule.

    Mais revenons au rendement. Afin que les pieds de blé dur produisent le maximum d’épis et donc de grains-industriels de semoulerie, message plus d’azote, il s’agit qu’ils disposent d’azote au printemps. Toute carence d’azote ne permettra pas d’arriver au maximum de grains par mètre carré. Il y a déjà eu des années où l’humidité du sol et la pluviométrie locale était là, alors que le niveau d’azote apporté au sol par l’agriculteur ne soit pas au rendez vous. Dans ces cas là, ce sont des quintaux de grains qui sont perdus à jamais. En effet, de nombreux céréaliers n’apportent pas d’engrais azotés ou au mieux en apportent selon les prescriptions des services agricoles : 100 unités par hectare. Ce niveau est fixé arbitrairement suite à des essais en station sans analyses de reliquats azotés. Seule la réponse de la plante étant observée pour des doses croissantes d’engrais azotés.
    A contrario, apporter 100 unités d’azote les années où les pluies automnales ont permis une bonne minéralisation et les pluies hivernales ont permis un faible lessivage, est aberrant. En effet, le sol est alors bien pourvu en azote et selon le rendement visé, les apports en engrais ne devraient être que de 50 unités d’azote.

    Or, nous avons vu que le niveau d’azote du sol est un paramètre qui fluctue d’une année sur l’autre du fait des phénomènes de minéralisation et de lessivage. Actuellement les services agricoles sont dans une démarche qui pour un automobiliste consisterait à remplir chaque semaine son réservoir d’essence sans tenir compte du nombre de kilomètres hebdomadaires parcourus.

    AZOTE, TIRER LA SONNETTE D’ALARME

    On le voit donc, en Algérie, la situation en matière de fertilisation azotée des céréales est ubuesque. De nombreux agriculteurs sont excédés par les préconisations des techniciens : certaines années, l’azote apporté ne permet pas de bons rendements alors que la pluviométrie est bonne. D’autres années, la même dose d’engrais grille littéralement les cultures. Cela pourrait prêter à rire si la situation n’était pas si grave.

    Il y a donc lieu de réaliser des analyses de reliquats azotés en sortie hiver avant l’apport d’azote. Comme il serait difficile de généraliser ce genre d’analyse, il s’agit d’arriver à une mutualisation des moyens. Ainsi, sur une même petite région, les analyses devraient permettre de tirer des tendances afin d’informer par internet ou courrier les techniciens de terrain et les agriculteurs. Cela, au même titre que les avertissements agricoles qui permettent d’avertir les agriculteurs lors de l’arrivée d’insectes ravageurs des cultures.

    Premiers concernés pour des raisons de qualité, les industriels de semoulerie, devraient s’occuper de la diffusion de ce type de message. Dans le cas de cette année, c’est à eux de prendre les devant et d’alerter les fellahs ; au moins ceux de leurs réseaux qualité. Car, ils risquent de se retrouver dès la récolte de cette année avec des blés durs de moindre qualité semoulière.

    CEREALES EN ALGERIE, « ON MARCHE SUR LA TETE »

    Mais qui se charge du volet quantitatif de la chose ? Qui en Algérie se préoccupe de donner plus d’azote au blé afin que chaque pied produise le maximum de grains ? Le fellah ? L’agri-manager, ces agriculteurs modernes instruits et à la tête de grandes ou moyennes exploitations ? L’information ne peut venir à eux car même les techniciens des services agricoles ne sont pas habitués à ce genre d’analyses pourtant simples.
    Le technicien de la CCLS ? Outre qu’il n’a pas cette information, son salaire n’est pas indexé sur les quantités d’engrais azotés vendus ou les quantités de grains collectés dans les silos. Pourquoi voudriez vous qu’il aille courir derrière les fellahs pour les prévenir du danger actuel ?

    En Algérie, il n’y a personne pour se préoccuper du niveau précis des doses d’azote à apporter ; ou bien si : une poignée de personnes aux moyens limités. Or, cela concerne des centaines de milliers d’hectares de blé ; l’aliment de base de la population.
    A ce titre, et vu le niveau de gabegie technique, on peut dire qu’en Algérie, concernant la fertilisation azotée, « on marche sur la tête ». Le ministre de l’agriculture se demandait récemment si les 400 ingénieurs en poste à l’OAIC étaient bien utilisés. La question est posée. Pourquoi certains ne seraient-ils pas détachés de leurs tâches administratives pour se consacrer par exemple annuellement et durant deux semaines à l’estimation des reliquats azotés dans leur bassin de collecte ? Actuellement certains fellahs sont dégoutés des engrais azotés : « l’engri yahrag el gamh » disent-ils (l’engrais grille le blé ).

    Pourquoi cette inefficacité? Car à notre avis, l’OAIC est un organisme dont le statut du personnel est dépassé. Et toute l’énergie de ses cadres dirigeants et du personnel n’y peut rien. Le salaire de l’ingénieur et du technicien devrait être indexé sur le niveau d’intrants vendus (engrais, produits phytosanitaires, …) de même que le chef de silo et son équipe devraient être rémunérés en fonction des quintaux de céréales qu’ils font rentrer dans les silos. A l’étranger et en France, dans les coopératives céréalières, c’est ainsi que cela fonctionne. Il ne s’agit pas d’affubler le sigle « CCLS » du « C » de « Coopérative » pour qu’elle en soit une. Une coopérative possède des statuts spécifiques, sinon ce n’est qu’une antenne d’un office public et rien d’autres.

    En l’état des choses, c’est aux industriels de la meunerie et de la semoulerie de se saisir du dossier. A eux également de se doter de moyens d’analyse rapide du taux de protéines à et de demander aux autorités à pouvoir réceptionner les grains aux portes de leurs silos. A eux également de demander la révision des barèmes de raréfaction. Ils datent de 1988 et qui ne sont plus adaptés aux exigences actuelles de qualité de la collecte des céréales.
    Mais aux céréaliers également de trouver la force de s’organiser en groupe d’achats d’engrais et de produits phytosanitaires. Seuls de tels groupements peuvent permettre à terme de se doter de leurs propres techniciens. Techniciens qui auront alors obligation de résultats…

    A défaut de structures de collecte des céréales réellement efficaces et de groupements d’achats paysans, concernant l’utilisation des engrais azotée sur céréales, nous continuerons à « marcher sur la tête ».
    1Voir nos précédents articles sur la question (le non labour peut permettre d’amoindrir les effets des sécheresses automnales).

    • Mahmoud AIT ABDERRAHIM ( Agriculteur - éleveur ) Says:

      Bonjour a tous

      il n’a pas plu sérieusement depuis 3 mois ( précipitations de pluies de plus de 20 mm ) alors vous pensez sérieusement que notre priorités est de mettre de l’azote

      Comment sera telle valorisée si nous n’avons pas l’assurance d’avoir des plus après l’épandage , compte tenu du cout de l’engrais de qualité

      Par ailleurs un simple regard sur mes parcelles me permet de comprendre quelle ont besoin d’azote , une observation fines des feuilles aussi avec une carence en souffre importante élément qui est rarement ajoutée aux formule de l’urée actuel

      Nous manquons de stations météo locales et les agriculteurs qui ont investis dans celles ci ont le risque de la voir saccagé ou abimé par ses propres voisins en toute impunité.

      Mon pluviomètre affiche un cumul de 200 mm depuis septembre

      Vous parlé de groupement de producteurs , je viens d’être tardivement être mis au courant de la création d’associations de multiplicateurs de semences ( j’ enblave 300 hectares de semences pour le compte de l’oaic )
      le président de cette association est autoproclamé et les statuts de l’association ( initié par le drag ) insiste sur le fait que l’association ne dépasse pas 15 membres !!!!!……

      Ne parlons pas non plus de la qualité des nos institutions comme le cadastre ou la conservation , normalement institutions essentielles pour assurer tout investisseurs

      On ne compte le nombres d’agriculteurs ou investisseurs qui ont achetées des terres agricoles devant notaires et qui se retrouvent à peine l’achat terminé , en litiges incessants et interminables .

      VOUS dites beaucoup de choses de bon sens , mais ils sont malheureusement déconnecté de la médiocre réalité que nous vivons ( une médiocrité destructrice d’emplois et de richesses , dont en à tellement besoin actuellement et pour les années à venir)

      Le drame syrien et des pays limitrophes devraient nous faire réagir sérieusement pour améliorer rapidement les choses

      Nous avons déjà débattus sur les taux de protéines et sur la qualité des farines et semoule , je vous reproche comme meme d’oublier de dires que les minotiers n’ont pas l’intention de rajouter un kopeck de plus pour acheter des blés de force de qualité , alors que pour produire des blé de qualités riche en protéines il faut non seulement

      – Augmenter la dose d’azote à l’hectare , et épandre cette azote en deux ou trois fois ( donc plus des dépenses ), et plus d’interventions sur les champs donc plus de frais )

      -D’autres part l’augmentation du taux de protéines se fait au détriment du rendement

      Je pense personnellement que les minotiers ont largement de quoi surpayé la qualité , qu’ils payeront surmener en faisant venir des les de force de l’étranger

      la liste des avantages qu’ils ont par rapport aux agriculteurs est longue

      – Acces au secteur bancaire
      – tva déductibles
      – une partie de leurs ventes ( son et déchets de trituration qui est totalement vendus , ne compte pas dans le chiffres d’affaires imposables)

      – l’état vient de leurs offrir encore d’autres avantages et cette liste n’est pas exhaustive ….

      Pour ma part j’ai arrêter de produire du blé dur et apparement beaucoup d’agriculteurs européens aussi, face au réchauffement climatique et aux difficultés de produire avec un bon rendement cette céréale

      Cette année
      je serai curieux de connaitre le rendement du club 50 , ce club de flagorneurs et béni oui oui de tous poils qui se précipitent aux différentes réunions pour juste avoir le téléphone du wali ou du ministre actuel sans réels succès sur le terrain ni en terme d’emplois ni en terme de production réel .? mais je me tromlpoe peut être .

      Pour revenir à l’azote , nos connaissances sur les différents engrais sont très superficiels , impossible de connaitre leur taux d’hulmectation , et pas la peine de demander cette question aux commercial , il ne la connait pas

      Or nous avons besoin absolument de savoir quelle la précipitation minimale qu il faut afin d’humecter les engrais pour qu ils soient dissous , pour le sulfamo engrais commercialisé par la sté » Timac , je vous assure qu’il faut beaucoup d’eau pour que l engrais se dissolve
      `
      `les taux de rosée journalier est largement insuffisant

      Que fait un agriculteur qui à sortie 200 ou 400 qtx d’engrais si finalement ils ne peut épandre cette engrais , l’oaic refuse de les reprendre , et la gendarmerie vous interdit de les stockées ou de les revendre , pratiques au demeurant très courante afin de pallié au manque de trésorerie de beaucoup d’agriculteur à cette période de l’année , car bien entendu un membre important de la dream team ronronne dans son coin et n’octroie aucun avance de trésorerie aux agriculteur ce qui n’est pas le cas de :::::

      devinez qui ?????

      `
      _ lES minotiers ont cette chance la !!!!!

      EL GAIIITTTT YAA RAABBI , C EST LA SEULE CHOSE QUI SAUVERA NOTRE CAMPAGNE cette année ,

      en attendant les futures programmes de retenus colinéaires et réserves d’eau en priorité aux multiplicateurs de semences et aux agriculteurs ayant à proximité de leurs exploitations des capacité de stockage de l’eau , il ne s’agit pas de donner des retenus colinéaires aux copains et aux coquins

      La priorité est de priorisé efficacement sans état d’âmes , car gouverner c’est non seulement pleuvoir mais c’est aussi choisir pour le bien commun , le reste n’est que blé blé bla bla

  9. Agronome Says:

    CEREALES
    TRAVAUX DES CHAMPS EN JANVIER
    Djamel Belaid 24.01.2016 djamel.belaid@ac-amiens.fr

    Pour beaucoup de céréaliers, janvier et février sont des mois creux. Les parcelles de céréales sont semées, il n’y a plus rien à faire en plaine. Puis à quoi bon s’aventurer sur les parcelles lorsque un vent froid souffle. Pourtant, janvier et février sont des mois clés pour l’action mais aussi la réflexion au niveau de la parcelle, de l’exploitation ou du marché..

    PRIORITE AUX RELIQUATS AZOTES

    La priorité consiste à analyser l’azote du sol ; on parle de reliquats azotés en sortie hiver. En effet, après la minéralisation de l’automne, l’azote minéral du sol risque d’être lessivé par les pluies hivernales. Minéralisation et lessivages sont différents d’une année sur l’autre. Aussi, mettre 100 unités d’azote sur son blé comme le préconisent la majorité des conseillers agricoles ne veut rien dire. Il faut connaître son niveau d’azote minéral dans les horizons du sol exploitées par les racines pour ajuster la dose d’engrais à apporter. Un peut comme quand on met de l’essence dans son réservoir ; on tient compte du niveau.
    Comment faire en pratique? Il s’agit de prendre une tarière et de réaliser une douzaine de prélèvements sur une zone homogène et représentative de la parcelle. Ces prélèvements sont à opérer entre 0-30 cm, 30 et 60 cm et 60 – 90 cm. Les échantillons sont à mettre dans une glacière puis à envoyer le plus rapidement possible à un labo d’analyses. L’analyse de l’azote du sol est simple à réaliser ; un labo d’université ou d’un meunier peut s’en charger.
    On prendra garde à tenir compte des potentialités de sa parcelle pour fixer l’objectif de rendement. Cet objectif peut être déterminé en faisant la moyenne de ses rendements sur 5 ans. Pour un objectif de 30 qx/ha on multipliera 30 par 3,5 unités d’azote. Et c’est de cette valeur qu’on déduira le stock d’azote minéral (reliquat azoté) de sa parcelle.
    Comment faire si on ne peut pas réaliser cette analyse ? On la demandera à son conseiller agricole. Même si l’idéal est de réaliser une analyse pour chaque parcelle, en matière de reliquats azotés, on peut utiliser des moyennes régionales.
    Enfin, il est à noter qu’il existe une relation entre températures, précipitations et niveau des reliquats azotés. Ainsi en cet hiver 2016 , on peut penser que le niveau d’azote du sol est faible. La cause ? Une minéralisation faible du fait de rares pluies automnales et des précipitations hivernales qui auront fait migrer, hors d’atteinte des racines, le peu d’azote minéral formé à l’automne.
    En conclusion, cette année, selon le potentiel de ses parcelles, on majorera les doses d’azote à apporter.

    EN HIVER , ENCORE DES SEMIS

    De récents travaux montrent que pois-chiche et lentille peuvent être semés en hiver. Les semis de printemps sont peu productifs. Il y a là un domaine à explorer. Une telle pratique suppose un itinéraire technique particulier : variétés adaptées, désherbage chimique ou mécanique maîtrisé.
    Cette pratique de semis précoce est appelé par les spécialistes « stratégie d’évitement ». Il s’agit de faire coïncider le cycle végétatif de la culture avec la période humide et surtout d’éviter le risque de coup de sec de fin de printemps.
    La même démarche est possible avec le tournesol. Les semis en hiver de variétés tardives sont bien plus productifs que ceux réalisés au printemps.
    Bien que peu répandue localement, la culture du tournesol offre des avantages certains : production d’huile et de tourteaux. Afin de maximiser ses marges, l’idéal est de triturer soi-même sa production et d’écouler huile et tourteaux. La valeur des tourteaux peut être améliorée par un décorticage mécanique simple à réaliser. Les tourteaux obtenus « high-pro » peuvent alors même être utilisés en aliment volaille en remplacement du soja.

    EN HIVER, PLANTATIONS ET FORMATION

    Mais l’hiver est également la période de plantation d’arbres et d’arbustes en limites de parcelles. Les haies peuvent servir d’abris aux auxiliaires des cultures et servir d’ombrage aux animaux en été. La station ITGC de Sétif a réalisé avec succès la plantation en bandes d’attriplex dans des parcelles de céréales. Cette plantation est inspirée de la technique de « l’alley cropping ». L’intérêt est de pouvoir proposer un complément fourrager aux ovins pâturant les chaumes en été.

    Mais l’hiver est également une période de formation. C’est le moment que doivent choisir les conseillers pour organiser des sessions de formation : maîtrise de l’itinéraire technique des cultures mais également maîtrise de nouvelles cultures, réflexion sur la rentabilité des cultures et la maîtrise des charges fixes dont la mécanisation. Les formations ne doivent concerner le niveau de la parcelle, mais aborder des questions relatives à l’exploitation et au marché. Et là les questions sont nombreuses : comment améliorer la collaboration entre deux exploitations au moment des labours ou de la récolte ? Stocker à la ferme ou livrer les céréales dès la récolte ? Développer une activité artisanale de meunerie semoulerie à la ferme ? La baisse de la rente pétrolière va bouleverser le paysage agricole. Il faut dès maintenant s’y adapter. Seules les exploitations ayant fait les ajustements nécessaires survivront.
    Toute une panoplie de conseillers techniques peuvent assurer ces formations : techniciens de Chambre d’Agriculture, de DSA, de CCLS, d’Instituts Techniques, d’université mais également des firmes d’agro-fourniture (produits phyto-sanitaires et engrais, concessionnaires en matériel).

    AGRI-MANAGERS, PRENDRE LES CHOSES EN MAIN

    Si ces formations ne sont pas programmées par les services agricoles locaux, c’est aux céréaliers à faire des demandes communes pour les susciter. Un local chauffé, les repas du midi assurés, une vingtaine de participants confirmant leur inscription, des conseillers feront le déplacement pour débattre. Qu’un groupe de céréaliers dynamiques prennent l’initiative de ce genre de démarche, c’est déjà poser les bases d’une organisation professionnelle autonome. Nous pensons en effet, que seules des coopératives paysannes permettront le développement des exploitations céréalières.
    Les initiatives d’agri-managers peuvent concerner, par exemple la mise en place d’un programme à plusieurs exploitations pour faire venir les moissonneuses-batteuses de la CCLS. Les gestionnaires des unités motoculture des CCLS ne peuvent en effet envoyer du matériel vers des exploitations, si un minimum d’hectares n’est pas réuni. L’idéal est d’assurer une logistique parfaite : rotation des remorques et lieux de positionnement des bennes Marel, repas des chauffeurs, …
    C’est aux céréaliers les plus dynamiques, ceux qui ont une vision à long terme du développement de leur exploitation et de leur région, c’est à ces agri-managers de prendre les choses en main. A eux de réunir les conditions locales du développement de leur filière et non pas seulement en demandant des avantages particuliers mais pour le plus grand nombre.
    Il nous semble que l’une des formes d’action les plus efficaces concerne l’action commune. Quelques grosses ou moyennes exploitations peuvent réunir des moyens pour mieux valoriser leurs céréales. Pourquoi acheter individuellement engrais et phytosanitaires ? Des commandes groupées peuvent permettre de mieux négocier les prix de ces produits ainsi que les coûts logistique. Pourquoi vendre tout son grain à la CCLS ? Celle-ci, en le rétrocédant à des meuniers et semouliers leur assure de confortables plus-values ? En effet ces derniers tirent des bénéfices, non seulement sur la vente de la semoule, de la semoule mais également sur le son. Pourquoi ne pas envisager d’installer à plusieurs exploitations un atelier artisanal ou carrément un moulin industriel et exiger des pouvoirs publics les compensations afférents à ce type de transformations. Le PDG de SIM raconte à cet égard que la rentabilité de son activité à ses débuts était de 34%1. Il raconte que par rapport au prix étatique de rétrocession du blé et en considérant le prix de vente public autorisé pour sa semoule, il avait « l’impression de voler les gens ».

  10. Agronome. Says:

    CAMPAGNES LABOURS-SEMIS 2015
    Les leçons du début de campagne

    Djamel BELAID 20.01.2016
    La campagne céréalière a été marquée par une sécheresse automnale préoccupante. Elle a pu retarder les semis ou entrainer des pertes de pieds sur les semis précoces. Quels enseignements tirer ?

    UNE SECHERESSE SURTOUT A L’OUEST

    Les remontées d’informations en provenance des différentes wilayas montrent que la sécheresse a surtout concerné l’ouest du pays. C’est le cas de Chlef et Aïn Defla.
    Dans plusieurs cas les semis ont été retardés jusqu’à l’arrivée des pluies. Dans le cas des semis d’octobre-novembre, de nombreuses parcelles ont montré des signes de dessèchement. Les plantules ont jauni puis se sont desséchées. « La culture de celui qui a semé avant le mois de décembre peut être compromise à cause d’un déficit hydrique persistant. Mais les agriculteurs qui ont semé durant le mois de décembre peuvent prétendre à une bonne production puisque les récentes précipitations leur seront très bénéfiques surtout ceux de la région est où les germes commencent à pousser », explique Omar Zaghouane DG de l’ITGC dans les colonnes du journal Horizons1. Certes, si les graines semées en décembre germent aujourd’hui sans problème grâce aux récentes pluies, les rendements sur ces parcelles ne seront pas les meilleurs. En effet, afin d’assurer un parfait développement de la plante et notamment des racines, les semis doivent se faire en octobre-novembre et surtout pas après.

    SEMER SANS DESSECHER LE SOL

    Cette situation montre l’intérêt d’utiliser le non labour avec semis-direct. En effet de récents essais montrent que cette technique a le mérite de ne pas dessèche le sol. Des chercheurs ont en effet, à l’automne, arrosé artificiellement un sol et ensuite mesuré tout les jours l’humidité du sol derrière le passage de différents outils. Il est apparu qu’après le passage d’une charrue le sol ne reste humide qu’une journée tandis que derrière semis-direct le même type de sol restait humide jusqu’à 25 jours.
    Or, ce type d’engins connus dune poignée d’agriculteurs n’est pas encouragé à sa juste mesure par les services agricoles. Quant aux concessionnaires ils préfèrent importer le matériel traditionnellement connu des agriculteurs et donc plus facilement vendable. L’espoir aurait pu venir du constructeur PMAT, mais celui-ci ne semble pas au courant de ces nouveautés puisque le dernier contrat passé avec la firme portugaise Galucho ne prévoit que la fabrication commune de charrues.
    En Algérie, apprendre à semer sans dessécher le sol reste donc une entreprise de longue haleine.

    DES CULTURES DE REMPLACEMENT POSSIBLES

    Pour les exploitations ayant eu de forts taux de perte à la levée, la solution est d’implanter une culture de remplacement. Diverses solutions sont possibles : légumes secs ou tournesol.
    A condition de disposer de semences, il est possible de semer lentilles ou pois-chiche. Ces cultures peuvent être semées jusqu’à la fin de l’hiver. De récents travaux ont montré que des semis de décembre ou janvier sont possibles. A condition de maîtriser le désherbage chimique, ce type de semis permet des gains de rendements appréciables. Dans le cas du pois-chiche on veillera cependant au risque d’anthracnose.
    Dans le cas du tournesol, la même démarche est possible ; les semis peuvent s’étaler jusqu’à la fin de l’hiver. Cependant, des travaux montrent que des semis de décembre ou janvier permettent de meilleurs rendements à condition d’utiliser des variétés tardives.
    Ces semis précoces s’inscrivent dans une stratégie dite « d’évitement ». Le but est de faire coïncider le cycle végétatif de la culture avec la période la plus arrosée de l’année et surtout d’éviter le risque de sécheresse printanière de fin de cycle.
    Mais, si dans le cas des légumes secs les semences peuvent être disponibles, dans le cas du tournesol, la culture n’est pas encouragée par les pouvoirs publics.
    Enfin reste la possibilité de resemer des fourrages : orge en vert pour pâturage ou mélange de vesce-avoine ou pois triticale.

    • Mahmoud AIT ABDERRAHIM ( Agriculteur / Eleveur ) Says:

      J’ai bien peur mon chère agronome que vous prêché dans le désert sidéral de médiocrité , d’arrogance et d’inconscience dans laquelle nous a mis la décennie de pétrole à 150 dollars

      Vous êtes surement plein de bonne volonté ; mais celle ci ne suffit pas , il faut une volonté politique et des actes sérieux et courageux

      Notre agriculture a besoins de financement ciblées et sans complexes

      Nous devons aider les gens qui travaillent , qui investissent et qui rapportent de la valeur à la collectivité afin de pouvoir payer les charges fixes du pays

      Vous parler de pastèques avec un brin d’ironie , alors que je peux vous dire que cette année bien malin qui pourra prédire les rendements en céréaliculture et ceci quels que soit la technique et les reliquats azotés etc etc

      Pour minimiser mes risques agricoles , je me lance tout simplement dans la pastèque ; le melon et la fraise , fini les reliquats azotées , l’engrais , la ccls , le semis direct et je reve de pouvoir les exporté a partir du super aéroport de tiaret qui reste désespérément vide et inutilisable, quel gâchis

      Je loue un champ a un  »pauvre » rentier qui m’exige la moitié de la récolte , sans rien faire , sans régler un cts d’impôts à la collectivité et sans participé à aucun frais , juste parce que sa parcelle jouxte l’oued
      Tout les risques sont pour moi et ma trésorerie , et c’est à lui qu’on donne un binna riffi

      Oui on marche sur la tète , et finalement c’est un crève cœur , mais je me demande parfois si ce n’est pas une bonne chose que de grosses coopératives étrangères et françaises ( bien évidemment ) investissent en Algérie , au moins des gens compétents pourrons s’investirent professionnellement et socialement , un passage obligé imposé par tant de médiocrité , et parions que ses personnes choyés par leurs employeurs ne brigueront aucuns autres mandats…..

  11. Agronome Says:

    ALGERIE, CAMPAGNE LABOURS-SEMIS : SECHERESSE ET GABEGIE.
    BELAID Djamel 06.01.2016

    La campagne labours-semis actuelle 2015-2016 est marquée par une sécheresse automnale qui s’est prolongée jusqu’en janvier. Selon les régions, les pluies ont été plus au moins absentes. Les services agricoles sont comme sidérés par la situation actuelle. Leur immobilisme est alarmant. Si on ne peut rien contre le manque de pluies, on peut être étonné du manque de mise à la disposition des exploitations d’outils permettant de semer en conditions sèches. Car ces techniques existent et permettent de bons résultats. A ce titre, on peut parler de réelle gabegie de la part des services agricoles.

    SECHERESSE ET OUTILS ARATOIRES
    Depuis de nombreuses années, la culture de céréales en zone semi-aride est la préoccupation de différents centres de recherches agronomiques internationaux, que ce soit celui d’Alep (Syrie) ou de Settat (Maroc). Bénéficiant du concours d’experts internationaux de haut niveau, ces centres sont arrivés à des techniques permettant de réduire les effets des sécheresses automnales ou printanières. On peut être étonné de la non prise en considération de ce type de résultats pourtant disponibles depuis plus de dix années.

    La principale de ces techniques concerne l’abandon du labour et son remplacement par le semis direct. En effet, le Pr Rachid M’Rabet de Settat a mesuré le desséchement du sol après le passage de différents outils d’implantation des céréales. Après avoir apporté l’équivalent de 35 mm d’eau sur des parcelles d’essai, il a mesuré chaque jour l’humidité du sol. Il a en particulier mesuré le niveau d’humidité nécessaire à la vie d’un plant de blé. Pour le cover-crop (ou pulvérisateur) le sol est resté humide 9 jours après avoir été travaillé. Avec un outil à dent (chisel), le sol est resté humide 10 jours. Mais après un labour, dès le lendemain, le sol était sec. Utilisant alors la technique du non-labour avec semis-direct, il s’est apperçu que le sol restait humide 25 jours. Chacun aura bien lu, nous écrivons bien 25 jours !

    La preuve est donc faite qu’il existe des techniques qui permettent le maintien de l’humidité du sol jusqu’à 25 jours après une pluie. Ces résultats datent de 2001. Chacun peut les consulter librement sur internet (1). Les chiffres cités concernant l’humidité du sol y figurent au tableau 4 du document.

    GABEGIE DES SERVICES AGRICOLES ALGERIENS
    Ces résultats sont connus des services agricoles algériens puisque ce chercheur a même était invité il y a quelques années à Sétif afin de présider un séminaire international sur cette nouvelle technique. Dans la mesure où après (2016 – 2001) 15 ans, ce genre de résultats n’est pas pris en considération par les services agricoles locaux, on peut parler de gabegie. L’effort financier fournis par les pouvoirs publics à l’institution agricole n’aboutit pas. Cette institution est défaillante.
    Il s’agit dans les plus brefs délais de rechercher les causes. Précisons tout de suite qu’il ne s’agit pas d’accuser tel ou tel individu, mais à notre avis, il s’agit de revoir le fonctionnement de mécanismes marqués par la lourdeur administrative et le « centralisme administratif » comme la qualifie l’agro-économiste Slimane Bedrani.
    L’urgence est maintenant de tirer les leçons de cette sécheresse automnale car les conséquences peuvent être dramatiques.

    Concernant la fin de la campagne labour-semis, la presse nationale fait état de délais courant jusqu’au 15 janvier. Et les pluies de ce début janvier étant jugées comme pouvant sauver la campagne céréalière. Certes, avec les pluies actuelles, les semis vont pouvoir être terminés et les plants qui avaient levé vont pouvoir poursuivre leur croissance. Mais tout agronome et tout fellah honnête le confirmera, un bon rendement en blé ne peut être obtenu qu’avec un semis ne dépassant la mi-novembre. Car plus la plante se développe tôt, plus ses racines s’enfoncent dans le sol à la recherche d’humidité qui sera cruciale à la fin du printemps.

    Certes, la pluie peut provoquer des retards de semis, mais ces retards sont également dus à notre désorganisation et nos façons de faire actuelles. Façons qui sont dépassées techniquement. Et avant d’affirmer que l’irrigation pourra remédier à la sécheresse actuelle, il faut cerner nos dysfonctionnements. Et en la matière, ils sont nombreux et graves.

    GABEGIE DU GROUPE PMAT
    La conduite conventionnelle d’implantation des céréales comportent un labour et des passages de cover-crop. Cette façon de faire est longue et est coûteuse en carburant. Les résultats agronomiques montrent qu’en zone semi-aride, la technique du semis direct est préférable pour assurer des rendements réguliers, non seulement, en cas de sécheresse automnale mais également en cas de sécheresse printanière. C’est si vrai que suite à ces observations le centre de recherche d’Alep avait , avant la guerre civile, vivement encouragé cette pratique. Les céréaliers syriens l’avait adopté sur plus de 60 000 hectares alors que nous n’en sommes qu’à 6 000 hectares en Algérie. Avant guerre, la Syrie était également exportatrice de céréales. Cette technique est tellement intéressante que suite aux essais réalisés à Settat nos voisins Marocains ont décidé de construire des semoirs pour semis direct comme d’ailleurs l’avaient fait également des ingénieurs syriens et experts internationaux alors en poste, à l’époque, à Alep. Pour la petite histoire, il faut savoir qu’un exemplaire de ce type de semoir syrien, le modèle Aschebel, est présent dans une station agronomique de l’ITGC à Sétif.

    Avons nous cherché, à partir de ce modèle, à fabriquer un engin identique adapté aux conditions de l’Algérie? Après tout l’Algérie était partie prenante de ce centre international d’Alep comme d’ailleurs divers pays méditerranéens. La réponse est négative. Le groupe PMAT continue de fabriquer des charrues, les mêmes que celles qui dessèchent le sol en moins d’un jour. Mieux, un accord a même été signé avec une firme portugaise, la société Galucho pour fabriquer encore plus de charrues et de cover-crop. Et les semoirs pour semis directs pourrait-on demander ? Pour cey type de matériel, rien n’a été prévu. Apparemment le groupe PMAT ne connait pas ce genre d’engin qui pourtant permet de laisser un sol humide 25 jours après une pluie.

    DES CRITIQUES A NUANCER
    On ne peut être qu’attristé devant le manque de clairvoyance des Décideurs de la filière céréales. Jusqu’à aujourd’hui, ils n’ont pas su opérer un revirement stratégique pour adopter ces nouvelles techniques permettant de limiter les effets des épisodes de sécheresse. Dans un pays sec comme l’Australie cette technique est aujourd’hui adoptée par la majorité des céréaliers comme d’ailleurs de plus en plus en Espagne.
    Certes, tout n’est pas négatif en Algérie. Des instituts tel l’ITGC et l’INRA travaillent sur cette technique et tentent de la faire connaître à des fellahs qui ne jurent que par le traditionnel labour « miyali ». Mais l’effort actuellement fournis par une poignée de cadres aurait dû être démultiplié. Plus de moyens devrait leur être fournis. Le réchauffement climatique est une réalité depuis plus de dix ans. Les sécheresses printanières et automnales sont plus fréquentes. Les Décideurs de ces dix dernières années au niveau du MADR devraient en être conscient.
    Le rapport du Pr Rachid M’rabet cité plus haut devrait être sur la table de chevet de tous les responsables du MADR et du groupe PMAT. Car l’implantation économe en eau des cultures ne concerne pas seulement les céréales mais également les fourrages et les légumes secs (et demain les oléagineux). A ce titre développer cette nouvelle technique constitue actuellement la « mère des batailles ». Certaines grosses exploitations privées algériennes l’ont compris et se sont vite équipées de ce type de semoir. Le même phénomène est visible en Tunisie et au Maroc.

    Or, actuellement quelle est la réponse des décideurs algériens à la sécheresse ? Ils n’ont à la bouche que le mot « irrigation ». Certes, il y a des situations où il faudra irriguer, mais la moindre des choses serait d’abord d’implanter les cultures avec des techniques qui économisent le peu d’humidité de nos sols.

    A leur décharge, les services concernés ont pris ces dernières années d’importantes mesures afin d’aider la filière  céréalière: crédits bancaires, installation de kit d’irrigation, développement de semences certifiées, équipement en moissonneuses-batteuses, … Cependant, le réchauffement climatique nous impose de nous tourner vers des méthodes qui revisitent l’ancien « dry-farming » des colons européens qui reste un paradigme.

    Ce réchauffement climatique nous imposera également des choix énergiques. La filière céréales DZ ne peut plus fonctionner comme au temps d’un baril au dessus de 100 dollars le baril. Récemment Mr le Ministre de l’Agriculture s’interrogeait sur le travail des 400 ingénieurs agronomes en poste à l’OAIC. Partout, en Algérie, l’heure des questions douloureuses est venue. Le Président Bouteflika a récemment demandé à ce que la réalité de la situation soit dite. Il y a aujourd’hui obligation de résultats ; non pas que de premiers résultats positifs ne soient pas là. En effet, la production nationale de céréales a réellement augmenté ces dernières années. Cependant avec 38 000 000 d’Algériens à nourrir et un baril de pétrole à 30 €, on ne peut plus se permettre des loupés techniques même si, en Algérie, les conditions climatiques ne sont pas idéales pour produire des céréales.

    Mais, ne pas être à la hauteur des exigences de l’heure n’apportera à terme que sang et larmes…

    Notes :
    1- LE SEMIS DIRECT : POTENTIEL ET LIMITES POUR UNE AGRICULTURE DURABLE EN AFRIQUE DU NORD
    1 Cette publication a été préparée sur la base des travaux de Dr. Rachid Mrabet, Maître de Recherche à l ’Institut National de la Recherche Agronomique, Centre Aridoculture, BP 589 Settat 26000, Maroc. Tél : 212 (0) 61 43 07 68, Fax : 212 (0) 23 40 32 09, Email : mrabet_rachid@hotmail.com

  12. Agronome Says:

    ALGERIE, POUR LE RENFORCEMENT DE LA FILIERE BLE DUR LOCALE
    Djamel BELAID 22.11.2015

    La culture du blé dur en Algérie est actuellement menacée. Le coût de production du quintal de blé dur (BD) reste élevé. Jusque là, les pouvoirs publics soutenaient à bout de bras les producteurs, les organismes de collecte et l’industrie de la transformation. La récente chute des prix du pétrole risque de réduire l’aide publique et mettre à mal la filière. Pourtant contrairement au blé tendre, le blé dur possède une réelle typicité . Comment en est-on arrivé là et existe-t-il une alternative ?

    PRODUCTION ET CONSOMMATION DE BLE DUR, UNE SPECIFICiTE ALGERIENNE

    Le couscous et le pain à la semoule de même que de nombreuses préparations culinaires sont spécifiquement algériennes, voire maghrébines. Mais elles ne se retrouvent pas dans le monde arabe plus tourné vers la consommation de céréales telles que le riz. Ce type de consommation ne se rencontre pas dans le pourtour méditerranéen où les principales utilisations du blé dur concerne la confection de pâtes alimentaires.
    Si le blé dur est si présent dans l’alimentation locale, c’est que depuis toujours, cette céréale a été produite localement. Comme l’orge, elle est particulièrement bien adaptée au terroir local : des hivers froids et des printemps souvent marqués par un déficit hydrique. Si les paysans cultivent donc du blé dur, c’est qu’ils ne peuvent faire autrement à moins d’irriguer. Or, toutes les surfaces céréalières ne peuvent être irriguées. La culture du blé dur présente ainsi un réel ancrage local, un « lien au lieu ». Les céréaliers ne peuvent se passer du blé dur. Il leur assure de meilleures marges que l’orge même si cette dernière est très demandée en alimentation animale. Le problème est que si de tout temps, la production de BD a permis de nourrir la population locale et même d’assurer des exportations vers Rome, cela n’est plus le cas aujourd’hui.

    LA CONCURRENCE DU PAIN DE BLE TENDRE

    Le blé tendre est de plus en plus présent dans la consommation des habitants du Maghreb. Même en Egypte, la consommation de céréales se fait principalement à partir de blé tendre. La demande est telle que pour satisfaire les besoins des ménages les moins favorisé les pouvoirs publics ont instauré une carte à puce. Une lutte féroce est engagée entre les pays producteurs de blé tendre pour conserver ou augmenter leur part de marché. A Alger, comme dans les capitales voisines, un représentant des exportateurs français est présent sur place afin de scruter l’évolution de la demande locale. En Algérie, l’engouement pour le blé tendre est réel à travers la demande en baguette parisienne. La consommation de blé tendre augmente aux dépends de celle du blé dur. Qui, en début de mois, comme dans les années 70 rentre encore chez soit « balla smid* »? L’urbanisation et le développement de l’emploi féminin font que les préparations culinaires à base de blé dur diminuent face à l’omniprésence de la baguette parisienne au blé tendre.
    (*) sac de semoule d’un quintal.

    LA BAGUETTE DE PAIN, UNE AUBAINE POUR LES POUVOIRS PUBLICS

    Le développement de la consommation de blé tendre sous forme de baguette de pain est une aubaine pour les pays producteurs de blé tendre mais également pour les pouvoirs publics des pays importateurs. La cause de cet intérêt vient du prix inférieur du blé tendre par rapport au blé dur. Il est plus intéressant financiérement d’importer du blé tendre que du blé dur. Pour les pouvoirs publics de nombreux pays de la rive sud de la Méditerranée, il est devenu plus facile de faire accoster des bateaux chargés de blé tendre que de développer la production locale. La guerre des prix entre pays producteurs liées aux actuelles bonnes récoltes ainsi qu’au développement récent de la production de céréales en Russie et Ukraine fait que le blé tendre inonde le marché marocain, tunisien, égyptien et algérien. C’est également un moyen d’éviter toute explosion sociale. Dans ce contexte la production de blé dur se trouve directement menacée.

    UNE MENACE POUR L’ENSEMBLE DE LA FILIERE BLE DUR

    En Algérie, la menace du blé tendre étranger vis à vis du blé dur local concerne l’ensemble de la filière : céréalier, organisme de collecte et transformateurs. Les producteurs locaux de BD perçoivent actuellement une prime de 1 000 DA par rapport au quintal de BT livré aux silos des CCLS. Ils reçoivent en effet 4500 DA pour tout quintal livré contre seulement 3500 DA pour le blé tendre. L’éventuelle suppression de cette prime porterait un sévère coup à une production locale marquée par une faible productivité. Ce relèvement des prix à la production décidé en 2008 a été pour beaucoup dans l’augmentation des emblavements en BD. Pour les CCLS, principaux organismes de collecte et d’approvisionnement en intrants agricole, la réduction des tonnages livrés pourrait impacter directement leur survie dans la mesure où, étant données les rigueurs du climat, la substitution de la culture du BD par le BT n’est pas systématiquement envisageable dans les exploitations. Quant à une éventuelle augmentation de la collecte en orge suite à une substitution des emblavements de BT par l’orge, il ne faut pas y compter pour les CCLS. Celles-ci ne collectent que très peu d’orge. Les céréaliers préférant l’utiliser directement pour l’alimentation de leurs animaux ou la vendre aux éleveurs à des prix supérieurs à ceux proposés par les CCLS.

    Quant aux transformateurs, leur intérêt premier pourrait être de s’approvisionner sur le marché extérieur. Ce dernier propose des blés durs de qualité. Cependant la production mondiale en BD est réduite. Dans le cas français, cette production est même subventionnée dans le cas de la région sud. L’orientation de la nouvelle PAC amène à se demander jusqu’à quand tiendront ces subventions? Déjà la filière BD française s’inquiète de la baisse des volumes collectés. Les céréaliers français étant plus réticents à une production particulièrement réglementé. Dans le cas du BD canadien, les coûts de transport peuvent réduire son intérêt. Enfin, toute importation est sujette à divers aléas. Or, ce n’est pas le cas avec un approvisionnement local. Bien que dépendant des CCLS par qui passe le commerce du grain, les transformateurs commencent à identifier les BD de qualité et les exploitations qui les produisent. Il s’établit ainsi au fil du temps un « lien au lieu » qui est plus sûr que le produit arrivant en camions à partir des ports. En effet, selon les contrats passés, malgré le cahier des charges de l’OAIC, la qualité des blés d’importation peut être différente du fait des assemblages réalisés outre-mer.

    CEREALIERS DZ, SEDUIRE LES TRANSFORMATEURS

    On le voit les transformateurs ont tout intérêt à un approvisionnement local. Mais cela sous réserve de prix compétitifs, d’une stabilité des quantités livrées et d’une qualité irréprochable. Ces conditions ne sont pas actuellement réunies. Cependant, céréaliers et organismes de collecte peuvent rapidement progresser vers cet objectif.
    Concernant les prix, les céréaliers disposent de plusieurs leviers afin de continuer à produire malgré une éventuelle réduction du mécanisme d’incitation par les prix (abandon éventuel de la prime BD). Concernant les charges de structures, ils peuvent réduire leur coût de mécanisation en adoptant la technique du non-labour avec semis direct. Le statut du foncier agricole s’est trouvé clarifié ces dernières années. Reste à préciser le cas des locataires exploitant les terres des attributaires. Il est certain que la définition d’un droit de fermage, comme il en existe à l’étranger, conforterait l’activité des exploitants.

    Concernant les charges opérationnelles (semences, engrais et phytosanitaires), il s’agit de jouer sur divers tableaux. Le coût de la semence certifiée peut être réduit par la production partielle de semence de ferme triée et traitée. Cela nécessite cependant le développement d’unités mobiles de ferme en ferme. Concernant la fertilisation, il est possible de baisser son coût en se basant, pour l’azote, sur des rotations à base de légumineuses ainsi que la mesure du reliquat azoté en sortie hiver. Le développement de la localisation des engrais de fonds sur la ligne de semis est également envisageable. L’utilisation des produits phytosanitaires est difficilement réductibles. Ceux-ci sont actuellement peu employés. Or désherbants, insecticides et fongicides constituent des gages d’augmentation des rendements. Ceci dit, des réductions d’emploi sont possibles par le développement du désherbage mécanique et plus généralement par une meilleure technicité des exploitants.

    QUANTITE DES LIVRAISONS, MOBILISER LES TERRES EN JACHERE

    L’établissement d’une relation entre les producteurs d’un bassin de production et les moulins locaux passe par la levée de l’incertitude sur les quantités livrées. Afin de répondre au défi des quantités de BD à livrer au secteur de la transformation, les céréaliers disposent de plusieurs atouts. Le premier concerne l’irrigation de complément. Là où il est possible de disposer de ressources en eau, c’est là un moyen de passer de rendements moyens de 15 qx/ha à 40 qx/ha voire plus. Un autre atout vient des terres actuellement en jachère. Elles peuvent permettre d’augmenter les emblavements. Il est cependant nécessaire de tenir compte des surfaces réservées à l’élevage ovin. Il s’agit le plus souvent de surfaces de jachère pâturées. Les animaux y broutent la végétation naturelle. Le remplacement de cette jachère pâturée par des pâturages semés permettrait d’offrir aux animaux plus d’unités fourragères par hectare et par conséquent de réduire leur surface.
    Le drame de l’agriculture algérienne est de devoir semer la presque totalité des cultures à l’automne ; c’est à dire au début de la période des pluies. Il est difficilement imaginable de semer des cultures de printemps comme en Europe sauf à devoir les irriguer. Par conséquent, l’automne est caractérisé par une pointe de travail liée au labour, aux opérations de préparation du lit de semences puis au semis proprement dit. En matière de grandes culture, en Algérie, tout est joué en automne.
    Or, depuis peu est apparu un atout dont les décideurs algériens n’ont pas encore entièrement réalisé l’importance stratégique en matière de sécurité alimentaire. Il s’agit de la technique du semis direct.

    Testé et développé depuis plus de quinze ans au Maroc, le semis direct permet d’assurer une stabilisation des rendements céréaliers en année sèche. Du fait de la meilleur valorisation de l’eau emmagasinée dans le sol, il permet des rendements de 10 qx/ha en année de sécheresse là où l’utilisation de la charrue n’en permet que 2. A cet avantage, le semis direct apporte la rapidité d’exécution. Il permet d’emblaver 6 fois plus vite de surfaces que la conduite conventionnelle. En effet, en s’exonerant du labour, il évite les longues opérations de préparation du lit de semences. Cela est si vrai que les premiers à s’être emparé de cette technique en Algérie, Maroc et Tunisie sont de grosses exploitations céréalières.
    L’intérêt du semis direct ne se limite pas au blé dur. Il concerne bien entendu le BT et l’orge mais également les légumes secs. Sur les surfaces consacrées en fourrages, il peut être également utilisé. Cette technique permet donc de lever le goulot d’étranglement constitué dans le cas de la conduite conventionnelle des cultures et qui obligeait à la persistance de la jachère travaillée.
    Emblaver plus de surfaces en BD risque cependant de favoriser le retour plus souvent de cette céréale sur les mêmes parcelles. Il s’en suit des baisses de rendement. La solution passe par l’extension des rotations. Il s’agit pour cela d’introduire sur les exploitations de nouvelles cultures telles les oléagineux. Par ailleurs, afin d’assurer le développement des surfaces en cultures déjà existantes telles les légumes secs et les fourrages de vesce-avoine, il s’agit respectivement d’améliorer les possibilités de désherbage et les capacité de récolte.

    QUALITE DU BD, L’AFFAIRE DE TOUS

    Si seule une qualité irréprochable des BD est un moyen fondamental afin d’ancrer localement l’approvisionnement des transformateurs, celle-ci est l’affaire de toute la filière.
    Le céréalier y a sa part par le respect de la culture des variétés conseillées par le transformateur. Il doit également assurer une bonne qualité semoulière par la maîtrise de la fertilisation azotée. Enfin, seul un désherbage impeccable est en mesure de réduire dans le graine taux d’impuretés (graines de mauvaises herbes).
    L’organisme de collecte a sa part dans une politique de qualité en assurant la traçabilité des lots depuis le champs jusqu’au moulin du transformateur. Cela nécessite des procédures de prises d’échantillons sur les livraisons de grains à l’entrée des silos avec analyses immédiates et différées, des barèmes d’agréage adaptés – les derniers datent de 1988 – ainsi qu’une disponibilité en cellules de stockage permettant un allotement correct. Cette stratégie de l’organisme de collecte peut être confortée par un stockage partiel et momentané à la ferme.
    Enfin, concernant le transformateur, sa participation à une politique de qualité intervient dans la définition d’un cahier des charges. En l’absence actuelle d’organisation des céréaliers et de politique qualité de la part des organismes de collecte, il revient aux transformateurs de jouer le rôle de chef d’orchestre. Actuellement à Sétif ou Guelma, face aux carences de l’OAIC, des transformateurs ont pris l’initiative d’inciter les céréaliers à faire de la qualité. Ils ont monté des réseaux d’agriculteurs qui sont suivis techniquement. Il leur est ainsi proposé un choix variétal particulier de même qu’une protection phytosanitaire de la culture.

    FILIERE BLE DUR, PROPOSER AU CONSOMMATEUR DE NOUVELLES FARINES

    Depuis peu des cadres de l’Eriad testent localement l’intérêt des consommateurs pour des pains incorporant à la farine importée de la semoule de blé dur locale. Cette initiative peut conduire à plus utiliser la production locale parfois boudée par les transformateurs pour ses piètres qualités. Mais au delà, cette initiative ouvre la voie à la mise au point de nouveaux mélanges de farine. On pourrait imaginer à l’avenir des farines incorporant un certain pourcentage d’orge. Du fait de son cycle végétatif plus court, cette céréale est plus aisée à produire. Elle peut ainsi éviter les sécheresses de fin de printemps accentuées ces derniers temps par le réchauffement climatique. Cette céréale a été la première à être exportée, certes en petite quantité, lors des dernières années record.
    De tels mélanges présentent des avantages en matière de santé du fait des beta-glucanes présents dans l’orge. Ils présentent également l’avantage de réduire le coût de revient du pain. En effet, le quintal d’orge présente une valeur moindre que celle du BD ou même du BT.
    Ces voies ne sont actuellement que modestement explorées. A l’étranger, elles sont le fait d’organismes de collecte et de stockage ayant investi dans le secteur de la transformation. C’est le cas des farines
    pour les baguettes traditionnelles Banette ou Rétrodor qui connaissent un vif succès en France. En Algérie, ce type de mélange pourrait contribuer à rendre moins couteuse la filière BD.

    QUEL MAITRE D’OEUVRE POUR RENFORCER LA FILIERE BD ?

    En Algérie, le renforcement de la filière BD passe par des actions qui concernent différents acteurs. Les enjeux dépassent le seul cadre de la parcelle de blé ou l’exploitation de l’agriculteur puisqu’elle concerne le marché. Or, l’expérience montre, souvent pour le petit paysan, le seul horizon immédiat est celui du bout de son champs.
    D’où peut donc venir l’étincelle salvatrice ? Viendra-t-elle des CCLS ? Celles-ci représentent en effet un poids considérable en matière de chiffre d’affaires céréalier. Ces organismes de collecte et de stockage et de collecte se situent à l’interface entre production et transformation. On pourrait s’attendre à ce que ces structures situées dans les régions à fort potentiel (Sétif, Constantine, Tiaret) collectant dans une zone traditionnelle et en plus pour des produits à prime déploient des moyens fassent preuve d’initiative afin d’augmenter le volume de collecte. Or, les CCLS en question, de part leur statut d’antenne d’un Office public ne tirent aucun avantage à toute augmentation de collecte. Dans les pays céréaliers, les organismes de collecte déploient des moyens considérables en matière de vulgarisation technique. Ce sont avant tout des émanations des agriculteurs eux mêmes dans le cas de coopératives. La concurrence est rude avec les entreprises de négoce. L’OAIC s’est illustré par l’ingéniosité du montage permettant le financement des installations d’irrigation d’appoint. Par contre en matière d’animation technique de terrain, de participation des producteurs ou d’intégration verticale on note un immobilisme. Ce sont les CCLS qui devraient dialoguer avec les transformateurs et leur proposer un approvisionnement en quantité stable de BD de qualité. Or, les statuts des CCLS ne permettent pas la prise d’initiative. Il y a une non prise en compte des enjeux actuels. A ce titre, en occupant le rôle dévolu à de véritables coopératives céréalières et n’assumant pas ce rôle, les CCLS empêchent l’émergence de groupements de producteurs. Elles pourraient ainsi même être les futurs fossoyeurs de la filière BD. Quid des cadres des CCLS ? Le ministre en charge du MADR, Mr Ferroukhi, faisait récemment remarquer que ces CCLS comptent pas moins de 400 ingénieurs. L’avenir de la filière, c’est aussi le leur qui est en jeu. Sur la base de l’expérience acquise par des années de présence sur le terrain ces cadres sauront-ils suggérer à leur tutelle une évolution  salvatrice? Cette tutelle ne s’exprime actuellement qu’en terme de surfaces emblavées, de milliers de quintaux collectés, d’équivalent hectares fongicides livrés. Mais la notion de gouvernance au niveau des CCLS ou de filière lui semble étrangère. A son échelle, l’OAIC reproduit l’autisme du petit paysan qui ne raisonne qu’en terme de parcelle oubliant l’échelle de l’exploitation et du marché.

    UNE POLITIQUE CE CONTRATS INITIES AU NIVEAU DES MOULINS ?
    L’étincelle viendra-t-elle des transformateurs ? Certains ne risquent-ils pas d’être sensibles au chant des sirènes  liées à l’approvisionnement sur les marchés extérieurs ? Déjà certains transformateurs s’équipent en salle de marchés et recrutent des traders en grains.

    La solution pourrait consister dans le développement d’une politique de contrats avec les agriculteurs. Celui-ci s’engage à produire une variété recommandée par le transformateur (bonne variété semoulière) en conséquence, il s’assure de pouvoir livrer sa récolte au moulin, voire recevoir un avantage financier. Pouvoir livrer sa récolte pourrait devenir un luxe, car rappelons le, en cas de signature de l’Algérie à l’OMC, le commerce du grain serait libre. Les transformateurs seraient libres de s’approvisionner à l’extérieur.

    Déjà les transformateurs développent des réseaux qualité-blé et ont la possibilité de soulager les CCLS avec leurs moyens de stockage. Il n’y a qu’un pas à franchir pour que la vente du grain ne passe plus par les CCLS. Celles-ci auraient alors à leur côté de nouveaux opérateurs ; opérateurs plus impliqués dans la qualité .

    LES AGRI-MANAGERS MAITRE D’OEUVRE D’UNE POLITIQUE DE RENOUVEAU ?

    Qu’attendre des agri-managers ? Comme la petite paysannerie, ils ont tout à perdre d’un abandon de la filière BD à son sort. Ces représentants des grosses fermes privées regroupent différents ayant-droit et totalisent souvent des centaines d’hectares. Ils se recrutent également au niveau des fermes pilote ou d’EAC n’ayant pas cédé à la tentation de l’exploitation individuelle es terres. Il s’agit souvent de personnes diplômée et possédant une connaissance du marché. Ils pourraient jouer le rôle d’aiguillon, agir dans le cadre d’institutions telle le FCE, sur les adaptations nécessaires des CCLS. Ils pourraient constituer le noyau pour créer des groupements de producteurs de BD creusets de futures coopératives céréalières telles qu’il en existe à l’étranger. Ils pourraient demander les avantages fiscaux accordés par la puissance publique à toute coopérative. Il leur faudrait obtenir le droit à recevoir les compensations publiques – jusque là réservées aux transformateurs – dans le cas de la mise sur pied d’unités de transformation du grain. Ces grosses exploitations ainsi que les petites qu’ils pourraient fédérer possèdent un atout : c’est elles qui détiennent le grain. Au lieu de se précipiter, dès la récolte terminée, aux portes des CCLS et de le livrer, elles pourraient investir dans la transformation et non plus vendre seulement du grain, mais de la semoule voire du couscous en mettant le pied dans le secteur de la deuxième transformation. Ainsi, non seulement, ils pourraient préserver leur marge, mais également s’assurer de débouchés locaux et acquérir plus de force vis à vis des transformateurs actuellement installés et plus susceptibles de s’approvisionner en BD étranger. Pratiquer une intégration verticale permettrait aux producteurs de conforter leur pouvoir de négociation.

    CEREALIERS, NE COMPTER QUE SUR SOIT-MEME

    Par ailleurs, face à des pouvoirs publics tétanisés par le risque d’explosion sociale de quel poids pèserait les céréaliers ? Nul doute qu’il seraient sacrifiés sur l’autel de la paix sociale au bénéfice des céréaliers de BT étrangers. Au printemps dernier, avec la grève de la livraison du lait de vache, les éleveurs ont innové en matière de revendication catégorielle. Grève des livraisons du grain, comme celle du lait ? Outre la baisse des subventions publiques liées à la baisse de la rente pétrolière, les céréaliers doivent tenir compte de la libéralisation du commerce du grain qu’entrainerait une éventuelle signature de l’Algérie à l’OMC. Comme les céréaliers marocains, ils y auraient tout à perdre. Quant à eux, les pouvoirs publics ne peuvent rester éternellement spectateurs face aux évolutions qui se dessinent au sein de la filière et qui les dépassent. Aussi, à ces pouvoirs publics d’orienter dès maintenant les acteurs de la filière dans la bonne direction. Une direction assurant le développement de la filière, du partage équitable des marges, de l’emploi agricole et rurale ainsi que la satisfaction du consommateur. Certes, cela est plus difficile que faire accoster un bateau chargé de céréales au port d’Alger, mais c’est ce qu’on appelle la bonne gouvernance.

    • mahmoud ait abderrahim ( agriculteur-éleveur) Says:

      la production de blé dur dans le monde est faible et le principal producteur de ble dur est le canada dont la production peut varier en fonction des prochains bouleversement climatique .

      la sole bel dur en france qui est aussi le principal producteur en europe est en baisse régulière car les agriculteurs français lui préfèrent d’autres production plus rémunératrices malgré le différentiel de prix en faveur du blé dur

      les agriculteurs algériens devront apprendre a stocker leur blé dur et le vendre au moment opportun sous conditions d’avoir la trésorerie disponible , ou de se constituer en coopératives pour transformer et valoriser leur production eux mêmes afin de préserver leurs marges et leurs liberté

      D’autres part , je n’ai pas «  »choisi «  »ce métier pour rester derrière un ordinateur et me transformer en industriel dans un bureau et costume cravates

      je vous rappelle que le prix du blé dur sur le marché mondial oscille entre 300 euros et 450 euros fob rouen la tonne , hors frais de transport , chargement , déchargement et frais annexes soit entre 5200 da à 7800 da le quintal ce qui prouve bien que la subvention de l’état est toute relative concernant les tarifs des céréales

      c est la même chose pour la soit disante subvention de l’état pour les engrais , subvention qui ne remplace que la tva qui n est malheureusement pas récupérable par les agriculteurs y compris lors de l’achat de moissonneuse batteuse dont la qualité laisse fortement a désiré au point ou je n’ai pas encore entendu PMAT ( FER DE LANCE DE NOTRE CELEBRE DREAM TEAM) lancer une campagne de vente à l export , enrichissant notre pays de devises HORS RENTE PÉTROLIÈRE

      Mais sur le fond vous avez raison , j’envisage de monter une station de semences qui sera équipé de matériel de tri et calibrage qui pourrons servir aussi à une petite minoterie spécialisée dans la productions de pains spéciaux et de haute qualité , ainsi que pour la production de viennoiserie a forte marge

      Je milite depuis longtemps pour l’annulation de toutes les subventions qui sont un véritable piège pour notre nation et pour notre peuple , un véritable pillage de nos ressources …

      Il faut absolument se méfier des discours ridicule déconnecté de toute efficience économique enrobé de sois disant sensibilité sociales qui n’enrichit finalement que les prédateurs au détriment de notre peuple

      remplacer les subventions a connotations sociales par un salaire ou une allocation universelle versé a tous les algériens de plus de 21 ans, une urgence nationale afin de préserver les richesses de notre pays

      l importation de poudre de lait avec nos devises chèrement gagnées et sans taxes douanières enfonce un peu plus la filière lait locale et ce n est pas les 3 da supplémentaires octroyés aux éleveurs qui va changer les choses

      recherche académique : les agriculteurs veulent des résultats concrets et applicables sur le terrain et des chercheurs suffisamment courageux pour qu’ils mettent en pratique le fruit de leur recherche en créant leur propre entreprises et crée de la valeur et de la richesse , il ne s’agit pas de se bousculer dans les couloirs des salons en faisant les zazous avec leurs publications juste pour se faire connaitre avec des paroles sans lendemain et au final rien de concret

      Administrations agricoles : faites un tour dans une administration agricole un jeudi après midi aux environs de 14h30 ou pendant le ramadan ( du vécu sur le terrain….. )

      • http://www.terre-humanisme.com

        Pierre Rabhi a obtenu le prix « finance solidaire » catégorie écologie

        il le mérite

        (le silo à blé sur le port de Rouen est énorme) et les pigeons sont au rendez-vous

        Garfy –

        ps – bonne chance pour les viennoiseries, demandez du personnel en France – il y a même des jeunes femmes qui font le métier de patissier maintenant

  13. Agronome Says:

    ALGERIE : recherche agronomique, une armée sans état-major.
    Djamel BELAID 20.11.2015

    En Algérie, le niveau de la recherche agronomique connait un essor considérable. A la moindre annonce de colloque, les organisateurs sont débordés par le nombre de propositions de communications reçues. Pour autant, à l’heure de restrictions budgétaires, cette recherche est-elle actuellement profitable au développement agricole local?

    EN ALGERIE, TOUT LE MONDE CHERCHE…

    Un universitaire qui a récemment contribué à organiser un colloque raconte : « j’ai consacré mes vacances [d’été] pour ce séminaire, j’ai répondu à plus de 260 personnes ». Ce chiffre est remarquable. Il témoigne à lui seul de la vitalité de la recherche agronomique locale. L’explication vient du fait que le nombre d’enseignants-chercheurs a augmenté en même temps que s’ouvrait des centres universitaires. Ces derniers couvrent actuellement pratiquement toutes les wilayas du pays. Mais qui veut comprendre ce résultat se doit de considérer l’effort en matière de scolarisation depuis plus de 20 ans. Les générations scolarisées dans les années 70 peuplent actuellement les centres de recherche universitaires1.
    Jeter un coup d’oeil à l’origine géographique des communications proposées au-dit colloque montre la diversité des centres de recherche : El-Tarf, Naama, Ouargla, M’sila, Batna, Khémis-Milliana, Tiaret… etc.

    Cette recherche agronomique peut constituer une force de frappe extraordinaire au service du développement agricole d’un pays dont les importations alimentaires annuelles se chiffrent en millions de dollars.

    UN CONSTAT : UNE RECHERCHE AVANT TOUT UNIVERSITAIRE

    En compilant les publications agronomiques produites, il apparaît que cette recherche est avant tout universitaire. Non pas que les services agricoles n’aient pas de recherche propre et que les chercheurs sous l’égide du MADR ne publient pas, mais la task force se situe dans les centres universitaires. A travers ses instituts techniques et leurs stations de recherche, le MADR développe ses propres axes de recherche. Il existe également une porosité entre ces deux institutions. Ainsi, les chercheurs de ces stations proviennent de l’université et bon nombre d’universitaires viennent dans ces mêmes stations à des fins d’expérimentation.
    Par ailleurs, l’avancement des enseignants à l’université passe par un minimum de recherche et de publications. Cela peut également expliquer la prépondérance des publications de ce secteur.

    RECHERCHE FONDAMENTALE OU APPLIQUEE ?

    Une analyse exhaustive serait à dresser quant au nombre de publications. Elle serait d’autant plus intéressante si elle était rapportée aux catégories de produits alimentaires les plus importées.
    Nous abordons là une question qui peut fâcher. Quelle doit être le rôle de la recherche ? Doit-elle être fondamentale ou appliquée ? Nous ne trancherons pas aujourd’hui cet éternel débat. La recherche fondamentale est en effet … fondamentale. Ce ne sont pas les fabricants de bougies qui ont créé l’ampoule électrique. Mais force est de constater qu’un pays qui consacre des sommes de plus en plus élevées pour nourrir sa population se doit de mobiliser toutes les compétences scientifiques afin de réduire cette hémorragie. D’autant plus que cette manne financière qui est liée à la rente des hydrocarbures n’est pas éternelle et que notre jeunesse réclame des emplois.

    UNE DISPERSION DE MOYENS?

    En l’absence d’un inventaire exhaustif de l’orientation des publications agronomiques, procédons autrement afin de vérifier s’il existe une cohérence entre l’effort de recherche agronomique et le besoin légitime de sécurité alimentaire.

    Prenons le cas des plantes oléagineuses : colza, tournesol, carthame. Combien d’articles sont-ils consacrés à ces productions susceptibles de concourir à l’approvisionnement en matière de corps gras de nos concitoyens. Pour nous être intéressé à la question, nous pouvons répondre qu’un nombre insignifiant d’articles est actuellement consacré à ce domaine2. Pourtant, à part l’huile d’olive, aucun gramme, vous lisez bien, aucun gramme d’huile consommé en Algérie n’est produit localement par les usines de Cevital ou celles des autres groupes huiliers opérant en Algérie3. La même remarque est valable concernant les plantes sucrières (betterave, canne à sucre4).

    Nous ne donnerons pas d’exemples de recherche qui nous semblent éloignées des préoccupations immédiate des besoins de notre agriculture. Nous ne voulons pas nous brouiller avec des collègues et institutions amies. Néanmoins, la lecture de certains titres de communications, d’articles ou de mémoire de fin d’études ou de magistère font sourire. N’insistez pas, nous ne livrerons aucun nom… Nous nous interrogeons donc à l’apport au pays de certains de ces thèmes de recherche. Certes, les fabricants de bougies… mais, l’urgence liée à la chute de la rente des hydrocarbures est à notre porte. Nous comptons des milliers de jeunes chômeurs et les cas rapportés de pauvreté de la population augmentent.

    DES UNIVERSITAIRES ISOLES DANS LEURS LABORATOIRES

    Certes tout n’est pas noir. Ainsi des chercheuses et chercheurs de l’université de Bab-Ezzouar travaillant sur des techniques de pointe telles que les cultures in-vitro permettent de diagnostiquer très tôt les plants de palmier-dattier atteint par le terrible fléau du bayoudh. Des chercheurs de l’université de Tiaret ont établi la liste des parasites intestinaux qui frappent les ovins. Ces parasites freinent l’efficacité alimentaire d’élevages qui peinent à trouver suffisamment de ressources fourragères. A Sétif, un groupe d’enseignants s’est penchés sur les moyens d’améliorer les rendements céréaliers en utilisant la technique du semis direct. Les résultats de leur recherche permet d’envisager de meilleurs rendements, particulièrement en année sèche du fait d’une meilleur gestion de l’eau du sol, tout en réduisant de 40% les dépenses en carburant des tracteurs.
    Au centre universitaire de Batna, la technique de l’enrichissement de la paille en urée a été testé localement sur des brebis. Ce thème à été initié dès la fin des années 70 à l’ENSA (ex-INA) d’El-Harrach. A la question de la vulgarisation sur le terrain dans une région où le déficit en fourrages est fort, une des auteurs de l’étude explique « j’en ais parlé à deux agriculteurs et à un centre de formation agricole voisin ».

    POUR UN ETAT-MAJOR DE LA RECHERCHE AGRONOMIQUE?

    On le voit, nos chercheurs, cherchent et trouvent. Mais souvent leurs résultats ornent les rayons des bibliothèques universitaires. Il nous semble que si les explications sont nombreuses afin de répondre à cet état de fait, dont le sous-développement5 dont nous sortons progressivement, cela est également lié au fait qu’il n’existe pas en Algérie de programme national de recherche agronomique ou du moins qu’un tel programme n’est pas établi en collaboration avec l’Université algérienne. Souvent les thèmes de recherche proviennent des chercheurs eux-mêmes, de leurs lectures, des moyens dont ils disposent ou de directeurs de recherche basés à … l’étranger6. Cette situation si elle peut être intéressante pour une acquisition de connaissances, n’aboutit à rien dans le court terme, dans la mesure où les résultats obtenus ne feront pas l’objet d’applications de terrain.

    Pour le Pr Slimane Bedrani7, le manque de relations entre l’institution agricole et la recherche universitaire explique la non prise en considération des résultats obtenus par les enseignants-chercheurs. La solution à ce manque de collaboration entre université et MADR serait d’ouvrir le conseil scientifique de l’INRA au monde universitaire. Ce pourrait être l’INRA qui décide de l’attribution des primes de recherche actuellement versées par le MESRS aux universitaires. Ce financement par l’institution agricole de programmes de recherche prioritaires serait un moyen d’attirer le maximum d’équipes vers les sujets prioritaires. L’INRA devrait arriver alors au degré de compétence et de dynamisme nécessaire à assurer la reconnaissance par tous de ce rôle d’arbitre.

    PRIVATISER EN PARTIE LA RECHERCHE AGRONOMIQUE ?

    Jusqu’ici, en Algérie, la recherche agronomique a été pensée uniquement en termes de laboratoires publics. A l’heure où en Algérie, de grands groupes agro-industriels et de petites entreprises émergent, ne s’agit-il pas de favoriser également la recherche dans ce type de structures ? Le système de la contractualisation entre agro-industriels et producteurs constitue un outil puissant de progrès agricole. La forme d’un financement public partiel mais incitatif de la recherche privée pourrait consister en un « impôt recherche » à l’image de ce qui existe à l’étranger et notamment en France. Dans les entreprises françaises engageant des efforts de recherche-développement, les sommes allouées à la recherche font l’objet de déductions fiscales, voire de subventions publiques. Ce serait là un moyen pour la puissance publique d’orienter recrutement des chercheurs et recherche vers des applications directement utiles à l’économie du pays.

    Ainsi, quand le Groupe Benamor multiplie par 3 les rendements de la tomate industrielle grâce au recours à la mécanisation des semis, du repiquage des plants puis de la récolte, ne devrait-il pas recevoir des subventions ? Lorsque Mr Benelbedjaoui, le dynamique PDG de la société agricole Axium, relance à Constantine la production de lentille et de semences de légumineuses fourragères grâce à un procédé original, ne devrait-il pas recevoir une aide financière, matérielle ou humaine ? Idem concernant le groupe Profert qui innove en matière d’engrais plus adaptés à la spécificité de nos sols. Combien sont-ils également ces anonymes qui comme Rachid Ibersiène a initié la fabrication de fromage à Tamaâssit (wilaya de Tizi Ouzou) ou qui à El Oued ont créé pour l’irrigation des rampes pivots et dans la région de Biskra ont créé des systèmes de régulateurs de pression sous forme de château d’eau métalliques pour réguler la pression d’eau dans les systèmes de goutte-à-goutte. Parfois avec de simples fûts en plastique ils ont mis au point des dispositifs rustiques de fertigation. Plus organisés que ces petits agriculteurs, citons le cas d’entreprises telles Djoudi Métal qui produit du matériel pour des ateliers d’aliment du bétail ou de la Sarl Cuisinox Algérie qui produit des tanks à lait réfrigérés. Les exemples d’innovation en amont, et en aval ou dans les champs sont légion. N’est ce pas à eux que devrait également aller le financement de la recherche ?

    RECHERCHE AGRONOMIQUE L’AGE DE LA MATURITE

    Il apparaît qu’en Algérie, la recherche agronomique a connu ces dernières années un fort développement. Ce développement est lié à l’abnégation de jeunes équipes se dépensant sans compter et à l’effort sans précédant des pouvoirs publics. A l’heure de restrictions financières et d’une maturité de ce secteur, il nous semble que plus de coordination doit exister entre l’université et le secteur agricole et agro-alimentaire. Cette recherche d’une efficience accrue peut, par exemple, passer par la réallocation des budgets de recherche sous tutelle de l’INRA sous réserve que cette institution s’ouvre au monde universitaire. Par ailleurs, alors que le secteur agricole a connu un « effacement des dettes » indifférencié et quelque peu contestable dans certains cas, ceux qui innovent en milieu agricole en Algérie sont actuellement ignorés. Ne faudrait-il pas les encourager afin que la recherche agronomique et agro-alimentaire locale puisse aujourd’hui pleinement contribuer à l’effort de sécurité alimentaire et de pleine emploi de la Nation?

  14. Agronome Says:

    CEREALICULTURE AVEC MOINS DE 300 MM DE PLUIE. LES MAROCAINS SAVENT FAIRE.
    Djamel BELAID 15.1.2015

    Le réchauffement climatique n’est pas un vain mot en Algérie. Les agriculteurs de Laghouat en savent quelque chose. Dans la région de Laghouat, en 2007-2008, il n’est tombé que 198 mm de pluie et 207 mm l’année suivante contre 300 mm en moyenne. Depuis ces années de sécheresse la pluie est revenue1 comme en 2010. Comment faire de l’agriculture sous moins de 300 mm de pluie ? Nous ne savons pas encore faire ; mais les agriculteurs et agronomes marocains eux, savent.

    STRATEGIE DES AGROPASTEURS DE LA COMMUNE DE HADJ MECHRI

    Pour tirer parti du milieu steppique, les agriculteurs de la commune de Hadj Mechri (Laghouat) ayant les moyens ont diversifié leurs productions. Ils ont ainsi développé le maraichage lorsqu’ils ont les moyens d’avoir accès à l’eau. Mais c’est pour les agropasteurs détenant moins de 100 moutons que la situation est difficile. Dès 2013, une équipe d’universitaires a décrit la situation dans la commune de Hadj Mechri,2 une des plus pauvres d’Algérie. La situation est dramatique. En année de sécheresse, les céréales locales ne peuvent même pas être récoltées et les petits éleveurs vendent progressivement leurs bêtes. Ils le font dans des conditions particulières : le prix du fourrage s’envole alors que le prix des animaux chute.
    Dans cette région le réchauffement climatique est une réalité. Les auteurs de l’étude ont relevé à El Bayadh et Aflou l’évolution de la pluviométrie moyenne annuelle (en mm/an) depuis 1913. Ils arrivent à des diminutions respectives des quantités de pluie de 20% et de 7%.

    Stations
    1913-1938
    1926-1950
    1971-2005
    Diminution
    El Bayadh
    326
    294
    261
    20,00%
    Aflou
    342
    332
    318
    7,00%
    Tableau : Evolution de la pluviométrie moyenne annuelle (en mm/an) depuis 1913 (Sources : Office National de météorologie).

    LA SOLUTION POURRAIT VENIR DU MAROC VOISIN
    On connait l’agriculture marocaine pour ses capacités d’exportation de produits agricoles licites ou non vers l’Europe. Mais ce qu’on connait moins ce sont les succès de la recherche agronomique marocaine en matière d’aridoculture. Depuis plus d’une dizaine d’années à Settat, des agronomes marocains, dont certains ont étudié dans des université américaines, ont développé des techniques de culture du blé en milieu semi-aride. Leur façon de faire permet de récolter 10 quintaux de blé les années où les façons de faire traditionnelles ne permettent aucune récolte. Pire, dans ces années là, le fellah y perd le capital investi en semences et labour. Outre, les grains, ces techniques d’aridoculture permettent de produire de la paille si prisée en zone d’élevage mais aussi des pois-chiche et lentille. En quoi consistent ces techniques qui concernent égalemet les régions un peu plus arrosées par la pluie?

    « AL HARTH , «’ADOU AL ARDH ! »

    « Le labour est l’ennemi de la terre ». C’est ce cri qui revient le plus souvent parmi les spécialistes en aridoculture. Ce slogan se traduit par l’abandon du labour. Abandonner le labour afin de ne pas arracher les touffes d’alfa et de chih (armoise) de la steppe ? Non, il s’agit d’abandonner le labour dans les zones steppiques propices à la céréaliculture. Là où le sol est un peu plus épais, dans les dépressions (dayat) où traditionnellement les agropasteurs sèment de l’orge pour nourrir leurs bêtes. Le labour abandonné, le semis est réalisé directement grâce à un semoir pour semis direct. Ce mode de semis économise l’eau du sol. Si un sécheresse survient à la fin du printemps, les plants de blé semés en semis direct mettent à profit l’eau préservée dans le sol afin de former un épi. Résultat, l’agropasteur peut récolter alors qu’en conduite traditionnelle il n’y a rien à récolter si ce n’est amertume désespoir et dettes.
    En fait, les agronomes marocains, dont Rachid Mrabet, ont ramené très tôt des USA une technique employée contre l’érosion des sols. Très tôt les grandes plaines américaines ont été touchées par l’érosion éolienne et hydrique. Cet épisode est d’ailleurs raconté dans le livre de Stenbeick, les Raisins de la colère. L’Ecole Algérienne d’agronomie, plus tournée vers l’autre côté de la Méditerranée, n’a pas su s’approprier à temps cette approche novatrice. Mais l’idée du non-labour progresse en Algérie. Et le Pr Rachid Mrabet était l’un des invités d’honneur du séminaire international de l’agriculture de conservation qui s’est tenu à Sétif en 2010. Depuis, de plus en plus d’exploitations céréalières de la région de Constantine et Sétif adoptent le semis direct. Les semoirs utilisés sont actuellement importés. Ils coûtent 3 fois plus cher qu’un semoir classique et de ce fait le semis direct reste l’apanage de grosses exploitations privées et fermes pilotes. Ce procédé de semis pourrait même être utilisé pour des sur-semis des jachères pâturées dans les régions céréalières plus arrosées.

    LE MAROC PRODUCTEUR DE MATERIEL POUR ARIDOCULTURE

    Décidemment, le Maroc ne fini pas de nous étonner. Nous seulement, des agronomes marocains du centre d’aridoculture de Settat ont réussi à adapter aux conditions locales la technique du semis direct, mais en plus ceux de l’Ecole D’agronomie de Meknès participent avec des ONG française à la mise au point d’un prototype de semoir pour semis direct. Ce semoir maintenant produit en quelques exemplaires par un petit industriel local – les établissements ATMAR – commence à équiper la campagne. Il présente l’intérêt d’être trois fois moins cher que les semoirs pour semis direct étrangers. Ces derniers sont sophistiqués et demandent des tracteurs de forte puissance pour être tractés. Or, le modèle marocain peut être tiré par des tracteurs de 80 chevaux. On peut, en passant, imaginer ce qu’une coopération PMAT-ATMAR apporterait…
    En Syrie, avant les évennements que connait actuellement ce pays, il a été également construit un semoir local pour semis direct. Cela a été fait avec l’aide d’experts internationaux du centre d’aridoculture d’Alep. Le semoir Aschbel mis ainsi au point avait permis à ce pays de semer 60 000 ha de céréales en semis direct alors que chacun des pays du Maghreb n’en semait pas plus de 6 000.

    L’OAIC, PARTENAIRE DES AGROPASTEURS

    L’OAIC, à travers ses CCLS apporte un soutien capital à la céréaliculture locale et aux agropasteurs. Mais le réchauffement climatique, la dégradation des parcours et l’augmentation de la demande en viande militent en faveur d’une autre stratégie d’aide à l’agriculture en milieu steppique.
    La technique de l’aridoculture est parvenue jusqu’à l’OAIC. A défaut d’une communication sur son site, des informations font état de l’achat d’une vingtaine de semoirs de marque SOLA pour semis direct par cet office qui a la charge de nourrir 38 000 000 Algériens. Ces semoirs auraient été répartis au niveau des unités motoculture des différentes CCLS. Rappelons qu’après la dissolution des CAPCS issues de la Révolution Agraire des années 70, est apparu dans les campagnes un déficit en moyens de location de tracteurs. A l’époque coloniale existaient des SIP que ont été remplacées par des SAP. Ces structures permettaient un minimum d’approvisionnement des fellahs en intrants agricoles. Se rendant compte de ce manque en moyens de traction, les tenants d’une politique libérale ont fait machine arrière et ouvert des unités motoculture au niveau des CCLS. Ces unités rendent un service conséquent pour les emblavements et les opérations de récolte. Par leur présence, ces unités ont également un effet sur les tarifs de location de matériel agricole privé.

    ARIDOCULTURE, LE DIRIGISME ADMINISTRATIF DE L’OAIC

    Les semoirs SOLA achetés par l’OAIC seraient des semoirs portés et non pas tractés. Ce qui suppose des tracteurs de 200 chevaux pour utiliser de tels monstres. Résultats, dans certaines CCLS, les semoirs importés sont restés plusieurs mois emballés sur des palettes faute de disponibilité en tracteur de forte puissance. On peut s’étonner de cette stratégie pour un Office qui, selon le Ministre de l’Agriculture, dispose de 400 ingénieurs agronomes. N’aurait-il pas fallu des semoirs moins lourds tels les semoirs Semeato déjà utilisés localement ou une politique de rapprochement entre PMAT avec la société marocaine Atmar ou encore la fabrication de semoirs syriens de type Aschbel ?

    A travers ses CCLS, l’OAIC développe également une politique de production de semences certifiées. Il a été procédé à l’importation de matériel de tri et de traitement des semences. Il s’agit là d’un moyen puissant de faire pénétrer le progrès agronomique dans les exploitations. En effet, il s’agit le plus souvent de variétés adaptées au déficit hydrique, de variétés pures génétiquement, de variétés débarrassées de graines de mauvaises herbes et de graines traitées contre les insectes et maladies. Cependant, dans la commune de Hadj Mechri, 80% des semences sont des semences autoproduites, des semences de ferme. Si l’effort des CCLS en matière de semences certifiées est louable, ne faudrait-il pas en parallèle encourager la modernisation de la production de semences de ferme en favorisant l’installation en milieu steppique de petites unités mobiles de traitement des semences ? En effet, acheter des semences certifiées représente une dépense. Il faut ensuite transporter les semences depuis les dépôts de la CCLS jusqu’à la parcelle mais également disposer des semences à temps, ce qui est loin d’être le cas actuellement. Le drame de la céréaliculture algérienne est qu’une partie des emblavements a lieu encore au mois de décembre ; cela est trop tardif. La plante n’a pas le temps de boucler son cycle végétatif.

    AIDE TOI, LE CIEL T’AIDERA…

    Quelles solutions pour le développement des petits agropasteurs de la commune de Hadj Mechri ? « Aide toi, le ciel t’aidera » a-t-on coutume de dire. Il est évident qu’ils ne peuvent attendre éternellement des décisions prises dans des tutelles éloignées des réalités locales. Certes, ces agropasteurs bénéficient des retombées des PPDRI, des subventions divers (orge pour bétail, carburants). Jusqu’à présent ces dispositions ont permis un certain équilibre. Le réchauffement climatique avec l’apparition de sécheresses plus fréquentes et le surpâturage imposent de nouvelles stratégies. Parmi elles, le recours aux coopératives de services constitue une alternative. A condition que ces groupements de producteurs proviennent d’initiatives locales. Le bilan des expériences en ce domaine reste à faire.
    Toute production agricole ne peut être durable sans préserver la fertilité de l’agrosystème. A ce titre, la gestion des parcours mérite d’être revue. De même que toute céréaliculture implique des restitutions organiques au sol. A cet égard, la question du statut du foncier est décisive. En effet, les opérations de conservation du milieu s’échelonne sur le moyen et long terme. Il s’agit donc de trouver le meilleur équilibre entre ces objectifs et la gestion des parcours et le statut des terres consacrées à la céréaliculture.

    LA SOLUTION POURRAIT VENIR DE PMAT

    Nous avons une industrie du machinisme agricole que nos voisins maghrébins nous envient. Nous savons produire, grâce à la politique de feu Houari Boumediene, des tracteurs, charrues et remorques agricoles. Ces productions se sont aujourd’hui diversifiées. Le groupe PMAT produit des semoirs, épandeurs d’engrais, déchaumeuses, herses, pulvérisateurs, moissonneuses-batteuses. Mais ce groupe ne produit pas de semoirs pour semis direct. Pire, il tourne le dos à cette technique d’agriculture de conservation avec la signature l’an passé d’un accord avec le portugais Galucho pour produire plus de charrues.

    On peut rêver à ce que ce fleuron du machinisme agricole consente un jour à s’intéresser à la production d’outils spécifiques à l’aridoculture. Le travail du groupe PMAT est positif dans la mesure où depuis des dizaines d’années les cadres et ouvriers ont permis l’équipement de l’agriculture algérienne. Au plus profond des campagnes ont trouve du matériel agricole Made in DZ, matériel robuste et accessible financiérement comme les derniers épandeurs de fumier produits localement. Les conditions de développement du groupe PMAT ne sont pas faciles actuellement face à la politique d’importation tout azimuth de matériel agricole. Ce groupe doit cependant rapidement se pencher sur la production de matériel pour l’aridoculture dont les semoirs directs.

    CONCLUSION, COMMUNIQUONS ENTRE NOUS

    Le développement harmonieux des activités des agropasteurs de Hadj Mechri est possible. Le réchauffement climatique est certes problématique. Leur activité est possible à la condition qu’ils s’approprient des techniques d’aridoculture pour produire une partie de leurs besoins en fourrages.
    Le développement de ces techniques passe par un abandon du paradigme du labour. Abandon de la part des agropasteurs mais également des urbains : ingénieurs agronomes et dirigeants des entreprises de matériel agricole. Pour cela, les décideurs algériens montrent un déficit criant de communication quand il ne s’agit pas d’errements dans le choix d’une politique stratégique. L’analyse des choix de l’OAIC et de PMAT en témoigne. Manque de communication entre décideurs mais également manque de communication avec des investisseurs privés (agriculteurs et artisans). Les typologies d’investisseurs liés au milieu agricole réalisées à travers diverses études montrent un dynamisme certain. C’est notamment le cas dans le domaine de la production de maraichage sous serre dans le Sud : développement de système de goutte à goutte avec mini château d’eau, système de fertigation, fabrication de rampes pivots. En grande culture, des innovations techniques apparaissent également : fabrication de herses dans un atelier de ferme pour biner des lentilles, utilisation d’une pompe et d’une rampe pour traiter des pommes de terre en remplacement de matériel à dos. Il est à espérer que d’ingénieux investisseurs s’emparent de la question du matériel d’implantation des céréales en aridoculture. De part le grand nombre d’hectares concernés en Algérie (hauts-plateaux, steppe et pivots du grand Sud), il s’agit là de la « mère des batailles ».

    NOTES:
    1- La campagne 2007-2008, considérée comme référence pour l’étude, a été sèche (198 mm) et a succédé à une autre, elle aussi déficitaire en pluies (207 mm). Les deux campagnes suivantes ont enregistré des niveaux de précipitations largement supérieurs à la moyenne de la région avec respectivement 481 et 305 mm.
    2-Ali Daoudi, Salima Terranti, Rachid Fethi Hammouda, Slimane Bédrani. Adaptation à la sécheresse en steppe algérienne : le cas des stratégies productives des agropasteurs de Hadj Mechri. Volume 22, numéro 4, Juillet-Août 2013

  15. Agronome Says:

    FERROUKHI, A PROPOS DES 400 INGENIEURS DE L’OAIC.
    Djamel BELAID Novembre 2015

    Le ministre de l’Agriculture a récemment évoqué l’OAIC et les 400 ingénieurs travaillant au sein de cet office. Younès Djama du quotidien Le Soir rapporte les propos du Ministre, «L’OAIC (Office algérien interprofessionnel des céréales) dispose aujourd’hui de 400 ingénieurs dans les différentes coopératives et exclusivement versés dans le volet lié à la production céréalière. C’est vrai qu’il en faudrait 4 000, mais je ne suis pas sûr aujourd’hui qu’avec la méthode actuelle que ces 400 ingénieurs soient utilisés à 100% de leur potentiel»

    OAIC, LE PILIER DE LA STRATEGIE CEREALES EN ALGERIE
    Tout d’abord, il s’agit de noter le rôle de l’OAIC dans le développement de la production céréalière. On peut par exemple évoquer les efforts de l’OAIC afin de fournir aux céréaliers des semences certifiées. Les progrès dans la filière sont donc constants. Le mérite en revient bien sûr aux agriculteurs, services agricoles mais également à l’OAIC. Ses dirigeants, ses cadres, ses ouvriers sont à féliciter. Cependant, le contexte économique demande plus à cet office. La demande nationale en céréales augmente alors que la rente pétrolière chute. La question de Mr le Ministre est donc légitime : comment optimaliser la fonction des 400 ingénieurs de l’Office ?

    DE NOUVELLES ATTENTES
    L’OAIC étant chargé de la collecte des céréales et de l’approvisionnement en intrants des céréaliers on peut se demander quel rôle accru cet organisme peut apporter au secteur.

    Dans sa forme actuelle, cet organisme ne peut répondre aux attentes actuelle des céréaliers. En effet, les CCLS sont marquées par le « dirigisme administratif » alors que le développement agricole nécessite la participation des premiers concernés. Afin d’augmenter la production nationale de céréales, il s’agit de préserver la marge économique des céréalier. Si celle-ci passe par l’augmentation des rendements, elle peut passer également par plus d’intégration verticale. Les céréaliers DZ devraient pouvoir par exemple tirer profit de la transformation première de leur produit (meunerie et semoulerie). Ils devraient avoir la possibilité d’écraser leurs grains et de recevoir les compensations étatiques que reçoivent toute unité de transformation. C’est là une première piste.

    A COTE DE L’OAIC ENCOURAGER DE VRAIES COOPERATIVES DE FELLAHA
    On peut se demander comment arriver à un tel objectif. Nous n’en voyons qu’un : que les céréaliers se rassemblent en groupements de producteurs et installent un moulin (ou en rachète). Une fois les marges liées à la première transformation récupérée, on peut penser que les sociétaires seraient intéressés par poursuivre leur action par des achats groupés d’engrais et produits phytosanitaires puis par le recrutement de techniciens et d’ingénieurs afin de faire de l’appui technique de terrain. L’ordre de ces opérations pouvant être différent selon les conditions locales et le dynamisme des céréaliers présent dans un secteur.

    REFORMER LES CCLS DE L’OAIC ?
    L’OAIC et les CCLS ont actuellement un rôle capital. On imagine ce que pourrait être en Algérie, le commerce du grain entre des mains cupides… Afin d’éviter toute explosion sociale, les autorités tiennent à avoir la main mise sur le commerce du grain. Cette intention est louable. Mais, il s’agit d’insuffler un vent nouveau, un vent d’efficacité maximale, un vent où domine la notion de « obligation de résultats ». L’une des voies est donc l’autorisation de la création de vraies coopératives céréalières comme il en existe à l’étranger et notamment en France.
    Une autre voie serait de progressivement transformer les CCLS en coopératives appartenant aux paysans, par rachat du capital social. Ce rachat peut se faire par prélèvement d’une dizaine de DA sur les 4500 DA attribués par quintal de blé dur ramené aux silos des CCLS. Et bien sur par le recrutement d’un directeur par les élus paysans de la coopérative. On se doute qu’une telle transformation ne peut être que progressive ; pourtant elle est nécessaire. Cela implique de former des cadres paysans et de les accompagner dans leurs missions.

    COMMENT CES 400 INGENIEURS PEUVENT-ILS ETRE PLUS EFFICACES ?
    Nul doute que ces 400 ingénieurs sont pleinement employés. Si certains souhaitent agir encore plus sur leur environnement, la démarche de réseau qualité blé initié par le Groupe Benamor ainsi que d’autres collectifs (semoulerie, cadres, agriculteurs, …) mérite d’être développée. L’enregistrement de performance sur une centaine de parcelles et leur analyse statistique est un moyen puissant d’avancer techniquement. En effet, en examinant l’itinéraire technique des 10% des meilleures parcelles, on peut arriver à une série de préconisations techniques adaptées au contexte d’un secteur géographique. Et cela, sans la mise en place d’essais agronomiques longs et coûteux en temps et argent.

    Un autre moyen est une politique d’allotement et de stockage à la ferme afin d’améliorer la qualité des blés livrés aux transformateurs et dont le taux de protéine.

    Enfin, dans le domaine de la motoculture, les ingénieurs des CCLS peuvent axer leur efforts sur l’achat de semoirs pour semis direct. Ce système de semis est garant de meilleures marges à l’hectare du fait de la réduction des coûts de mécanisation et de la régularité des rendements notamment en année sèche.

    Ce n’est qu’ainsi que les 400 ingénieurs de l’OAIC seront utilisés à « 100% de leur potentiel ».

  16. Agronome Says:

    INAUGURATION USINE ALIMENTS DE BETAIL SIM-SANDERS.
    Djamel BELAID 6 novembre 2015

    Le groupe algérien SIM a inauguré fin octobre 2015 une usine d’aliments du bétail construite avec un partenaire français Sanders filiale du groupe coopératif Avril (ex-Sofiprotéol). Au delà des louanges lus dans la presse et des discours enthousiastes des autorités locales et françaises présentes le jour de l’inauguration, voyons les implications de ce genre d’accord.

    AVRIL, TETE DE PONT DES EXPORTATIONS FRANCAISES EN ALGERIE

    Qui est le groupe Avril ? C’est un groupe coopératif français, il regroupe des agriculteurs qui cherchent des débouchés à leur production de protéagineux et oléagineux (graines et tourteaux). Le Maghreb est actuellement la chasse gardée des producteurs d’huile et de tourteaux de soja US (cas du Maroc et des pays d’Amérique du Sud. Dans ce contexte concurrentiel, les paysans français cherchent à trouver des débouchés à leurs surplus de tournesol et de colza.
    La proximité culturelle entre la France et le Maghreb, ainsi que des positions fermes des pouvoirs publics peuvent permettre des accords gagnant-gagnant. Au Maroc, les pouvoirs publics ont demandé à Avril de contribuer à la relance de la production d’huile et de tournesol.
    Lors de l’inauguration de l’usine d’aliment pour bétail, le groupe Avril indique dans un communiqué que « l’usine valorisera notamment les sous-produits et les matières premières locales comme la caroube, les coques d’amandes ou les grignons d’olives ». Cette mesure est à priori positive, mais il aurait été intéressant de fournir des chiffres. Combien ces sous-produits locaux vont-ils représenter par rapport aux tourteaux importés et au maïs importés? Pour rappel, ces derniers ont représentés 1,4 milliards de dollars annuels ces dernières années. Il est évident que Avril compte bien dorénavant capter une partie de ces importations. D’ailleurs Eric Philippe, directeur général adjoint du groupe a déclaré que cette nouvelles implantation vise à « accompagner le développement du marché algérien, un marché dynamique et porteur, où la demande est de plus en plus forte ». Pour notre part, nous aurions préféré lire que l’usine allait aider les agriculteurs locaux à produire des matières de base pour l’usine.

    LES DEFIS POSES A SIM ET AUX POUVOIRS PUBLICS

    Avec un tel outil le groupe SIM peut être d’un grand apport à l’agriculture locale. Cependant, le contexte de baisse de la rente pétrolière et d’une éventuelle perspective d’adhésion de l’Algérie à l’OMC nécessitent d’envisager d’approvisionner progressivement et dès maintenant une telle usine avec des produits locaux. Certes, dans un pays semi-aride tel l’Algérie, il est difficile de produire du maïs et soja. Rappelons que le développement de l’aviculture locale et une partie de l’élevage des ruminants se base sur l’utilisation de ce type d’aliments.
    L’équipe dirigeante de l’usine devra donc recourir, dans la mesure du possible, à toutes les sources de sous-produits locaux mais aussi aux produits locaux.
    Ainsi, cette usine pourrait être l’occasion de favoriser la production locale de protéines végétales pouvant remplacer, en partie, réduire la dépendance au soja. C’est notamment le cas avec la féverole, le pois fourrager ou le lupin dans les sols acides. De la même façon en utilisant de l’orge et du triticale en remplacement partiel du maïs importé l’usine pourrait stimuler la production de ces céréales dans son bassin d’approvisionnement.

    Mais un fort taux d’intégration en matières premières locales n’est pas forcément compatible avec la maximisation des profits de l’usine et de la volonté d’exportations des paysans français regroupés au sein de la coopérative Avril. En effet, il est souvent plus rémunérateur d’élaborer des aliments du bétail avec des tourteaux importés qu’à partir de matières locales chères et parfois de moindre qualité. Que ce soit au Maroc, en Tunisie ou en Algérie, les fabricants d’aliments du bétail se sont habitués à travailler avec les tourteaux de soja importés. C’est le cas au Maroc où des associations US de productions de tourteaux de soja ont depuis des années intensifiés des opérations de lobbying. Cet état de fait s’est trouvé encouragé par les accords commerciaux passés entre ce pays et les USA ainsi que par l’adhésion à l’OMC.
    Qu’est ce qui pourrait pousser dans le cas des usines SIM-SANDERS à produire des matières premières made in DZ ? Le patriotisme économique ? Il a des limites. Même si on peut apprécier les efforts du PDG de SIM pour développer des partenariats avec les universités, dont celle de Blida.

    C’est aux pouvoirs publics à édicter des règles visant à plus d’intégration de produits nationaux. Même avec une telle politique marquée par le patriotisme économique, les besoins locaux sont tels, qu’un groupe tel Avril peut avoir intérêt à travailler en Algérie. Pour les pouvoirs publics une vision à long terme est nécessaire. Les problèmes immédiats sont de nourrir les populations urbaines et d’assurer le plein emploi sous peine d’explosions sociales.
    A court terme, il est plus facile de faire accoster dans les ports des bateaux chargés de maïs et de tourteaux étranger. Mais, une telle politique présente deux inconvénients. Bâtir un approvisionnement des populations sur le seul recours à l’importation c’est croire en la disponibilité permanente des denrées alimentaires. Or, ces années des mauvaises récoltes combinées à la demande croissante chinoise ainsi que l’usage de plus en plus répandus de bio-carburants a montré la faiblesse d’un tel scénario. Enfin, le second inconvénient provient du facteur emploi. Les pouvoirs publics ont tout intérêt à favoriser l’emploi agricole et à ralentir l’exode rural vers le Nord. L’exode rural signifie plus de bouches à nourrir et de bras à employer.

    DES EQUIPES SIM-SANDERS EN APPUI TECHNIQUE DES ELEVEURS ?

    Bien qu’ayant fait des progrès l’élevage local reste à améliorer. Pour beaucoup d’éleveurs, une vache laitière doit avant tout la panse remplie. Or, si cela est un préalable à la production maximale de lait, il s’agit avant tout d’assurer à l’animal des fourrages apportant de l’énergie mais aussi des matières azotées. Or, nourrir un aliment seulement de paille et d’orge, comme cela est le cas dans beaucoup d’élevages, ne permet pas d’assurer les besoins en azote.
    Par ailleurs, les besoins des animaux ne sont pas identiques selon leur âge et leur type de production (lait, viande). C’est par exemple le cas entre une vache tarie ou non, une vache gestante ou non. Or, dans de nombreux élevage ce distingo n’est pas appliqué ou bien pas assez.
    En matière d’élevage ovin, les mêmes remarques peuvent être faites. Par ailleurs, dans chacun des cas, l’alimentation minérale reste déficiente. Or les animaux d’élevages ont des besoins importants en calcium, phosphore, sodium, zinc, iode …etc.
    Des technico-commerciaux parcourant les campagnes pourraient expliquer aux éleveurs les bases d’une nutrition animale équilibrée. Au Maroc, les usines d’aliments de bétail Sanders développent déjà ce type d’approche. Les fabricants d’aliments du bétail ont tout intérêt à apporter ce conseil technique aux éleveurs. En effet, des éleveurs prospères sont un gage de durabilité pour les ventes de l’usine.

    LES COOPERATIVES GRANDES ABSENTES DE L’ACCORD SIM-SANDERS

    Si une stratégie visant à de favoriser la production locale peut provenir des pouvoirs publics, les agriculteurs ne doivent pas se faire d’illusions. Ceci n’est pas automatique. En effet, il faut compter avec les intérêts particuliers et les appétits partisans de l’ultra-libéralisme au sein des sphères étatiques. Par ailleurs, au sein même des agriculteurs, il s’agit de tenir compte des intérêts divergents des producteurs de fourrages et de ceux de celui des éleveurs. Ces derniers ont tout intérêt à des tourteaux importés et revendus à bas prix. C’est notamment le cas des éleveurs hors sols n’ayant aucune perspective d’autonomie fourragère.

    Aussi, les producteurs de fourrages et céréaliers ont tout intérêt à créer des groupements de producteurs afin de créer leur propre usine de fabrication d’aliments du bétail. C’est là un des moyens de valorisation de leur production par la protection de leur marge économique. De leur côté, les éleveurs ont également tout intérêt à créer des regroupements afin de sécuriser leur approvisionnement et de valoriser leur production.

    Or, l’inauguration de cette usine est l’occasion de remarquer de grands absents : les coopératives. Certes, dans le paysage actuel existe l’ONAB. Mais rien ne pourra remplacer des coopératives fabricants des aliments du bétail. Coopératives possédant des équipes de conseillers techniques recrutés par des paysans élus et apportant assistante technique aux éleveurs . A-t-on vu des conseillers techniques de l’ONAB parcourir la campagne algérienne? Non, à notre connaissance.

    Or, si les pouvoirs publics souhaitent le maintien des marges des éleveurs laitiers notamment, ils ont tout intérêt à favoriser l’émergence de puissants regroupements d’éleveurs. En effet, le rôle des pouvoirs publics n’est pas de produire de l’aliment pour le bétail, mais de créer un environnement propice à l’activité des éleveurs. Dans ce but, les pouvoirs publics disposent des moyens législatifs et fiscaux.

    • bapygh22 Says:

      je ne suis pas fellah, mais ce que je vois et ce que j’ai vu concernant la façon dont nos fellah travaillent l’agriculture céréalière m’a vraiment étonné a ma connaissance on commence par les labours profonds ensuite les labours semailles les premiers c’est avec les charrues a soc pour un labour profond et le deuxième au coover crop or ce que j’ai remarquer nos fellah et pas un utilisent le coover crop pour les deux labours alors devinez les grains ne sont ensevelis qu’a quelque millimètre le résultat vous le devinez la question qui se pose c’est comment espérons nous avoir une production céréalière alors que nos fellah ne respectent même pas les normes du travail de la terre.

      • Agronome Says:

        Cher Monsieur,

        Merci pour votre intérêt. Vous vous étonnez de la préparation du sol sans labour profond pour l’implantation des céréales.

        1- Une explication à cette situation : Nos sols sont pauvres en matière organique. Celle-ci a un rôle d’éponge, elle retient l’eau et en se décomposant, elle nourrit le sol (éléments minéraux). De ce fait, les rendements sont faibles. Il n’est parfois pas rentable de cultiver du blé, même si l’Etat l’achète au fellah 4500 DA/quintal. Des essais avec épandage de boues résiduelles de station d’épuration réalisés à Batna ont montré qu’on peut doubler les rendements de blé.

        2- Attitude du fellah : Vue le risque de sécheresse accentué sur ces sols pauvres, le fellah donne la priorité à l’élevage des moutons qui lui rapporte plus. Il ne laboure pas car cela coûte cher puis parce que s’il n’y a pas de pluie au printemps, il perd ras el-mal (prix des semences, engrais, frais de labour et de semis).

        3- La solution : Utiliser le semis direct sans labour (al badr al-moubachar). Il s’agit d’une nouvelle technique qui consiste à utiliser un semoir qui ne travail le sol qu’à l’endroit où est déposé la semence de blé. Regardez cette vidéo  sur you tube : https://youtu.be/M_xFH72HO9c

        et cette autre au Maroc (les Marocains sont des champions du semis direct) https://youtu.be/FqqJVdVL5Xw

        4- Des résultats : cas de dix ans de recherche en Tunisie.
        Semis direct et semis conventionnel en Tunisie : les résultats agronomiques de 10 ans de comparaison [2011]
        H. Angar*, H. Ben Haj Salah* et M. Ben-Hammouda**

        Abstract: Dans le cadre des projets de développement et de recherche-développement concernant le semis direct et l’agriculture de conservation, débutés en 1999 en Tunisie et coordonnés par le Centre Technique des Céréales (CTC) (récemment appelé Institut National des Grandes Cultures, INGC), des parcelles de démonstration conduites en semis direct ont été installées au niveau des zones bioclimatiques relativement favorables à la production des céréales (subhumide, semi-aride supérieur et semi-aride inférieur), chez des agriculteurs leaders et censés amorcer la réussite de la diffusion de la technique du semis direct. Les résultats agronomiques de dix ans d’expérimentation, échelle exploitation, par zone bioclimatique ont montré qu’au niveau du subhumide, le rendement de blé dur conduit en semis direct est en moyenne supérieur de 8 q/ha par rapport au semis conventionnel. Alors qu’au niveau de la zone semiaride inférieure cette différence est de 3,5 q/ha, elle atteint 7 q/ha au niveau du semi-aride supérieur. Dans le subhumide le taux d’infiltration dans les sols de certaines parcelles conduites en semis direct est passé de 41 à 73 l/h, de même pour le semi-aride inférieur et le semi-aride supérieur, le taux d’infiltration est passé respectivement de 32 à 40 l/h et de 19 à 43 l/h. Le taux de matière organique aussi a connu une nette amélioration dans les parcelles de semis direct.
        A côté de ces résultats en faveur de cette technique, qui ne cesse de gagner du terrain en Tunisie, quelques difficultés liées au compactage du sol ont été rencontrées essentiellement au niveau des 5 premiers centimètres. La forte pression exercée par le cheptel ovin sur les résidus des cultures reste l’obstacle majeur du semis-direct en Tunisie.

        Remarque : comme le disent ces experts tunisiens, en semis direct l’eau s’infiltre mieux dans le sol. Il y a moins d’érosion. Actuellement, en Algérie, il y a tellement d’érosion, que nos barrages se remplissent vite de terre. Le semis direct peut nous préserver de ce grave danger.

        5- Que faire ? Les semoirs de semis direct achetés à l’étranger coûtent très cher. Le Maroc et la Syrie ont commencé à fabriquer leurs propres semoirs (trois fois moins cher). En Algérie, il n’y a aucune société privée ou publique qui s’intéresse à produire ces semoirs si importants. En plus du blé, ils peuvent servir à semer d’autres cultures dont les fourrages. Leur utilisation permet de semer 5 fois plus vite et ont réduit de 40% la consommation de gazoil. Espérons que les conseillers de Mr Ferroukhi, Ministre de l’Agriculture, l’informeront de cette méthode révolutionnaire maintenant adoptée en zone sèche en Australie et Espagne.
        Il faut aussi abandonner l’idée du labour. C’est un geste symbolique pour le fellah et dans l’esprit de chacun. Pourtant comme le dit sur la vidéo un ingénieur spécialisé en semis direct : « al harth, 3adou al ardh » (le labour est l’ennemi de la terre).

    • Mahmoud AIT ABDERRAHIM ( agriculteur-éleveur) Says:

      Lorsque les groupes coopératifs privés et occultes auront récupérer le foncier , et en absence de la rente pétrolière , ils finiront par faire pression sur les pouvoirs publics afin qu’ils libéralise le marché et augmentent les prix à la production qui est seul capable de maintenir un résultat économique viable .
      D’ici là des milliers et milliers d’éleveurs et agriculteurs auront disparus et avec eux leurs capacité de résilience qui ne pourra exister dans des structures gigantesques que seront certaines coopératives dopé par les aides publiques en tout genre ou totalement dépendante des marchés financiers.

      Le risque climatique et l’aridité de nos régions n’ai pas ou très peu pris en compte , Notre pays est totalement sclérosé par sa politique de subvention qui se transforme en piège pour notre nation , et qui nous empêche d’innover et d’investir intelligemment

      l’ émergence de groupes coopératifs peut améliorer un peu les choses en terme de productivité , mais surement pas en terme de résultats , les économies d’échelles sont loin d’être automatiques , votre réflexion est pertinente et nous avons déjà la chance de pouvoir en débattre , c’est déjà une avancée majeure…..

      L’agriculture Algérienne souffre de sous investissements dans touts les domaines et du sérieux de son administration . Notre recherche agricole , nos chambres d’agriculture et nos dSA doivent opérer leur mue voir leur révolution et être capable de travailler en réseaux ( agriculteurs , minotiers , sucriers , transformateurs etc etc ) afin d’apporter un plus efficace pour le développement de notre agriculture et l’augmentation du niveau technique des nos agriculteurs et de nos techniciens .

      Je travaille dans une wilaya , ou il n’y a meme pas un lycée agricole . les possibilités de former des ouvriers agricoles est rare voir impossible , trouver un bon mécanicien ou bon électricien disponible relève du parcours du combattant aussi .

      mes demandes de forage et de retenue colinéaires date de 10 ans , sans meme une réponse manuscrite .

  17. Agronome Says:

    RECHERCHE-DEVELOPPEMENT EN ELEVAGE, MISER PLUS SUR L’INTERDISCIPLINARITE
    Djamel BELAID 1er Nov 2015

    Le manque d’autonomie fourragère met en difficulté l’élevage bovin laitier local et plus particulièrement les étables en hors-sol. Pour produire plus de fourrages des solutions techniques et économiques existent. Cependant, les différents services agricoles et universitaires concernés travaillent chacun de façon isolée. Pour résoudre la pénurie de fourrages, des efforts coordonnés devraient être fournis. Six axes nous semblent prioritaires.

    1-MIEUX UTILISER LA JACHERE PATUREE GRACE AU SEMIS DIRECT
    En Algérie, une partie des 7 000 000 d’hectares des zones semi-arides sont consacrés à la jachère pâturée. Les moutons broutent la végétation naturelle qui pousse sur le sol. Il s’agit d’un système de cueillette. C’est là une façon de faire identique à celle de l’époque de l’Emir Abdelkader. La population locale ne comptait alors que quelque millions de personnes. Or, il s’agit actuellement de nourrir 38 000 000 d’habitants1. L’idéal serait donc que les animaux broutent non pas une végétation naturelle clairsemée et parfois peu appètente mais des fourrages sélectionnés pour leur aptitude à pousser dans un milieu semi-aride et à la valeur alimentaire élevée.
    On peut se demander pourquoi les terres en jachère ne sont pas semées de ces fourrages plus productifs ? A cela trois explications :
    les éleveurs ne sont pas forcément les propriétaires des pâtures,
    les propriétaires n’ont pas les moyens de traction afin de travailler et de semer en automne leurs parcelles de blé au rendement aléatoire et celles en jachère. Ils ne connaissent pas l’usage du semis direct.
    Les semences de graminées fourragères sont peu connues et nécessitent pour germer un lit de semences impeccable (remarquons que les crucifères fourragères possèdent une meilleure faculté d’implantation, même en sol grossiérement préparé).

    Mesure pratique à prendre : Adopter un mécanisme simple et peu onéreux de « sursemis2 » des jachères pâturées. Pour cela, il s’agit d’importer puis de construire localement des semoirs fourragers pour semis direct de type « GrassFarmer » de la marque Aitchison. Une autre solution est de proposer des sursemis à la volée3 en utilisant des appareils simples de préparation du sol, telle des herses.

    2-INTRODUIRE DE NOUVELLES VARIETES FOURRAGERES
    L’analyse des fourrages et des modes de récolte des fourrages montrent un manque criant de diversité. En matière de fourrages, les espèces les plus utilisées concernent principalement la vesce, l’avoine4, la luzerne, le bersim et le sorgho. Le marché des semences fourragères est tendu du fait de l’absence d’un réseau solide de multiplicateurs. C’est le cas en particulier des semences d’avoine.
    Des espèces telles les graminées fourragères ou les crucifères sont pratiquement absentes des calendriers fourragers. Or, il s’agit pourtant d’espèces dont la production de semences est la plus aisée à mettre en œuvre. En effet, ces espèces possèdent un port dressé contrairement au port rampant de certaines légumineuses5.
    Mesure pratique à prendre : Importer des semences de crucifères et développer la production locale de ce type de semences (dont le colza fourrager) et de graminées fourragères.

    Les formes de récolte des fourrages concerne essentiellement le foin. L’ensilage, l’enrubannage et le pâturage d’espèces fourragères sont peu développés.

    Mesure pratique à prendre : Importer et produire localement des ensileuses. Il s’agit d’outils au mécanisme relativement simple. Une ensileuse coupe l’herbe telle une tondeuse à gazon, mais possède en plus un mécanisme permettant d’envoyer le fourrage coupé dans une remorque.

    3-DEVELOPPER LES GROUPEMENTS DE PRODUCTEURS

    En Algérie, le mot « coopérative » est dévoyé. Il n’est pas utilisé dans son sens véritable. De ce fait, les agriculteurs se détournent de ce type d’organisation trop souvent marquées par le dirigisme administratif. Or, des coopératives d’approvisionnement ou de valorisation des productions avec un capital paysan et un directeur recruté par les sociétaires eux-même est un gage de progrès certain.
    Actuellement les spéculateurs en fourrages, son et aliments du bétail rognent les marges des éleveurs laitiers. Face à cette situation, les ateliers laitiers les plus fragiles décapitalisent, ils vendent à l’abattoir leurs vaches laitières.
    Afin de favoriser la création de groupements d’éleveurs, les pouvoirs publics pourraient agir par des gestes forts perçus immédiatement par le public concerné.
    Mesure pratique à prendre :
    -affecter un poste budgétaire pour recruter un technicien en production fourragère et un technicien vétérinaire à tout groupement d’éleveurs.
    -attribuer un avantage fiscal ou économique (voire dotation de quota de lait en poudre) à toute laiterie émanant d’un groupement d’éleveurs.

    4-DEVELOPPER LA CONTRACTUALISATION
    Les pouvoirs publics font face à une demande croissante de produits agricoles. Or, les agriculteurs se font grignoter leur marge par l’amont et l’aval. La création de GIE, de groupements de coopérateurs et/ou de réelles coopératives permettraient de protéger ces marges. Etant donné le retard en la matière, une solution plus rapide6 serait de développer la contractualisation.

    La contractualisation consiste en le passage d’un accord entre agriculteur et entreprise agro-alimentaire. Elle avance aux agriculteurs les moyens de produire (fonds, semences, engrais, …), assure un appui technique et en retour leur achète leur production à un prix convenu.

    L’avantage est que ce n’est plus aux pouvoirs publics d’essayer d’organiser la production. Cette tâche est confiée aux filières. Au Maroc, le groupe français Avril a été chargé de produire de l’huile à partir de graines oléagineuses produites localement par contractualisation. « Pour emporter l’affaire, Avril s’est engagé à mettre sur pied une filière oléagineuse sur place, depuis la semence pour laquelle il apporte des conseils jusqu’à la fabrication de l’huile de table, de savon et de produits dérivés7 ». Les autorités marocaines ont même accordé un financement de plusieurs millions de Dirhams à ce groupe.

    ENCADRE : Le Maroc veut réduire sa dépendance au soja importé
    27 mai 2015 ANA Julie Chaudier.
    Au Maroc, l’agrégation est un concept très utilisé dans le secteur de l’agriculture qui compte un nombre considérable de petits producteurs et donc de petites productions quasi-artisanales. Le plus gros industriel de transformation ou le plus gros producteur prend en charge le rôle d’agrégateur : moyennant un soutien financier de l’Etat, il coordonne les producteurs, les soutient, leur fournit assistance technique, annonce le prix fixe en début de campagne (…). La culture du tournesol présente un intérêt pour les agriculteurs, car elle permet d’alterner avec les céréales pour ne pas épuiser les sols. « D’autres cultures, comme le maïs peuvent faire de même, mais elles n’offrent pas un marché stable, contrairement au tournesol, car dans le cadre du contrat programme nous annonçons un prix unique en début de campagne, ainsi qu’une assistance technique et l’approvisionnement en semences, engrais … Bien sûr, ce sont les agriculteurs qui paient. On leur assure également l’achat des récoltes sur champs et ils sont payés dans les 48 heures », explique Abdelali Zaz. En contrepartie de son rôle d’agrégateur, Lesieur Cristal a reçu des subventions pour ses investissements. Sur 148 millions de dirhams investis, près de 20 millions ont été offerts par l’Etat.

    La contractualisation existe déjà au niveau de certaines laiteries. Laiterie Soummam aide ses éleveurs à enrubanner leur fourrage, la mini-laiterie de Bassatine (Chélif) assure des soins vétérinaires gratuits aux éleveurs, la laiterie Djamous prend en charge les procédures administratives des éleveurs. Afin de garantir son approvisionnement la laiterie Wanis possède même deux fermes avec 100 vaches laitières. C’est dire le lien existant entre producteur et transformateur. Chacun ayant besoin de l’autre. En installant une unité de bétail la laiterie de Bassatine approvisionne prioritairement les éleveurs qui lui fournissent du lait, celle-ci les fidélise et les rassure. Elle leur offre même des facilité de paiement.

    Mesure pratique à prendre : Grâce à un mécanisme fiscal ou économique, généraliser à toute laiterie et fabrique d’aliments de bétail la mise en place d’un appui technique (phytotechnique, zootechnique et vétérinaire) aux éleveurs du bassin de collecte. Dans le cas des fabricants d’aliments de bétail, le service technique peut être également déployé vers les agriculteurs producteurs d’orge, féverole, pois et maïs approvisionnant l’usine.

    5-PERMETTRE UNE RECHERCHE AGRONOMIQUE ADAPTEE AUX QUESTIONS DE TERRAIN
    On s’aperçoit que pas mal d’innovations techniques ne proviennent pas des instituts techniques du MADR mais d’initiatives d’agriculteurs et de firmes agro-alimentaires.
    Exemples :
    -semis automatique en serre puis plantation mécanisée de la tomate industrielle,
    -enrubannage des fourrages, développement des pierres à lécher, abreuvement automatique dans les étables,
    -petits pivots d’irrigation (utilisés à El-Oued).

    Certes, les services agricoles ont fait connaître ces dernières années un fourrage tel le sorgho et ses possibilités d’irrigation grâce à des kits d’aspersion. Mais, hors irrigation, c’est à dire sur les plus grandes surfaces, il n’y a pas d’avancée significative. De nombreux résultats de la recherche agronomique locale restent inexploités. C’est le cas de l’utilisation de l’urée mélangé à l’orge en grain ou des pailles traitées à l’urée. Idem, concernant la technique de fabrication de blocs multi-nutritionnels.

    Mesure pratique à prendre : Le Ministre de l’agriculture pourrait ordonner la présence au sein des conseils d’administration dans tous les instituts techniques et stations agronomiques sous sa tutelle, de représentants des différentes filières agricoles. La même solution devraient être prise au niveau conseils scientifiques des universités en y faisant participer les élus des filières économiques locales.
    Une autre solution peut consister à la mise en place de subventions publiques au profit des sociétés privées réalisant de la recherche agronomique. Au lieu de financer des postes de chercheurs publics dont les résultats restent dans des tiroirs, les pouvoirs publics pourraient transférer au secteur privé une partie de ces crédits de recherche.

    6-STATUT FONCIER
    Plusieurs études montrent que des attributaires des EAI et EAC louent partiellement ou totalement leurs terres. Conséquences, les locataires n’ont pas de statut officiel et ne peuvent bénéficier des services agricoles et bancaires.

    Mesure pratique à prendre : Autoriser, sous réserve de paiement d’un impôt, le droit à la location de terre par les attributaires. Il s’agit de définir un droit de fermage par région selon la qualité du sol et les possibilités locales d’irrigation.

    CONCLUSION
    Des solutions techniques existent. Mais pour cela, il faut que :
    -nos ingénieurs agronomes se renseignent sur ce qui se fait à l’étranger8 ; il faudrait pour cela qu’ils aient plus accès à des revues agricoles pratiques de base et aux voyages d’études de terrain (exploitations, coopératives, sociétés de transformation, …).
    -nos ingénieurs agronomes spécialisés en élevage ruminant, volaille, en culture des céréales, en culture fourragères, en machinisme, en sociologie rurale DIALOGUENT ENTRE EUX. Actuellement, chacun semble isolé dans une tour d’ivoire et aborde les questions par « le petit bout de sa lorgnette ». Le spécialiste en fourrage connait bien les espèces fourragères de légumineuses mais pratiquement pas les crucifères. Le spécialiste en machinisme ne sait pas que pour le phytotechnicien, le semoir direct fourrager est un outil primordial. Le phytotechnicien ne connaît pas toujours les impératifs socio-économiques analysés par l’agro-économiste et qui poussent l’éleveur à continuer à perpétuer un système de cueillette (jachère pâturée) totalement dépassé et d’un autre âge.
    Il y a là certainement un problème de communication et de formation continue. Sur le terrain, des clusters peuvent permettre de réunir autour d’une table tout ce petit monde.

    Des solutions socio-économiques existent : dynamisation d’une réelle coopération agricole, développement de la contractualisation, réforme du statut foncier avec légalisation du droit au fermage, intégration des industriels de la filière dans la recherche agronomique. Parmi toutes ces voies, la contractualisation est particulièrement intéressante dans la mesure où des résultats rapides peuvent être obtenus. Dans le cas des laiteries du Chéliff, on assiste même à un début d’intégration verticale. Par ailleurs, la contractualisation peut permettre l’utilisation d’une expertise étrangère comme dans le cas du contrat entre SIM et Sanders.

    C’est au Ministre-Agronome9 chargé du MADR à prendre les décisions nécessaires. Pour cela, il doit s’appuyer sur un staff technique compétent assurant une veille technologique permanente.

    Enfin, de leurs côtés, agriculteurs et dirigeants des sociétés en amont et aval du secteur doivent s’entendre sur le moyen de se partager équitablement la rente liée aux produits de l’élevage. Faute de quoi, la pérennité de la filière lait ne sera pas assurée. Ne restera plus que l’importation de lait en poudre ou faire comme nos aînés dans leur jeunesse : le matin, tremper des figues sèches et du pain dans de l’huile d’olives…

    NOTES :
    1-A la population locale, il s’agit de tenir compte de la contrebande aux frontières qui amplifie la demande locale. A cela rajoutons une immigration sud-saharienne qui ne fera que s’amplifier les années à venir.
    2-Le sursemis consiste à semer des espèces fourragères sans labourer une parcelle de terre.
    3-Un semis à la volée peut être réalisé par un épandeur de gfranulé anti-limaces disposé sur une herse ou un quad.
    4-L’avoine est une espèce particulièrement prisée du fait de sa facilité de germination même lorsque le lit de semences est grossier.
    5- A noter l’expérience de la société constantinoise Axium qui produit des semences de vesce en utilisant comme tuteur de la féverole.
    6- La coopération agricole doit être bâti grâce à des élites paysannes et rurales. Les incessantes réformes agricoles depuis l’indépendance ont gêné l’émergence et la consolidation de ces élites. Mais, elles se développent malgré tout.
    7- « Avril crée une filière huile au Maroc avec Lesieur Cristal » Marie-Josée Cougard – Les Echos | Le 27/05/2015
    8- A notre connaissance, l’enrubannage des fourrages n’est pas une méthode qui a été fait connaître par la recherche agronomique locale, mais par un groupe d’investisseurs.
    9- Pour la première fois de son histoire l’Algérie a un ministre de l’Agriculture issu du corps des agronomes et qui est issu des cadres du Ministère.

  18. Agronome Says:

    ALGERIE : PRODUIRE DE L’HUILE DE COLZA OU DE TOURNESOL SUR L’EXPLOITATION
    Djamel BELAID 12.10.2015

    A plusieurs reprises nous avons exposé dans ces colonnes l’idée pour des producteurs algériens de colza ou de tournesol la possibilité de presser leur récolte sur leur exploitation. Il suffit pour cela d’une presse mobile achetée à plusieurs qui se déplacerait de ferme en ferme. Ce schéma est décrit dans l’article qui suit. Certes, il ne s’agit pas là d’obtenir de l’huile pour mettre dans les réservoirs des tracteurs mais de produire de l’huile de table. Dans ce cas là, il faudrait que des groupements de producteurs réussissent à arracher aux pouvoirs publics les aides financières attribuées aux raffineries d’huile brute. Cette démarche s’inscrit dans le cadre de la protection des marges des agriculteurs. Elle pourrait également avoir lieu concernant le blé tendre et le blé dur. Seule la constitution de groupements de producteurs assurant l’approvisionnement ou la collecte et la vente ainsi que dans cette exemple la transformation peut garantir des marges rémunératrices aux exploitations. D’autant plus que se dessinent à l’horizon la menace de l’adhésion de l’Algérie à l’OMC et donc la libre importation de blé par les minoteries et semouleries. Dans le cas de l’importation actuelle de la poudre de lait par les laiteries privées, si la baisse du prix de cette poudre sur le marché international est une aubaine pour les laiteries, c’est une catastrophe pour les élevages. ps/ Cette expérience se base sur un réseau pré-existant. Celui des cuma (COOPERATIVE D’UTILISATION DU MATERIEL AGRICOLE). LIRE:

    LA PRODUCTION D’HUILE CARBURANT EN CUMA: LA CO-CONSTRUCTION D’UN OUTIL ET DE SON TERRITOIRE

    Communication colloque SFER des 28 et 29 février 2008
    PIERRE Geneviève Maître de conférences Département de géographie Université d’Angers UMR ESO 6590 –CARTA Angers genevieve.pierre@univ-angers.fr

    Résumé :
    Cette étude de cas portant sur la construction d’un objet de développement agricole, la presse à huile mobile départementale du Maine-et-Loire, en CUMA, s’inscrit au croisement de thématiques liées aux agro-carburants, à l’autonomie agricole, aux circuits courts. En quoi la structure coopérative CUMA, par son mode de fonctionnement, par les projets qu’elle met en œuvre, à forte dimension expérimentale et sans recherche de profit, permet-elle une co-production et co-construction d’un outil et inscrit-elle ses projets dans une logique territoriale très différente de la filière longue ? Le rôle des acteurs territorialisés est fondamental pour comprendre la coconstruction de l’outil, sa territorialité, voire sa territorialisation
    Cette communication s’inscrit dans l’axe II (coopératives, développement et territoire) du colloque, bien qu’elle relève d’un contrat de recherche « économie sociale et solidaire et territoire », dans une définition prise au sens large1 (non capitaliste, non gérée par des fonds publics, dans des structures juridiques associatives ou coopératives ; Defourny & Monzon-Campos dir., 1992). Ce sujet se trouve à la confluence de plusieurs thématiques : le rôle des structures coopératives « CUMA2 » ( Draperi J.-F. & Touzard J.-M., 2003) dans les projets de développement local et de territoire, en lien également avec une réflexion sur l’économie sociale, les questions d’énergies nouvelles, des « agro-carburants », l’évolution des systèmes de production agricole et des pratiques culturales à travers la recherche d’autonomie alimentaire, de circuits courts, de relocalisation économique. La dimension territoriale est au cœur de la réflexion. Cette étude de cas, centrée sur la presse à huile mobile départementale du Maine-et-Loire, est une analyse de la construction territoriale d’un projet de développement agricole en CUMA et de ses temporalités. Dans ce projet, l’encadrement institutionnel agricole peut apparaître fort, du fait de l’intervention du réseau pré-construit « Chambre », et des réseaux associatifs et coopératifs : le réseau CUMA, à partir de la FD CUMA (fédération départementale). Parallèlement, le fonctionnement CUMA fait appel très fortement au réseau de ses acteurs locaux (les CUMA locales) et existe surtout par cette dynamique locale et les relations horizontales, d’acteurs à acteurs, de CUMA à CUMA, plus que sur la logique descendante ou hiérarchique. Le rapport acteurs/institutions est donc intéressant à observer, dans une dynamique de co-construction. Par nature, les projets agricoles s’inscrivent dans une assise – si ce n’est une réflexion – territoriale forte : le sol, la terre, ne sont pas délocalisables même si l’agriculture a eu tendance à se « dé-territorialiser ». Les systèmes de production, les bassins de production définissent une emprise spatiale forte et sont des données à temporalités d’évolution assez lente, notamment lorsqu’il est question d’élevage herbager. Cependant, ce projet local de production de biocarburant procède d’une dynamique de groupe visant à l’autonomie agricole, alimentaire et énergétique, par un

    I) Contexte et méthodes : l’importance des CUMA dans les projets agro-territoriaux innovants
    A) Le contexte
    L’étude de cas de la mise en place de la presse à huile départementale en CUMA du Maineet-Loire doit être replacée dans le contexte géographique plus large de l’ouest de la France et de la France en général, à partir des outils de production d’huile végétale pure en CUMA et de la production de la matière première : le colza. Certes, les CUMA n’ont pas le monopole de l’utilisation des presses à huile par les agriculteurs. Notre enquête s’est limitée au réseau CUMA parce que c’est un exemple de filière courte organisée en réseau, récente, dont l’information est relativement accessible (sources FD CUMA, FR CUMA et FN CUMA) ; il n’existe pas de recensement des presses à huile végétale pure « hors CUMA ». Parallèlement, cela montre l’importance des CUMA dans l’émergence de projets de développement agricole et de territoire innovants.

    L’outil permet la production d’huile végétale pure qui, mélangée au diesel à 30 % maximum (et sur des moteurs relativement anciens), sert de carburant d’appoint pour les tracteurs et peut êtrre égalemetn utilisée dans des chaudières pour le chauffage. La presse à huile départementale du Maine-et-Loire est un outil « semi mobile3 », sillonnant le département. Elle produit de l’huile et du tourteau pour l’alimentation du bétail : seuls les adhérents (agriculteurs, collectivités locales) peuvent utiliser l’huile en carburant ou produire le tourteau pour la consommation animale. L’utilisation de l’outil concerne 73 adhérents (source FD CUMA , février 2007). La première saison, 2005/2006, a été essentiellement expérimentale. L’année 2006/2007 est la première année de pleine activité de la machine. La presse à huile départementale du Maine-et-Loire est la première grosse presse mise en place en CUMA départementale dans l’ouest, devant répondre à une forte exigence de qualité et à une certaine dimension productive. Sa capacité prévisionnelle de production est de 270 000 litres, pour une capacité technique de 350 000 litres par an. On peut produire 1000 à 1200 litres par jour, pour une année moyenne de 300 jours de production par an. Sa mise en place, à partir de fin 2005, correspond à une volonté de substituer au fuel cher une énergie meilleur marché et occasionnant moins de dépendance, au moment où les prix des matières premières agricoles (colza, tournesol), sont encore assez bas. Cette presse a été innovante par sa capacité de production et son débit à l’heure, par le plateau sur lequel elle est installée, permettant sa semi-mobilité, et par son système de filtration. Le tourteau fermier produit est jugé de très bonne qualité, peu gras. Il existe une liste d’attente de 20 agriculteurs pour utiliser la machine. Depuis, d’autres presses à huile ont été acquises dans l’ouest, mais peu ont une capacité supérieure à celle du Maine-et-Loire : la presse à huile semi-mobile du Calvados, plus récente, a une capacité technique équivalente. Depuis février 2007, une presse fixe de forte capacité est installée dans les Côtes d’Armor, dans une CUMA « locale » ; son objectif est de produire 500 000 litres à terme. Dans la très grande majorité des cas, les presses à huile des CUMA de l’ouest sont de petites presses mobiles (de 50 à 100 kg/heures de capacité), transportables en remorque tractée par une voiture ou une camionnette (Morbihan, Mayenne, Loire-Atlantique) voire, pour les plus anciennes, dans un coffre de voiture.

    B) L’importance du réseau, des structures CUMA, dans la co-construction de l’objet et de son territoire

    Le réseau CUMA représente avant tout une structure coopérative fédérative, engagée dans une dynamique de co-production d’un outil de développement (Guigou, 1998) entre structures et structures/acteurs, et une dynamique de co-construction, qui nécessite une réciprocité entre acteurs (Di Méo, 1996).

  19. Agronome Says:

    AUTOSUFFISANCE EN BLE DUR : LES INCOHERENCES DE L’OAIC
    Djamel BELAID 3.10. 2015

    Le DG de l’Office algérien interprofessionnel des céréales a déclaré courant août 2015 que « l’autosuffisance en blé dur tributaire de la superficie irriguée». Certes, l’irrigation est un facteur décisif de rendement en conditions semi-aride. Cependant, ce raisonnement reste partiel. Il existe d’autres facteurs essentiels à l’augmentation des rendements.

    IRRIGATION, COURRIR APRES LES MIRACLES

    En privilégiant l’irrigation le DG de l’OAIC met une croix sur le semis direct. Or, que ce soit aux Maroc, en Tunisie ou en Algérie, des essais mais aussi la pratique de grandes exploitations céréalières montrent que :
    -seul le semis direct sans labour, en année sèche, est en mesure de permettre un rendement correct (il faut savoir qu’en année sèche les fellahs n’arrivent même pas à rembourser les crédits Rfig),
    -seul le semis direct en écartant l’opération longue et couteuse du labour permet de réduire les coûts de mécanisation (il faut savoir que la céréaliculture n’est rémunératrice que parce que les pouvoirs publics achètent au fellah le blé 40% au dessus du prix mondial),
    -seul le semis direct permet d’emblaver de grandes surfaces de céréales en respectant les dates de semis optimales. Il faut savoir qu’en Algérie les semis persistent en décembre alors qu’ils devraient être terminés un mois auparavant.

    En ignorant cela, l’OAIC rend un mauvais service à la production des céréales en Algérie. Le combat de Mr Belabdi devrait être que des semoirs pour semis direct made in DZ voient le plus vite le jour.

    DONNER AU FELLAH UNE CANNE A PECHE

    Tout un chacun connait le principe : il faut mieux donner à quelqu’un qui a faim une canne à pêche qu’un poisson. Ce principe est à appliquer en zone céréalière. C’est aux CCLS de se préoccuper des nouvelles techniques pouvant permettre de produire plus et moins cher dans leur zone.
    Pour adapter une gestion efficace, ce n’est pas à la tutelle à partir d’Alger de décider de la façon dont le fellah doit cultiver. C’est au fellah réunit au sein d’un conseil d’administration de sa coopérative de demander aux techniciens céréaliers de leur indiquer les meilleurs itinéraires techniques. C’est ainsi que fonctionnent les coopératives céréalières à travers le monde. Que ce soit en France, Nouvelle-Zélande ou Australie. Il n’y a qu’en Algérie que nous faisons autrement. Et chacun connait le résultat : des importations croissantes de céréales.

    PRODUCTION DE CEREALES, IRRIGATION MAIS AUSSI NEURONES

    Nous n’appelons pas ici au démantèlement de l’OAIC. D’autres s’en chargent en appelant à l’adhésion de l’Algérie à l’OMC. Une partie de la céréaliculture marocaine à été ruinée suite à cette adhésion. Les écrits en ligne des agro-économistes Jean-Louis Rastoin et El Hassan Benabderrazik de l’IPEMED en témoignent. Nous conseillons à chacun leur analyse des filières céréales et oléagineux au Maghreb.

    La question est autre. Il s’agit de faire évoluer le statut des CCLS pour en faire de réelles coopératives. Actuellement ce ne sont que des dépôts et silos d’un office : l’OAIC. Parler à leur propos de « coopérative » c’est dévoyer le sens de ce terme. C’est tromper les paysans algériens sur ce que peut être une vraie coopérative.

    Arriver à de réelles coopératives céréalières n’est pas choses aisé pour un produit si peu banal que le blé. C’est qu’en Algérie, « le blé et donc le pain est un plat ». Aussi, c’est aux intervenants de la filière céréales de se pencher sur la question afin de trouver les solutions les mieux adaptées à nos conditions, aux conditions de l’heure et aux conditions du plus grand nombre : agriculteurs comme consommateurs.

    On le voit, l’irrigation n’est qu’un paramètre de l’équation. Il est navrant de constater que la direction de l’OAIC n’ait qu’une vue partielle de la question. Certes, l’OAIC est un office sous tutelle et on ne peut accabler son DG. Comme on ne peut accabler Mr Bouterfa DG de Sonelgaz qui croule sous les dettes et dont la tutelle interdit à toute augmentation de tarifs.

    Le réveil sera brutal. Autant se réveiller le plus tôt et en douceur…

    • AIT -ABDERRAHIM Mahmoud ( Agriculteur/ éleveur ) Says:

      L’irrigation d’appoint est un mal necessaire , mais largement insuffisante , sa rentabilité est à étudier sur le temps en englobant l ‘ensemble des paramètres

      Vos propos concernant le semis direct sont trés insuffisants , vous ne parler que de ses avantages sans citer ses inconvénients
      Etes vous actionnaire d’un fabricant de semoirs direct , ou d’entreprise préconisant le désherbage a hte dose qui est d’ailleurs favorisé par le semis direct .

      Avec le changement climatique , nos paysans vont devoirs se transformer en Eco- polytechniciens .

      Je trouve scandaleux que vous nous relégué ( dans votre sois disante dream team a la con ) en ramasseurs de balles .

      Quelle est la profession ou le secteur d’activité qui n est pas directement ou indirectement subventionné , le fait de dire que les pouvoirs public achete le ble à 40% AU DESSUS DU MARCHE MONDIALE EST UNE BELLE DIVAGATION D’INTELECTUEL DE BUREAU SANS ENPRISE SUR LA Realité DU TERRAIN.

      Je ne vois vraiment pas pourquoi on devrait fixer le prix du ble payé a nos agriculteurs en fonction du prix du marché mondial , vous devez surement savoir que seul 10% DE LA PRODUCTION MONDIALE EST COMMERCIALISé !!!!

      La signature des accords de l ‘omc sonnerra le glas de votre dream team ainssi que de votre pma et du complexe tracteurs de constantine qui sans les paysans algériens aurait probablement fait faillitte bien avant les paysans qui seront forcément s’adapté .

      Il serait d’ailleurs pertinent de savoir si ses deux entreprises arrivent a exporter leurs produits à l’étranger ,,,,???//§§§§!!!

      Beaucoups de salariées ( pour ne vexer personnes ) qui sont par ailleurs largement subventionné ne se sentent pas concernées par tous les efforts que font au quotidien nos agriculteurs , l’algérie continuent de distribuer des salaires sans contrepartie de résultats ou de performances .

      Semis direct sur des terres qui sont aprés l’été durs comme du béton , vous ne pouvez pas parler d’agriculture sans parler d’élévage , de surpaturage , de sous developpement chronique , de faiblesse de la formation , de l’age avancé de la majeur partie de nos agriculteurs , du risque agricole , de l’inexistence de la diversité d’offre bancaire et de la faiblesse de notre systéme assurentiel face aux risques agricoles que prennent vos rammasseurs de balles !!!!!

      Pensez vous sérieusement que les cadres , les pseudo intelectuels , les directuuur et sous directuuurs , les chercheurs et univesitaires , les techhhhniciens prennent autant de risques que les agriculteurs et les éleveurs.

      Combien de directuuur , cadres , chercheurs et techniciens ont pris le risque de créer des entreprises ou des exploitations agricoles performantes , et je ne parlent pas des brevets et inventions qui auraien dut irriguer notre espace socio-économique .

      Les agriculteurs et eleveurs algériens , malgré nos faiblesses et handicaps sont parmi les rares a créer véritablement de la valeur durable et le ratio CA/emploi créer et/ou CA/VALEUR crée EST SUREMENT BIEN PLUS élevée que la plus performante de nos entreprises.

      Vous passez votre temps a nous chauffer les oreilles avec votre semis direct . les investissements dans l’agriculture (malgré les discours péremptoirs ) de certains politiciens sont en réalité faible voir dérisoire en comparaisons aux autres secteurs qui d’ailleurs ne rapportent rien ou pas grand choses en valeurs réelle et durable.

      Quand au club 50 , ca fait sourire tous les tiarétiens et tiarétiennes…. qui se transforment pour le coup en philosophes et sages …

      • Agronome Says:

        Si Ait-Abderrahim, je vous remercie pour votre intervention. J’y répondrais plus tard plus longuement.
        Quelques remarques préliminaires cependant:

        1- Je ne prends pas les agriculteurs pour de « simples ramasseurs de balles ». J’ai voulu dire que certains les considèrent ainsi. Où sont les coopératives céréalières algériennes dignes de ce nom où, c’est le conseil d’administration qui recrute le directeur.

        2- Je vous remercie de votre remarque sur le problème de la compaction des sols liés au piétinement des moutons. Vous êtes le premier à avoir attiré mon attention sur cette question, moi qui m’intéresse au semis direct (SD). A ce propos, je vous remercie de vos témoignages venant du terrain (sachez qu’il y pas de gens qui vous lisent et apprécient vos interventions pleine de réalisme de terrain). Un fellah marocain qui a ce problème de compaction avec son semoir pour SD propose que devant le disque ouvreur soit installée une dent pour travailler le sol (on se rapproche là un peu du système dit « strip till » inventé par des fellahs US semant du maïs). Des chercheurs tunisiens ont noté le même problème de compaction. Ils écrivent dans un article que vous pouvez trouver sur internet:

        Semis direct et semis conventionnel en Tunisie : les résultats agronomiques de 10 ans de comparaison [2011]
        H. Angar*, H. Ben Haj Salah* et M. Ben-Hammouda**

        (…) A côté de ces résultats en faveur de cette technique, qui ne cesse de gagner du terrain en Tunisie, quelques difficultés liées au compactage du sol ont été rencontrées essentiellement au niveau des 5 premiers centimètres. La forte pression exercée par le cheptel ovin sur les résidus des cultures reste l’obstacle majeur du semis-direct en Tunisie.

        Vous voyez votre remarque nous intéresse. Personnellement, je comence à faire des recherches pour proposer des solutions.

        3 – A mon humble avis, cette situation vient aussi du fait que l’élevage prend toute la paille et les chaumes. Ces résidus de récolte devraient être ré-enfouis dans le sol. Nous pratiquons une agriculture « minière ». On prend, le grain, la paille et les chaumes. « Hedha mounekar » a dit un agronome sur une vidéo sur le SD (voir Algérie agriculture de conservation Part 1 et Part 2).

        4- Je reviendrais plus tard sur d’autres points que vous soulevez.

        ps: pourquoi ne produisez vous pas des semences d’avoine? (vous disiez ne pas en trouver dans une autre intervention).

        ps: pour vos moutons vous devriez semer du colza dès la fin d’août. On peut le pâturer jusqu’aux gelées. Autre idée, pour 500 gramme d’orge concassée donnés à vos moutons mettez 20 grammes d’urée 46% (engrais azoté ). Habituez les doucement. Vous verrez la différence… J’ai fait ça à KaÏs quand je travaillais sur le terrain. Les éleveurs dans la rue me demandaient à chaque fois « ad-dgig labiod » (la semoule blanche).

        ps: une suggestion en or. Achetez un petit moulin et commencez à produire de la semoule et de la farine et du nekhala pour vos moutons. Et demandez au houkouma de vous verser (moyennant un contrôle) les mêmes compensations que reçoivent les minoteries de Groupe Benamor, SIM et les autres… pour ce travail. Irréalisable allez vous me dire. Certes, pour le moment. Mais si vous vous groupez à 5 – 6 ou 20 céréaliers ou tach’ kiwe vous aurez plus de force. Il y a des producteurs de lait DZ qui vendent directement leur lait dans leur magasin (halab), développez la transformation de vos grains! Faites de l’intégration verticale pour préservez vos marges.

  20. ratuma Says:

    http://franquet.com/entreprise-edito/histoire-de-lentreprise-franquet/

    un peu de pub !!! mais je ne suis pas spécialiste ….. Et j’aime bien les percherons pour tirer

    il doit y en avoir d’autres en France –

    bon courage à tous –

  21. Agronome Says:

    ORGE – AVOINE

    CCLS CONSTANTINE, FAIBLESSE DE LA COLLECTE

    djam.bel@voila.fr 7.08.2015

    Selon Le Quotidien d’Oran, la CCLS de Constantine connait une faible collecte d’orge et d’avoine. Ainsi, seuls 3919 qx d’orge ont été collecté contre une production estimée à 74 000 qx. Concernant l’avoine ces chiffres sont respectivement de 282 qx pour 8842 qx produits.

    Cette situation s’explique par la tension sur le marché des aliments du bétail et de la semence. Les producteurs semblent préférer garder leur production pour leur propre cheptel ou pour la revendre à des tarifs plus rémunérateurs. Cette situation particulière amène à rechercher quelles pourraient être les meilleures formes de commercialisation de ces produits.

    UNE SITUATION INQUIETANTE ?

    Cette situation est-elle inquiétante ? Oui, si on se place du côté de la CCLS. Celle-ci doit être en mesure de répondre à la demande à venir en orge et avoine comme aliment du bétail et comme semences. La CCLS locale comme toute CCLS a pour rôle de fournir les agriculteurs.

    Apparemment, un marché hors CCLS existe. Faut-il blâmer les agriculteurs? A chacun de juger. Il nous semble que face à la demande en ces deux produits le rôle des CCLS est d’aider les agriculteurs à produire plus et cela pour le plus grand nombre.

    Pour les agriculteurs qui ont conservé leur production d’orge ou d’avoine, la première priorité est de la conserver dans de bonnes conditions. Pour cela, les services agricoles, en collaboration avec des constructeurs locaux devraient les aider à se procurer du matériel de stockage : cellules métalliques, convoyeur, vis sans fin. Pour ceux qui conditionnent leur propre semence, ces mêmes services agricoles devraient aider les producteurs à acquérir :

    -des trieurs afin de séparer les grains de céréales des graines de mauvaises herbes et des diverses impuretés,

    -des appareils de traitements des semences afin de leur apporter insecticides et/ou fongicides (parfois une simple bétonnière peut permettre ce mélange).

    Certes, ces opérations requièrent une certaine technicité. Il s’agit également pour chaque agriculteur producteur de « semences de ferme » de renouveler chaque année auprès de la CCLS une partie de ses semences afin d’éviter tout processus de dégénérescence.

    Il nous semble qu’au lieu de regretter que les agriculteurs ne leur confient pas leur production, les cadres et employés des CCLS devraient apprendre aux agriculteurs les techniques de production de semences.

    Par ailleurs, les cadres et employés des CCLS devraient apprendre aux agriculteurs comment mieux valoriser l’orge. Chacun sait que l’orge concassée est mieux utilisée par les ruminants. Mais peu savent que de l’urée 46% (engrais azoté) peut être apporté dans les rations comportant de l’orge. Et cela à raison de 20 grammes d’urée pour 500 grammes d’orge.

    L’urée apporte de l’azote que la microflore des ruminants (ovins, bovins, caprins) sait utiliser contrairement aux monogastriques (volailles).

    CCLS : « RAZK EL BEYLIK »

    Cette situation de collecte réduite d’orge et d’avoine au niveau de la CCLS de Constantine mais aussi d’autres régions illustre à notre avis, le divorce qui peut exister entre les intérêts des agriculteurs et des structures administratives telles les CCLS.

    Rappelons que les CCLS sont des antennes de l’OAIC qui est un office public. Bien que les CCLS portent le nom de « coopératives », elles ne sont en rien de vraies coopératives. Par définition dans une coopérative, les murs et le matériel appartiennent aux sociétaires car en achetant des parts sociales, ils en sont devenus propriétaires ; par ailleurs, le directeur est nommé par les agriculteurs et non pas nommé par la tutelle.

    Actuellement dans l’esprit des agriculteurs les CCLS sont considérés à juste titre comme structure publique « razk el beylik ». Nous pensons que cet état d’esprit est un obstacle au développement agricole. Dans une vraie coopérative, la question de la collecte de l’orge et de l’avoine serait débattue entre sociétaires. Des solutions pourraient être trouvées.

    ORGE, PASSER D’UN MARCHE FORMEL A UN MARCHE OFFICIEL

    Etant donnée la tension actuelle sur le marché de l’orge et de l’avoine, des solutions originales seraient à trouver.

    Précisions qu’une vraie coopérative – nous préférons employer dans un premier temps le terme de groupement de producteurs – ne réunirait pas tous les agriculteurs d’une petite région. Bien sûr nous ne sommes pas naïf, nous sommes conscient des intérêts contradictoires au sein des sociétaires. Mais une coopérative est le prix à payer pour survivre. Elle réunirait, dans un premier temps les agriculteurs les plus conscient de la nécessité de mettre leur force en commun au niveau de la commercialisation de leurs productions ou de leurs achats.

    Les solutions à trouver se feraient aux yeux de tous. Elles se feraient au niveau d’une structure officielle et non dans l’informel comme actuellement. Certes, il y aurait des tensions. En effet, les éleveurs sans terre seraient demandeurs de grosses quantités d’orge. La fixation d’un prix libre de marché permettrait de les départager.

    Parmi les membres du gouvernement, certains ministres dont Mr Belaib ont clairement indiqué la nécessité de parler un langage de vérité au « peuple algérien » à propos de la balance entre avantages et inconvénients à attendre d’une adhésion future de l’Algérie à l’OMC.

    Concernant les CCLS et la commercialisation des céréales, en cas d’adhésion de l’Algérie à l’OMC, les opérateurs algériens auraient le libre choix de l’importation de céréales. L’OMC se base sur les seules forces du marché concernant la commercialisation des produits agricoles. Cela signifierait l’arrêt du monopole du commerce de céréales par l’OAIC et donc de profonds remaniements au sein des CCLS. Qu’en serait-il de leur activité de collecte de l’orge, de l’avoine mais également du blé ?

    Depuis 2005, le Maroc a adhéré à l’OMC, ce qui a amené à la réduction considérable de l’office marocain des céréales.

    GROUPEMENTS DE PRODUCTEURS, UNE ALTERNATIVE AU CENTRALISME ADMINISTRATIF

    Etant données ces évolutions probables du marché des céréales en Algérie, il nous semble nécessaire de se projeter dans le futur. Cela est nécessaire à tous les niveaux : céréaliers, éleveurs, cadre et employé de CCLS.

    Les intérêts des céréaliers et éleveurs peuvent être divergents. Les céréaliers peuvent être intéressés par des rotations longues comprenant des oléagineux (tournesol et colza) alors que les éleveurs et notamment les éleveurs avec peut de terre peuvent être intéressés par des tourteaux importés à bas prix.

    Dans tous les cas, que ce soient cadres ou employés de CCLS, céréalier ou éleveur, petit paysan ou gros propriétaire terrien et membre des élites rurales ou simple chômeur chacune de ces composantes a intérêt à l’émergence de groupements de producteurs. Seuls de telles structures sont en mesure de défendre leurs marges, de valoriser les productions locales et de créer de l’emploi en milieu rural.

    La recherche de solution à la question posée par le directeur de la CCLS de Constantine, à propos de la collecte de l’orge et de l’avoine dans son secteur peut être l’occasion à imaginer de nouvelles formes de solidarités entre producteurs. Face à l’OMC et à l’application intégrale dès 2020 de l’Accord d’Association Economique Algérie-Union Européenne, le plus vite sera le mieux.

    Nb : il s’agit là d’une réflexion que nous serions heureux de prolonger avec ceux qui nous font l’amitié de nous lire. Leurs commentaires sont les bienvenus.

  22. Agronome Says:

    AVICULTURE

    VERS UNE REDYNAMISATION DU SECTEUR

    djam.bel@voila.fr 6.08.2015

    Rencontrant en ce début de mois d’août des producteurs puis le Conseil Interprofessionnel de l’Aviculture, le Ministre de l’Agriculture a souhaité une meilleure efficacité de la filière. Il a ainsi exprimé le souhait d’un « développement durable » de cette filière stratégique pour la fourniture de protéines animales aux ménages.

    RATIONALISER L’ORGANISATION DES ELEVAGES AVICOLES

    Par « développement durable », le Ministre entend notamment aller vers l’officialisation de l’activité de nombreux éleveurs. Souvent ceux-ci utilisent des serres comme poulailler et nombreux sont ceux qui agiraient dans le secteur informel.

    Rendant compte de l’activité ministérielle, Amokrane H donne différentes informations dans le quotidien Horizon du 6 août. Il apparaît qu’une des contraintes rencontrées par les éleveurs concerne le prix de l’aliment pour volailles. Selon des éleveurs la suppression de la TVA sur le maïs et les tourteaux de soja importés profitent plus aux importateurs et fabricants d’aliments pour volailles qu’aux producteurs et consommateurs.

    A ce propos les niveaux de prix sont un indicatif du rapport de force exercé par les intermédiaires. Les éleveurs cèdent actuellement leurs produits à 170 DA/kilo contre 360 DA/kilo concernant les bouchers.

    Les producteurs réclament l’intervention des pouvoirs publics afin de les protéger des risques de baisse des prix.

    REVENU DES AVICULTEURS, CERNER LES VRAIS PROBLEMES

    Il est quelque peu étonnant que les aviculteurs réclament l’intervention des pouvoirs publics afin de protéger leur revenu sans même essayer de s’organiser. La puissance publique intervient déjà avec la suppression de la TVA sur l’aliment volailles. Par ailleurs, est-ce à l’Etat de s’occuper de ce dont se nourrissent les poules ? N’est ce pas le rôle de l’inter-profession ?

    Comme noté plus haut, ce ne sont ni les éleveurs ni les consommateurs qui profitent de la baisse de la TVA sur les importations de maïs et tourteau de soja. On atteint là les limites de l’action de la puissance publique.

    Aussi, il nous semble que c’est aux producteurs à s’organiser et accessoirement aux consommateurs de développer des AMAP. Aux producteurs à s’organiser en groupements de producteurs afin de produire leur propre aliment volaille. S’il y a une chose à demander aux pouvoirs publics, les représentants des éleveurs ont à demander au MADR de pouvoir bénéficier des mêmes avantages que les importateurs. Enoncée ainsi, cette proposition semble irréelle et bien ambitieuse vu les rapports de force actuels entre importateurs et éleveurs.

    Mais n’est ce pas là la question centrale ? Si des groupements d’éleveurs organisés librement sur la base d’une adhésion volontaire à un tel programme de production d’aliments pour volailles, les marges des éleveurs seraient meilleures. Ainsi, la suppression de la TVA bénéficierait au plus grand nombre.

    Il faut signaler qu’à l’étranger de tels groupements existent. Ils achètent une partie de la matière première aux céréaliers et assemblent dans leurs ateliers les différentes formules selon les besoins des élevages de poulets de chair ou de ponte. Lorsque de telles structures ont la taille suffisante, elles recrutent même des vétérinaires et techniciens qui assurent un appui technique au niveau des élevages des sociétaires.

    Si M le Ministre souhaite réellement solutionner de façon « durable » la protection du revenu des aviculteurs, il doit encourager ce type de démarche. De tels groupements ont toute leur place à côté des fabricants privés d’aliments, des Cassap et des grossistes. Ainsi organisés, les producteurs permettraient de faire jouer une saine concurrence. L’ONAB pourrait apporter au départ une aide technique à de tels groupements.

    De tels groupements pourraient également enrichir leur activité par des achats groupés de médicaments vétérinaires mais également par le développement de moyens pour la conservation des produits avicoles voire même la vente directe aux consommateurs et collectivités locales.

    ALIMENT VOLAILLE, 100% IMPORTE

    Arriver à un développement « durable » de la filière passe également par une réduction du poste des importations de maïs et de tourteaux de soja nécessaires à la confection de l’aliment pour volailles.

    La production locale de maïs est insignifiante malgré les efforts de l’OAIC et l’ITGC. Cette culture réclame beaucoup d’eau. Outre la maîtrise de son itinéraire technique peu familier pour les agriculteurs, cette culture nécessite une irrigation de type goutte à goutte. Quant au soja, il est pratiquement inexistant localement.

    Maïs et tourteaux de soja sont produits par des agriculteurs européens et américains au niveau d’exploitations agricoles à la forte productivité.

    Produire ces matières premières localement nécessite une politique de subventions publiques qui risque d’être remise en cause dès 2020 par l’application intégrale de l’accord d’association DZ-UE et par une éventuelle signature de l’Algérie à l’OMC. Par ailleurs, les producteurs américains développent de fortes pressions afin de placer leur tourteau dans les pays du Maghreb. Un accord avec le Maroc existe déjà depuis plusieurs années . Cet accord a ruiné la jeune industrie locale de trituration de graines oléagineuses produites localement et a entraîné la baisse des superficies de tournesol et colza.

    En effet, le tourteau de tournesol ou de colza peut être remplacé dans la fabrication d’aliments pour bétail par le tourteau de soja. Celui-ci, même importé, étant moins cher que le produit local, les importateurs marocains se sont détournés de la production locale. Celle-ci ne pouvait plus être subventionnée selon les termes de l’adhésion à l’OMC. La seule loi applicable devant être celle des forces du marché. Seule l’application d’une TVA est acceptée.

    FILIERE AVICOLE, DES QUESTIONS CONJONCTURELLES ET STRUCTURELLE

    Assurer un développement « durable » de la filière avicole nécessite donc des actions dans différentes directions1. La volonté du MADR d’arriver à ré-intégrer dans le giron de la filière les aviculteurs agissant dans l’informel est à saluer. De même que la volonté de développement les moyens de conservation des produits avicoles.

    Comme dans de multiples filières agricoles, il s’agit de protéger les marges des aviculteurs. Cela en encourageant la mise en place de groupements de producteurs.

    Par ailleurs, il s’agit de renforcer les capacités de production locale de substituts au maïs et au soja. L’orge, les triticales, la féverole, le tournesol et le colza peuvent permettre partiellement cette substitution. Des itinéraires adaptés2 peuvent permettre la réussite de ces cultures. L’utilisation d’enzymes agissant sur les facteurs anty-nutritionnels peut également permettre d’utiliser plus d’orge à la place de maïs.

    Sur le plan du mode de consommation alimentaire, on ne peut laisser l’omelette frite prendre une place prépondérante aux dépends de la diète méditerranéenne (couscous aux légumes et pois-chiche, garantita, …) bien plus équilibrée du point de vue diététique.

    L’amélioration de l’efficacité de la filière avicole passe donc par des mesures conjoncturelles mais également structurelles. Seule la combinaison des deux assurera la durabilité de la filière.

    1 Nous n’avons nous pas abordé la question des souches de poulets actuellement utilisées localement.

    2 Voir nos précédents articles sur cette question.

  23. Agronome Says:

    DEVELOPPEMENT AGRICOLE

    LES INCOHERENCES DU MADR

    djam.bel@voila.fr 05.08.015

    La profession agricole semble avoir accueilli avec enthousiasme la nomination le 25 juillet dernier de Mr Did-Ahmed Ferroukhi au poste de Ministre de l’agriculture. Les premières déclarations et gestes de ce dernier montrent une réelle volonté d’aller de l’avant. Cependant, il ne semble pas encore se dégager une ligne claire d’action.

    POMME DE TERRE, PRIORITE AU STOCKAGE PRIVE

    Lors de son déplacement à Bouira en ce début de mois d’août le Ministre a rencontré les producteurs de pomme de terre. Ces derniers se plaignent d’une baisse des prix à la production. En effet, les grossistes en mandataires proposent des prix moyens de 15 DA/kilo contre le double en moyenne durant le ramadhan. Cette situation s’explique également par l’arrivée sur le marché de la nouvelle récolte. Le président de l’association locale des producteurs de pommes de terre a même brandit le risque de faillite de nombre d’exploitations face à cette situation.

    Le Ministre a donc indiqué que dorénavant les structures privées de stockage seraient mobilisées afin d’assurer l’entière conservation de la récolte en cette période de mévente. En période de crise, on comprend que l’urgence est de trouver des solutions immédiates aux problèmes des agriculteurs.

    Cependant, on peut regretter que le Ministre n’ait pas appelé les producteurs à unir leurs forces afin de créer des groupements de producteurs et investir dans des structures communes de stockage. Car, partout à l’étranger, les agriculteurs investissent dans de telles structures ; que ce soit pour les légumes, les fruits, le lait ou les céréales.

    PROSPECTIVE ET ATONIE DU MADR

    On aurait pu s’attendre à ce que les cadres du MADR poussent dans ce sens. Or, à notre connaissance, l’idée de telles structures de stockage et de commercialisation semblent inconnue de nos décideurs.

    Certes, les cadres de l’INVA organisent des campagnes d’information sur les groupements de producteurs, par exemple pour l’achat de matériel à plusieurs exploitants. Mais à part ces actions, on ne remarque aucune directive du MADR.

    Nous souhaitons être bien clair, il ne s’agit pas là de suggérer un retour aux années 70 et de proposer à nouveau la constitution de CAPRA et de CAPCS. Mais d’insuFfler une dynamique locale pour la constitution de grandes coopératives privées céréalières ou d’élevage tels qu’ils existent par exemple en Europe dans des économies libérales.

    Ne pas aider les producteurs algériens à se réunir sur la base d’une libre initiative et d’une adhésion volontaire en groupements de producteurs, c’est les laisser poings et pieds liés au secteur privé local et aux firmes agro-alimentaires et aux grosses coopératives européennes dès qu’en 2020 l’accord d’association DZ-UE fera sauter les barrières douanières.

    Concernant le secteur privé local, agriculteurs et consommateurs ont pu tester sa voracité. Plusieurs travaux d’agro-économistes montrent que les subventions publiques au secteur agricole passent en définitive dans leur escarcelle.

    COMMERCIALISATION, ATTENTION DANGER

    Comment expliquer cette absence de vision à long terme des Décideurs du MADR ? Il nous semble que cela est lié à un manque de culture professionnelle et à une déconnection par rapport aux réalités du terrain. L’origine sociale de ces cadres peut également expliquer cet état de fait.

    Chose plus grave, même à la tête de l’UNPA, la notion de groupements de producteurs est inexistante. Cette notion est pratiquement inexistante en Algérie, si ce n’est dans le monde universitaire qui a consacrer un colloque à Blida ces dernières années.

    Mais le plus grave à nos yeux est le manque d’initiatives à la base. Car, s’il est vrai que de tels groupements ne peuvent voir le jour et prospérer que dans un environnement juridique et fiscal adapté, c’est la demande de la base qui est le moteur essentiel. Dans le cas français, la structuration du modèle coopératif agricole s’est accompagné d’un syndicalisme paysan fort, de la formation de cadres paysans dans des maisons rurales et s’est appuyé sur des associations telles par exemple les Jeunesses Rurales Chrétiennes.

    C’est dire le terreau nécessaire à l’émergence à de tels groupements de producteurs. Notons que ces groupements ou coopératives n’ont rien à voir avec nos « coopératives » locales qui ne sont la plupart du temps des antennes d’offices tel l’OAIC, concernant les CCLS, ou des antennes des services agricoles. En Algérie, les structures « coopératives » sont dévoyées, elles ne correspondent pas au concept coopératif tel qu’il est admis au niveau international.

    GROUPEMENTS DE PRODUCTEURS , S’APPUYER SUR LES ELITES RURALES

    En Algérie, les agriculteurs et notamment les producteurs de pomme de terre n’ont de perspectives qu’entre le dirigisme administratif des antennes des offices ou des structures privées. Or, il existe une autre voie, celle des groupements de producteurs. Chacune de ses formes d’organisation doit avoir sa place.

    Oublier la possibilité de futurs groupements de producteurs, c’est continuer à livrer au marché des producteurs sans aucune protection et pouvoir de négociation par rapport à l’amont et l’aval. Or, les lois du marché sont impitoyables face à des paysans inorganisés. Les producteurs de pomme de terre et de lait en sont un exemple. Certes une telle démarche ne se fera pas du jour au lendemain. Cependant, c’est la seule voie garantissant les intérêts du monde paysan. De tels groupements ont leur place dans une économie régit par les lois du marché. Il ne s’agit nullement d’aller contre ces lois.

    Face à cette situation, c’est aux producteurs les plus conscients à s’organiser. Parmi les producteurs existent des agri-managers paysans ou issus des instituts agronomiques. Dans l’environnement des producteurs existent également des élites rurales : fonctionnaires à la retraite, diplômés sans emploi, élus d’associations locales, agents d’administrations locales, partisans du patriotisme économique. C’est à eux à imaginer des structures permettant la valorisation des produits agricoles afin de défendre les marges des producteurs et de créer une dynamique de circuit courts, voire de transformation seule à même de créer de l’emploi.

    Ces dernières années, le développement de fêtes de la cerise, de l’abricot, du miel et d’autres productions spécifiques à un terroir démontre les forces sociales existant dans les campagnes. A ces forces là de se fédérer afin de créer un nouveau rapport de forces par rapport aux grossistes et transformateurs.

    • Mahmoud AIT_ABDERRAHIM ( agriculteur / éleveur ) Says:

      Le système agricole algérien est unique au monde .

      Le système politique ne cherche pas a avoir des paysans ou des producteurs ou de groupements de producteurs qui sont forcément » » libres de choisir et de décider. » »
      Le système cherche a avoir des attributaires qui restent forcément redevables du politique ou du potentat local.

      Les organisations qui se sont crées ailleurs ont eu pour corollaire une volonté politique de puissance agricole , une administration et une fiscalité intelligente qui incite les gens a se regrouper et a travailler plus intelligemment tout en modernisant leurs outils de travail . Générer des revenus et participer au développant du pays et de leurs localité respective.

      Une agriculture moderne ne peux se faire sans une politique de décentralisation et de développement local .

      Il ne peut y avoir de développement local sans politique et fiscalité locale , car celle ci structure les forces et acteurs en présence en groupes d’intérêts ( MEME DIVERGENTS SES GROUPES PEUVENT S’ENTENDRE SUR L’ESSENTIEL AFIN de préserver la pérennité de leurs localité) , poussent les gens au travail et à l’innovation au risque de disparaître .

      De quelles élite rurale parlez vous !!!
      Les sommes colossales englouties dans des projets mal concus sont pharaoniques et le cout de leur entretien et renouvellement sont autant d’argent que l ‘on recherchera lors de la baisse fatidique du prix du pétrole .

      Je propose a sid ahmed ferroukhi de se déguiser en paysan et rendre visite surprise dans une administration agricole avec d’autres paysans

      Faire la même chose au service hydraulique pour faire une demande de forage ou de projet d’irrigation d’appoint , de retenue collinaire etc etc

      La même chose a la casnos pour comprendre pourquoi la majorité des éleveurs et agriculteurs ne cotisent pas

      La même chose au cadastre , au service des hypothèques avec son homologue des finances pour constater la performance de ses administrations

      La meme chose à la badr pour comprendre comment une drole de banque peut financer n’importe quel abruti qui n’a aucune formation ni diplômes et qui n’a rien prouvé du tout dans sa vie professionnelle et qui financera un projet sans aucune etude de marché sérieuse mais qui refusera des prets bancaires a des agriculteurs qui souhaitent acheter des terres actées pour s’agrandirent et développer leur projet ou tout simplement sortirent de l’indivision.

      J’espère que Mr Ferroukhi aura le courage de regler le scandale de la salem qui bloque des milliers d’agriculteurs

      J’espère que ce ministre va innover en trouvant les moyens de rajeunir la profession et rajeunir les dsa qui sont véritablement un frein au developpement agricole

      – innover afin que son administration devienne performante avec une culture de résultats probants

      – proposer d’autres banques aux agriculteurs
      – Numérise la carte de fellah et déleveurs

      – Changer les experts du madr ( SES MEMES EXPERTS POURRAIENT NOUS MONTRER CHTAARETHEMM ° en bénéficiant de concessions agricoles ) Dans le sud pendant une durée de cinq ans afin qu’a leur retour ils redeviennent cette fois de super experts

      – Je propose a sid ahmed ferroukhi de se déguiser en jeune pauvre et en jeune investisseur sans connaissances ni piston et faire une demande de terre dans toutes les wilayas d’algérie afin d’analyser les résultats de ses demandes

      Quant à l’omc les agriculteurs s’en fichent comme d’une guigne , dans 4 ans le prix du blé dur sur le marché mondial atteindra les 600 /700 € la tonne ET LA BOTTE DE FOURRAGE ATTEINDRA les 2000 da l’unité quant tenu de la rareté de la semence d’avoine , de son prix et de la difficulté a produire du fourrage

      Avec la baisse des recettes pétrolières omc ou pas , je me demande comment on pourra continuer a importer de la poudre de lait et a maintenir le prix du lait payé au producteur et éleveur à 40 dinars , mais il faud demander au pdg de l’onil comment il fera et ou il sera et comparer son salaire avec celui des jeunes eleveurs algériens

      La dévaluation du dinars qui va se poursuivre accompagné d’une politique économique intelligente est une chance pour relancer la production agricole locale et notre industrie

      La nature va nous aider et inciter a devenirs des hommes sérieux

  24. Agronome Says:

    LABELLISATION
    INSTALLATION D’UN COMITE NATIONAL DE LABELLISATION
    djam.bel@voila.fr 4.08.2015

    Mr Sid-Ahmed Ferroukhi ministre de l’Agriculture a installé jeudi dernier le Comité National de Labellisation. Cet organisme est fondamental pour le développement agricole local. Il est également significatif des progrès que pourrait réaliser le secteur agricole.

    Ce comité est composé de représentants des agriculteurs, de l’administration, de l’agro-industrie, du commerce et des consommateurs. Cette structure fait suite à différents travaux qui ont permis la publication dès 2008 de textes législatifs permettant de définir un cadre juridique approprié. On peut être étonné du retard mis dans la mise en place d’un tel outil. D’autant plus qu’il est prévu en 2020 une zone de libre-échange avec l’UE, ce qui risque d’inonder le marché local en produits agricoles au détriment de la production locale.

    REAGIR OU DISPARAITRE

    Dans cette perspective, les producteurs locaux ont tout intérêt dès maintenant à labelliser leurs productions afin de s’assurer des débouchés. Etant donné la faiblesse de certains secteurs de la production agricole locale, on peut penser qu’il n’est pas nécessaire pour un producteur de se démarquer de ses collègues d’une autre région et qu’elle que soit la qualité de la production mise sur le marché, il y aura toujours preneur. Or, rien n’est plus faux.
    Rien n’est plus faut lorsqu’il faudra en 2020 rivaliser avec les produits importés de l’UE. Rien n’est plus faux lorsque l’on considère la surproduction qui commence à gagner certains secteurs comme par exemple celui de la pomme de terre.

    A Bouira, par exemple Mr Messaoud Boudhane, président de l’association locale des producteurs de pomme de terre note1 que si leur production a trouvé preneur durant le ramadhan à 30-35 DA/ kilo actuellement « c’est à peine si certains spéculateurs et autres grossistes viennent pour proposer le prix de 12 à 15 DA/kilo ».
    Au delà de la nécessité pour ces producteurs de s’organiser en groupements de vente et de stockage de leur production, un labell qualité pourrait leur permettre de valoriser leur produit. Outre un aspect variétal ou une qualité spécifique de terroir, un label peut concerner une charte de qualité portant sur le bio ou des tubercules manipulés avec soin et donc sans tache noire de pourriture suite aux chocs lors de la récolte. Le label peut également porté sur un conditionnement assurant des pommes de terre lavées, calibrées et livrées sous filet de 5 kilos. Tout un cahier des charges permettant de séduire le grossiste peut être défini afin de s’assurer de l’écoulement de la production mais également en demandant quelques DA de plus au kilo. Pour des producteurs proches de centres urbains, une autre voie peut concerner la création de structure telles les AMAP permettant une commercialisation directement aux consommateurs.

    Sans une politique de label ou de mise en avant du respect d’un cahier des charges concernant par exemple la qualité du produit et son conditionnement, avant même le déferlement des produits européens en 2020, des producteurs agricoles risquent de disparaître. D’ailleurs, face à cette fluctuation des cours du prix de la pomme de terre Messaoud Boudhane note que le prix actuel « va créer une faillite pour les centaines de professionnels qui se verront obligés de vendre leurs matériels pour payer les dettes contractées ».

    UN COMITE, ET UNE DURABILITE
    Selon la presse, ce comité « dispose d’un secrétariat permanent et des institutions techniques, aura des sous-comités spécialisés composés de chercheurs et de spécialistes ». On ne peut que s’en féliciter.
    Il est à espérer que ce comité reçoive à son démarrage une aide des pouvoirs publics mais qu’à terme, il gagne son autonomie financière et de fonctionnement. L’agriculture a trop souffert de dirigisme administratif.

    Les premières déclarations à la presse de Mr Hamid Hamdi du président de ce comité sont rassurantes. Elles font preuve d’une bonne connaissance du dossier. Il a ainsi déclaré que ce comité « aura pour rôle essentiel d’examiner les demandes de reconnaissance et de labellisation, de donner une indication géographique, une appellation d’origine. Il aura à promouvoir le système de labellisation et assurer sa durabilité ».
    Ces prochains mois, ce comité pourrait avoir une activité soutenue puisque selon son président il existe localement une centaine de produits du terroir. Le manque à gagner pour les producteurs et l’économie locale est grand puisque aucun de ces produits n’est labellisé ce qui permettrait certainement de dégager une plus-value autant sur le marché local qu’international.

    Depuis octobre 2014, dans le cadre des accords commerciaux entre l’UE et l’Algérie, un projet de 6 000 000 d’euros a été dégagé afin de promouvoir la labellisation des produits agricoles locaux. Des produits tests ont été ciblés : datte deglet-nour de Tolga, olive de table de Sig, figues sèches de Béni Maouche (Béjaïa). Des experts européens se sont déplacés sur ces zones et ont entamés la formation de techniciens et de d’agriculteurs.

    Pour les agri-managers en quête de valorisation de leurs produits, il y a là une opportunité à saisir. L’existence de ce comité et maintenant d’experts algériens peut leur permettre de progresser en mieux maîtrisant la commercialisation de leur production.

    Enfin, le Ministre a déclaré que « le comité, avec les professionnels, doit mettre en place des dispositions en vue de qualifier plusieurs produits (…), il s’agit d’organiser la production nationale, de donner des signes distinctifs aux consommateurs, mais aussi de dégager des possibilités de valorisation de ces produits au niveau de l’exportation afin de diversifier l’économie nationale et créer de l’emploi ».

    A ce propos, même si le Ministre prend en quelque sorte « le train en marche » puisque ce dossier est sur les rails depuis des années, l’attention que semble accorder le titulaire du Boulevard Colonel Amirouche est de bon augure pour l’agriculture. En effet, développer l’agriculture ce n’est pas seulement faire pleuvoir les subventions dans les campagnes, mais c’est également organiser les filières.

  25. Agronome Says:

    LAIT
    GROGNE DES ELEVEURS LAITIERS, 1ER TEST POUR FERROUKHI
    djam.bel@voila.fr 4.08.2015

    Le mouvement revendicatif des éleveurs laitiers se poursuit et se structure. Ces éleveurs demandent une revalorisation des subventions publiques et ont l’intention de rencontrer le Ministre de l’agriculture. Ils ont prévu un sit-in le 20 aout devant le Ministère à Alger. Fait nouveau, la coordination inter-wilayas des éleveurs qui vient juste d’être créée dénonce dans un communiqué « l’exploitation des paysans par l’industrie de la transformation et le commerce de fourrages et des intrants de l’alimentation du bétail ». On peut se demander quelles solutions apporter et comment va réagir le nouveau Ministre de l’Agriculture, Sid-Ahmed Ferroukhi..

    PROTEGER LES MARGES DES ELEVEURS

    Lors de leur dernière réunion, les représentants de différentes wilayas se sont constitués en collectif. La dénonciation de «l’exploitation des paysans par l’industrie de la transformation » est signe d’une maturité dans l’analyse qu’ils font de la situation de la filière lait. Auparavant, les éleveurs réclamaient principalement un relèvement des subventions versées par les pouvoirs publics.
    La situation des éleveurs est particulière. Dans un pays affecté une bonne partie de l’année par la sécheresse, élever des vaches laitières, grandes consommatrices d’herbe verte, reste une gageure. Pourtant, ils tentent de relever le défi. Le problème se complique car qu’un bon nombre d’éleveurs sont en hors-sol1 et sont pénalisés par l’augmentation des prix des fourrages et de l’aliment du bétail.

    Augmenter les subventions publiques aux éleveurs risquerait de se traduire par un relèvement des prix du poste alimentation souvent aux mains de nombreux intermédiaires. Par ailleurs, avec la baisse de la rente gazière, les disponibilités allouées au secteur agricole seront tôt ou tard en baiss.

    Pour le MADR, la solution ne peut donc pas consister à ouvrir plus grand le robinet des subventions. Reste la solution de protéger les marges des éleveurs. Marges mises à mal autant par l’amont que l’aval. En amont, les éleveurs doivent tenir compte des prix imposés par les vendeurs d’aliments. En aval, les transformateurs prospèrent notamment en transformant le lait en yaourt et fromage.

    PROTECTION DES MARGES, MODE D’EMPLOI

    Protéger les marges des éleveurs passe avant tout par la constitution de groupements d’éleveurs. Seuls de tels groupements peuvent permettre de faire reculer les appétits démesurés des intervenants en amont et aval de la filière.

    C’est aux éleveurs à s’organiser. La balle est dans leur camp. Par contre, ils peuvent demander au MADR, des mesures juridiques, fiscales et financières – postes budgétaires, par exemple – afin de créer un environnement propice au développement de tels groupements. Déjà certaines dispositions juridiques existent localement. Il devient urgent de les compléter et de les faire conaître aux éleveurs.
    Avec l’adhésion à venir de l’Algérie à l’OMC, seule la loi du marché devra s’appliquer. Toute forme de subvention aux producteurs sera interdite. En Algérie, les groupements de producteurs sont quasi inexistant alors qu’en France ou en Nouvelle-Zélande ceux-ci possèdent plus de cinquante ans d’expérience. Après une phase de fusion ces groupements ont donné naissance à des géants qui dorénavant s’internationalisent. Il est consternant que les décideurs algériens du MADR restent muets sur cet aspect du développement agricole. Il existe pourtant localement la tradition de l’entraide, la touiza. Il est urgent de remettre au goût du jour ce concept.

    A cet égard il est significatif que les éleveurs en colère se soient réunis à la « Coopérative » Agricole de Services de Draa Ben Khedda. En fait de coopérative, cette structure n’en porte que le nom comme beaucoup d’autres structures homologues2. Une authentique coopérative3 ou groupement de producteurs pourrait développer par exemple des activités de transformation du lait en produits fromagers. Ou encore développer la vente direct de viande rouge. Ces activités permettraient de s’affranchir en partie des intermédiaires qui en profitent au passage et ainsi récupèrent à leur compte les subventions étatiques. Sans un réel changement, une partie de la filière risque d’être condamnée. Or, l’activité laitière réduit le chômage et fait vivre de nombreuses familles.

    Le problème est qu’en Algérie la notion de coopérative a été dévoyée. Une vraie coopérative n’est pas une antenne administrative d’un quelconque office. Il faut réconcilier les éleveurs avec la notion de groupement de producteurs et leur montrer que c’est à eux à investir dans l’aval. Pas facile quand on voit l’avance prise par des groupes privés tels Laiterie Soummam ou Danone Djurdjura.

    Il s’agit donc là d’un levier à moyen terme sur lequel peut agir le Ministre en favorisant de tels groupements. Sinon, que lui reste-t-il comme moyen d’action?

    Il pourrait affecter quelques postes budgétaires aux associations d’éleveurs afin que ceux-ci mettent sur pied leur propre structure d’appui technique, quitte à faire prélever une somme symbolique sur l’activité des laiteries pour financer ces créations de postes. L’appui technique est essentiel. Nombre d’éleveurs laitiers sont des chômeurs sans aucune connaissances technique sur l’élevage laitier d’animaux importés. Pourtant certaines mesures simples concernant l’alimentation en concentrés, en minéraux ou en eau, l’hygiène des étables permettraient de nettes augmentations de la production laitière.

    Concernant le prix des fourrages et des aliments du bétail, là aussi les mesures permettant immédiatement de protéger les marges des éleveurs sont rares. La suppression de la TVA sur l’importation de maïs et de tourteau de soja a surtout profité aux intermédiaires fabricants d’aliments du bétail et peu aux éleveurs.

    Reste la solution d’accorder des délais supplémentaires pour le remboursement des emprunts des éleveurs auprès de la banque agricole. Ou encore de créer un fonds spécial sécheresse alimenté par une taxe sur l’activité des transformateurs de lait. Ces derniers réalisent en effet de confortables marges sur le dos des éleveurs. A défaut de taxe supplémentaire, la solution pourrait être d’exiger des laiteries la généralisation de groupes d’appui technique aux éleveurs situés dans leur bassin d’approvisionnement. Celles-ci ont en effet tout intérêt à sécuriser et à augmenter leur approvisionnement local en lait. La Laiterie Soummam et le groupe Danone Djurdjura ont développé des actions dans ce sens là. Pour inciter les autres laiteries à suivre cette voie et à développer l’aide technique aux éleveurs, aux pouvoirs publics de réduire progressivement l’accès au lait en poudre importé et à favoriser l’utilisation de laits végétaux. Le lait de soja, de riz, d’avoine ou d’amandes peut remplacer totalement ou partiellement le lait consommé mais également s’y substituer totalement ou partiellement dans la fabrication de certains yaourts ou de desserts de type « Danette ».

    FERROUKHI, DES MARGES DE MANOEUVRE ETROITES
    Face à la crise du secteur laitier, les marges de manœuvre du nouveau ministre de l’agriculture sont très étroites.
    Le secteur laitier est marqué par un déficit structurel en fourrages que seules des mesures telles que la technique du semis direct4, l’attribution aux éleveurs de kit d’irrigation et l’acquisition par les agriculteurs de plus de moyens mécanique de récolte des fourrages peut permettre de combler. Par ailleurs, les éleveurs de montagne en hors-sol devraient pouvoir bénéficier prioritairement de concessions spécifiques en terre agricole.

    Enfin, les mesures pour protéger en aval ou en amont les marges des éleveurs ne peuvent aboutir que sur le moyen terme. Raison de plus pour dès maintenant aider les éleveurs à se ré-approprier une partie de leurs marges en les aidant à se constituer en groupements d’éleveurs pour par exemple acquérir les moyens de transport pour s’approvisionner en foin directement dans les zones de production, produire une partie de leurs aliments du bétail mais également mettre sur pied de petites unités de fabrication de fromages voir de petites chaînes de production de yaourts et de desserts (type « danette »).

    Jusque là les éleveurs ont fait montre d’une grande maturité. Il y a quelques semaines, afin d’alerter les pouvoirs publics, ils ont distribué gratuitement du lait dans les rues de Tizi-Ouzou. Jusqu’à quand pourront-ils faire preuve d’une telle maturité ? Lors de regroupements publics, comme celui projeté le 20 devant le siège du MADR à Alger, il suffirait d’une provocation de gens mal-intentionnés pour que la situation dégénère. De leur côté, les services de sécurité avec le professionnalisme qui est le leur, notamment avec la notion de « gestion démocratique des foules » chère au général-major Hamel, ont de tout temps su gérer avec respect les manifestations de rue.

    La solution reste dans le dialogue. Les échos de la récente réunion entre le Ministre et l’UNPA montrent la capacité d’écoute de Mr Ferroukhi. Au Ministre de mettre cartes sur table avec les représentants des éleveurs, de parler le langage de la vérité et de définir ensemble les mesures urgentes et celles de moyen terme en fonction des capacités financières actuelles du pays.
    Il s’agit de mettre sur la table des questions trop peu souvent abordées telles l’utilisation plus efficace des cadres agricoles qui peuplent les bureaux, la réflexion sur le développement de véritables groupements de producteurs pouvant par exemple être abrités dans un premier temps au sein de structures telles les « coopératives » de services ou les CCLS. A ce propos, le Ministre et ses conseillers doivent aller voir comment fonctionnent à l’étranger et, notamment en France, les groupements d’éleveurs5 et de céréaliers.

    Immédiatement après sa prise de fonction, le Ministre a eu à s’intéresser au dossier de la labellisation des produits agricoles. La solution de la crise du secteur laitier passe, comme dans le cas de la labellisation, dans l’organisation des producteurs au sein de leur filière. A eux, en amont de créer des circuits courts permettant de mieux protéger leur marge.
    Que ce soit dans le secteur de l’élevage, de la pomme de terre ou des céréales la fin de l’aisance financière liée à la rente gazière montre la nécessité du passage d’une politique de larges subventions publiques à une politique d’organisation des filières.
    Aux pouvoirs publics d’exercer leur droit régalien pour une meilleure équité dans la répartition des marges au sein de ces différentes filières agricoles. Aux producteurs également d’imposer à la puissance publique la prise en compte des intérêts du plus grand nombre (producteurs et consommateurs). Faute de quoi, la situation risquerait vite de devenir ingérable.

  26. Agronome Says:

    CEREALES
    ALGERIE, QUEL AVENIR POUR LA FILIERE CEREALE ?
    Djam.bel@voila.fr 13.07.2015
    En Algérie, le niveau de la production céréalière progresse suite à l’effort conséquent des pouvoirs publics. Les produits des céréaliers sont largement subventionnés grâce à rente gazière. La baisse de cette manne ainsi que la perspective d’une adhésion à l’OMC pourrait signifier l’abandon de l’objectif d’autosuffisance alimentaire au profit de l’objectif plus large de sécurité alimentaire. Pour les incrédules, il suffit de se pencher sur la période 80 ou sur l’état de la filière céréale au Maroc suite à l’adhésion à l’OMC.
    Dans une telle perspective, face à un scénario catastrophe, quelle pourrait être la stratégie des céréaliers ?

    CEREALIERS DZ, CAP VERS L’INCONNU

    Dans les prochaines années, la conjoncture internationale pourrait imposer à la filière céréalière nationale une nouvelle réglementation : baisse du soutien des pouvoirs aux producteurs, liberté des agro-industriels de s’approvisionner sur le marché international et modification du système de subvention du prix du pain. Une telle conjoncture pourrait entraîner de sérieuses modifications dans les façons de travailler au niveau des exploitations agricoles.
    Avec l’adhésion à l’OMC, le Maroc a connu une telle situation.

    Cet accord a aboutit à la libéralisation du marché des céréales. Il prévoit en effet l’abandon du commerce d’État ainsi que des monopoles d’importation. Quant aux politiques de restriction quantitatives à l’importation des céréales celles-ci sont revues à la baisse.

    Dès la signature de ces Accords, les pouvoirs publics marocains ont dû adopter une nouvelle loi sur le commerce international prévoyant la limitation des interventions du gouvernement et entérinant le principe de la liberté du commerce international.
    De ce fait c’est tout le système de commercialisation des céréales mise en œuvre par l’Office National Inter-professionnel des Céréales qui a dû être revu dans le sens d’une plus grande libéralisation. L’Office a ainsi perdu son monopole sur les importations. Quant au gouvernement, il a dû renoncer à la fixation des prix des céréales pour le remplacer par un mécanisme de régulation à travers les droits de douanes dont doivent s’acquitter les importateurs. D’un seul coup le prix des céréales s’est trouvé fixé en référence par rapport au marché mondial.

    Pour les producteurs, les conséquences de cette libéralisation se sont progressivement traduites par
    la réduction de la production locale de blé dur et d’orge. Les triturateurs de blé dur et producteurs de semoule s’étant en effet quasiment tournés vers le marché mondial. Quant à la production de maïs-grain, elle a pratiquement disparue et celle de blé tendre s’est trouvée orientée vers la production d’une farine de moindre qualité car subventionnée contrairement à la farine de qualité supérieure.
    En Algérie, une telle situation pourrait signifier un désengagement de l’OAIC. Aussi, il nous semble que c’est à des groupements de producteurs de prendre dès maintenant leur destin en main et de ne plus tout attendre d’un seul office public.

    REDUCTION DES COUTS DE PRODUCTION UNITAIRE

    Si des primes de type prime blé dur ou tout autre aide au quintal devaient subsister, la stratégie pourrait être de produire plus de quintaux. Diverses solutions sont possibles comme par exemple agrandir l’exploitation. Il est possible de travailler les terres pour un voisin. Cela existe dans la pratique même si de telles solutions ne sont pas prévues par le législateur. Il serait intéressant que les pouvoirs publics s’intéressent à un statut du fermage tel qu’il peut exister à l’étranger. En céréaliculture, l’agrandissement passe par l’abandon du labour au profit du semis-direct beaucoup plus rapide. En Espagne, l’apparition du semis-direct a coïncidé avec une concentration des exploitation de grande culture.

    L’agrandissement de l’exploitation peut être relatif. Il peut concerner l’achat de matériel à plusieurs. Cette solution est par exemple en vigueur en Tunisie. Des exploitations moyennes ont acheté en commun un semoir pour semis-direct. Chacun des 5 exploitants utilisant à tour de rôle le semoir 4 jours de suite.

    Une autre solution est d’améliorer le rendement à l’hectare. Dans ce cas, l’irrigation d’appoint devient alors prioritaire.

    Le semis-direct est l’idéal afin de réduire les coûts de production. Dans ce cas là, c’est principalement les coûts de mécanisation qui sont concernés. Ils peuvent être ainsi réduits de 40% . Un autre avantage est de stabiliser les rendements-plancher. Différentes études en milieu semi-aride montrent qu’en année sèche, ces rendements ne descendent pas en dessous de 10 qx/ha.

    Il nous semble que d’autres voies sont à explorer en Algérie. Elles n’ont jamais été tentées. Il s’agit de groupements de producteurs céréaliers.

    GROUPEMENT DE PRODUCTEURS, POUR ARRIVER A VENDRE SON BLE DUR

    L’idée serait de s’équiper en moyens de stockage à la ferme afin de pouvoir vendre les céréales au meilleur prix et afin de constituer des lots en mettant au point une traçabilité. Cela, bien sûr dans l’optique d’un démantellement de la réglementation actuelle. Rappelons qu’au Maroc, les réformes économiques de ces dernières années ont réduit les pouvoirs de l’Office National Inter-professionnel des Céréales, et autorisé les industriels de l’agro-alimentaire à s’approvisionner sur le marché international. « Aussi, cette libéralisation s’est-elle traduite progressivement par la marginalisation de la production intérieure de blé dur et d’orge ». Conséquences : l’industrie de la semoule s’est tournée essentiellement vers le marché extérieur. Aussi, l’une des premières activités d’un groupement de producteurs serait la constitution de lots homogènes de céréales de qualité afin qu’ils puissent trouver preneur sur le marché local.

    Seule la constitution de tels groupements peut permettre de répondre aux besoin de triturateurs locaux. Il s’agit pour cela de s’engager à fournir des lots de blé dur de variétés recommandées par la semoulerie et répondant à un cahier des charges précis (taux de protéines, taux de mitadinage). Ces groupements peuvent ainsi ancrer la filière dans les territoires.

    A cet égard, les barèmes de raréfaction des CCLS datent des années 80. Ils devraient être revus afin de favoriser une politique de qualité.

    GROUPEMENT DE PRODUCTEURS, POUR SE RE-APPROPRIER LE DROIT A TRITURER

    Enfin, il s’agirait également de développer des activités de valorisation des céréales, c’est à dire de première transformation.

    Il est possible de lancer un atelier de trituration de blé dur pour produire de la semoule ou du blé tendre afin de produire de la farine. Cependant, dans ce cas, il faut arriver à obtenir les compensations financières que versent les pouvoirs publics aux triturateurs professionnels. On peut imaginer que les triturateurs de grains qui n’utilisent au mieux que 60% de leurs capacités installées seraient contre une telle mesure. Mais pourquoi les producteurs devraient-ils céder leurs grains aux transformateurs ?

    Avec de l’orge et de la féverole ou du colza et son sous-produit : le tourteau, il est possible de produire de l’aliment pour bétail. Dans l’aliment pour ruminant, une partie du tourteau de soja peut être remplacé par l’incorporation d’urée. De l’orge et certaines variétés de féveroles peuvent même être utilisées en aviculture. L’utilisation d’enzymes peut permettre de réduire les doses de maïs importé et à les remplacer par de l’orge. Le choix de variétés plus pauvres en facteurs ant-nutritionnels peut permettre d’augmenter les doses d’orge.

    La production de luzerne peut permettre de produire de la luzerne déshydratée sous forme e bouchons.

    GROUPEMENT DE PRODUCTEURS, VERS LA DEUXIEME TRANSFORMATION ?

    Il est possible d’aller plus loin en se lassant dans le domaine de la deuxième transformation. Par exemple en s’équipant d’une machine à produire du couscous. D’autres produits sont envisageables tels la production de céréales pour petit-déjeuner (avoine écrasée notamment), de blé dur grillé (frik), de pain, voire de pâtes alimentaires. L’achat d’un extrudeuse peut permettre la transformation des céréales en produits haut de gamme.
    Il serait intéressant d’étudier certaines expériences locales telles que la production artisanales de galettes ou de gâteaux de semoule.

    En France, l’aliment pour chien Pedigree-Pal est produit par un groupement de producteurs céréaliers. La coopérative Axéréal produit par exemple les grains de blé tendre Esbly pré-cuits à la vapeur.
    Toujours en France se développe un mouvement de paysans-boulangers bio. Ces agriculteurs produisent du pain à partir de leurs céréales et assurent eux même la vente parfois au sein d’une AMAP. De telles initiatives semblent plus adaptées pour de petites exploitations.

    GROUPEMENT DE PRODUCTEURS, ET EMBAUCHE D’INGENIEURS ET TECHNICIENS

    La constution de groupements de producteurs permet d’accéder à un meilleur niveau de connaissances agronomiques et technologique.
    Un groupement de producteurs s’engageant dans une politique de réduction de coût et de qualité des blés durs peut beaucoup gagner à embaucher un technicien spécialisé sur ses fonds propres et en demandant à bénéficier des aides publiques à l’emploi.

    Déjà des formes d’association ou de conseil privé existent entre agriculteurs et cadres. Certains éleveurs s’associent avec des vétérinaires. Dans la région de Constantine, c’est une exploitation privée de 300 ha qui s’est adjoint les services d’un conseiller agricole français.
    Il va sans dire qu’une libéralisation du marché ds céréales mettraient pratiquement en concurrence les céréaliers nationaux avec leurs homologues étranger. Afin d’essayer de survivre économiquement seul un lobbying efficace pourrait essayer de dresser quelques barrières protectrices (TVA) et une remise à niveau technique permettrait d’améliorer la productivité des exploitations.
    A ce propos, seuls des techniciens compétents peuvent assurer une animation technique efficaces. Ils peuvent établir des ponts entre les pratiques des agriculteurs les plus avancés du groupe et ceux en retard. Ils peuvent également diffuser dans le groupe de nouvelles techniques afin de réduire les coûts de production et assurer la qualité maximale des récoltes.

    Sans une amélioration du niveau technique, les céréaliers algériens, comme les céréaliers marocains ne pourront plus vendre leur BD au semouliers locaux. Ne leur restera qu’essayer de produire de la pastèque ou tester de nouvelles cultures de meilleur rapport : oléagineux, betterave à sucre comme au Maroc.

    GROUPEMENTS DE PRODUCTEURS MODE D’EMPLOI

    En Algérie, la « Révolution Agraire » des années 70 et les « coopératives » agricoles ont laissé à certains de mauvais souvenirs pour tout ce qui touche de près ou de loin à toute forme de mise en commun des moyens de production.
    Précisons tout de suite qu’il s’agit de trouver des formes de groupement pour seulement la mise en vente commune de tout ou partie de la production céréalière. Cela afin de mobiliser de gros volumes afin de pouvoir discuter avec des propriétaires de moulins ou pour soit même se ré-approprier ce droit à triturer en acquérant à plusieurs un moulin.
    Il est certain que l’idée de groupement de producteurs a, à priori, plus de chance de se concrétiser entre agri-managers de grosses ou moyennes exploitations.

    Il se pose la question la question des petits céréaliers. Afin d’atteindre une taille critique, les agri-managers ont tout intérêt à les attirer à eux.

    Les agriculteurs peuvent profiter de la présence des élites rurales afin de trouver des aides dans la réalisation de leur projet.

    Par ailleurs, les exploitations céréalières de moyennes ou grandes tailles constituent de véritables entreprises. Aussi, se doivent-elles d’adhérer à des associations de chefs d’entreprises telle le FCE afin de plus peser sur les décisions économiques des décideurs publics lors de discussions concernant les intérêts de la filière céréales.

    CEREALIERS, ANTICIPER SUR L’AVENIR

    A travers le grain, les céréaliers produisent un produit fondamental pour l’alimentation humaine et animale. De façon étonnante, à la moisson dès qu’ils sont en possession de leurs grains, ils n’ont qu’une hâte : s’en défaire et le livrer à un office public : l’OAIC. Certes, même s’il faut parfois attendre deux à trois jours devant les docks des CCLS, les prix de cession sont extrèmement rémunérateurs. Avec ces grains, les triturateurs réalisent des marges conséquentes.

    Mais ces prix seront-ils éternellement aussi rémunérateurs ? Qu’en sera-t-il lorsque ce ne seront plus des décisions administratives qui permettent de fixer les prix, mais les forces du marché mondial ? Tout chef d’entreprise se doit d’anticiper l’évolution du marché au niveau duquel il livre sa production.

    Afin de se préparer à toute évolution du marché du grain en Algérie, il nous semble que, selon les situations, les céréaliers peuvent opter pour différentes stratégies.

    Avant toute chose, ils doivent améliorer la qualité de leur production afin de répondre au cahier des charges des triturateurs locaux. Rappelons que ces derniers, à terme pourraient avoir la possibilité de s’approvisionner entièrement sur le marché international. L’intérêt serait de pouvoir continuer à écouler leurs produits.

    Par ailleurs, les céréaliers devraient se ré-approprier une partie de la première transformation voire même une partie de la deuxième. L’intérêt principal serait d’améliorer leurs marges bien faibles en situation non-irriguée.

    Dans tous les cas, les céréaliers n’ont de chance de pouvoir sauvegarder leurs intérêts qu’en créant des groupements de producteurs. Les gros céréaliers ont le plus à perdre. Aussi, c’est à eux de prendre l’initiative de la constitution de tels groupements. A eux ensuite, d’attirer les autres catégories de producteurs afin d’arriver à une taille critique permettant de financer des installations de stockage à la ferme et plus tard propres au groupement.

    Une forme plus élaborée de mise en commun des forces des céréaliers serait de constituer une future banque agricole. Un des moyens pourrait être de prélever un pourcentage minime sur chaque quintal de grain produit et de demander des prêts à long terme des pouvoirs publics. Seul un tel outil pourrait à terme leur permettre de fiancer des projets garantissant leurs marges.

    L’avenir parfois sombre que nous évoquons peut sembler constituer un mauvais scénario de science-ficion. Cependant, le cas de nos voisins céréaliers marocains est là pour nous rappeler à la dure réalité. Réalité que peut imposer une future admission de l’Algérie à l’OMC ainsi ou la signature d’autres accords internationaux.

    • Mahmoud AIT_ABDERRAHIM ( agriculteur / éleveur ) Says:

      L’hypotétique admission de l’algérie à l’omc sonnerra le glas des entreprises publiques dont notamment PMAT et le complexe tracteurs de canstantine puis des minotiers qui se feront surement racheter par de grosses entreprises francaise ( nos parents vont encore se retourner dans leurs tombes )

      Car déja les agriculteurs algériens ont sauver ses deux entreprises de la banqueroute , et sans malheureusement toutes ses subventions octroyés aux agriculteurs elles n’auraient aucune commandes ou pas assez pour survivre a la concurence débridée qui caractérise notre économie
      J’espère quelles ont prévus d’exporter leurs produits vu la super qualité et modernisme de leur production…

      Car ni les agriculteurs ni les CCLS, ni les communes ne pourront continuer éternellement a se suréquiper EN MATERIELS AGRICOLES (‘malgré les subventions) .

      Vous pensez s&rieusement que les minotiers locaux vont laisser tomber cette vache à lait qu est devenu l ‘oaic pour se risquer sur les marchés internationaux ….

      Je trouve déplorable que vous parlez que des sois disantes subventions octroyés aux agriculteurs ( sans compartifs au niveau international ) , mais je vous rappelle que c’est l’ensemble de notre économie qui est largement subventionné et les minotiers aussi !!!! AVEC UNE TVA Récupérable , un accés au crédit bancaire bien plus favorable , et 50% de la production nest pas fiscalisé car considéré comme du déchet ( le son , qui est issue de la trituration est totalement revendu , mais ne rentre pas dans le bilan de l’activité)

      D’autres part nous produisons principalement du blé dur , denrée rare et qui se fait de plus en plus rare compte tenu de la difficulté a le produire

      Je ne vois vraiment pas pourquoi nous devrions respecter et avoir comme indicateur de prix, le marché mondial alors que seul 10% de la production mondiale de céréales est commercialisé .

      Je penses que la prochaine tendance sera de produire que du fourrage , laisser tomber tous les autres céréales , on finira plustot et on PARTIRAS en vacances plutôt , les agriculteurs prévoyant ont depuis longtemps vendu leurs vaches et acheter des épiceries pour vendre les produits importées

      Je vous rappelle que 5 Bottes de fourrage dépasseront en valeur le quintal de blé dont vous dites qu’il est trop bien payer , malheureusement la semence d’avoine est introuvable

      On se demande comment on peut relancer la filière lait , alors que les agriculteurs n’ont pas la possibilité d’avoir de la semence d’avoine pour produire du fourrage , diversifier leur production quant tenu des risques climatiques et financiers dont ils font face

      Le drame de l’agriculture algérienne , c’est que les instances agricoles nationales et internationales sont gérés par des pseudo experts , qui n’ont jamais gérer une exploitation agricole et qui ne vivent pas grace a l’agriculture

      L’agriculture pour la comprendre il faud y vivre et en vivre plutot que d’êtres inféodé aux multinationales et groupes occultes

      D’autres part toutes les innovations dont vous parler seront possibles lorsque le prix du pain et de la semoule ne seront plus suvbentionné aux conssomateurs

      • « L’agriculture pour la comprendre il faut y vivre et en vivre plutôt que d’êtres inféodé aux multinationales et groupes occultes  »

        puissiez-vous être entendu Mr Mahmoud AIT ABDERRAHIM – et c’est partout pareil – le nouvel ordre mondail étend ses tentacules

  27. Agronome Says:

    BUSINESS
    L’AVOINE, UNE CEREALE MULTI-USAGE.
    Djam.bel@voila.fr 2.07.2015

    En Algérie, nous cultivons de l’avoine. Mais curieusement malgré ses différentes qualités nutritionnelles, cette céréale est uniquement donnée aux animaux. Elle n’entre pas dans l’alimentation humaine. Il y a pourtant différents formes d’usage alimentaire pour ce produit aux hautes valeurs diététiques. La société Quaker.fr est un des spécialistes des flocons d’avoine quelle décline sous la marque « Quaker Oats ». L’expérience de cette entreprise offre des possibilités pour de jeunes investisseurs désirant développer ce produit en Algérie.

    L’AVOINE AU PETIT DEJEUNER

    Curieusement, en Algérie ce sont les plus jeunes qui sont susceptibles de connaître les flocons d’avoine. En effet, la mode des céréales au petit déjeuner fait souvent appel à l’avoine. C’est par exemple le cas avec la société Kellog’s.
    L’intérêt des flocons d’avoine au petit déjeuner consiste en leur capacité à entrer dans différents types de préparations. Sur ses paquets d’emballage, la société Quaker conseille de mélanger dans un bol les flocons d’avoine avec du lait puis de les chauffer deux minutes au four à micro-ondes. Bien sûr, du lait chaud versé sur les flocons donne le même résultat. Il est également possible de les plonger dans une casserole de lait bouillant. Mais, il est surtout possible de réduire la dose de lait et de mettre du café. Une autre solution peut être de mélanger les flocons avec du chocolat en poudre et de rajouter de l’eau chaude. D’autres préparations existent : ajout de fruits, de noix, de miel, … etc. La société Quaker développe même un partenariat avec la Société Tropicana afin d’accompagner les flocons du matin avec un verre « 100% pur fruit pressé Tropicana ».

    Bref, chacun l’aura compris, les flocons d’avoine permettent de réduire l’utilisation du lait de vache. En effet, le mélange de tout liquide avec les flocons donne une consistance laiteuse similaire à celle du lait. Cela est tellement vrai, qu’il est possible de fabriquer du « lait d’avoine ». Des sociétés telles Bjorg.fr sont des spécialistes reconnus des lait végétaux. Outre le lait d’avoine, cette société fabrique également du lait de riz, lait de soja et du lait d’amandes.
    Que ce soit au niveau de la cellule familiale ou au niveau macro-économique, en ces temps de tension sur le lait de vache, les flocons d’avoine s’avèrent être une des alternatives possible au « tout lait de vaches ». Il ne s’agit pas de la négliger. Des tests de consommation devraient être réalisés afin de connaître les réactions des différentes tranches d’âge du public visé.

    L’AVOINE CONTRE LE CHOLESTEROL

    Mais l’avoine n’a pas que la qualité de pouvoir faire économiser le précieux lait de vache. Comme l’orge, l’avoine est riche en un type de fibres particuliers : les béta-glucanes. Des études scientifiques attestent l’effet anti-cholestérol de ce type de fibres. Fibres, qui n’existent pas dans le blé tendre ou le blé dur que nous consommons en grande quantité en Algérie. La société Quaker en fait même un argument de vente. Cette allégation figure en effet en gros caractères sur chaque paquet d’avoine. Un astérisque renvoit en bas de paquet à une explication plus détaillée. «  Les béta-glucanes contribuent au maintien d’une cholestérolémie normale, dans le cadre d’une alimentation variée et équilibrée et d’un mode de vie sain ».

    L’action anti-cholestérol des béta-glucanes est liée à leur capacité à fixer le cholestérol. Or, ce type de fibres ne sont pas assimilées. C’est à dire qu’elles ne pénêtrent pas, à travers la paroi intestinale, dans le sang. Ainsi, à son tour le cholestérol fixé aux béta-glucanes ne peut franchir la barrière intestinale.
    Cette action est si puissante qu’elle est même reconnue par des organismes aussi sévères que la FDA américaine. Outre l’éducation à la santé et la prise de conscience de chacun, on peut se demander si l’ajout de quelques grammes de béta-glucanes ne devraient pas être incorporés d’office dans le pain, les pâtes alimentaires ou la semoule. De telles actions de santé publique ont cours dans le cas du sel de cuisine. Elles consistent en l’ajout d’iode au sel de montagne afin de lutter contre le goitre lié au manque d’iode chez les populations vivant loin du littoral marin.

    Comme pour le petit déjeuner, la consommation de flocons d’avoine peut se faire sous différentes formes. La société Quaker propose par exemple une préparation à froid. Il s’agit de mélanger les flocons avec du lait froid, du yaourt ou du fromage blanc.

    COMMENCER DANS SON GARAGE

    Pour un jeune investisseur urbain sans trop de moyens et qui souhaiterait se lancer dans la fabrication de flocons d’avoine l’investissement de départ est relativement minime. La raison est à rechercher dans la facilité de préparation des flocons. Après s’être procuré un stock de grains d’avoine et de les avoir trié, il s’agit tout simplement de les concasser. La société Quaker ajoute une autre étape : les flocons sont « dorés au four ». On le voit, nul besoin d’appareillage sophistiqué pour démarrer. A tel point que les premiers pas pourraient même être effectués dans une … cuisine ou un garage.
    Bien sûr ? Il s’agit de disposer d’un packaging attrayant et de sensibiliser les consommateurs par des campagnes de publicité. Mais, en Algérie, on peut compter avec le développement d’une classe moyenne de plus en plus au fait des questions de diététique.

    Pour un agriculteur souhaitant valoriser l’avoine qu’il produit, il s’agit là d’une opportunité très intéressante.

    Enfin pour un industriel pouvant disposer ou disposant déjà d’une chaîne de conditionnement TetraPack ou de lait en sachet, il y a là une autre opportunité : produire du lait d’avoine. On peut également imaginer des mélanges de lait d’avoine avec lait de vache. De tels laits peuvent également convenir aux personnes suivant des régimes ou présentant des allergies au lactose contenu dans le lait de vache. Pour un industriel en semoulerie et pâtes alimentaires, il est possible de rajouter une dose d’avoine dans ses produits. Cela permettrait de se différencier de la concurrence en apposant sur ses paquets « anti-cholestérol ».

    Il y a là un vaste champs d’investigation pour les ingénieurs sortant de l’école des techniques agro-alimentaire de Constantine. L’avoine d’Algérie n’a pas fini de nous étonner.

  28. Agronome Says:

    CEREALES
    BILAN DE CAMPAGNE 2015 : VERS 40 MILLIONS DE QUINTAUX ?

    Alors que la moisson est en cours en plein mois de Ramadhan et sous de fortes chaleurs, les premières estimations font état d’une récolte de 40 000 000 de quintaux. Bien que ces chiffres ne soient pas définitifs, quelques remarques.

    Si ce niveau de récolte se confirme, il apparaîtra que la céréaliculture algérienne est capable de dépasser son niveau moyen historique. C’est là un signe des efforts réalisés sur le terrain. Efforts fournis par les céréaliers, les structures en amont mais également par les pouvoirs publics avec les prix consentis à la production. L’OAIC y a bien sûr une part importante. L’Office se distingue par sa politique volontariste en matière d’irrigation d’appoint, de semences certifiées et d’offre en travaux agricole à travers son pool motoculture.

    Aurait-on pu faire mieux? Comme on dit, il est toujours possible de faire mieux. Sans négliger les efforts de chacun des intervenants de la filière, il nous semble que certains points techniques et organisationnels mériteraient d’être « mis sur la table ». Points que nous ne retrouvons pas dans les axes de travail des responsables de la filière céréales dont notamment le DG de l’OAIC, Mr Mohamed Belabdi ou Mr Salah Attouchi DG du groupe PMAT.

    NOS CCLS, DE FUTURES AXEREAL?

    Le premier point concerne les CCLS. Elles n’ont de « coopératives » que le nom. Il ne s’agit ni plus ni moins que d’entités administratives de l’OAIC. Est ce les meilleures structures pour notre céréaliculture ? Rappelons qu’en France, dans les coopératives céréalières, le directeur est recruté par le Conseil d’Administration et non pas par la tutelle. Les coopérateurs possèdent les installations de par les parts sociales qu’ils ont acquis. Que Mr Belabdi se renseigne. Le 13 avril dernier, il a reçu le staff de la coopérative Axéréal dont MM J-F Loiseau et Bruno Bouvat-Martin. D’où viennent ces deux patrons de l’une des plus importante coopérative céréalière de France? Fellahas! Ce sont des paysans! Oui, bien que costumés, ils ont de la terre collée à leurs chaussures. Le président d’Axéréal, Jean-François Loiseau, est céréalier dans le Vendômois. Quant au vice-président, Bruno Bouvat-Martin, il est céréalier à Préveranges dans le Loiret.

    De telles coopératives ne sont plus « razk el beylik », mais « rak el fellahines ». Cela change tout, notamment en matière d’efficacité. Comment arriver à de telles coopératives chez nous mais aussi concilier efficacité agricole, aide à la petite paysannerie et régulation du commerce du blé ?
    Il nous semble que lorsque Mr Belabdi reçoit les responsables de la coopérative française Axéréal, il ne s’agit pas simplement de discuter de matériel, semences, ou engrais. Il faut aussi parler de management et des hommes. Oui, des hommes. De ceux qui cultivent le blé. L’exigence de nos décideurs doit être de demander à voir le fonctionnement de cette coopérative en France. Des délégations de paysans, de cadres de l’OAIC et du MADR, des CCLS doivent aller en voyage d’études. Que des élus paysans des CCLS aillent discuter avec leurs homologues français, idem pour les chefs de silos ou les magasiniers.

    APRES LES MOISSONNEUSES-BATTEUSES SAMPO, DES SEMOIRS SEMEATO ?

    L’un des efforts techniques de l’OAIC porte sur l’irrigation d’appoint. On ne peut que féliciter l’office pour cette politique. Mais quid du fellah sur « el argoub » (colline) loin de toute possibilité d’irrigation ? Pourtant la solution à l’arido-culture existe. Elle s’appelle non-labour avec semis direct. Cette technique permet de s’affranchir de l’antique « dry-farming ». Que MM Attouchi et Belabdi prennent un après midi et aillent voir à Constantine comment travaille Mr Abdelatif Benhamadi. Toute son exploitation est passée au semis direct (SD). Ce qui lui permet de réduire la jachère et de semer plus de légumes secs et de fourrages. Ou qu’ils aillent voir Mr Sobhi Habbes qui travaille les 300 ha de sa famille entièrement en SD.
    Pour l’Algérie, le semis direct constitue la mère des batailles. Divers travaux en ligne dont des travaux du PhD. marocain Rachid Mrabet montrent que seul le SD permet en année de sécheresse de récolter 10 qx/ha quand la charrue ne permet d’en récolter que 2 à l’hectare. Seule l’irrigation mais aussi le SD peuvent nous permettre d’éviter les rechutes de production de céréales comme en 2008. Chute qui avait provoqué cette année là le recours massif aux importations. De 2 Md en 2007 elles étaient passées à 4 200 000 000 $. Seul, le SD peut assurer, en agriculture pluviale, c’est à dire sans irrigation, des récoltes de céréales supérieures à 30 millions de quintaux. Outre les grains, le SD procure la paille et permet une réduction des terres en jachère du fait de sa vitesse d’emblavement des terres (6 fois supérieure à la charrue).

    Nos deux organismes d’Etat semblent se rendre compte peu à peu de l’intérêt du SD. En témoignent la vingtaine de semoirs de marque Sola importés et actuellement disponible au niveau des CCLS. Mais à Aïn Témouchent, un de ses semoirs est resté sur palette depuis deux ans. Il est trop puissant pour pouvoir être tiré par les tracteurs de la CCLS locale. Cela montre la nécessité de dialoguer avec les céréaliers qui se sont déjà équipés pour le SD afin de voir quel type de matériel est à importer ou à monter localement. Après le montage de matériel de récolte comme l’accord SAMPO, ne faudrait-il pas un autre accord avec une firme telle SEMEATO pour un montage local de ces semoirs? Il s’agirait également d’étudier le moyen de rendre disponible ces engins pour les exploitations de petite taille. Le Maroc adopte une voie originale : construire des semoirs de SD marocains adaptés aux moyens de traction des petites et moyennes exploitations. Rappelons que le récent accord des groupes publics de matériel agricole avec la firme portugaise Galucho fait l’impasse sur le matériel de SD.

    PENSER « SIGHAR EL FELLAHINE »

    La consultation des statistiques le montrent. Malgré le relèvement des prix à la production, dont 4500 DA /quintal pour le blé dur, toute la récolte ne rentre pas dans les silos de l’OAIC. Cela amène à poser la question des moyens de stockage à la ferme et des risques de perte post-récolte. Le groupe PMAT, ne devrait-il pas se lancer dans la confections de silos métalliques de petites dimensions pour les fermiers? Ce serait également un moyen de ne pas faire porter tout le poids du coût des moyens de stockage sur le seul OAIC.

    Enfin, si des céréaliers stockent toute leur récolte ou une partie, on peut penser qu’ils produisent également une partie de leurs semences. Ils produisent de la semence de ferme. Comment dans ce cas là les aider à améliorer ses semences. Par exemple en les aidant à trier leur semence et à traiter comme sait le faire l’OAIC avec ses nouvelles unités de production de semences ? Pourquoi tout centraliser dans les CCLS avec tous les retards de livraison que cela implique et déposséder le fellah de ce droit millénaire: produire sa semence? PMAT ne pourrait-il pas en concertation avec des agriculteurs et ingénieurs machinistes algériens sortis de nos universités se pencher sur la production de trieurs et appareils à traiter les semences ? Sur ces deux points, l’utilisation de la recherche universitaire peut permettre d’analyser les façons de faire de la petite paysannerie et de connaître leurs réelles attentes. Pourquoi ne pas accueillir chez PMAT et OAIC des étudiants et leur proposer comme sujets de mémoire de fin d’études le thème des stratégies paysannes de stockage des céréales à la ferme ?

    CONCERTATION AU SEIN DE LA FILIERE

    PMAT, l’OAIC, l’ITGC, la BADR ainsi que les firmes d’agro-fourniture et les réseaux qualité-blé des semouliers ont permis de nettes avancées de la production de céréales. Face aux défis de l’heure, dont la réduction de la rente gazière, l’exigence du moment est la recherche du maximum d’efficacité. Aux efforts de la filière afin de procurer à l’agriculteur crédit de campagne, matériel d’implantation, matériel d’irrigation et de récolte ou fertilisants et produits de traitement il nous faut réfléchir aux axes de travail non encore explorés. Notamment : semis-direct afin de régulariser les rendements (notamment en année de sécheresse) et afin de réduire les coûts de mécanisation. Ou encore management et aide aux petites exploitations. Il s’agit là de suggestions portées au débat.

    Les Conseils Régionaux Interprofessionnels des Céréales sont les lieux de concertation de la filière céréales. Ce sont les endroits pour débattre entre membre de la filière. Nous n’avancerons qu’en mobilisant chacun.

  29. Agronome Says:

    LE LUPIN CONTRE LA FAIM

    Par Saber Dahi. Article paru au journal Le Temps (Tunisie) Economia du Mardi 11 novembre 2008 sous le titre « la rose d’or des sables »
    « Les graines de lupin présentent un taux de protéines aussi intéressant que le soja. Cette plante est adaptée au climat semi-aride. C’est donc une espèce de choix en alimentation animale. Cependant, de nombreuses variétés ne supportent pas les sols calcaires. Il faut donc la cultiver en sol acide. Il y a là une opportunité à ne pas négliger. Nous proposons à chacun cette réflexion de Saber Dahi». Djamel BELAID 18.06.2015

    L’institution d’une agriculture moderne et d’un revenu meilleur pour l’agriculteur ont toujours figuré parmi les objectifs des derniers plans de développement quinquennaux. Sans risque d’équivoque, si la modernisation agricole a été élevée au rang de priorité nationale c’est qu’on est parti du constat que le secteur n’est pas entré effectivement dans le 21ème siècle. Nous avons certes des moissonneuses-batteuses, des vaches montbéliardes, de la goutte à goutte, des instituts et des universités agronomiques, des chercheurs même, mais notre agriculture est demeurée rustique, lacunaire et fragile.

    Cet état d’arriération organique trouve sa meilleure expression dans la course interminable à la sécurité alimentaire, la quête du Graal, qui durant plus d’un demi-siècle a été freinée tantôt par les aléas climatiques, tantôt par une mauvaise conjoncture économique internationale mais toujours malmenée par l’inadéquation des moyens mis en œuvre. Inadéquation qui ne veut pas pour autant dire insuffisance ou insuffisance de politiques volontaristes. De même que le cumul de moyens de production ne forme pas nécessairement un système productif, de même que la dotation au secteur agricole de nouveaux moyens techniques, financiers et institutionnels n’accoucherait pas obligatoirement d’une nouvelle révolution verte.

    INDE, MAROC DES EXEMPLES AGRICOLES

    Car au commencement il y a toujours le savoir. Une agriculture moderne, outre le déploiement de ces moyens vers des objectifs stratégiques clairs (la sécurité alimentaire, l’amélioration des revenus des exploitants et ouvriers agricoles), requiert une préalable recherche scientifique appliquée canalisée vers ces mêmes objectifs. Une recherche consciente de son rôle national qui s’éloigne audacieusement des sentiers battus de l’agriculture conventionnelle, prospecte de nouvelles méthodes de culture, les adapte puis les vulgarise en temps opportun auprès des décideurs et des acteurs du secteur agricole. L’Inde, ce grand pays, l’a bien compris. Sa deuxième révolution verte (eh oui, ils en sont à leur deuxième !) après celle de l’agrochimie des années 70, s’accomplit actuellement sous l’égide du développement durable et de l’agroécologie (à ne pas confondre avec l’agriculture biologique qui est un luxe dans un contexte d’insécurité alimentaire).

    Un nouveau mode de produire amorcé par la flambée des prix des intrants agricoles, voulu par les pouvoirs publics et rendu possible par les chercheurs agronomes dont les efforts ont résolu le dilemme d’une meilleure productivité agricole sans recours abusif aux pesticides et aux engrais chimiques. Rien que deux innovations scientifiques issues de la recherche universitaire qui, s’appuyant sur la biodiversité du sol pour exploiter les éléments qui y sont présents, ont suffi pour munir les décideurs politiques des moyens de leurs ambitions et de déterminer ainsi l’avenir agricole de l’Inde.

    Au Maroc, dans le cadre d’un programme national de transfert de technologie en agriculture (PNTTA), un formidable effort de réflexion et de vulgarisation « fédéré » sur Internet implique instituts agronomiques et chercheurs de tous bords en vue d’amortir l’onde de choc de la crise alimentaire mondiale par de nouvelles méthodes de culture et de nouveaux produits agricoles jusque là inconnus ou délaissés. Les résultats sont parfois étonnants. C’est ainsi que, dans des contrées aux caractéristiques pédoclimatiques plus rudes que le Sud-ouest tunisien, des paysans marocains font pousser du safran destiné à l’exportation (qui rapporte au pays 60 milliards de nos Millimes), cultivent le quinoa, le riz des Incas (!) ou incorporent le caroube et la mélasse dans les rations alimentaires des vaches laitières en substitution aux produits importés.

    UN DEFICIT FOURRAGER IMPORTANT

    L’un des défis majeurs pour l’agriculture tunisienne est le maintien puis la reproduction élargie du secteur de l’élevage qui a subi de plein fouet la hausse des prix des céréales, du carburant et des aliments concentrés. Ce secteur constitue en valeur 36% de l’ensemble de la production agricole avec plus de 600 000 emplois directs et indirects et 1 million de jours de travail par an. C’est dire son importance. Sur le plan structurel, 73 % des éleveurs qui détiennent 62 % du cheptel exercent leur activité sur une exploitation inférieure à 10 hectares peu propice à l’activité intégrée polyculture/élevage. La taille de la propriété, « l’élevage sans terre », associée à la dégradation des zones de parcours et de pâturage les rend du coup otages de sources extérieures pour les besoins alimentaires de leurs troupeaux. Plus est, les 300 000 hectares actuellement consacrés aux cultures fourragères produisent selon les aléas climatiques entre 460 et 750 millions d’unités fourragères (UF) pour des besoins estimés à 1400 millions d’UF, soit un taux de couverture moyen de 30 %.

    Ce gigantesque déficit qui traduit parfaitement l’inadéquation des objectifs avec les moyens est comblé par le recours systématique au concentré dont les composants proviennent en quasi totalité de l’importation. Déjà, indépendamment du prix des intrants d’élevage cette activité n’est pas viable et même contre productive avec un aussi faible taux de couverture. L’extension des surfaces de cultures fourragères, pour améliorer ce taux, et des cultures spécifiquement protéagineuses, pour pallier au déficit protéique et réduire l’importation, sont donc une condition sine qua non de la survie du secteur. Mais quelles nouvelles terres seraient défrichées, quelles nouvelles cultures innovantes seraient retenues et avec quelles eaux seraient-elles irriguées ? A cet épineux problème, les acteurs de la recherche agronomique – qui ne publient rien sur leurs sites web mais qui laissent entrevoir leurs projets par bribes dans les quotidiens ou les salons agricoles, proposent la substitution du soja et du maïs par des aliments produits en Tunisie ( ?) comme la féverole, l’orge, le sorgho grain ou le tournesol.

    TOUT MISER SUR LA FEVEROLE?

    Finalement, c’est cette vieille connaissance de l’agriculture conventionnelle, la féverole (foul masri) qui a été retenue à la base d’un vaste programme de recherche visant à limiter l’importation de certains composants de l’alimentation animale dont le très médiatique et controversé soja. Alors que 700 000 hectares de surfaces fourragères supplémentaires seraient nécessaires pour combler le déficit en UF si le mode de valorisation et le niveau de productivité sont maintenus à leur état actuel, il n’est prévu qu’une extension n’allant pas au-delà de 100 000 ha à l‘horizon 2011 dont 6000 ha seraient irrigués par les eaux usées traitées. C’est toute la réponse à ce défi alors qu’on s’attendait à quelque innovation que ce soit.

    Aucune mention sur les possibilités du lupin, cette plante protéagineuse que déjà un congrès mondial datant de 1984 a confirmé comme substitut à 100% du soja pour l’alimentation des ruminants et à 25% pour celle des volailles. Si on questionne d’ailleurs le site de l’IRESA ou celui de l’Office de l’Elevage et des Pâturages sur cette plante naturellement présente en Tunisie le moteur de recherche répond « qu’aucun article ne correspond à la requête. » (normal quand la dernière mise à jour de la Bibliothèque de l’OEP date de décembre 2005).

    LE LUPIN AUSSI RICHE QUE LE SOJA

    Les lupins sont des plantes de la famille des légumineuses au même titre que le soja ou la féverole. Avec une teneur en protéines allant selon les espèces jusqu’à 43 % (qui est supérieure ou égale à celle du soja) associée à une composition de 25,5% de fibres, 13,5 % de sucres, 12,5% de matières grasses et 5,5 % de minéraux, le lupin est le protéagineux tout désigné pour l’autonomie protéique, l’économie d’intrants et le développement durable à l’échelle de l’exploitation. Les éleveurs français en rébellion contre le lobby soja y trouvent même « un trésor agroalimentaire occulte » ; la valeur alimentaire de graines de lupin étant sensiblement la même qu’un mélange tourteau de soja blé à 50/50. A part la Hongrie, qui consacre 300 000 ha à cette culture et l’Allemagne, L’Europe qui importe 75 % de ses besoins en protéines végétales redécouvre à présent l’intérêt biologique, écologique et économique de cette graine. Le lupin est en effet une plante rustique résistante aux parasites qui, à l’instar des autres légumineuses, récupère l’azote de l’air, le recycle dans le sol (la dose fixée est estimée à 140 à 200 kg/ha/an), favorise sa structure et limite les apports d’engrais pour les cultures suivantes dans les systèmes de rotation. Il supporte aussi bien l’absence de traitements phytosanitaires ; insecticides et fongicides. D’où un coût de revient peu élevé de sa culture.

    CULTIVER LE LUPIN EN SOLS ACIDES

    A part ses vertus communes aux légumineuses, beaucoup d’arguments militent grandement en faveur du lupin autant que la féverole comme l’un des composants d’une stratégie d’autonomie protéique radicale dans l’alimentation animale qui tienne compte des spécificités pédoclimatiques de la Tunisie.

    L’argument massue est sans doute le fait que les variétés les plus répandues, le lupin blanc (Lupinus albus) et le lupin bleu (Lupinus angustifolius), poussent même sur les sols sablonneux ou limoneux pauvres et acides ; à la limite de la stérilité, où pratiquement rien ne pousse ! Des scientifiques avancent qu’en raison de leur«… enracinement pivotant les lupins sont moins sensibles à la sécheresse que la féverole et craignent au contraire les excès d’eau » ! Ce don de la nature que les Romains cultivaient jadis chez nous à partir d’espèces autochtones exigeantes en chaleur « … contient plus de protéines que la féverole (43 % contre 30%). Moins riche en amidon il apporte une grande partie de l’énergie sous forme de lipides. Ce qui est un avantage tant dans l’alimentation des monogastriques (diversification de l’apport énergétique) que dans l’alimentation des ruminants (limite des risques d’acidose dans le rumen ».

    Ajoutez à cela la production d’une huile d’excellente qualité et on comprendra pourquoi l’Australie, pays aride entretenant un impressionnant cheptel ovin, a produit en 2004 plus d’un million de tonnes de graines de lupin (86 % de la production mondiale) contre 265 000 tonnes de fèverole.

    Apparemment si le lupin doux n’est pas à l’ordre du jour en Tunisie et reste confiné croit-on dans les laboratoires de l’INRAT (qui n’a pas de site web) c’est qu’on ne dispose pas assez de sols acides adaptés à cette culture. Plutôt qu’une explication c’est une réponse déterminée par l’absence d’une cartographie détaillant les sols sur une échelle plus précise suivant le critère alcalinité/acidité.

    MOGODS KROUMIRIE, REGION A SOLS ACIDES

    Pourtant, une excellente étude (mise en ligne par http://www.fao.org) du Professeur Ch. Kayouli de l’INAT (institut qui n’a pas lui aussi de site web) sur le profil fourrager de la Tunisie précise que dans la zone agroécologique des Mogods-Kroumirie «… En raison de la pauvreté de ses sols, cette région a un potentiel agricole faible. En effet, lors d’expériences sur les fourrages menées dans la zone, les sols ont été analysés et les résultats ont montré qu’ils sont très acides (pH KCl = 4 – 4,3) et pauvres en azote (0,06 – 0,07 pour cent), avec un très faible contenu en phosphore (1 mg / 100 g) et une concentration d’humus marginale (1,5 – 1,9 pour cent). ».Voici donc le terrain de prédilection pour cette plante acidophile : des régions humides et subhumides aux sols acides propices à la culture pluviale du lupin. Des terres pour les cultures fourragères dans cette zone forestière et dans le Nord Ouest en général existent mais elles sont à faible potentiel parce qu’on n’y a pas cultivé la bonne graine. Les Mogods Kroumirie voués naturellement à la sylviculture et à l’élevage regorgent de zones de pâturages dégradés qui représentent autant de pépinières pour le lupin sans recours à de nouveaux défrichages ou réallocation de terres exploitées dans d’autres cultures.

    Quoique le Maroc n’en produit que 14 000 tonnes, des rendements moyens de 30 quintaux par hectare ont été obtenus avec une variété locale de lupin blanc dit Multolupa. Ce qui semble une référence juste pour le calcul économique. En admettant alors que ce ratio est reproductible dans cette zone agroécologique de la Tunisie et que 1 kg de lupin équivaut à 1,25 UF, 100 000 ha de terres acides dédiés à cette culture, uniquement par la mobilisation de terres incultes ou dégradées, produiraient en graines l’équivalent de 400 millions d’UF, soit deux fois plus que la production actuelle par unité avec les fourrages classiques. La féverole peut égaler ce rendement mais il faudra chercher où la planter dans le croissant fertile.

    Pour les populations forestières qui y apprivoisent bovins et ovins, ces populations qui détiennent des records de pauvreté et de sous emploi, le lupin accroîtrait leurs revenus agricoles et la qualité de leur bétail par un meilleur apport en protéines comblant le déficit en fourrage. Leur dépendance vis-à-vis des revenus et des produits forestiers diminuerait significativement et par conséquent la pression sur la forêt elle-même. C’est ce qu’on appelle un système agroécolgique dans lequel une culture adaptée et innovante, le lupin dans ce cas, devient par elle-même le moteur d’un développement durable. Les moyens techniques et financiers, les décisions des pouvoirs publics n’en seront que le corollaire et ne détermineront par conséquent que la vitesse du processus de développement.

    MOGODS KROUMIRIE CAPITALE DU LUPIN?

    Les possibilités pour que les Mogods Kroumirie deviennent la capitale du lupin avec une balance protéagineuse excédentaire pour le Nord Ouest ne sont pas illusoires. Il y a 10 ans l’Australie n’en cultivait pas et aujourd’hui cette culture s’étend sur un million d’hectares. L’extension de cette activité – peu exigeante en intrants et de conduite simple, dans les zones du Centre et du Sud dépendra d’abord de la disponibilité de poches acides (région de Segui à Gafsa ?) dans un environnement dominé par les sols alcalins. Toutefois il est toujours possible d’apporter un amendement acide sur les terres des « no plant’s land » par voie agrochimique ou par une voie biologique consistant en l’épandage d’aiguilles de résineux (une source de valorisation des produits forestiers du Nord Est ?).

    Pour le reste, il existe des variétés douces à faible ou moyen rendement adaptées aux climats arides et semi-arides assurant une bonne couverture végétale pour une faible pluviométrie.

    La multiplication et la réintroduction dans ces contrées de souches sauvages autochtones de lupin plus résistantes aux maladies (anthracnose) et à la sécheresse serait encore plus viable pour escamoter le piège de l’importation de semences dites sélectionnées. Le fait que les lupins sauvages soient amers et contiennent des alcaloïdes toxiques ne pose plus problème grâce à un procédé d’adoucissement et d’élimination des alcaloïdes dit « procédé Mittex » issu de la « recherche » italo-suisse-allemande. Le sous-produit de l’extraction, le lupinex, est un fertilisant et un produit phytosanitaire biologique et économique !

    Lupinus, cette plante que les anciens appelaient « la rose d’or des sables » et qui n’en finirait pas de nous étonner, n’est pas destinée à être cataloguée et archivée dans une banque de gènes. Car en ces temps où la sécurité alimentaire est devenue un véritable front, la recherche agronomique a le devoir patriotique de nous fournir dans de brefs délais ces armes dont le lupin fait partie.

    PS : Les acteurs de la recherche sont les organismes et les institutions qui ne reflètent pas nécessairement l’avis des chercheurs ou ne rendent pas compte de leurs efforts.
    Ndlr: les sous-titres ne sont pas de l’auteur.

  30. Agronome. Says:

    SUBVENTION DU PAIN EN EGYPTE : UNE REVOLUTION TRANQUILE.

    En Egypte, depuis août 2014, le prix de la farine est libre. Cela s’est traduit par une augmentation du prix du pain. Pourtant nulle trace de révolte populaire. Comme expliquer qu’une telle réforme passe sans faire de vagues dans un pays où, comme en Algérie, le pain constitue un aliment de base ? Et si une telle réforme pouvait s’appliquer chez nous ?

    LE MIRACLE DE LA CARTE A PUCE

    Cette libéralisation du prix du prix de la farine s’est accompagnée de l’attribution d’une carte à puce aux familles à revenu modeste. Elle est délivrée en fonction de critères sociaux et permet de délivrer à chaque membre d’une famille 5 pains par jour.

    Auparavant les pouvoirs publics subventionnaient directement la farine. Depuis 1980, les boulangers étaient tenus de vendre le pain à 5 piastres (moins d’un centime d’euros) avec un maximum de 20 pains par personne. Il s’agit de pains de 130 grammes de forme circulaire, des galettes. Devant les boulangeries, les files d’attente étaient interminables. Les trafics étaient nombreux. Certains boulangers revendaient la farine sur le marché informel.
    Mais depuis cette décision, plus de files d’attente devant les boulangeries. Chacun semble satisfait. Les ménages modestes arrivent à se procurer du pain au prix modique de 5 piastres contre 30 pour les consommateurs ne possédant pas le fameux sésame ou désirant acheter plus de 5 pains par personne.

    « Avant la mise en œuvre du système, certaines familles envoyaient plusieurs de leurs membres pour acheter pour une livre, des galettes de pain (plafond fixé par personne). Aujourd’hui, chaque membre de la famille peut se procurer en une seule fois la part de la famille pour trois jours », explique Ahmad Kamal, propriétaire d’une boulangerie dans le quartier d’Al-Khalifa au Caire (1).

    Pour chaque pain vendu à 5 piastres, le Ministère de l’Approvisionnement en reverse 25 au boulanger afin de couvrir le coût de production. Les boulangers peuvent dorénavant acheter la farine au prix du marché. Il y a une libéralisation du prix de la farine. Les quantités de farine pouvant être achetées par les boulangers ne sont plus rationnées. Chaque boulangerie est par ailleurs dotée de 2 lecteurs de carte à puce de marque SMART.

    UNE REFORME MUREMENT REFLECHIE

    Ce projet a été longuement réfléchi par les autorités égyptiennes. Il avait été imaginé dès 2003. Et le président Mohamed Morsi avait même annoncé sa future mise en place avec seulement 3 galettes à prix subventionné par personne. Il faut dire que les dernières tentatives d’augmentation du prix du pain s’étaient soldées par des émeutes. En 1977, le président Sadate avait été obligé d’annuler une augmentation du prix du pain suite à de violentes émeutes. Et en 2011, lors de la révolution qui a entrainé la chute de Hosni Moubarak, les manifestants scandaient « Pain, liberté, justice sociale ». C’est dire si le sujet est sensible. L’utilisation de cartes à puces a d’abord était testée dans les villes de Port-Saïd et d’Ismaïlia dès janvier 2013 avant d’être élargie aux autres provinces.
    Maintenant que les derniers gouvernorats ont été concernés par la réforme, c’est 69 millions d’Egyptiens sur 86, soit 80% de la population, qui utilisent cette carte à puce. Résultats, dans les premières villes où la réforme a été lancée, les suventions ont été réduites de 30%. Quant au sac de farine de 50 kilo, il est passé de 16 livres Egyptiennes à 155 (1).

    La majorité des consommateurs sont satisfait et ne tarissent pas d’éloges quant à cette réforme décidée par Sissi.
    «Cela marche maintenant. Que Dieu bénisse Sissi » lance à l’envoyée spéciale du journal Le Monde (2) Zeinab une vielle dame en sortant d’une boulangerie du quartier pauvre d’Imbaba au Caire.

    « ON NE SUBVENTIONNE PLUS LE PRODUIT, MAIS LES PERSONNES »

    Cependant, il existe encore quelques dysfonctionnements. Al-Ahram relate « Nous sommes quatre dans la famille alors que trois seulement figurent sur la carte de subvention, ma fille de 8 ans n’est pas inscrite » explique Rawya mère au foyer. Mahmoud Sayed, responsable d’une famille de six personnes, réclame au moins 8 galettes par jour pour manger à sa faim. « Doit-on prendre le petit-déjeuner , le déjeuner ou le dîner ? » se demande-t-il ironniquement. En outre, le programme n’a pas prévu qu’un lot de 5 000 galettes par mois au prix subventionné et par boulangerie pour les personnes ne possèdant pas encore de carte. Mais la demande est supérieure à ce quota. Et des migrants tels ces ouvriers journaliers d’un autre gouvernerat venus travailler au Caire sont obligés d’acheter le pain au prix fort. « Les plus riches peuvent s’en sortir. Ils mangent de tout mais les familles nombreuses et les pauvres ne le pourront pas » lance Oum Shahd au journaliste d’ Al-Ahram.

    Pour Mahmoud Diab, porte-parole du Ministère égyptien de l’Approvisionnelment : « on ne subventionne plus le produit, mais les personnes ». Une maxime que les décideurs Algériens devraient considérer. L’étude du cas égyptien est à étudier. Rappelons que la dotation de cartes à puce a concerné 69 millions d’Egyptien. Il s’agit là d’un bel exploit.

    Par ailleurs, le montant des subventions économisé pourrait être affecté à la production. On peut imaginer ainsi une augmentation des prix à la production ou des subventions pour l’emploi de techniques plus modernes (irrigation d’appoint, semis-direct).

    NOTES :
    (1) « Pain : la rationalisation mal comprise ». Al-Ahram Hebdo en ligne. Marwa Hussein. 16.07.2014.
    (2) « En Egypte, la révolution silencieuse du pain ». Le Monde Economie. Moina Fauchier-Delavigne. 14.04.2015

    • Mahmoud AIT-ABDERRAHIM Says:

      Bravo pour ce type d’information , bien entendu ce que l’Egypte est capable de faire , l’Algérie en est capable aussi .

      Le système que vous décrivez est bien entendu perfectible , mais il à l’avantage d’être valable aussi pour le cout de l’énergie , du transport ( et pour bien d’autres choses ), car l’augmentation du cout de l’énergie impacterait fortement les plus démunis qui utilisent aussi les transports en communs ou qui sont malheureusement obligées d’acheter une voiture pour se déplacer et ou aller travailler .

      L’achat d’une voiture grève le budget familial de tout le monde mais surtout des plus pauvres qui subissent aussi la pression sociétal de la société et de la publicité ridicule qui inondent nos journaux…

      Bien entendu ses aides directes doivent êtres néanmoins bien calculées afin de ne pas développer l’assistanat et développer le compter sur soi et l’incitation à la production locale et à sa valorisaton.

      De mémoire d’agriculteurs nous n’avons pas mémoire de sécheresse aussi sévère , et il est ridicule de croire que les matières premières vont voir leurs couts de productions baissées.

      Il faut redonner sa valeur réelle aux matières premières et apprendre a produire autant avec plus de qualité et savoir valoriser les produits de qualité .

      Nos agriculteurs peuvent et doivent êtres fiers de ce qu’ils font , malheureusement pour des raisons politiques ils ne sont pas acteurs de leurs communication .

      Nous sommes confrontés à une grave crise écologique et l’augmentation du prix des matières premières n ‘en est qu’une infime illustration.

      Nous confondons croissance et prospérité , accumulation d’artéfacts et gadgets avec qualité de vie et relations humaines.

      Il faut absolument rendre couteux les comportement aggravant la crise écologique et très profitables ceux qui rendent des services à l’intérêt général . ( les normes comptables doivent changées et intégrées ses facteurs de durabilité )

      Nous devons fonder nos aides agricoles sur le développement de la biodiversité , la protection de l’environnement , l’efficience dans l’utilisation de l’eau, la reforestation . et asseoir notre système social sur d’autres types de financements.

      A des systèmes qui créent de la «  »richesse » » par la dégradation des écosystèmes, il est urgent de le substituer par une économie et microéconomie locale adapté à son environnement et issues d’un savoir faire local .

      L’agriculture et les collectivités locales doivent s’impliquer sérieusement et ensemble dans l’augmentation de la
      productivité agricole afin de répondre aux défis de l’urbanisme et du développement anarchique des villes source de violence.

      Nos systèmes assurantiels doivent évoluer pour êtres plus efficaces .

      L’agriculture respectueuse de l’environnement produisant des produits de qualité et protégé par les pouvoirs publics par des prix incitatifs destiné aux producteurs et non aux consommateurs n’est pas un luxe , c ‘est la première des solidarité faites aux plus démunis .

      • Agronome Says:

        Merci pour votre intérêt à la lecture de cet article. Effectivement ce système pourrait être appliqué à d’autres produits comme l’essence. Sissi l’a prévu.
        Il faut savoir que 14% du budget de l’Etat algérien va aux subventions. Nous devons réformer cette situation. Ces subventions doivent aller vers les plus pauvres pas ceux qui roulent en 4×4.
        Ceci dit, attention aux risques de fraudes de cartes à puces…
        Mais bon, c’est à étudier.
        Vous avez raison aussi de dire que notre agriculture ne doit pas se faire au détriment de l’environnement. Déjà la nappe phréatique de la Mitidja dépasserait les 50 mg de nitrates. Je serais curieux de connaître ces taux à El Oued par exemple.
        Des mécanismes incitatifs peuvent permettre d’orienter les agriculteurs vers des procédés plus respectueux de la nature.

        • Mahmoud AIT-ABDERRAHIM Says:

          Le risque de fraude existe certes , mais il faut comparer ce qui est comparable , la fraude a la carte a puce sera infinitésimal comparé a la corruption à l ‘échelle industrielle et aux fraudes au niveau du commerce international …..

          Bien utilisée la carte a puce ( et avec la révolution du big data ) a pour rôle de renforcer le rôle de l’état ET DE LA REPUBLIQUE , un état avec un grand E , un état fort garant de la distribution juste et démocratique des richesses produites , capables de libérer les initiatives locales , augmentant le niveau de vie de sa population en augmentant notre productivité et notre inventivité.

  31. Garfy Says:

    http://fr.horticalia.org/Wiki/Palmier_%C3%A0_ivoire

    est-ce que le palmier à corozo pousserait en Algérie ? Il y a des gens talentueux qui pourraient créer des bijoux, des boutons etc …

  32. Agronome Says:

    LAIT CRU
    BEJAIA : GREVE ILLIMITEE

    Sous le titre : «Béjaïa : Emboitant le pas à leurs confrères de Tizi-Ouzou. Les éleveurs bovins et producteurs de lait cru en grève illimitée »  Boualem Slimani de la Dépêche de Kabylie note ce 11 Juin le malaise des éleveurs laitiers. Essayons d’analyser la situation et faire quelques propositions.

    CRISE DU FOURRAGE

    Citons le journaliste : Ces agriculteurs ont soulevé, notamment, la cherté des aliments du bétail et le fourrage. «Les prix du fourrage sont excessifs. Une botte d’avoine se négocie à 1 200 DA, celle de la paille est cédée à 650 DA, alors que la semence d’avoine est vendue à 10 000 DA le quintal, et ce, en pleine saison de moisson. Alors, que dire en hiver !», s’insurge A. Zahir, président de cette association, regroupant quelques 150 éleveurs.

    Il faut signaler la responsabilité du mouvement revendicatif de ces éleveurs. Après une assemblée générale, ils ont décidé de sensibiliser les consommateurs par des distributions gratuite de lait. Cela est nouveau comme type de manifestation et relève d’un haut degré de responsabilité. Ces éleveurs sont à féliciter.

    Concernant les fourrages, les pouvoirs publics développent d’importants efforts (crédits, subventions, matériel, irrigation). Il nous semble que des efforts doivent être poursuivis dans différentes directions de façon à résoudre définitivement la question.

    -Augmenter en plaine la disponibilité en paille et fourrage de vesce-avoine en favorisant le semis direct. Ce mode de semis permet une meilleure production à l’hectare. Il permet également la résorption de la jachère et l’extension des cultures de féverole ou de pois fourragers. Les efforts concernent également les moyens pour la récolte des fourrages et leur transport. Des coopératives d’éleveurs pourraient être dotées de crédits afin d’acheter des camions.

    -Augmenter en zone de montagne l’offre en fourrages. Cela passe par des aménagements du relief par la formation de banquettes et d’aplanissement de toute zone propice aux cultures fourragères. Les pouvoirs publics pourraient subventionner de tels travaux. Sur de telles superficies de petite taille, il est possible d’intensifier la culture fourragère. Cela, en utilisant le fumier des étables comme fertilisant et en développant l’irrigation d’appoint. Des fourrages tels le colza fourrager, la betterave fourragère, la luzerne et le sorgho sont à développer.

    -Valoriser la recherche agronomique locale. Il est possible de traiter la paille à l’urée ou de rajouter de l’urée à l’orge en grain distribuée aux animaux voire à le rajouter sur l’orge cultivée en hydroponie. Mais alors que l’urée est présent en grande quantité, personne n’explique cela aux éleveurs. Idem concernant la fabrication de B.M.N (Blocs Multi-Nutritionnels) à partir de divers sous-produits végétaux et de l’industrie agro-alimentaire. Mais qui se préoccupe de vulgariser la recherche de l’université algérienne ? Personne! Cela nous amène à conseiller aux éleveurs déjà réunis en association de demander aux pouvoirs publics quelques postes budgétaires. Cela, afin de recruter des ingénieurs et techniciens pour un appui technique destiné à leurs propres adhérents.

    PROTEGER LES MARGES DES ELEVEURS

    Alors que les groupes laitiers prolifèrent et captent la valeur ajoutée de la transformation du lait, les éleveurs doivent protéger leur marge en créant leur propre coopérative.
    Citons à ce propos Boualem Slimani : En outre, il [A . Zahir] a incombé une partie de la responsabilité des problèmes que vit cette filière aux laiteries. «Les éleveurs travaillent à perte. Les laiteries ont sucé les efforts des éleveurs», a-t-il déploré. Dans ce sillage, A. Zahir, qui réclame «la stabilité des prix du fourrage», a appelé les éleveurs laitiers de la wilaya à distribuer gratuitement le lait de vache aux pauvres en guise de mécontentement.

    APPRENDRE A CULTIVER DE L’HERBE

    Malgré les efforts des pouvoirs publics, l’offre fourragère ne suit pas. Les éleveurs doivent trouver les surfaces pour cultiver des fourrages et/ou apprendre à cultiver ces fourrages de façon intensive (kit pour irrigation d’appoint, nouvelles espèces, techniques de pâturage avec clôture électrique, conservation telle l’ensilage).
    Les pouvoirs publics peuvent agir par l’actuelle politique de concession de terres agricoles et cela même en montagne et en zone forestière (création de banquettes). Exploitons scientifiquement nos forêts et maquis. Par, également une aide en matériel d’implantation (semoirs pour semis direct) et de récolte des fourrages (faucheuse, botteleuse, ensileuse, enrubanneuses).

    Les pouvoirs publics doivent sommer les laiteries de développer un appui technique aux éleveurs. La laiterie Soummam a mis sur pied à Constantine une société de travaux agricoles de récolte du fourrage sous forme d’enrubannage. Ce type d’initiative est à encourager.

    Des subventions sous forme de postes budgétaires aux associations d’éleveurs doivent leur permettre d’embaucher leur propres techniciens de terrain. Que les éleveurs réclament toujours plus de subventions n’est pas une solution. Cela ne fera qu’encourager les grossistes en fourrages à relever leurs prix. A ce propos, nous sommes étonnés de la responsabilité de leur mouvement et la pauvreté de leurs suggestions. Ils réclament un poisson au lieu de réclamer une canne à pêche.

    Le défi est d’apprendre à cultiver de l’herbe. Nous avons les potentialités pour réussir. Au lieu de méga-projets dans le Sud qui risquent d’assécher et de polluer les nappes phréatiques, il est temps de développer l’agriculture de montagne. Elle présente l’avantage de créer beaucoup d’emplois. A ce titre, l’expérience des Chambres d’Agriculture des pays européens possédant des zones de montagnes peut nous être utile. C’est avec ce type d’organismes qu’il s’agit de développer une coopération. Trouvons un moyen afin de faire venir des techniciens étrangers compétents dans nos exploitations agricoles. Plus que jamais nous devons apprendre à cultiver de l’herbe. Et vite. Il y a urgence et péril dans la demeure.

  33. Agronome Says:

    SUCRE
    SUCRE DE CANNE MADE IN DZ ?

    Djam.bel@voila.fr
    Avez vous remarqué sur les villes du littoral « al gsab », Ces roseaux qui poussent un peu partout ? Dès qu’il y a un terrain non cultivé, ils prolifèrent. Roseaux et canne à sucre sont des familles botaniques proches. Pourquoi ne pas essayer de planter de la canne à sucre en Algérie ?

    L’Algérie n’a pas le climat équatorial de Cuba pour cultiver de la canne à sucre et en particulier sa pluviométrie. Cependant, de l’eau il est possible de s’en procurer à partir de la récupération des eaux de pluie et des eaux des stations d’épuration. Cette mobilisation pourrait permettre de cultiver de petits périmètres agricoles. La rentabilité de telles productions pourrait être assurée par des circuits courts : de petits ateliers de transformation de la canne et de ses sous-produits.

    La transformation de la canne à sucre nécessite peu de moyens. Les tiges sont broyées puis l’extraction du sucre est obtenue par contact avec de l’eau chaude. Les jus sont ensuite asséchés ce qui permet la cristallisation du sucre. On obtient également un résidu : la mélasse. Celle-ci constitue un excellent complément alimentaire pour le bétail.

    PRODUCTION ARTISANALE ET FAMILIALE DE SUCRE DE CANNE
    Outre la culture de la canne à sucre, il est possible d’envisager la présence de cette plante dans des jardins familiaux. L’exploitation des cannes nécessiterait alors un broyeur manuel permettant l’extraction du jus de canne. L’arrosage des cannes pourrait être assuré notamment par le recyclage d’une partie des eaux domestiques des habitations.

    L’exploitation artisanale des tiges de cannes à sucre est courante dans nombre de pays producteurs de cette plante. Des vendeurs ambulants y proposent même des boissons rafraîchissantes. Pour cela ils disposent de petits broyeurs manuels qui leur permettent de préparer devant la clientèle ces boissons.

    Au mettre titre qu’une vigne dans une cour ou un arbre fruitier dans un jardinet, un bosquet de tiges, de canne à, sucre pourrait être présents chez les particuliers. Actuellement, à notre connaissance, il n’existe pas de pépinières proposant de jeunes tiges de cannes à sucre. De tels plants sont à ramener du Maroc ou de France. Pourquoi le Maroc ? Car ce pays possède une longue tradition de culture de la canne à sucre. Des vestiges archéologiques, dont des bacs taillés dans la pierre font remonter sa culture au 15ème siècle. La qualité du sucre marocain a même dépassé les frontières de ce pays. Ainsi, pour son thé, la reine Victoria n’utilisait que du sucre produit au Maroc. Actuellement, ce pays produit jusqu’à 50 % de ses besoins en sucre en cultivant canne et betterave à sucre.

    Concernant la plantation de cannes, comme pour les roseaux, il suffit de mettre sous 5 à 10 centimètres de terre une tige de canne pour qu’en quelques semaines elle bourgeonne à chaque nœud et produise ainsi de jeunes pousses. Celles-ci sont exploitables dès la deuxième année de culture.

    P. RABHI, NOS VILLES, UN VERITABLE DESERT MINERAL

    L’idée de produire du jus de canne à sucre dans le cadre d’un agriculture urbaine et péri-urbaine peut paraître saugrenue. Cependant, les chiffres sont là. En Algérie, on assiste à une augmentation croissante du nombre de bouches à nourrir. Il faut également compter sur l’attrait qu’exerce notre pays sur les populations du sahel qui se voient de plus en plus fermer les portes de l’eldorado européen. Parallèlement à cette augmentation, on assiste à une réduction des surfaces agricoles et des ressources hydriques dans un contexte de réchauffement climatique. Aussi, il nous semble, qu’en zone littorale où la pluviomètre dépasse allègrement les 600 mm de pluie annuels, et où les températures sont clémentes chaque mètre carré sauvé du béton devra servir à l’avenir à la production agricole.

    Avant de penser à produire sur les toits des immeubles, le bon sens voudrait que les terres les plus fertiles du pays soient sauvées du béton et que les espaces libres des villes soient productifs. Produire par exemple du raisin en ville ne demande que peu de surface. Nombre de maisons algériennes possèdent une cour avec une vigne sous forme de treille. Déjà, à l’étranger il est envisagé de produire du raisin contre un mur d’immeuble ou de planter des arbres fruitiers pour ombrager des parkings.
    Pour P. Rabhi, les villes de demain ne devront plus être un désert minéral, mais un espace où le végétal reconquiert ses droits.

    SE REAPPROPRIER UN POUVOIR DE DECISION ALIMENTAIRE

    Il nous semble que l’agriculture algérienne doit se réapproprier la capacité de produire du sucre ; que ce sucre soit issu de betterave sucrière ou de canne à sucre En Algérie, la culture de betterave à sucre a existé dans les années 70. Elle a été arrêtée après la disparition du président Houari Boumediène car jugée peu rentable. L’approvisionnement du consommateur a été confié à des raffineurs privés qui se sont tournés exclusivement vers l’import de sucre brut non raffiné. Or, l’évolution des techniques d’arrosage localisée telle que le goutte à goutte, les semences mono-germes de betteraves et les progrès de la mécanisation permettent aujourd’hui d’envisager de telles cultures en Algérie. Même si elles devraient à l’avenir ne couvrir qu’une partie des besoins locaux, une telle production permettrait un plus grand pouvoir de négociation des raffineurs de sucre algériens lors de leurs achats de matière première sur le marché international. Actuellement, les stocks de sucre ne couvrent que quelques mois de consommation locale.

    Or, en affirmant qu’il n’est pas possible de produire du sucre en Algérie, certains industriels de l’agro-alimentaire restent sur des positions passéistes. Actuellement, les productions agricoles locales font l’objet d’une mutation. Une rupture technologique est en train de s’opérer. Du fait de la poursuite des importations de produits alimentaires, cette rupture est encore méconnue du large public. Or, que ce soit en matière de production de tomate industrielle, d’enrubannage des fourrages ou du semis direct sans labour, des agriculteurs ont modifié radicalement leur façon de procéder. Les nouvelles techniques de production de la tomate ont par exemple permis de multiplier par trois les rendements. L’enrubannage permet de conserver la valeur alimentaire des fourrages plus de trois ans. Quant au semis direct des céréales, non seulement ce moyen permet de combattre la sécheresse mais il réduit considérablement les coûts de production.

    Le consommateur doit de se ré-approprier cette capacité de consommer des produits locaux. La culture de la canne à sucre peut permettre de produire artisanalement du jus de canne, des sodas, du sucre ou des infusions sucrées comme cela existe en Colombie. Le consommateur est actuellement dépendant de produits étrangers, or une production locale serait créatrice d’emplois.

    • Ratuma Says:

      quand je lis que Danone vient de racheter une laiterie « Le Trèfle », je suis horrifiée ………

      concernant la sucre, actuellement la mode serait plutôt au fructose et à la stévia – et les sodas, il vaut mieux éviter – s’il faut se tourner vers les produits locaux, il faut aussi penser aux produits « faits maison » –

      le miel est précieux, est-ce qu’il n’y a pas des endroits où des acacias pourraient être plantés, le miel est super bon, ainsi que le miel de lavande –

      le sucre ne doit pas être trop raffiné afin de conserver ses propriétés –

      et est-ce qu’il ne serait pas possible de cultiver de la spiruline et de la chlorella –

      est-ce qu’il y a des horticulteurs en Algérie ? Des roses dans tous les foyers ce serait bien

      et planter des baobabs à la limite du désert –

      bon courage à tous –

  34. Agronome Says:

    ASSURANCES AGRICOLES
    NOUVEAU CHALLENGE POUR BENHABILES CHERIF, DG CNMA.

    Dans son « Message du Directeur Général » Mr BENHABILES Cherif écrit sur le site de na CNMA: « la CNMA est un composant important de la gestion des risques dans l’agriculture, mais ne remplace pas les bonnes techniques de gestion des risques, les méthodes de production saines et l’investissement en technologie de pointe (…). La Protection du Revenu Agricole contre les risques climatiques s’affirme comme un élément à part entière de la Politique Agricole. Elle requiert donc un engagement clair de la profession et des pouvoirs publics ».

    De cette citation soulignons la volonté de réduire le risque climatique de l’agriculteur : «  l’investissement en technologie de pointe ». La Caisse nationale d’Assurances Agricoles doit se tenir des avancées agronomique en la matière. En grandes cultures, le non-labour avec semis-direct (SD) permet d’obtenir, même en année sèche, 10 qx/ha et la paille correspondante contre 2 qx/ha dans le cas du labour.

    DE GROSSES EXPLOITATIONS ADOPTENT LE SEMIS DIRECT
    Ces résultats et observations sont le fruit de la recherche d’universitaires algériens, des instituts techniques (ITGC)out d’agriculteurs pionniers à Sétif et Constantine. En Algérie, comme au Maroc ou en Tunisie, de grosses exploitations privées ou d’Etat commencent à se convertir à cette pratique. Malgré le coût élevé du semoir de SD, l’engin est amorti la première campagne agricole dès les premiers 500 ha emblavés. C’est qu’il permet une nette réduction des coûts de mécanisation et de main d’oeuvre. En effet, labourer est une opération longue et coûteuse en carburant et en main d’oeuvre. Les opérations de préparation de lit de semences sont également longues. De ce fait, les semis sont souvent terminés tardivement. Avec le SD, ces inconvénients disparaissent. Et les résultats sont époustouflants. Mr Bruno Valdon de l’ONG Fert note: « Au Maroc encore, grâce aux parcelles de démonstration, l’introduction dans la rotation classique Blé/Jachère de cultures de type légumineuses et de fourrages fait son chemin. Ainsi, dans le Rif les rendements estimés allaient de 44 à 73 qtx/ha en Maïs, de 14 à 17qtx/Ha en Pois chiche et de 9 à 28 qtx/ha en Sorgho. Les paysans du Moyen Atlas se sont montrés très intéressés par des espèces comme le Pois fourrager et la Féverole, ainsi que par les mélanges fourragers du type méteil ».

    On peut en effet lire dans la SYNTHESE DES ACQUIS DU PROJET (2010 – 2013) relatif à la « Conservation des Sols et Sécurité Alimentaire : une préoccupation commune pour les agricultures paysannes du Mali et du Maroc »: « En effet, 20 ha de semis précoces « dans le sec » ont été possibles dès la mi-octobre 2012 grâce au semis direct (SD). Les fortes pluies qui ont suivi ont retardé les semis conventionnels jusqu’en décembre. Lors de la récolte en juin 2013, les parcelles en SD précoces ont obtenu des rendements moyens de 40 qx/ha, soit 3 fois supérieurs à ceux du conventionnel tardif (15 qx/ha). Ceci démontre la souplesse d’utilisation du SD et sa capacité à s’adapter aux conditions climatiques de l’année ».

    STABILISATION DES MARGES BENEFICIAIRES A LA HAUSSE

    Rachid MRABET, spécialiste de la question au centre d’arido-culture de Settat (Maroc), montre dans une étude pluriannuelle qu’avec le SD les marges bénéficiaires à l’hectare sont stabilisées à la hausse. Sur 4 années 1997 à 2000) ce chercheur note en page 21 le niveau des marges brutes avec SD: 7 000, 7550, 2150 et 2950 Dirhams Marocains /ha. Alors que pour les mêmes années, en conduite conventionnelles, les marges sont les suivantes: + 3750, + 1200, – 1700, + 550 DM/ha. Comme chacun l’aura deviné, les campagnes agricoles 1999-2000 et 2000-2001 correspondent à des années sèches. Or, en SD l’agriculteur arrive toujours à récupérer « ras al mel », c’est à dire ce qu’appellent les économistes la «  valeur de reproduction du capital ».

    Vue l’importance de ce document, signalons que cette publication est disponible à l’adresse: http://www.uneca-an.org/francais/un/PUBLICATIONS%20DU%20CENTRE/LE%20SEMI%20DIRECT%20POTENTIEL%20ET%20LIMITES%20POUR%20UNE%20A.PDF

    Comme l’écrivent dès 1991 Bedrani S., Campagne P. dans un article: « Choix technologiques, risques et sécurité dans les agricultures méditerranéennes » dans les cahiers du CIHEAM de Montpellier: « Les risques portent sur le volume et la valeur de la production et donc sur la capacité de la production En effet, la survie de l’exploitation, repose on le sait, sur l’équation fondamentale suivante: valeur de la production (de l’année 0) > ou = à valeur de la reproduction de la force de travail + valeur de la reproduction du capital et des consommations intermédiaires + valeur des prélèvements divers (de l’année 1) ».

    UNE NOUVELLE APPROCHE POUR CNMA ET BADR

    Ainsi, apparaît une nouvelle approche du blé, légumes secs et fourrages en zone semi-aride. Celle-ci permet de réduire l’incertitude climatique et donc l’incertitude de revenu. La CNMA mais aussi la BADR doivent se saisirent de ces données afin de réduire les cotisations des exploitations en semi-direct ou l’évaluation du risque de non-remboursement des prêts de campagne. Les crédits de campagne accordés par les banques doivent d’introduire la possibilité d’emblavement pas SD et non pas se cantonner dans leur cahier des charges du seul labour.
    Les revenus des exploitations en SD ne peuvent qu’augmenter.

    Rappelons les avantages:
    -réduction de l’effet de la sécheresse sur le rendement,
    -réduction des coûts de mécanisation,
    -réduction des coûts de main d’oeuvre,
    -vitesse accrue d’implantation des cultures (avec amélioration du rendement du fait d’une date de semis optimale, réduction de la jachère et possibilité d’améliorer son revenu en semant les champs du voisin).

    La balle est donc dans le camp de Mr BENHABILES Cherif. En ces de temps de réduction de la rente gazière, le dossier « semis-direct » s’avère capital pour notre agriculture.

    • vous ne faites que de la critique non seulement vous ne faites rien qui puisse améliorer l’agriculture en Algérie et vous cherchez à empêcher les autres de travailler

  35. Agronome Says:

    USA-ALGERIE
    L’INQUIETANTE ARRIVEE DE YANKEE AU PAYS DE P. RABHI
    djam.bel@voila.fr 2.06.15

    En écoutant sur la Chaîne III, Mr Chikhoune, président du comité Algéro-américain, assurer, la main sur le coeur, qu’il n’y aura pas d’OGM, on se sent rassuré. « Il est hors de question de parler d’OGM, il n’y aura pas d’OGM en Algérie ».
    On ne peut être qu’admiratif de nos médias qui ont abordé cette question. Jusqu’au nouveau ministre de l’agriculture qui a été interpelé par la presse lors de la signature de ces accords. Mais à aucun moment, il n’a été question d’eau. Oui, l’eau, cette matière que les populations du Sud ont protégé en refusant la recherche du gaz de schiste. Tout le monde s’est focalisé sur les seuls OGM.

    ALGERIA, NEW CALIFORNIA

    Car pour « aller vers de larges productions » comme l’affirme Mr Chikhoune, il faut de l’eau. L’évaporation et la transpiration au Sud est de 2 0000 mm/m2. C’est à dire les quantités d’eau qu’il faut apporter sur les champs pour produire dans la chaleur accablante du Sud et sur des sols sableux très poreux.
    Pour développer l’agriculture à El Oued, Biskra, Béchar, Timimoun ou Adrar comme nous le propose Mr Chikhoune, on nous parle du miracle Yankee. Et le nom magique de « Californie » est prononcée. C’est vrai que dès leur débarquement à Alger dans les années 40, nombre de GI’s se sont exclamée « Algeria, new California ». A cette seule évocation, nos médias prennent des airs laudateurs et adoubent cet accord. Mais, il faut voir comment s’est fait le « miracle » californien. Il passe par l’asséchement de la nappe phréatique et du fleuve Colorado. Que chacun tape « Californie sécheresse Colorado » sur un moteur de recherche. Voilà qu’au pays de P. Rabhi, on nous propose comme modèle les assécheurs du Fleuve Colorado.

    Et l’ignorance collective est telle que puisqu’il n’y a pas d’OGM en vue, tout le monde applaudit.
    Mais, la question qu’il fallait poser, la question qui tue, c’est la question de l’eau! Mais personne ne l’a posé. D’où vont ils prendre l’eau dans le Sud? Des nappes phréatiques bien sûr. Mais cette eau est en grande partie de l’eau fossile qui ne se renouvelle pas ou très peu. Ainsi, après avoir vidé les nappes pétrolières et gazières du pays, voilà qu’on s’achemine vers l’utilisation non renouvelable des eaux du Sud.

    Le bon sens aurait voulu, qu’à cet accord soient présents les agronomes formés dans nos universités. Au sein de nos stations expérimentales en agriculture saharienne, nous avons des compétences. Il y a des gens qui se battent chaque jour afin de faire vivre une agriculture durable. La question de l’eau, eux, ils l’aurait posé.

    ALGERIE, « COMMENT DESERTIFIER UN DESERT »

    Mr Chikhoune nous promet monts et merveilles. Il nous parle de production massive de lait, non pas à Soukh Ahras ou Annaba où la pluviométrie est convenable. Mais dans le Sud où le déficit pluviométrique annuel est de – 2 000 mm.
    Zid b’zyada, l’eau dans le sud est chargée en sel. Lorsqu’on doit apporter chaque année de quoi compenser 2 000 mm d’ETP, ce sont de grandes quantités de sel qui sont apporté au sol. Or, les culture ne supportent pas le sel.

    Mais plus grave, en absence d’eau douce pour « rincer » le sol, ce sel ne peut être convenablement évacué par drainage. Dans un article daté de 1996 intitulé « Comment désertifier un désert. Irrigation et salinisation au Sahara algérien » le Pr RabaH Lahmar, spécialiste de l’étude des sols écrit « un ha de blé consomme 6000 m3, si l’eau d’irrigation contient 2g/l de sels, la culture peut alors laisser dans le sol en fin de cycle 12 tonnes de sels !
    Cinq campagnes d’irrigation, dans les fermes pilotes de Gassi-Touil, ont suffit à multiplier par six le niveau de salinité des 20 premiers cm du sol, pourtant sableux. Entre 20 et 80 cm de profondeur, la charge saline a pratiquement doublé. Ces niveaux de salinité sont largement suffisants pour provoquer une chute importante des rendements du blé dur. Les rendements ont en effet baissé de près de la moitié ».

    A l’aide de photos satellites, deux chercheurs Tayeb Otmane et Yaël Kouzmine se sont penchés sur l’étude des pivots dans le Sud algériens. Dans un article « Bilan spatialisé de la mise en valeur agricole au Sahara algérien », ils décrivent l’agriculture sous pivot. Nous recommandons à chacun cet article actuellement libre d’accès. Bizarrement à côté des pivots en activités, ils ont observé depuis l’espace, des traces d’anciens pivots à l’abandon. Ils se sont aperçus ainsi d’une phénomène étrange: la migration des pivots. L’enquête menée auprès des agriculteurs leur a permis de comprendre l’origine de cet étrange ballets de pivots; « Les sols sahariens, très pauvres en matière organique, de faible rétention hydrique, et fortement exposés au lessivage du fait de l’irrigation intense, nécessitent des apports considérables en fertilisants. Pour y remédier, et afin d’améliorer les rendements, les agriculteurs recourent au déplacement de la rampe-pivot tous les cinq ou dix ans ».

    Par ailleurs sur des sols sableux, engrais et pesticides ont tendance à migrer vers les nappes phréatiques. Quid de leur protection dans les cas d’une agriculture intensive, Allons nous polluer ces nappes et ôter aux population du Sud toute ressources en eau potable? Déjà, en Mitidja, des analyses montrent l’inquiétante pollution de la nappe phréatique par les nitrates agricoles.

    « UNE AGRICULTURE SAHARIENNE, MAIS UNE AGRICULTURE OASIENNE »

    Nous ne sommes pas contre l’agriculture saharienne. Mais nos aînés nous ont montré qu’il n’y a de viable que l’agriculture oasienne à l’ombre des palmiers. Une agriculture saharienne doit être durable comme le fait remarquer P. Rabhi. Et pour le Dr Fatoum Lakhdari, directrice du C.R.S.T.R.A de Biskra,  une agriculture saharienne doit être une agriculture oasienne . Elle doit faire à des experts au fait des nappes phréatiques et de la salinité. A la démesure des exploitations de milliers d’hectares, arrosées par des pivots énergivores et gaspilleurs d’eau existe une alternative. Celle de petits pivots fabriqués dans le Souf par de petits artisans locaux à partir des tubulures des rampes-pivots abandonnées par de grandes exploitations ayant fait faillite. Ce type d’irrigation s’est actuellement diffusé dans le Touat. Il existe également l’irrigation au goutte à goutte. Or, à aucun moment Mr Chikhoune n’a abordé la question d’une exploitation rationnelle des nappes phréatiques et des sols algériens. Il n’a eu à la bouche que les OGM. Manifestement, il ne maîtrise pas la question. D’où notre inquiétude grandissante.

    Une remarque. Quelle folie collective nous prend tous à vouloir prendre le modèle de consommation alimentaire européen basé sur la consommation de produits laitiers. Notre climat aride et semi-aride ne nous le permet pas. Les protéines nécessaires à notre ration alimentaire doivent venir également de protéines végétales plus adaptées à nos conditions.
    La question de l’agriculture sous pivot mal maitrisée nous semble aussi potentiellement dangereuse que l’exploitation des gaz de schiste. Il nous semble important que les autorités compétentes définissent un cahier des charges concernant l’utilisation des eaux des nappes phréatiques, le maintien de leur pureté ainsi que l’état de salinité des sols sous pivots.
    Les populations du Sud, associations, élus, universitaires doivent se saisirent de ces questions afin d’arriver à une agriculture durable. Une agriculture au profit de tous.

    • Ratuma Says:

      Une remarque. Quelle folie collective nous prend tous à vouloir prendre le modèle de consommation alimentaire européen basé sur la consommation de produits laitiers.

      bonne question , d’autant plus que l’on sait que le lait « c’est une vacherie » pas bon pour la santé

      quant à Monsanto, et autres, les actions sont de moins en moins cotées, alors ils se retournent vers « le bio » – je cherche les liens –

    • Mahmoud AIT_ABDERRAHIM Says:

      Vous avez raison mais malheureusement vous ne donnez aucunes pistes ou solutions

      Effectivement ce type d’agriculture va mettre sur la paille beaucoup d’aventuriers ? a moins que ses aventuriers et pseudo investisseurs financent ce genre d’aventures grâce à la BADR et aux subsides de l’état

      Au moindre échec ceux ci s’envoleront laissant derrière eux désolation et faillite .

      En réalité le véritable enjeux et cela relève d’avoir un état fort , et de pouvoir créer de véritables filières alimentaires de qualité mais qui dit qualité dit coût de revient .

      Un état moderne doit inciter et encourager par diverses politiques ses citoyens a faire des arbitrages intelligents et courageux .

      La protection de la nature , la biodiversité coûtent cher et nécessite beaucoup de travail et de temps mais elle est créatrice de richesse et de travail durable .

      Comment arriver a produire des produits sains , de qualité à un prix suffisamment attractifs pour encourager les producteurs a réinvestirent et mettre en vente ses produits a des prix raisonnables pour le consommateur habitué a des prix bas ou subventionné

      Un choix cornélien qui nécessite des mesures courageuses
      mais aussi un choix de société

      Nous devons créer une filière d’excellence pour la formation d’agronomes et pédologues extrêmement compétents , idem pour les vétérinaires et zootechniciens , je ne suis pas sure que cela soit le cas actuel .

      La mise en place urgente d’une filière sérieuse de valorisation des déchets ménagers avec un partenariat public – privé – citoyens, afin d’éviter les dérives mafieuses que l’on observe ailleurs.

      Tout ce qui peut se produire chez nous doit êtres protégé sous conditions d’adhéré à une filière de qualité et de produit bio

      Ce qui veux dire comment nourrir une population de plus en plus nombreuse avec une production de qualité de plus en plus difficile à produire .

      Je ne vois qu ‘un seul avantage a l’arrivée de ce genre de nouveaux colons ( sans connotation péjorative ) dans l’agriculture ;

      Confronté à la réalité , il seront faire pression afin que l’état libère totalement les prix et que les prix des produits alimentaires augmentent encourageant ainsi les petits producteurs qui auront survécu .

      Venez goûter mes abricots bio qui se vendent au prix dérisoire de 65 da / kg !!!!!! au détail ( 0.4 €/ kg ) , le même prix qu’ une bteille de limonade de merde qui favorise le diabète !!!!

      Faute de séchoir au niveau wilayales , cette filière de fruits succulent va finir par disparaître

      Les importateurs ont tous compris , c ‘est nous les agriculteurs qui avons tord de vouloir produire localement .

      Nous vivons dans monde anxiogène , pathogène et criminogène et finalement notre civilisation est encore loin d’ être moderne .

      • Agronome Says:

        N’y a t-il pas possible de les sécher sous tunnel plastique? Ou bien fabriquer un four en achetant un bruleur à gaz ou à mazout d’un boulanger? Au Maroc des agriculteurs sèchent leurs pruneaux.

        Le Maroc vert : l’agriculture familiale au coeur du … – YouTube
        Vidéo pour « https://youtu.be/PlACg7bWPhY »▶ 27:09
        http://www.youtube.com/watch?v=PlACg7bWPhY

  36. Agronome Says:

    MATERIEL AGRICOLE
    CREATION SOCIETE MIXTE ALGERO-PORTUGAISE
    djam.bel@voila.fr 26.05.2015
    Une bonne nouvelle. El Moudjahid annonce ce jour la création d’une joint-venture entre l’Algérie et le Portugal. Notre agriculture a besoin urgent de matériel agricole. Jusqu’à présent ce sont les complexes industriels initiés par feu Houari Boumédiene qui permettent la production locale de tracteurs, moteurs, matériel aratoire, de semis, de transport ou de pulvérisation. A cela s’ajoute le montage local et l’importation.
    Cependant, le matériel agricole reste encore parfois indisponible et son coût reste élevé. Nul doute que cette initiative va dans le bon sens. A ce titre on peut que féliciter Mr Abdeslam Bouchouareb, ministre de l’Industrie et des Mines et de tous ceux qui ont oeuvré pour la concrétisation pour cet accord.

    Cette initiative devrait créer des emplois directs ou induits. « Concernant l’intégration des produits fabriqués, le représentant du groupe public a indiqué qu’il se situera à 20%, la première année et 60% la 5e année, alors que les effectifs de l’entreprise évolueront pour leur part de 34 à 120 salariés, selon les mêmes périodes correspondantes ».

    Cette initiative est également intéressante par rapport au profil de Galucho. Un rapide tour sur le site de cette entreprise montre la fabrication d’une gamme de matériel moderne mais simple et robuste. Ce n’est pas l’hyper sophistication actuelle du matériel français avec ses difficultés d’entretien. Matériel peut adapté actuellement au contexte local.

    UNE GAMME VARIEE DE MATERIEL
    En l’absence d’un dossier de presse de la part des signataires ou du moins de la partie algérienne, le compte rendu d’El Moudjahid permet d’avoir une idée sur le matériel qui devrait être fabriqué.
    « Nouvelle gamme de matériels agricoles de travail du sol et de transport agraire (charrues à socs, à disques et à dents, remorques de transport agraire, matériels spécifiques comme les broyeurs, rouleaux, etc.) »

    Il est question d’engins de transport agricole. En la matière nous accusons un net retard. Depuis les années 70, les mêmes remorques agricoles sont construites par le groupe PMAT. Mais des remorques de petites capacités, sans relevage hydraulique, sans amortisseurs, rehausse des bords pour la récolte des fourrages par ensilage. Les remorques produites localement ont cependant le mérite d’exister. Elles ont contribuer à transporter les produits agricoles servant à nourrir la population. Mais il est temps de les perfectionner. Comment? En installant un vérin sous la remorque permettant de la vider des grains qu’elle transporte. En installant de double essieux et de plus gros pneumatiques afin de suivre les moissonneuses-batteuses modernes durant la récolte. Espérons que la collaboration avec Galucho permettra la modernisation de nos remorques et ainsi réduire la peine des ouvriers agricoles. Car, il faut se le dire, en Algérie, une grande partie des charges telles que les sacs de céréales, les sacs d’engrais, les bottes de paille, le fumier sont manipulés à la force des bras. Le big-bag est encore inconnu de notre agriculture. Or, réduire les travaux pénibles est une priorité afin d’augmenter la production et d’attirer des jeunes vers l’agriculture.
    Aussi étonnant que cela puisse sembler pour le profane, la remorque agricole, c’est tout un monde. Il suffit par exemple d’aller sur le site d’un constructeur tel Lambert-sa.com pour constater la diversité de ces engins: remorque pour grains, remorques pour balles rondes, bétaillères pour les animaux.

    On peut se demander pourquoi des partenariats ne sont pas développés avec des constructeurs privés locaux. A Batna, la société Tirsam développe un réel savoir-faire en matière de remorques; remorques routières mais aussi remorques agricoles.

    Il est également question de fabriquer du matériel aratoire. Cela est salutaire. La résorption de la jachère passe par une disponibilité en plus de matériel. Là aussi, des entreprises telles Tirsam fabriquent localement une partie de ce matériel. Il pourrait être intéressant de développer des synergies.

    OUBLIE DU JOINT-VENTURE, LE SEMOIR POUR SEMIS-DIRECT.
    Mais, concernant le matériel aratoire, il est à noter qu’une révolution est en cours dans la profession: l’abandon du labour et son remplacement par le semis-direct. Le semis-direct est révolutionnaire car, outre qu’il réduit l’érosion hydraulique que favorise la charrue, il améliore les rendements. Et cela particulièrement en année sèche où on obtient seulement 2 quintaux/hectare contre 10 qx/ha avec semis direct. Les agriculteurs qui ont pratiqué le semis-direct remisent leurs charrues et tout le matériel aratoire qui va avec. Ils ne veulent plus en entendre parler. Un peu comme un utilisateur d’Iphone par rapport au vieux téléphone fixe. Certes, le semi-direct reste encore peu répandu en Algérie, mais il constitue une révolution qui risque de rendre progressivement obsolète charrues et cover-crop. On peut d’ailleurs se demander pourquoi les signataires de ce joint-venture privilégient des outils inadaptés au contexte semi-aride local. Galucho, ne fabrique pas de semoirs pour semis direct. Cette société portugaise ne possède pas de tels engins dans son catalogue en ligne.

    Il est à espérer que le scénario de la fabrication de tourne-disques Made-in-DZ ne va pas se reproduire. Rappelons les faits pour les plus jeunes lecteurs. Dans les années 70, une entreprise publique a signé un accord pour fabriquer localement des tourne-disques. Mais le développement de l’utilisation de cassettes audio pour magnétophones a vite ringardisé les tourne-disques fabriqués localement que certains comparaient à des jerrycanes.

    Nous nous permettons de mettre en garde les décideurs de la partie algérienne. Sur le terrain, les grosses exploitations privés ou publiques (fermes-pilotes, EAC) se tournent vers le semis direct. Ces exploitations s’équipent en semoirs Kuhn, Semeato, Gaspardo et autres. Même les CCLS suivent le mouvement avec un contrat portant sur une vingtaine de semoirs directs de marque SOLA. Le secteur public du machinisme agricole se doit d’assurer une veille technologique quant à l’évolution des pratiques en matière d’implantation des cultures. Il faut le redire, nous sommes plusieurs à dire et à écrire « al mahrath 3adou al ardh », la charrue est l’ennemi du sol. Pour s’en convaincre, il suffit de visionner les vidéos en ligne sur you tube. Vidéos, relatives à « l’agriculture de conservation » avec « semis direct » que ce soit en Algérie ou au Maroc. Il y a une tendance de fonds à bannir la charrue et le cover-crop des sols algériens et maghrébins. Avant les évenements actuels la Syrie emblavait jusqu’à 60 000 ha en semis direct.

    PMAT, ETRE A L’ECOUTE DES AGRICULTEURS
    Ce sont les experts en arido-culture de l’Icarda qui ont vulgarisé cette technique. Ils ont mis au point un semoir de semis direct dénomé Ashbel dont un exemplaire est en démonstration dans des EAC de la région de Sétif. Après des essais concluants, à Settat, les agronomes et ingénieurs machinistes marocains, aidés d’ONG françaises et de l’ex-Cemagref ont conçus des prototypes de semoirs. L’avantage des semoirs conçus en Syrie et au Maroc est leur prix trois fois moins cher que les semoirs européens ou brésiliens ainsi que leur capacité à pouvoir être tirés par des tracteurs de 65 à 80 CV. Les semoirs européens sont souvent trop lourds. C’est le cas de ce semoir SOLA immobilisé sur palettes depuis 2 ans à la CCLS de Aïn Témouchent. La version importée par l’OAIC est portée et pas trainée. Résultat, il faut un tracteur de 200 CV indisponible localement.

    Galucho sait également fabriquer des chargeurs frontaux et des épandeurs de fumier. C’est engins sont indispensables sur le terrain. Il ne fait aucun doute que cette entreprise maîtrise un réel savoir faire. De ce fait, il nous semble que le pari de la partie algérienne sera d’orienter Galucho vers la production de matériel dont notre agriculture a besoin. Gare à l’effet « tourne-disques ». L’agriculture locale a besoin de semoirs légers pour semis-direct, de chargeurs frontaux, de godets-hydraulique, de remorques à relevage hydraulique, de remorques à double essieux. Les besoins concernent également un matériel spécifique pour la filière pomme de terre et la filière fourrage. Les broyeurs de paille que semblent proposer Galucho ne sont pas intéressants dans le contexte actuel. Il nous faut des ensileuses, des pinces hydrauliques pour balles enrubannées, des remorques à large plateaux pour balles-rondes. Enfin en matière de désherbage mécanique des céréales apparaissent sur les marchés étrangers des herses étrilles et houes rotatives. Il s’agit de les proposer sur le terrain. Ils complètent ou peuvent remplacer le désherbage chimique.

    PMAT, PILIER DE L’AGRICULTURE
    Il faut souligner l’apport conséquent de PMAT au machinisme agricole en Algérie. C’est le cas avec la filière pomme de terre ou la pulvérisation phytosanitaire. La fabrication de matériel local moins a permis d’élargir l’emploi du pulvérisateur à de nombreuses exploitations. Pour rappel lutte contre les mauvaises herbes peut permettre de doubler le rendement du blé. Un fongicide contre la rouille peut sauver une récolte de blé dur. Aussi, les dirigeants, dont Mr Salah Atouchi, les cadres et ouvriers du groupe PMAT et de l’ensemble de la filière machinisme agricole sont à féliciter pour leur apport à l’agriculture algérienne.
    Dorénavant, ils vont pouvoir disposer de sang neuf afin de stimuler la gamme des productions locales. Mais cela nécessite d’être au diapason des évolutions dans l’emploi du matériel agricole au sein de nos exploitations. Aujourd’hui, avec les salons, les foires et internet les agriculteurs se mettent à la page. Il suffit de voir l’intérêt pour l’enrubannage. PMAT doit répondre à la demande, mais encourager certaines évolutions. Sa tache n’est que plus complexe.

    • Mahmoud AIT-ABDERRAHIM Says:

      C est surement du mémé acabit que la signature avec une grosse coopérative française ( aaah les anciens colons sont de retour ), ou sont ils vraiment partis !! ) pour la production de semences , une coopérative française qui n’a aucune expérience dans la production de semences et aucunes semences dans son catalogue , hormis son carnet d’adresse en Algérie et qui est spécialisée dans la livraison et l export de céréales vers l’algérie.

      Voila une coopérative qui nous vends des milliers de tonnes de blé dur et de blé tendre et a qui on demande de nous aider à produire de la semence, quel honte !!!

      Certains grands agriculteurs Algériens de l’époque damer le pion aux colons par leur travail et leur technicité et avaient des espagnols pour commis , ses mêmes espagnols qui viennent maintenant nous apprendre a travailler et à qui ont va donner des terres et des prêts gracieux pour produire sur place.

      J’ai lu récemment sur el watan un interview de l’ambassadeur du Mexique qui m’a bien fait sourire

      ils sont franchement trop cons ses mexicains et argentins de nous livrer leur pois chiche et haricots de la sorte , ils devraient nous les livrer mouillées ou dans des bocaux , et il trouveraient surement une banque locale en Algérie pour financer ses opérations ….

      Concernant PMAT , je vous demande de répondre à ses questions

      1) Avez vous déjà visitez l’usine ?
      2) PMAT serait elle viable sans l’aide actuel de l’état et sans la subvention accordée pour l’achat du matériel
      Si vous répondais par la négative pouvez vous nous éclairer
      de votre science et nous dires pourquoi ?

      ( Car actuellement les agriculteurs achètent une subvention , je ne suis pas certains qu’ils achètent du très bon matériel qui durera longtemps )

      Et dan tout ce verbiage , la véritable question fondamentale pour notre pays est de savoir pourquoi nous n’arrivons pas a faire de grands groupes comme pmat , oaic , saidal , naftal , ex sonarem , fertial etc etc de grandes multinationsles , makgré tout le cash que nous disposions , malgré le cout de l’énérgie le plus faible au monde malgré le nombre d’université que nous avons , malgré la position stratégique que nous avons en médittéranée , malgré notre diaspora , malgré , malgré, malgré….

      Pourquoi pmat n’est pas une grosse multinationale algérienne ? REPONDEZ !!!

      J’espère que vous avez prévu des centres de formations agricoles pour réparer et fabriquer ce matériel , car pour le moment sur le terrain les bons mécaniciens agricoles sont introuvables.

      Que faites vous d’une grosse remorque a plusieurs essieux une fois que vous avez terminer votre récolte !!!!???

      N EST IL PAS PLUS JUDICIEUX DE R2FLECHIR A DES CAMIONS0 MULTIPLES USAGES UTILSABLE TOUT LE LONG DE L’ANNeE

      ellaaah yesteer blednaa

      • Agronome. Says:

        Merci de votre lecture attentive et de vos remarques.
        « Voila une coopérative qui nous vends des milliers de tonnes de blé dur et de blé tendre et a qui on demande de nous aider à produire de la semence, quel honte !!! »
        Je pense que l’expérience des coop françaises peut nous apporter. Mais c’est également dans leur fonctionnement démocratique qu’on peut apprendre d’elles.

        « Concernant PMAT , je vous demande de répondre à ses questions ».
        OK, cher ami.

        « 1) Avez vous déjà visitez l’usine ? »
        Non, jamais, mais j’en meurt d’envie. Il est à espérer que des cadres et ouvriers filmeront leur atelier et mettront ces vidéos sur You tube.

        « 2) PMAT serait elle viable sans l’aide actuel de l’état et sans la subvention accordée pour l’achat du matériel »
        Je ne pense pas. Mais je pense que le DG Salah Attouchi n’a pas la tâche facile. Il doit faire face à des importations qui le concurrence et à embaucher plus qu’il n’a besoin. Récemment la commande de matériel pour les collectivités locales a assurer le plan de charge de l’entreprise.

        « Pourquoi pmat n’est pas une grosse multinationale algérienne ? REPONDEZ !!! ». Je n’ai pas les éléments économiques pour répondre. Mais comme dit auparavant, Salah Atouchi DG devrait avoir entière liberté de direction. Etre libre de la tutelle. Libre d’embaucher ou de licencier. Que peut-il faire contre la concurrence des importations ? Il doit rechercher l’efficacité et fédérer des énergies : partenariats avec des privés locaux patriotes partenariats étrangers loyaux.

        « J’espère que vous avez prévu des centres de formations agricoles pour réparer et fabriquer ce matériel , car pour le moment sur le terrain les bons mécaniciens agricoles sont introuvables. »
        Vous avez entièrement raison. Je vous rejoins sur ce point. Comment faire ?

        « Que faites vous d’une grosse remorque a plusieurs essieux une fois que vous avez terminer votre récolte !!!!??? ». je suggère des remorques à deux essieux et avec un vérin hydraulique pour la vider. C’est vrai ça coûte et ce n’est utilisé que pour la récolte. Une autre optique est de développer les bennes Marel. Il faut de la concertation avec les fellahines.

  37. Garfy Says:

    je ne résiste pas à vous envoyer ces images de la transhumance :

    http://apcvdeledenon.blogs.midilibre.com/

  38. AGRONOME Says:

    CEREALES

    IRRIGATION DES CEREALES, C’EST PARTI !

    Djamel BELAID 16.05.15 djam.bel@voila.fr

    L’irrigation des céréales est un sujet passionnant et passionné en Algérie. En témoignent les articles de presse de ces dernières années relatant l’écart supposé entre les superficies irrigables et celles réellement irriguées. Mais en ce printemps 2015 particulièrement sec ce qui préoccupe les céréaliers c’est de sauver leur récolte. Après un début de campagne particulièrement arrosé, c’est à nouveau la sécheresse qui menace. Mais chose nouvelle, on n’observe plus ce fatalisme dominant des agriculteurs et des pouvoirs publics. Ceux qui disposent des moyens d’irriguer se lancent dans ce nouveau type d’opération. C’est à qui disposera de kits d’aspersion ou de canons à eau. Sur Facebook, c’est la fête à l’irrigation. Sur des pages spécialisées1, c’est à qui mettra en ligne la plus belle photo de parcelle de blé irrigué. On assiste à un engouement de la part des céréaliers. On peut dire qu’en Algérie, l’irrigation d’appoint des céréales devient progressivement une réalité.

    DES MOYENS CONSEQUENTS EN MATERIEL ET INVESTISSEMENTS HYDRAULIQUES

    Les pouvoirs publics ont consentis d’important efforts afin de développer l’irrigation d’appoint. L’OAIC accorde des prêts et accepte d’être remboursé par des versements en grains au niveau de ses points de collecte. L’entreprise publique Anabib s’est lancé dans la production locale de matériel d’irrigation. De même que des entreprises privées locales importent ou fabriquent le matériel nécessaire aux opérations d’irrigation.

    Certes tout n’est pas parfait. Récemment la presse a fait état d’agriculteurs de l’intérieur du pays ayant pu acquérir tuyaux et asperseurs auprès des CCLS mais pas de moto-pompes. Les cadres de la CCLS locale ont précisé que ce type de matériel pouvait être acquis ailleurs que dans leurs services.

    En matière d’hydraulique, ces dernières années de nombreux barrages ont été construits. Des raccordements entre ces retenues permettent d’approvisionner en eau potable les villes mais aussi de plus en plus le secteur agricole. Une politique de retenues collinaires a également été mise en oeuvre.

    DES MOYENS EN APPUI TECHNIQUE

    Ces investissements sont conséquents et aujourd’hui les cadres en charge de l’hydraulique visent une meilleure efficience de l’utilisation de l’eau. En ce printemps secs, nombre d’agents de développement agricoles ( DSA, ITGC) sont sur le terrain afin de préserver le potentiel de récolte actuellement sur pied. Des sessions de formations sont organisées sur le terrain afin de préciser l’utilisation de ce matériel nouveau d’irrigation. Afin de ne pas connaître la catastrophique sécheresse de 2014, plusieurs services sont « sur la brèche ».

    C’est qu’irriguer de façon la plus efficace est une opération complexe. Il s’agit en effet d’estimer les besoins de la culture et apporter cette eau de façon uniforme sur la parcelle et cela au moment des stades clé du développement de la culture. Irriguer nécessite donc de savoir estimer la quantité d’eau réelle apportée par unité de surface.

    DES RESERVES DE PRODUCTIVITE CERTAINES

    Avec l’irrigation, c’est le facteur limitant principal du rendement qui va pouvoir être éliminé. Mais cela suppose de ménager la ressource en eau. Pour cela il s’agit de mettre en place le matériel le plus efficace selon les situations mais aussi installer dans le sol des sondes permettant le pilotage de l’irrigation. Chacun devant garder à l’esprit qu’en Algérie l’eau est rare et chère à acheminer jusqu’à la parcelle de l’agriculteur.

    Il s’agit également d’utiliser les variétés qui répondent le mieux à l’irrigation. En effet, l’ITGC a publié des résultats d’essais qui montrent que toutes les variétés de blé ne répondent pas de la même façon à l’irrigation.

    Enfin, chacun doit avoir à l’esprit qu’on ne pourra pas tout irriguer toutes les surfaces céréalières. Ce qui implique de trouver les moyens les plus efficaces afin d’améliorer la céréaliculture en zone semi-aride. Les non irrigants devraient pouvoir ainsi acquérir le matériel de semis qui leur permet de pratiquer la technique dite du « semis direct », technique particulièrement économe en eau du sol.

    Il s’agit également de rentabiliser le matériel d’irrigation en dehors des besoins printaniers du blé en eau. Il devient dorénavant possible d’irriguer des cultures de sorgho, luzerne, colza fourrager ou betterave fourragère.

    Mais irriguer n’est pas tout. L’irrigation ne suffit pas à elle seule de gommer les carences de l’itinéraire technique (dose insuffisante d’engrais, désherbage imparfait, absence de protection fongicide). L’irrigation est en fait un « package technologique » que seul une vulgarisation efficace et un échange d’expériences entre agriculteur permettra de valoriser.

    A ce propos, il s’agit de noter les spécificités de l’acquisition de références techniques en matière d’irrigation. Comme les doses à apporter sont fonction du régime hydrique d’une région, de la réserve utile en eau de ses sols et des espèces et variétés utilisées, des « enquêtes cultures » au niveau des irrigants peut permettre un « retour d’expérience » entre eux. Plus qu’une vulgarisation basée sur un flux vertical d’information, les agents de développement se doivent de mettre en place un flux horizontal de l’information.

    CONCLUSION

    La réaction de nombre d’irrigants en ce printemps 2015 montre qu’en matière d’irrigation une dynamique s’est mise en route. Le fatalisme est progressivement battu en brèche. Certes, tout n’est pas gagné mais on peut noter sur le terrain une véritable adhésion à la politique d’irrigation d’appoint prônée par les pouvoirs publics. Un argument de taille vient des prix à la production. Concernant le blé dur, les prix actuels sont de 3500 DA/quintal à laquelle vient se rajouter une prime de 1000 DA. Comme l’irrigation permet de passer d’une moyenne de 15 quintaux/ha à 50 voire plus, les marges brutes à l’hectare sont particulièrement attractives d’autant plus si les céréaliers passent en semis direct. Dans ce cas là, les frais de mécanisation sont fortement réduits et les marges par hectare d’autant plus majorées.

    Algérie, 2015, an I de l’irrigation…

    1Voir la page Faceboook « Vulgarisation Agricole Algérie ».

    • Mahmoud AIT-ABDERRAHIM Says:

      Il est urgent de cloner en 2000 ou 3000 exemplaires un grand capitaine d’industrie qui est partout et Mr belaid aussi (avant qu’ils cassent leurs pipes) , comme ca tout rentrera dans l’ordre .

      REFLEXION PERSONELLE

      Ils existent plusieurs catégories de personnes dans ce bas monde :

      – les personnes qui croient ce qu’ils entendent ou lisent ( ce sont souvent des idiots )

      – Les personnes qui croient ce qu’ils voient ou observent rapidement sans réflexion profondes ( ce sont des personnes d’une intelligence très moyenne )

      – les autres

      Si vous vous posez la question de que font les autres , c’est que vous faites partie des premiers.

      Nous avons surtout besoin d’avoir une réflexion sur notre propre recherche agronomique , sur le type et mode de consommation que nous devons proposé à nos concitoyens et les arbitrages qu’ils devront absolument faires,

      Cela nécessite une communication institutionnelle sérieuse et courageuse, des services statistiques compétents et efficaces

      Nous avons surtout besoin d’hommes de terrains efficaces , sobres et compétents avec une administration sérieusement impliqué dans le développement agricole de notre pays .

      Une étroite coordination entres les différents ministères , agricultures , forets , hydraulique , formation professionnelle et finances ( cadastre et hypothèques ) et j’hésite a rajouter l’aménagement du territoire…

      Donner accès aux terres a des jeunes avec au préalable une formation agricole sérieuse et rigoureuse , une sélection rigoureuse par des comités de parrainages comprenant l’administrations , les banquiers et d’autres agriculteurs dont la probité et sérieux sera elles aussi sélectionnées

      Ce n’est qu’après formation et sélection de leur projets ( qu’ils devront défendre devant un jury ) qu’ils pourront avoir accès aux financements et au suivi de leurs projets

      Il est urgent de créer de véritables lycée agricole en collaboration avec la formation professionnelle , la recherche universitaire et nos  » centres d’excellence de construction mécaniques , électronique et hydraulique » »

      Le mode de fonctionnement et management de certaines de nos institutions agricoles doivent absolument changées ( chambres d’agricultures , cnma , itgc , pmat etc etc ) , toutes ses institutions ainsi que leurs dirigeants devront êtres comptables des résultats réels obtenus

      La liste des choses a faire est longue

      Nous devrions mettre en place une priorité nationale ;

      Produire ce que nous importons ……

  39. AGRONOME Says:

    Suite au manque de pluies printanières, de nombreuses parcelles de céréales sont chétives. Pourtant, avec le semis direct, il aurait pu en être autrement. D’où cette appel…

    CEREALES ET SECHERESSE

    LETTRE OUVERTE AUX CONSEILLERS DU NOUVEAU MINISTRE DE L’AGRICULTURE

    djam.bel@voila.fr 18.05.15

    Le nouveau Ministre du MADR n’est pas un agronome. Cela n’est pas une tare s’il s’entoure de techniciens compétents. A son staff technique, nous souhaiterions soulever quelques points qui nous tiennent à coeur. Encore une fois la sécheresse printanière va réduire la production céréalière malgré les efforts de tous les concernés L’irrigation d’appoint est une bonne réponse à ce mal. Mais cela ne doit pas faire oublier les techniques d’aridoculture dont le semis direct (voir nos articles précédents). Seule cette technique permet en année sèche de produire la dizaine de quintaux qui permet à l’agriculteur de rentrer dans ses frais.

    Mais pour développer le semis direct (SD), il nous faut des semoirs pour semis direct Pas ces monstres qui coûtent si chers, et que seules de grosses exploitations peuvent se procurer; mais des engins adaptés et pas chers construits localement comme le font avec l’aide d’expert internationaux le Maroc et la Syrie (60 000 ha en SD avant la guerre). Il y a en Algérie quelques exemplaires de semoirs syriens de marque ASHBEL conçus par les experts de l’ICARDA.

    « Le deuxième semoir présenté à l’assistance est un prototype Syrien, de marque ASHBEL, développé en Syrie avec la collaboration de l’ICARDA. C’est un semoir à sabots dont le prix est abordable, avoisinant 3.000 USD. La puissance nécessaire pour sa traction convient à nos utilisations (65-80 CV). Il est simple à manipuler Le principal problème posé à l’égard de ce semoir est son indisponibilité sur le marché ».

    Pourquoi ne pas essayer de monter leur fabrication en Algérie Ces engins sont particulièrement adaptés à nos conditions. C’est là un dossier URGENT.

    (*)Compte rendu 6JNAC Sétif mai 2012 – RCM
    http://www.rcmed.org/uploads/…/Compte_rendu_6JNAC_Setif_mai_2012.pdf

  40. Agronome Says:

    OLEAGINEUX, UNE PRIORITE DU NOUVEAU MINISTRE DE L’AGRICULTURE ?
    Djamel BELAID. 17.05.15 djam.bel@voila.fr
    Un nouveau ministre accède à la direction du MADR. A cette occasion, on peut se poser la question des priorités pour la nouvelle équipe. Les défis à relever par l’agriculture sont nombreux : irrigation, augmentation de la production céréalière, contribution à l’émergence d’organisations professionnelles agricoles représentatives, … Nous nous proposons d’apporter une réflexion concernant la filière oléagineux.

    OLEAGINEUX, LA POURSUITE DE « L’MPORT-IMPORT ».
    Il est certainement possible d’établir une liste des actions prioritaires. Et nul doute que la nouvelle équipe au MADR l’établira rapidement. Quant à nous, dans cette liste nous ajouterions la nécessité de créer en Algérie une filière oléagineux. Créer ? Pourrait-on demander. Oui, car à part l’huile d’olive, nous ne produisons pas d’huile de table. Toutes les graines triturées dans les moulins de Cévital et des autres opérateurs algériens sont IMPORTEES.
    Mais comment créer cette filière locale pour les oléagineux ? Il faut préciser que nous ne partons pas de rien. Il existe en effet des triturateurs locaux. Cela est fondamental. Nous verrons plus loin que la situation est autre si nous parlions de la « filière » sucre .
    Nous avons donc des triturateurs algériens mais qui s’approvisionnent uniquement en graines oléagineuses étrangères. Il s’agit d’arriver à les approvisionner en graines produites localement, au moins partiellement. Disons tout de suite que la production de graines locales est actuellement pratiquement inexistante. Comment arriver à stimuler une telle production comme c’est notamment le cas au Maroc et en Tunisie.

    POUVOIRS PUBLICS, UN ROLE PRIMORDIAL.
    Les pouvoirs publics disposent de deux outils fondamentaux pour développer une filière nationale d’oléagineux : les prix des graines d’oléagineux accordés aux agriculteurs et la prise d’un décret obligeant les triturateurs à incorporer dans leurs moulins un pourcentage à définir de graines produites localement : colza, tournesol, carthame.

    Les prix payés par l’Etat aux agriculteurs représentent un puissant stimulant. On le voit dans le cas du blé dur. Celui-ci est payé 4500 DA le quintal aux agriculteurs. Depuis l’adoption de cette mesure, les céréaliers se « bousculent au portillon » pour produire du blé dur. Le même phénomène est observable en Tunisie. Les agriculteurs tunisiens pratiquent même des rotations très courtes telle que blé sur blé ce qui n’est pas sans conséquence sur le développement des divers ravageurs du blé. Les prix à la production sont donc un outil puissant d’augmentation de la production.

    Mais qui dit augmentation des prix à la production dit augmentation des prix à la revente de l’huile aux consommateurs. C’est là qu’interviennent les pouvoirs publics en prenant à leur charge la différence entre ces deux prix. Certes, il s’agit d’une charge. Cependant, il ne faut pas négliger les effets induits d’une telle mesure : création d’emplois, réduction des importations et de la dépendance alimentaire, gains agronomiques avec l’allongement des rotations.

    Le deuxième levier aux mains des pouvoirs publics est donc l’obligation qui pourrait être faite aux importateurs de graines oléagineuses locales. Une telle mesure a déjà été appliquée avec succès concernant le blé dur. Sur injonction des services des l’Etat, il y a quelques années, les semouliers se sont vus obligés d’utiliser le blé dur local. Ces semouliers ont crié au scandale face à la piètre qualité de la production locale face aux blés durs français et canadiens. Mais les pouvoirs publics et l’OAIC ont tenus bon. Les semouliers ont donc développé vers les céréaliers locaux des réseaux « Qualité Blé » afin d’améliorer la qualité semoulière des blés durs produits.

    MISER SUR DES INITIATIVES CITOYENNES URBAINES ET RURALES.
    Une telle démarche s’imposera tôt ou tard suite à la réduction de la rente gazière.Mais, elle s’imposera également à la condition à la condition de mouvements de consommateurs algériens en faveur du « consommer local ». Que ce soit des initiatives individuelles ou organisées par des associations, un tel mouvement peut être un puissant moyen de pression sur les pouvoirs publics, notamment les tendant ultra-libéraux. Car consommer local signifie pour le consommateur algérien protection de l’emploi et création d’emplois pour nos jeunes.

    De leur côté, les agriculteurs peuvent peser pour l’algérianisation de la filière oléagineux. Comment ? Non pas en faisant le siège des DSA ou des sièges de daïra, mais en prenant l’initiative de cultiver du colza et du tournesol et en vendant l’huile au niveau de circuits courts. Cela existe notamment pour l’huile d’olive.

    Et les prix ? Seront-ils compétitifs en absence d’une politique publique de soutien des prix à la production??? Filière ? OPA, Elites rurales (dynamisme, création d’emplois) !!!!

    Afin de réussir à valoriser leur production ces agriculteurs pourraient se ré-approprier l’aval de la filière. Afin de valoriser leur production, surtout en cas d’absence de politique publique de soutien des prix à la production, ces agriculteurs pourraient triturer eux même leur récolte comme cela se fait parfois pour l’huile d’olives. On pourrait imaginer des huileries coopératives. Afin de protéger leur marge, les agriculteurs pourraient également s’occuper eux même de la commercialisation d’huile. Il faudrait rajouter les bénéfices tirés par l’utilisation comme aliment du bétail des tourteaux résultant de la trituration des graines de colza ou de tournesol. Enfin, toujours dans la colonne avantages, il faudrait rajouter l’aspect agronomique de la production d’oléagineux. En effet, en modifiant leur rotation exclusivement céréalière du fait de la culture du colza ou du tournesol, leurs céréales ne pourraient que mieux se porter d’où la possibilité de réduction d’emploi des quantités de pesticides épandues sur les blés durs.

    Un tel scénario pourrait également être mis en place, par exemple, par des propriétaires d’huilerie d’olive souhaitant diversifier leur activité1. Ce scénario pourrait également être mis en œuvre par des groupes de fabrication d’aliments du bétail auxquels les pouvoirs publics auraient fait obligation d’incorporer dans leurs produits une part de tourteaux d’oléagineux produits sur le territoire national. Au Maroc, une autre voie a été choisie. Il s’agit de l’implantation du groupe Lesieur qui dynamise la filière oléagineux pour le plus grand bien de l’économie locale et des actionnaires de ce groupe.

    MADR, FAVORISER L’EMERGENCE D’OPERATEURS LOCAUX

    On le voit il est possible d’envisager différentes voies à l’émergence d’une filière nationale des oléagineux. L’avantage de cette filière est de ne pas nécessiter d’investissements aussi lourds que pour une filière sucre. En effet, colza et tournesol sont cultivés pratiquement avec le même matériel que les céréales. Leur transformation ne demande que des presses. Cela est totalement différent pour la production de sucre à partir de betteraves. Les investissements en matériel de culture mais surtout en raffineries sont plus conséquents.
    Aussi, en première approche, il semble intéressant pour les pouvoirs publics d’imaginer le développement de la filière oléagineux à partir d’intervenant nationaux. Dans le cas du sucre, filière basée uniquement sur l’importation de sucre non raffiné, des partenaires étrangers pourraient être appélés à la rescousse.

    A des groupements dynamiques de céréaliers se constituant en coopératives, des investisseurs privés ou à des membres des élites rurales de s’emparer du dossier. Par « élites rurales » nous entendons, comme l’agro-économiste Omar Bessaoud, des personnes dynamiques qui ont suivi des études et qui habitent l’intérieur du pays. Plus ou moins liées à l’agriculture, de telles personnes peuvent s’avérer de puissants catalyseurs pour la mise en place d’activités de développement agricole.

    CONCLUSION
    La mise en place d’une filière nationale oléagineux présentent de nombreux avantages en matière de réduction de la dépendance alimentaire, de réduction des importations, d’emploi et d’agronomie. A ce titre, elle peut faire partie des nombreuses priorités de la nouvelle équipe du MADR.
    Cependant, le monde agricole et rural ne doit pas tout attendre des pouvoirs publics. C’est aux agriculteurs leaders et aux élites rurales de mettre sur pied les moyens de produire des graines d’oléagineux et de les valoriser en les transformant et les commercialisant afin de préserver leur marge.
    Certes, il s’agit de réunir des références techniques sur les itinéraires techniques du colza et du tournesol ainsi que les techniques de transformation. Internet permet de nos jours un accès à l’information, notamment sur les expériences du Maroc et de la Tunisie.

    Finalement, est ce qu’un des priorités de la nouvelle équipe du MADR ne serait pas de savoir faire émerger des initiatives locales en fédérant les énergies disponibles à la base? C’est là, à notre avis, le challenge n°1 du Ministère.

  41. http://rue89.nouvelobs.com/2015/03/09/tomates-sans-eau-ni-pesticide-cette-methode-fascine-les-biologistes-257958

    et en ce moment, les patates attendent dans le port de Brest, leur départ pour l’Algérie – il est grand temps de planter !!!

  42. Agronome Says:

    LAIT
    PLUS DE PETROLE, MAIS ON A DES IDEES
    Djamel BELAID djam.bel@voila.fr 23.03.2015
    Les éleveurs laitiers ont manifesté jeudi 19 mars dans les rues de Tizi-Ouzou. Ce mouvement fait preuve d’une grande maturité. Après une marche pacifique, les éleveurs ont remis leurs doléances aux autorités. Ils réclament notamment plus de subventions, un contrôle des prix des fourrages et aliments du bétail. Enfin, ils demandent plus de démocratie dans les organisations professionnelles.

    En tant qu’observateur du monde agricole, nous aimerions faire quelques remarques afin de contribuer au débat. Ces remarques se veulent constructives et nous souhaiterions d’éventuels avis.

    FINI L’ERE DES SUBVENTIONS
    Concernant les subventions, comme dans tout Etat moderne, elles sont nécessaires. Il suffit de voir les montants alloués aux agriculteurs américains ou européens. Cependant, dans le cas algérien, la rente gazière se réduit. Les pouvoirs publics n’ont plus les moyens d’être généreux comme auparavant. Puis, augmenter les subventions au litre de lait ne fera qu’encourager les spéculateurs à vendre la botte de foin plus cher. La filière laitière doit en tenir compte. Nous pensons, que tous devons faire preuve de plus d’imagination. Il faut gagner en productivité. Nous disposons de cadres techniques, il s’agit de mieux les utiliser.
    A ce propos, la revendication de plus de démocratie dans les organisations professionnelles agricoles est fondamentale pour tout développement agricole. D’éminents agro-économistes l’ont démontré.
    Démocratie signifie pour la filière, réunir les acteurs autour d’une table, des acteurs représentatifs. Et là, il s’agit d’une des missions régalienne de l’Etat. C’est dans ses prérogatives.

    DEBAT, DIAGNOSTIC, DECISION.
    Le récent regroupement de jeunes agriculteurs au niveau de la wilaya de Boumerdes a permis de faire remonter des propositions de la base. De telles initiatives ne peuvent qu’être encouragées.

    Parmi les problèmes de l’élevage, en notamment dans la région de Tizi-ouzou, figurent le manque de fourrages et un nombre important d’éleveurs installés en hors-sol. Ils élèvent des animaux sans avoir la superficie nécessaire pour gagner leur autonomie fourragère.
    La solution pourrait être de favoriser leur accès à des fourrages. On pourrait penser à favoriser le regroupement de ce type d’éleveurs et de les aider à acheter un camion afin d’aller chez des producteurs et d’y acheter des fourrages. Des fermes pilote du secteur public pourraient avoir pour consigne de vendre leurs fourrages en priorité à ce type d’éleveurs.
    Il y a également la solution de favoriser l’accès de ces éleveurs à des terres agricoles (cela a été proposé à Boumerdes). Une autre solution est d’intensifier la production de fourrage sur de petites surfaces (en plaine ou en montagne). Les solutions sont connues: irrigation d’appoint, amendements organiques (dont le fumier de vaches laitières), calendrier fourrager, techniques nouvelles de récolte dont l’enrubannage.

    DES TECHNIQUES SIMPLES
    Enfin, il y a des solutions techniques originales proposée par la recherche agronomique locale. Ainsi, il est possible d’enrichir la paille en azote en utilisant de l’urée (mélanger 5 kg d’urée à 50 litres d’eau et asperger 100 kg de paille puis les laisser sous bâche 15 jours). La même démarche pourrait être étudiée pour enrichir le son. Concernant l’orge, il suffit de mélanger 20 grammes d’urée à 500 grammes d’orge concassée.
    D’autres points sont fondamentaux pour produire plus de lait: l’hygiène des animaux mais également l’apport d’eau à volonté aux animaux ainsi qu’une disponibilité sans faille en phosphate bicalcique et sel de cuisine. Il suffit d’aller dans une étable ou de visionner des vidéos sur you tube, nos vaches ont soif. Alors que le lait est composé à 67% et qu’une vache boit 3 heures après la traite du soir, ces animaux n’ont pas d’eau à leur disposition. Nombre de vaches laitières sont affectées par une mauvaise alimentation minérale. De plus le tarissement est une notion peu connue des éleveurs. Les vaches en gestation continuent à aller à la traite. Ce qui oblige à des interventions vétérinaires dans les cas les plus graves, comme la fièvre vitulaire. Il nous a été donné de voir des vaches tellement déficientes en calcium, qu’elles croquaient les pierres calcaires de la cour de la ferme.
    On le voit donc, certaines solutions techniques existent. Parfois, elles sont d’une grande simplicité.

    DES TECHNICIENS DANS LES ETABLES ET PAS DANS LES BUREAUX
    Il nous semble que les éleveurs souffrent d’un manque d’encadrement technique de terrain. Il leur manque des techniciens. Des techniciens qui, bottes au pied, passent régulièrement dans les étables, aident à la détection des chaleurs et organisent les planning d’insémination artificielle. L’expérience du projet Alban qui vise à la mise sur pied de groupes appui-lait avec l’aide de techniciens bretons est à diffuser.
    Et pour cela, deux suggestions. D’abord, que les laiteries aient obligation de mettre sur pied de tels groupes d’appui technique. Après tout avec les marges réalisées sur la transformation du lait en yaourt et en fromage, elles en ont les moyens.
    Ensuite, que les pouvoirs publics aident à mettre à disposition de tout groupement d’éleveurs, un poste budgétaire afin que les éleveurs recrutent eux même un technicien d’élevage. De tels financements pourraient se faire par non remplacement lors de départ à la retraite de techniciens en poste dans des bureaux. Ils pourraient se faire également par prélèvement d’une taxe sur chaque litre de lait. Et ce serait aux organisations d’éleveurs de gérer ce budget.
    Il nous semble que le rôle des pouvoirs publics est de susciter l’initiative et non pas à chaque fois de sortir un carnet de chèques. D’ailleurs, avec la chute des cours du pétrole, ils vont en avoir de moins en moins la possibilité.

    CONVOITISE SUR L’OR BLANC
    La filière lait dégage de confortables marges financières. C’est le cas notamment avec la transformation du lait en produits laitiers. Souvent les maquignons s’adjugent également une partie des marges dégagées par les bovins viande.
    Les pouvoirs publics ont tout intérêt à favoriser l’organisation de coopératives de producteurs. Seules de telles structures peuvent garantir que la marge dégagée par l’élevage laitier ne profite qu’aux seuls intermédiaires.
    Il faut le redire, l’augmentation des subventions au litre de lait ne font qu’encourager les spéculateurs de tout ordre dont les grossistes en bottes de foin.
    Précisions que par coopérative, nous entendons président élu par le conseil d’administration lui même élu par l’assemblée générale. Par ailleurs, qui dit coopérative, dit parts sociales achetées par les coopérateurs.
    Sur ce point il nous semble fondamental d’aider à la formation de telles coopératives. Déjà existent des subventions à l’achat de matériel agricole à plusieurs. Il s’agirait d’étudier les cas des coopératives qui fonctionnent déjà (Coopsel de Sétif), de voir l’expérience de groupements de producteurs de miel. L’expérience étrangère montre également que certains pays ont développé des centres de formation pour cadres paysans. En France, des mouvements comme la Jeunesse Agricole Catholique (JAC) ont été un vivier de cadres pour le mouvement coopératif.
    Voici ce qu’en dit Wikipedia: « Le Mouvement Rural de Jeunesse Chrétienne (MRJC) est un mouvement de jeunes géré et animé par des jeunes âgés de seize à trente ans. Héritier de la Jeunesse agricole catholique (JAC) et de la JACF (Jeunesse agricole catholique des femmes) avant de devenir le MRJC, il se dit animé, entre autres, par des idéaux de justice sociale et d’égalité. Les travaux du mouvement tournent principalement autour de questions d’éducation, d’agriculture, de ruralité, d’environnement, d’emploi, de foi mais également de mondialisation, de politique ou encore d’économie.
    Bien que mouvement indépendant politiquement, de nombreux jeunes passés par le MRJC se sont par la suite engagés en politique et dans le syndicalisme agricole ». Il serait erroné de penser qu’en Algérie, le monde paysan n’est pas apte à s’engager dans le mouvement coopératif. Une telle démarche nécessite l’apparition de leaders paysans ou ruraux. Et à cet égard, c’est également aux personnes dynamiques et diplômées présentent au village d’aider à l’apparition de tels groupements paysans.

    Les pouvoirs publics ont mis sur pied une filière laitière à coup de sueur et de pétro-dinars. L’heure est à plus d’imagination pour assurer la durabilité de cette filière.

    • Mahmoud AIT-ABDERRAHIM (Agriculteur /Éleveur ) Says:

      Vous posez réellement le problème du manque de formation des ruraux , paysans et fils de paysans et agriculteurs

      Les pouvoirs publics devraient réfléchir sérieusement à économiser les sommes folles quelles dépenses dans certaines entités administratives qui ne servent à rien ou à pas grands choses quant tenu des possibles développement du net et de la dématérialisation des actes administratifs qui pourrissent la vie de nombreux algériens , les plus actifs d’ailleurs sont ceux qui sont le plus découragé par toutes les entités administratives qui ne produisent aucune valeurs et qui pourtant ont des salaires bien supérieures aux éleveurs et paysans qui triment .

      Je suis par contre complètement en désaccord avec vous concernant le prix du lait qui devrait être libre.
      Le lait est une denrée difficile à produire , il nécessite des investissement importants, beaucoup de temps de travail du risque financier mais aussi sur la santé ( les risque professionnels sont nombreux), avez vous déjà travailler dans une étable ou essayer d’attraper une vache ou un taurillon pour le vacciner .

      Ce n’est pas aux paysans et aux éleveurs de subventionner les citadins en mal de lait

      Certes il est aujourd’hui difficile de prendre des décisions courageuses compte tenu du contexte politique.

      De quels encadrement parlez vous ?
      Le seul technicien dont nous disposons , est le vétérinaire ou plutôt technicien vétérinaire dont les compétences sont loin d’êtres au top , leur relationnel avec les paysans est souvent exécrable.

      Certes notre état fait des efforts considérables pour les vaccinations à caractère obligatoire , mais pour le reste il n’y’a aucunes synergies entres les différents organismes étatiques ‘ (hydraulique , agronomie , forets , instituts techniques etc etc ) car celles ci n’ont malheureusement aucunes obligations de résultats et de culture de la performance.

      La botte de foin est heureusement un produit qui peux difficilement s’importé ( bien que tout est possible !!! ) , heureux qu’ils existent encore des producteurs de fourrage en Algérie.

      Avez vous une idée du prix de la semence d’avoine , et de la vesce pratiqué actuellement en Algérie ? et du coût de revient d’une botte de fourrage .

      Les fermes d’état ont vocation à faire des bénéfices afin de le réinvestir dans l’innovation qui sera diffusé autour d’elles , et afin quelles perdurent aussi au lieu de se faire racheter par des personnes douteuses qui ne feront pas mieux. elles doivent êtres au contraire libéré de toutes les contraintes administratives et pouvoir mener des politiques de gestion modernes aussi bien au niveau de leurs politiques de gestion des ressources humaines et managériales que de leurs politiques financières.

      Les fermes d’état doivent elles aussi avoir une obligation de résultat , et source de revenus pour notre état justement .

      Quand on parle de lait , de filière , on parle aussi de bassin laitier et donc de politique de développement local , pensez vous qu’avec le code communal actuel , les personnes les plus instruites aient envie de briguer un mandat local afin de dynamiser sa localité compte tenu de tous les problèmes qui s’accumulent actuellement .

      Et pourquoi les importateurs de poudre de lait et les fabricants de yogourt et de fromages qui sont surement de véritables patriotes comme vous et moi , ne s’investissent pas sérieusement dans la production de lait local ?

      Concernant les systèmes de coopératives et de mutualisations des forces , je suis tout a fait d’accord mais malheureusement c’est loin d’être possibles pour diverses raisons.

  43. Agronome Says:

    FOURRAGES
    DZ: LE METEIL, MIEUX QUE LE MEDICAGO?
    Djamel BELAID
    Dans les années 70, afin de résorber la jachère une des solution a été d’utiliser le médicago. Différentes causes font que cette solution n’a pas fonctionné. A l’époque certaines moyens techniques n’existaient pas sur le terrain.
    Nous nous proposons d’examiner un nouveau moyen d’améliorer la productivité des jachères pâturées en zone semi-aride. Et cela, à la lumière du semis direct et des mélanges fourragers pratiqués outre-mer.

    AGRICULTURE D’OPPORTUNITE
    Afin, de ne pas aller à l’encontre des agriculteurs pratiquant la jachère pâturée, nous nous proposons d’enrichir celle-ci, voire d’en faire des superficies récoltables lorsque les moyens de récolte sont disponibles.

    L’idée centrale est donc de respecter la volonté de ces agriculteurs de ne pas labourer certaines de leurs parcelles qu’ils réservent comme terrain de parcours pour leurs moutons. Mais, là où l’agronome intervient, c’est par le semis. L’idée est d’enrichir ces parcours par l’implantation d’un mélange fourrager adapté aux conditions locales et au cheptel. Comment semer sans labourer? C’est aujourd’hui possible grâce aux semoirs à semis direct. C’est là l’innovation fondamentale.

    Quant au fourrage à implanter, la première idée qui vient en tête est de s’inspirer du méteil, ces mélanges de fourrages utilisés par les agriculteurs en Europe. On peut ainsi penser à des mélanges de différentes céréales et de légumineuses. Voilà ce qu’en disent Pascale PELLETIER, Pierre-Vincent PROTIN deux spécialises français d’Arvalis.fr

    « Une prairie multi-espèces se définit comme une prairie temporaire composée d’au moins 3 espèces de 2 familles différentes, le plus souvent des graminées et des légumineuses. Le nombre plus important d’espèces permet à ce type de prairies de mieux s’adapter à l’hétérogénéité intra-parcellaire du sol et de produire de façon régulière sur l’ensemble de la campagne. En effet, les graminées démarrent plus vite à la reprise de végétation et produisent plus au printemps et à l’automne, alors que les légumineuses sont plus productives en été. Les prairies multi-espèces sont également plus résistantes aux aléas climatiques (sécheresse, fortes températures, excès d’eau) ».

    Améliorer la productivité fourragère de ces dizains de milliers d’hectares permettrait de réduire la tension sur le foin de vesce-avoine et la paille et ainsi par contre coup améliorer l’offre en élevage bovin laitier. Par ailleurs, à proximité des étables de tels surfaces fourragères pourraient être consacrées au pâturage bovin.
    Il s’agit cependant de définir les mélanges fourragers les mieux adaptés. En France, pour des prairies, des espèces telles le dactyle, la fétuque élevée, le ray-grass, la luzerne et le trèfle violet peuvent composer les mélanges. En Algérie, jusque là, la recherche agronomique locale ne s’est préoccupée que des fourrages récoltés et peu des fourrages pâturés. L’avantage de ces mélanges est d’obtenir une production fourragère suffisante même si les conditions de l’année défavorisent une des espèces du mélange. Par ailleurs, ces mélanges sont plus faciles à installer et à gérer que le médicago.

    Comme l’explique ce spécialiste français du CIRAD, Lucien Séguy, il s’agit là d’une agriculture d’opportunité. L’agriculteur sème pour faire pâturer ses bêtes. Le semis direct permet de le faire par exemple juste après une pluie. Si la pluviométrie printanière est suffisante et s’il en a les moyens, il peut récolter le surplus. Ou sinon, il l’enfouit comme engrais vert.

    REFLECHIR EN TERME DE SYSTEME D’EXPLOITATION
    De telles innovations nécessitent de raisonner non plus au niveau de la parcelle, mais au niveau de l’exploitation agricole et donc de tenir compte des contraintes de l’agriculteur.
    Cela nécessite également un travail multidisciplinaire. Le spécialiste en céréales et semis direct doit dialoguer avec le spécialiste en fourrages. L’ingénieur agronome spécialisé en cultures végétales doit dialoguer avec le zootechnicien spécialiste en élevage.

    Enfin, cette nouvelle démarche naît de l’existence récente en Algérie de semoirs pour semis direct. Elle peut être testée en condition réelle (mais à la conditions d’équipes multidisciplinaires). Elle doit être testée également par les agriculteurs leaders et les agriculteurs à même de s’approprier l’information technique. Les agriculteurs les plus dynamiques ont tout intérêt à se concerter au niveau d’une petite région agricole afin de développer ces techniques et s’échanger un savoir-faire né de leur expériences. Ils ne doivent pas attendre tout des stations de recherches agronomiques parfois axées sur d’autres programmes prioritaires.

    Cette appropriation et mise en pratique est indispensable. Car, avec les récents ajustements structurels, notre agriculture adopte des voies libérales. Or, les subventions publiques ne seront pas éternelles du fait de la réduction de la rente gazière. A terme, seules les exploitations qui arriveront à dégager des marges financières adéquates subsisterons. Les autres disparaîtrons, rachetées par leurs voisins…

    • Mahmoud AIT-ABDERRAHIM (Agriculteur /Éleveur ) Says:

      Et si vous commencez par  » tomber la chemise  » , et donc a décliner sur ce blog votre véritable identité comme le font certains agriculteurs courageux voire téméraires , votre message n’en sera que plus réaliste .

      Vous avez raison , mais on peut faire ce type de mélange avec un épandeur d’engrais et un cover crop à peine ouvert et le résultat est identique, aussi rapide , car ce sont deux machines qui existent plus facilement dans les exploitations contrairement au semoir direct qui coûte cher , difficile de louer cet engin pour le rentabiliser et/ou l’amortir , je préfère louer à la ccls un neuf ou en bon état chaque année.

      Vous oubliez que la majeure partie des terres n’est pas clôturée et cette pratique peut poser des problèmes de voisinages .

      Vous avez raison il est plus qu’urgent d’avoir un site internet professionnel pour former nos paysans et les informer des variétés à cycle court pour faire pâturer intelligemment leur cheptel ( je veux bien participer à ce projet si ça intéresse certains)

      Une grande majorité de nos futurs agronomes n’a aucunement l’intention de reprendre des exploitations agricoles préférant êtres de simples commerciaux , c ‘est malheureusement le même schéma qu’on observe chez beaucoup de médecins dont la formation coûte très cher pour finir par être de simples délégués médicaux à la solde de firmes étrangères .

      L’option libérale de notre société et agriculture en particulier n’est ni une solution ni une fatalité

      J’ai personnellement préféré travaillé les terres d’un agriculteur en difficulté en partageant les bénéfices pendants deux ans , plutôt que de lui racheter ses terres et de ruiner ses enfants .
      Avec le réchauffement climatique l’hyper concentration est un véritable piège , l’avenir est à la mutualisations et formation/éducations des forces locales .

      De quels programmes prioritaires parlez vous?, sachant que les programmes sur les légumineuses ont apparemment été abandonnés.

      Des programmes sérieux d’irrigation d’appoint ne consistent pas à offrir des kits ou du matériel assez complexe à utiliser surtout que ceux ci ne sont ni rentables ni utilisés en année pluvieuse et que la formation à leur utilisation laisse à désirer sans parler de leur entretien , des places qu’il occupent dans les hangars déjà bien encombrés

      je sais je suis vraiment très négatif , mais malheureusement c’est la réalité sur le terrain.

      J’ai creuser un piège a eau , et cette année nous avons eu l’agréable surprise d’observer certains oiseaux migrateurs , magnifiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiq

      bonne récolte et tahyaa djaaazzzaaaiiirrrr houuurrraaa waa mestaakilaaa

  44. Agronome Says:

    Une contribution au débat sur la réduction de la jachère. Il nous semble que le semis direct est un outil intéressant pour sa résorption.

    JACHERE
    RESORBPTION DE LA JACHERE, DES LEVIERS MULTIPLES
    Djamel BELAID 14.03.2015 djam.bel@voila.fr

    Sur sa page FB Mr Hadj Bouamoud publie des photos de parcelles agricoles et s’interroge. Parmi celles-ci, en ce mois de mars, on distingue bien les parcelles semées en blé et celles non semées. Là, les parcelles ont la couleur de la terre: elles sont en jachère. Alors que les besoins alimentaires du pays sont énormes, comment réduire ce gaspillage? La résorption de la jachère recouvre des aspects agronomiques mais aussi économiques.

    ASPECTS ECONOMIQUES
    Economiquement, la persistance de la jachère peut être expliquée par plusieurs facteurs.
    -fournir des terrains de parcours aux moutons dont l’élevage est plus rémunérateur que les céréales,
    -ne pas disposer des fonds nécessaires aux frais de labour et de culture des céréales. Il faut rappeler la forte incertitude climatique. La sécheresse ne permet pas chaque année de faire fructifier les frais engagés par l’agriculteur pour le labour, engrais et semences. Parfois l’agriculteur y perd même sa mise de départ.
    Les pouvoirs publics se doivent d’offrir aux agriculteurs les moyens de lever, techniquement et au moins partiellement, l’incertitude climatique grâce à l’irrigation d’appoint et la vulgarisation d’itinéraires techniques adaptés.
    Afin de favoriser la résorption de la jachère, les pouvoirs publics pourraient instaurer un impôt foncier. Les surfaces non cultivées deviendraient ainsi une charge pour leur propriétaires. Le GPS peut permettre de borner les parcelles et de mieux répertorier leurs propriétaires. De telles mesures pourraient commencer par les wilayas aux terres les plus fertiles.

    Notons en passant, que cette persistance de la jachère montre, à postériori, le bien fondé, au moins sur un point, de la Révolution Agraire des années 70: lutter contre l’absentéisme des gros propriétaires fonciers. En effet, souvent la jachère est d’autant plus importante que la taille des exploitations augmente.

    ASPECTS AGRONOMIQUES
    Ces dernières années, les progrès de l’agronomie en milieu semi-aride sont tels que de nouvelles solutions crédibles pour la résorption de la jachère se font jour. Malheureusement, elles sont peu connues en Algérie.
    Au début des années 70, le MADR avait demandé à des agronomes français de porter un diagnostic sur une zone test: le Sersou. L’ITGC conserve dans ses tiroirs plusieurs volumineux tomes des comptes rendus de cette mission d’études qui avait duré plusieurs années. Notons au passage, que ces documents devraient être accessibles à la profession. Cette étude avait la particularité de prendre en considération le fonctionnement de l’exploitation agricole dans son ensemble. Chose très rarement faite actuellement. Etaient ainsi étudiés les chantiers de travail: semis d’automne, récolte printanier des fourrages, récolte des céréales.

    Des contraintes matérielles au semis.
    Il était ainsi apparu que résorber la jachère impliquait à l’automne de devoir labourer, préparer pour le semis et semer des superficies considérables. Or, souvent les moyens matériels des exploitations ne permettaient pas de tels objectifs. Depuis, il apparaît que le non-labour avec semis direct permet de s’affranchir de ces pointes de travail automnales. En effet, la cadence des chantiers de semis direct est 5 fois supérieure à celle d’un chantier conventionnel et pour un moindre coût tout en obtenant le même rendement ou en l’améliorant1. Et cela est si vrai, que dans le sud de l’Espagne, l’apparition de cette nouvelle technique a entrainé une récente concentration de la propriété foncière. Notons à ce propos qu’avec la réduction de la rente gazière, la réduction des aides publiques qui devrait pas manquer d’apparaître ces prochaines années fait que les seuls producteurs algériens de blé à survivre seront ceux qui seront passé au semis direct.

    Des contraintes liées à la récolte des fourrages.
    Les fourrages sont majoritairement constitués de foins de vesce-avoine. Leur semis mais surtout leur récolte (fauchage, bottelage et ramassage) provoque des pointes de travail avec l’entretien des céréales. L’apparition récente de l’enrubannage permet d’envisager d’étaler la période de récolte (mode différents). L’enrubannage permet également de réduire la prolifération des graines de mauvaises herbes. Cependant, si l’enrubannage réduit la demande en main d’oeuvre, il requiert un matériel spécifique: ensileuse, station göweil, fourche hydraulique. La solution pourrait être également de développer l’ensilage de céréales immatures. Il faut pour cela assurer la disponibilité en faucheuse.

    Des contraintes de rotation des cultures
    Un des obstacles à la résorption de la jachère est le peu de cultures pouvant prendre place dans la rotation. Les principales cultures sont de la même famille: les céréales. C’est le cas avec le blé tendre, le blé dur, l’orge, l’avoine ou la vesce-avoine. Cela pose un problème non négligeable: l’apparition de parasites spécifiques aux céréales; notamment le ver blanc. Leur cycle n’est pas interrompu par des cultures d’une autre famille: légumineuses ou crucifères. Concernant les légumineuses, la non maîtrise de leur désherbage limite son extension. L’apparition de nouveaux désherbants chimiques, le binage et l’emploi de herses étrilles pourraient d’envisager leur extension future.

    RESORBER LA JACHERE UN PACKAGE AGRONOMIQUE ET ORGANISATIONNEL
    Réduire la jachère implique pour les exploitations une surcharge de travail et d’investissement. Or, des innovations agronomiques contribuent à réduire ces freins. C’est le cas avec le semis direct, le désherbage mécanique et l’enrubannage des fourrages. Ces techniques sont nouvelles. La question est de savoir comment favoriser leur diffusion au fin fonds des campagnes.
    Les pouvoirs publics doivent trouver les leviers les plus appropriés afin de peser sur les choix des agriculteurs: prêts bonifiés, types d’impôts, encadrement technique sur le terrain en non plus dans des bureaux.
    Quant aux agriculteurs, et notamment, aux agriculteurs leaders, à eux de montrer le chemin aux autres qui suivront par la suite ensuite.

  45. Agronome Says:

    Une réflexion qui se veut constructive même si elle est parfois acide…
    Ce texte déjà lu et relu sera à nouveau relu et complété.

    AGRONOMIE
    LE SUCCES DE LA RECHERCHE PRIVEE
    Djamel BELAID djam.bel@voila.fr 15.03.15
    Il suffit de faire un tour en Mitidja, en Kabylie, à Ghardaïa ou sur les hauts plateaux sétifiens pour faire un constat. En Algérie, la recherche agronomique se décline en terme privé. En effet, les agrumes en intensif, c’est la société ACI qui la développe, l’enrubannage des fourrages ce sont des firmes privées opérant dans le sud ou à Constantine sous l’impulsion du dynamique Lounis Hamitouche des Laiterie Soummam ou d’Axium. Les pivots d’un hectare en maraîchage à El Oued, ce sont des artisans qui les ont construit. Quant au semis direct, cette révolution qui consiste à ne plus labourer avant de semer le blé, c’est une poignée d’agriculteurs qui s’en empare.
    Idem, quant aux premiers ateliers de fabrications d’aliments du bétail produits localement, c’est grâce au dynamisme des établissements Djoudi Métal.
    Dans l’Est du pays, le rendement de la tomate industrielle triple en quelques années. Mais nulle trace d’un projet de l’Institut Technique des Cultures Maraîchères et Industrielles. C’est la seule cellule agronomique de la conserverie du Groupe BenAmor qui en est à l’origine.
    Des éleveurs de Tizi-Ouzou mettent au point un fromage, la Tomme Noire, c’est grâce à un natif qui après avoir travaillé en Suisse est rentré au pays. A peu près la même chose se reproduit à Ghardaïa suite au travail opiniâtre d’éleveurs et de laiteries privées.
    Certes, à chaque fois les pouvoirs publics ne sont pas loin. Ils contribuent à ce renouveau par une politique de prêts bonifiés, de soutien aux prix à la production ou d’abaissement du prix des intrants agricoles et surtout de formation de cadres agronomes.
    Par ailleurs, c’est grâce à une politique de redistribution de la rente gazière que l’augmentation du niveau de vie permet à la population d’acheter les productions des investisseurs privées.

    LA CHARRUE AVANT LES BOEUFS
    Mais point de politique de recherche agronomique délibérée aboutissant à une mise en pratique des innombrables thèmes de recherche académique.
    C’est le cas à l’ENSA. Le département de zootechnie a travaillé dès le milieu des années 70 sur l’utilisation de l’urée et de l’ammoniac sur l’orge et les pailles. Les excellents résultats restent sur les rayons des bibliothèques de l’ENSA et les éleveurs ne connaissent pas l’utilisation de l’urée pourtant aujourd’hui présente dans chaque exploitation comme engrais pour les cultures. Un chercheur de la même école met au point des blocs multinutrionnels pour la complémentation alimentaire des moutons? Les résultats restent dans les tiroirs. Une équipe de zoologistes trouve le moyen de combattre biologiquement les insectes parasites qui infestent les dattes, nulle trace d’une quelconque application sur le terrain. Ils montrent que les pullulations d’un petit rongeur, la Mérione de Shaw, peuvent être freinées par la Chouette effraie locale qui en raffole, mais nulle trace des services agricoles pour protéger ce volatile.
    A Batna, des agronomes spécialistes en sciences du sol alertent contre le blocage des engrais phosphatés en sol calcaire, nulle trace d’un début d’application de ces résultats avec, par exemple, des dispositifs d’épandage d’engrais localisés.
    Même chose dans les universités formant des biologistes. A l’université Mentouri de Constantine, des équipes travaillent sur le compostage de la fraction organique des déchets ménagers pour en faire du compost horticole. Mais les maraîchers d’El Oued n’en voient nulle trace et continuent de n’utiliser que les fientes de volailles qui dorénavant s’arrachent. Comme personne ne leur explique l’intérêt des composts de grignons d’olive, procédé récemment mis au point par les stations de l’ITAV.
    En Algérie, pour reprendre une boutade, des chercheurs qui cherchent on en trouve. Mieux, dorénavant, il y a des chercheurs qui cherchent et trouvent. Mais, à chaque fois l’impression est celle d’un manque d’organisation, de finalité des budgets dépensés voire d’anticipation. Ainsi, à M’sila des agriculteurs plantent des oliviers grâce à des financements étatiques et innovent en choisissant la variété Chemlal particulièrement riche en huile. Mais lors de l’entrée en production des vergers, les huileries locales sont incapables de recevoir la totalité de la production.
    La recherche agronomique en Algérie donne l’impression d’être une armée sans état-major. Elle ne correspond pas à l’attente du terrain.

    LA SOLUTION, LES CLUSTERS?
    Les causes restent à rechercher. L’aisance financière de ces dernières années est certainement une explication. Les chercheurs sont chercheurs à vie. Le contrôle des travaux de recherche reste aléatoire.
    Un chercheur note amèrement que les journées de travail se terminent parfois à 17h tandis qu’une chercheuse note que parfois c’est avant 17h. Là, où à l’étranger règne systèmatiquement « l’obligation de résultats » et la recherche de sources de financement.
    La plus grande partie de la recherche est académique et se fait dans des laboratoires universitaires avec très peu de liens avec le terrain. Ainsi, dès la fin des années 70, la recherche agronomique locale disposait de spécialistes en culture in-vitro. Mais la majorité des semences de pommes de terre reste importée. Et il a fallu faire appel à des Coréens pour monter un projet de centre de culture in-vitro sans que cela réduise pour le moment les importations.

    Quant aux institutions de recherche, elles sont toutes publiques. Nulle trace d’organismes de recherche à capitaux mixtes comme à l’étranger, où l’évaluation se fait conjointement avec les décideurs privés qui ont apporté des financements.

    Depuis peu, les orientations du MADR sont de développer des filières par la mise au point de pôles d’excellence: des clusters associant les agriculteurs, l’encadrement technique, la recherche agronomique et les agro-industriels. L’idée est louable. De premiers résultats apparaissent. Lassés de recevoir du blé dur local mitadiné et mêlé à des impuretés de toute sorte, des semouliers ont mis sur pied des réseaux de qualité. Les céréaliers y sont sont suivis par des techniciens dépendant des semouliers dans le choix des variétés, la fertilisation ou la protection des cultures. Cependant, actuellement le barême de raréfactions lors des livraisons des récoltes aux silos des CCLS ne tiennent pas compte de ces efforts.
    Dans le domaine laitier, des industriels s’impliquent. Le groupe Danone dispose de techniciens appui-lait. Le responsable de la Laiterie Soummam explique comment il en est arrivé à développer l’enrubannage des fourrages. Alerté par des éleveurs lassés de ne trouver que de la paille ou du foin de mauvaise qualité pour nourrir les vaches importées de France, il a initié une entreprise de travaux agricoles pour la récolte des fourrages. Ce sont des éleveurs et non pas des chercheurs qui lui avait parlé d’un mode de conservation qui « permet de garder jusqu’à trois ans le fourrage à l’état frais ». A Constantine, en absence d’essais de l’ITGC sur l’intérêt de l’utilisation de fongicides sur les céréales, il a fallu attendre l’initiative de la société privé Axium. La première, celle-ci a alerté sur la nécessité de traiter contre la rouille du blé dur. Axium commercialise aujourd’hui des pulvérisateurs de grande largeur. Certes, l’OAIC développe un réseau de production de semences certifiés qui permettent la protection précoce du blé. Mais, ITGC et CCLS étaient attendus aussi sur ce terrible fléau qu’est la rouille.
    Progressivement, cette jonction entre amont et aval s’opère. Le groupe semoulier SIM contribue à relancer la formation de cadres en meunerie et signe un accord avec l’université de Blida. A Bejaia, le groupe agro-alimentaire CEVITAL développe de tels partenariats avec l’université locale. Certes, les progrès sont inégaux. Si les célèbres Nouvelles Conserveries Algériennes de Rouiba situées en pleine Mitidja sont connues pour leur jus d’agrumes et le franc parler de leur PDG toujours prêt à fustiger les pouvoirs publics, elles sont par contre, totalement absentes pour promouvoir les nouvelles techniques de culture des agrumes. Et c’est la société d’agro-fourniture ACI qui développe ces techniques nouvelles à force de conseils sur l’utilisation de nouveaux porte-greffe et de la fertigation qui permettent l’entrée en production des nouveaux vergers dès la 3ème année..

    Aujourd’hui, en Algérie, une dynamique agronomique est en marche. Ces dix dernières années, le progrès agronomique se répand dans les campagnes. La recherche agronomique appliquée du privé y contribue largement. Espérons qu’à l’avenir les institutions publiques de recherche travaillent en coordination avec les besoins du terrain. Pour cela, aux pouvoirs publics de trouver les formes afin que des financements conjoints privés-publics permettent efficacité et obligation de résultats.
    Espérons également, qu’entre la baisse de la rente gazière et la demande galopante d’une population aux besoins quantitatifs et qualitatifs toujours croissants, l’agriculture et l’agro-industrie locales aient le temps de montrer ce dont elles sont capables.

    • Mahmoud AIT-ABDERRAHIM (Agriculteur /Éleveur ) Says:

      Recherche privé ?!! n’exagérons rien mon cher ami ,, disons plutôt des succès commerciaux, fort louables d’ailleurs , mais qui au demeurant profite de rente de situation qui leur permet ce genre de succès

      L’urgence est de réformé ce système fondamentalement ahurissant qu’est cette économie du container qui dilapide nos ressources , appauvrit notre pays et déstructure complètement notre société .

      Je serais très très curieux de connaitre le coût final du litre de lait importé par l’Algérie comparé au prix du litre de lait payé à nos chers éleveurs dont beaucoup risquent la faillite et le découragement.

      Idem pour le pois chiche importé comparé au prix payer à nos agriculteurs et la liste est longue surement

      J’ai heureusement vendu tout mon cheptel bovin au printemps dernier , et les éleveurs voisins qui ne m’ont pas écouté s’en mordent les doigts aujourd’hui compte tenu du prix du foin de la paille et du reste.

      Concernant la recherche public tout est a faire , cela fait trop longtemps que des chercheurs qui cherchent on n’en trouve , des chercheurs qui trouvent on n’en cherchent…… , pourtant les financement public existent et les financement privé tout a fait possible , on peut déjà remettre toute la cagnotte des agriculteurs céréaliers qui cotisent aux chambres agricoles pour rien d’ailleurs

      On pourrait inventer :
      – Une taxe sur les importations de toutes les denrées alimentaires importées ( à l’OMC tout se négocie )

      – Une taxe ou vignette pour toutes les grosses cylindrées et gros engins agricoles et de travaux public

      – Une taxe sur les limonades et toutes les cochonneries sucrées et salées qui empoisonnent nos concitoyens et gréve au final le budget santé en médicaments eux aussi importés ., une taxe qui pourrait venir en aide aux arboriculteurs et maraîchers afin d’augmenter l a part des fruits et légumes bio dans la ration alimentaires des Algériens

      – Une taxe sur les désherbants et insecticides qui empoisonnent la santé de nos agriculteurs , tant la vulgarisation et l’information sur le danger de leur utilisation est faible ( Un véritable scandale sanitaire pour le futur )

      D’autres sources de financement pourrait très facilement être trouvé pour peu qu’il y’ai une volonté politique , car ne nous illusionnons pas , la recherche coûte chère et nécessite aussi des choix douloureux quant a la qualité de nos chercheurs et de leur sélection/formation qui coûte elle aussi très chère .

      L’argent seule ne suffira pas , cela n’est pas une raison pour le dilapider…. , il ne suffit pas d’être riche , il faut le rester et la manière et l’éthique avec.

      Nous n’avons même pas de banque agricole , ou alors essayer de demander un crédit autre que RFIG ou ETTEHADI , en pleine campagne agricole , pour financer votre besoin de fonds de roulement ou un besoin de trésorerie…. en cours de campagne

      Un pivot d’un hectare , je ne comprends pas son intérêt , sachant que des systèmes de gouttes a gouttes ou de gaines souples existent coûtent moins chères , est plus économes en eau et en intrants et phytosantaires , malgré les problèmes de filtration que ses systèmes exigent.

      pour finir je voudrais juste vous signaler que si les réfactions au niveau des CCLS sont faibles , la valorisation des céréales de qualité livrés n’existent pas non plus , ceci est d’autant plus gênant que la production de blé de force ou riches en protéines nécessite beaucoup d’efforts de la part des agriculteurs , plus d’engrais et la nature étant bien faite les variétés les plus productives sont pauvres en protéines et inversement

      J’ai malheureusement l’impression que ce blog n’est lu que par un nombre très limité de lecteurs….

  46. Agronome Says:

    CEREALES
    FERMES PILOTE ET INTENSIFICATION
    djam.bel@voila.fr 6.03.13
    Sous le titre « Céréaliculture : L’Algérie n’a plus importé de semences depuis 20 ans » El Moudjahid du 07-03-2015 relate l’effort fait en matière de production de semences. Cette article amène quelques remarques et suggestions.
    Les cadres à l’origine de ce succès sont à féliciter. Le fait qu’il existe 75 fermes pilotes est un moyen afin de développer des techniques modernes et de les faire connaître localement.
    A ce titre, le semis direct est une révolution technique fondamentale. Il maintien la fertilité des sols et économise l’eau emmagasinée dans le sol.
    Par ailleurs, en cet hiver pluvieux, le non labour permet une meilleure portance. Chose importante quand il s’agit de désherber à temps de grandes surfaces et de réaliser les apports d’azote. Cette année, il est à craindre que les pluies aient retardé ces opérations.
    Il faut rappeler que l’an passé, une vidéo réalisée par une firme d’engrais montrait un directeur de ferme pilote qui affirmait que face à la charge de travail, il apportait l’engrais azoté en un seul passage. Or, les travaux de l’ITGC montrent que seul le fractionnement des apports est en mesure d’assurer une amélioration des rendements et du taux de protéines.
    Le président-directeur général du Groupe semences, plants et géniteurs (GSPG), Karim-Mustapha Berber pourrait développer des actions dans le sens du semis direct. Seule cette méthode de semis permet de semer à temps à des coûts défiant toute concurrence et de permettre le premier apport d’azote dans les conditions idéales.

    QUELLE COOPERATION? UN ALBAN II?
    A l’occasion de cette journée « le directeur général de TIMAC Agro Algérie, Moncef Bourkouk, a fait part de la disponibilité du groupe qu’il représente à fournir l’appui technique nécessaire aux céréaliculteurs de la région en mettant à leur disposition des techniques innovantes et des produits brevetés et homologués en Algérie afin d’optimiser leurs rendements ».

    Ce responsable est à féliciter. Si de gros progrès ont été réalisés ces dernières années en céréaliculture, c’est grâce aux efforts consentis par les pouvoirs publics mais également par l’approche novatrice en matière de vulgarisation des firmes d’agrofournitures. Elles proposent de nouvelles solutions techniques et afin de les vendre développent un réseau de technico-commerciaux qui parcourent les campagnes. Cela est nouveau en Algérie. Il faut préciser que les membres de ces réseaux reçoivent une prime proportionnele aux ventes réalisées sur le terrain. Un tel système concilie progrès technique et viabilité économique.

    Il nous semble que Timac Agro pourrait aider l’Algérie de différentes façon. Cette firme de Saint Malo, spécialiste en nutrition des plantes, pourrait agir afin de: i) rationaliser les apports d’azote en vulgarisant la méthode des reliquats azotés et du Nitrachek, ii) sensibiliser à la localisation des engrais et les formulations les plus adaptées aux conditions algériennes iii) sensibiliser notre encadrement technique, comme avec le projet Alban en élevage laitier, dans les façons de procéder des conseillers de Chambres d’Agriculture (CA) en France.

    Car, si la coopération avec les firmes d’agro-fourniture est une opportunité intéressante pour l’Algérie (sous réserve de promouvoir également certaines méthodes écologiques), une des priorité est la mise en place d’un système de vulgarisation efficace. Or, en la matière, les CA françaises possèdent une tradition qu’il serait intéressant d’aller étudier. Un autre partenaire est Arvalis. La coopération avec cet organisme nous semble fondamentale; notamment: son financement par la filière et non pas seulement par les pouvoirs publics, son organisation, et son système de diffusion des références (notamment son excellent site Arvalis.fr de plus en plus couru par les agronomes Algériens).

  47. Agronome Says:

    Merci Mr Garfy pour ce petit tour en Bretagne.

    La lecture d’un article d’El Watan m’inspire une réflexion que je soumet à chacun.

    LAIT
    LE TEMPS DES VACHES MAIGRES?
    Djam.bel@voila.fr 8.03.15
    Sous le titre « Wilaya de Tizi Ouzou : Malaise dans la filière lait » le 7 mars 2015 Salah Yermèche
    relate dans El Watan les doléances des éleveurs bovins suite à la réunion de leur fédération et des collecteurs de lait. Il écrit: Les mêmes producteurs ont dénoncé dans ce contexte la «main basse» de barons de l’aliment du bétail, malgré que ces derniers n’aient aucune relation avec une telle activité, tout en interpellant les hautes autorités du pays à «mettre un terme aux importations effrénées» des produits dont ils estiment pouvoir toujours réaliser des excédents. Ils pensent qu’il est inadmissible qu’une botte de paille de 10 kg leur soit vendue 1080 DA, tandis que le lait cru leur est acheté à 34 DA le litre, avec tout son contenu bénéfique (matières grasses et autres vertus) pour être revendu épuré de ces matières (beurre) à plus 70 DA le litre. Pour dire que la botte de paille coûte 30 fois plus que le prix d’un litre de lait cru de vache…

    Face à cette situation les participants souhaitent une augmentation « des subventions de l’Etat, actuellement de 12 DA/L ».

    « VACHES MAIGRES », PAS UNE FATALITE
    Les problèmes que rencontre la profession sont réels, mais la baisse des revenus pétroliers fait que les éleveurs doivent chercher d’autres solutions. A notre avis, voici quelques pistes.
    Se constituer en coopérative de collecte de lait et de transformation de ce produit. Sinon, ce sera le secteur agro-alimentaire qui réalisera des marges sur leur dos.
    Se constituer localement en groupements d’éleveurs et exiger la mise à disposition par le MADR des cadres actuellement dans les bureaux. A cette fin, des postes budgétaires devraient être transférés au niveau de tels groupement. Les groupements contribuant également par des cotisations, ce qui devrait leur donner une liberté de recrutement et donc de licenciement.
    Les références techniques existent afin d’améliorer l’alimentation des animaux. Par exemple, l’orge peut être complétée par de l’urée. La paille peut être enrichie en ammoniac qu’on obtient en l’arrosant par de l’eau dans laquelle on dissout de l’urée. Mais actuellement qui explique cela aux éleveurs. Qui? Sans parler de l’alimentation minérale, de la nécessité d’un abreuvement en eau à volonté et des mesures prophylactiques à vulgariser.
    Par ailleurs, comme beaucoup d’éleveurs sont en hors sol, il s’agit de se grouper en collectif d’achat afin d’acquérir des moyens de transport et de s’affranchir des grossistes. Sur les parcelles en plaine, l’ensilage avec enrubannage peut permettre d’accroître l’offre en fourrage de qualité. On peut penser à des échanges fourrages contre fumier. En montagne, sur de petites surfaces amendées de fumier, il est possible de produire en irrigué des fourrages verts comme du sorgho. Mais pour cela, il s’agit d’améliorer l’infiltration des eaux de pluies ou leur rétention et d’assurer un équipement en kit d’aspersion.

    DES INGENIEURS ET TECHNICIENS AUX PORTES DES ETABLES
    S’il y a des élus professionnels responsables, et nous ne doutons pas que ces cadres paysans existent, ils doivent se tourner vers l’action commune. A eux, d’avancer des fonds, de poser les bases de groupements d’éleveurs puis de demander alors aux pouvoirs publics l’affectation de cadres de terrain et l’attribution de prêts. A eux d’apporter des parts sociales pour construire ateliers de fabrication de fromage et de vente de la viande au détail. Ils pourront alors, par exemple, assurer eux même leur production et leur approvisionnement en aliments du bétail, en fourrages et bénéficier d’un encadrement technique à la porte de leur étable.
    Assurer une disponibilité en cadres techniques au sein de groupements d’éleveurs peut permettre également l’enregistrement de performances et la comparaison entre ateliers laitiers et d’engraissement. La comparaison des façons de faire entre éleveurs est la voie royale pour progresser.
    Ce principe vaut également pour les fruits et légumes et pourquoi pas aussi pour les céréales.
    Demander encore et encore aux pouvoirs publics de signer des chèques en pétro-dinars est une erreur. Il faut préférer la voie de groupements seule façon pour les éleveurs de protéger leur marge. Il n’y a pas d’autres solutions.

    • Garfy Says:

      Je suis contente que ce petit tour en Bretagne vous ait plu –
      attention : pas de fermes-usine comme à Amiens – en Corrèze ou encore en Indre et Loire !!!

  48. Un petit tour par le Bretagne

  49. Agronome Says:

    Salam,
    Quelques remarques suite au message de Mr Ait Abderrahim

    « il faut absolument réformer l’itgc et les chambres d’agriculture et ou leur donner des moyens et plus d’autonomie financière »
    Comme pour Arvalis, il faudrait que la filière céréales participe au financement de l’ITGC et dispose de représentants au Conseil d’Administration. Concernant les Ch. d’Agriculture leur financement doit reposer sur l’impôt agricole et leur administration doit se faire par des paysans élus démocratiquement.

    « Il est anormal que notre recherche agronomique ne soit pas capable de nous proposer des outils d’aides à la décision en 2014 , malgré les moyens dont elles disposent »
    -il faudrait introduire des primes selon les publications internationales,
    -mettre des représentants des filières agricole dans tout conseil scientifique d’université,
    -mettre en place des projets de recherche limités dans le temps et non plus « à vie ».

    « En 1997 au premier salon filaha , j’ai exposé le système Nitrachek (ainsi que les sondes wattermark) développé à l’époque par la société Challenges agriculture « .
    Très intéressant. Ceci dit, le Nitrachek ne doit pas nous faire oublier de prendre la tarière et d’aller dans les champs en sortie hiver pour les reliquats azotés;

    « Les prix des engrais actuels sont exorbitants et malheureusement certains agriculteurs mettent des engrais phosphatés et font l’impasse sur les engrais azotées alors qu’ils devraient faire l’inverse ( les céréales n’étant pas tres tres exigeante en azotes phosphatés) »
    Suggestions:
    -faire plus de restitutions, dont les pailles afin de réduire les exportations et améliorer la capacité d’Echanges cationiques, véritable garde manger du sol. La CEC est très faible dans nos sols à cause du manque de matière organique.
    -récupérer TOUS les amendements possibles: fumier, boues de station d’épuration, BRF ou Bois Raméal Fragmenté (il faut planter des haies entre les parcelles et broyer les branchages pour en faire du compost). Pas de haies, pas droit aux subventions agricoles! Respections un peu le milieu naturel. Rappel, le milieu semi-aride est très fragile. Rappelons nous ce que dit Pierre Rabhi.

    « Nos outils d’épandage sont petits et nous obligeraient de passer régulièrement sur nos champs , sachant qu en fonction de certains stades de la culture et de l’état du sol, rien ne poussera sous les traces des roues de tracteurs »
    -oui, il faut des largeurs plus importantes. Remarque, la compaction est réduite avec plus de matière organique du sol.
    -mais le plus grave est l’absence d’épandeur qui localisent l’engrais sur le rang de semis. Ainsi les engrais P sont moins insolubilisés et l’urée moins volatilisée. L’industrie nationale de matériel doit proposer des semoirs qui permettent de localiser la fumure dite de fonds.

    « D’autres part la qualité et le taux de protéines de nos céréales ne sont pas valorisées ni par la ccls ni par les semouliers , sachant que la qualité et taux de protéine se font souvent au détriment du rendement garant de notre résultat économique »
    Oui, il faudrait que les barêmes soient revues à la hausse. Mais pour cela que les silos des CCLS à la réception aient des moyens d’analyse du taux de protéines. A moins de faire des réceptions selon le facteur variétal d’agriculteurs engagés dans un programme qualité.
    Ne pas oublier que semouliers et agriculteurs sont dans la même barque. Les pouvoirs publics pourraient décider d’enlever la prime de 1 000 DA blé dur. Cela couterait moins cher en terme d’importations et de paix sociale en permettant ainsi d’importer plus de farine.

    « Les agriculteurs français viennent de perdent une grande bataille face aux grands groupes de négoce , et ils vont devoirs pour des raisons évidentes de débouchées à l’export financer les réfactions que vont leurs appliqué ses même négociants afin d’augmenter les taux de protéines de leur blé ( ils faut toujours se méfier des industriels ) »
    Ils sont terriblement efficaces. Comme des chats, ils vont retomber sur leurs pattes. Le taux de protéines pour l’export à partir de Rouen à été revu à la hausse. La filière équipe les silos de mesure du taux de protéines grâce des appareil à infra-rouge (mesure instantanée dès l’arrivée de la remorque au pied du silo de l’organisme de collecte).

    « Les systèmes actuels de cartographie de parcelles embarqués sur tracteurs et ou moissonneuses sont encore trop onéreux pour la plus part d’entre nous »
    Oui, à suivre cependant…

    « Personnellement j’ai choisi de me connecter sur le site arvalis profiter de ses stages de formations et ses conseils techniques »
    Ah! Arvalis.fr. Merci à leurs ingénieurs. Suggestion à Mr Nouri Ministre du MADR: inviter un an un responsable du site Arvalis.fr afin de réformer le site Itgc.dz.
    Ps: la revue « Céréaliculture » Itgc devraient être mise en ligne de même que les anciens rapports d’études et résultats d’essais. Nous avons la maladie du « secret ».
    Ps: pas mal de cadres de terrain développent des pages facebook. Bravo à certaines stations régionales INPV et Itgc (Sétif).

    « Mais de quel encadrement technique vous parlez !!! il est sous formé et souvent pas très motivé pour resté diplomate »
    Suggestions: progressivement mettre sous tutelle des Ch d’Agriculture une partie du personnel des DSA et stations de recherche. Mais avec des Ch d’Agriculture représentatives où c’est le conseil d’administration qui recrute le directeur et les techniciens (et peut aussi les remercier…).

    « Personnellement vu le couts des engrais j’envisage à moyen terme de semer de plus en plus de féverole , de lentille , pois chiche et recherchez d’autres alternatives , malgré les risque et la faiblesse du cout de rémunération de ses cultures ( vaste débat ), à leur risque agricole et au risque de vol en plein champ des récoltes. »
    -très bonne idée. Il y a 70% d’azote gratuit dans l’air. Autant utiliser les légumineuses et le compost de B.RF.
    -des travaux récents montrent que les légumineuses ont la capacité d’utiliser le phosphore du sol insolubilisé.
    -l’ammonitrate développé durant la première guerre mondiale n’est pas la panacée.
    -prix des légumineuses: créez une coopérative privée genre CCLS, comme cela se fait en France. Ainsi vous pourrez diminuer les coûts, recevoir les subventions, puis commercialisez au public. Il y a qlq chose à explorer dans ce domaine…

    « Vous devriez faire un tour dans certaines ccls et observez la cohorte de techniciens ou autres personnels qui végètent et s’ennuie dans des bureaux tout le long de l’année , et je ne parle pas des sites web officiels , et je suppose que dans certaines facs ça doit être pareil. »
    Question: êtes vous prêt à acheter des parts sociales des CCLS avec vos voisins agriculteurs? Si oui, alors vous pourrez embaucher vous même le personnel, même le directeur. C’est comme cela que fonctionnent les VRAIS coopératives céréalières en France.

    « Pour finir , avant de mettre en place le système nitrachek il y’a aussi des outils d’aide à la décision plus simples à mettre en place et qui nécessite très peu d’investissement , mais c’est sure que nous avons besoin sur le terrain d’outils d’aides à la décision et à l’optimisation »
    « Plus simple » que le Nitrachek? C’est utiliser l’huile de coude. Et avec la tarière aller sur les parcelles en janvier. « 3Andi ma drabtt » quand je travaillais dans l’agriculture en France, à force de faire des prélèvements on avait plein d’ampoules aux mains. Mais les préconisations que nous fournissions aux agriculteurs étaient en or. On leur a fait gagner BEAUCOUP, BEAUCOUP d’argent en terme de rendement et de taux de protéines. Avec l’analyse d’azote du sol de leur parcelle, ils mettaient la dose d’engrais adéquate, un peu comme un archer lance sa flèche et qu’elle arrive juste au milieu de la cible.

    « Et puis sans vouloir jeter de pierres sur quiconque le niveau de notre corporation et de son organisation est telle qu’il complique aussi les choses … sans parler de notre volonté politique d’organiser cette coorporation ».

    Ya khouya la paysannerie algérienne a été le fer de lance du mouvement national algérien. Elle recèle en son sein des dirigeants paysans de grande valeur.

  50. Agronome Says:

    Une réflexion sur l’emploi des engrais en Algérie et notamment concernant l’azote. Nulle volonté ici de jeter la pierre à Pierre, Paul ou Jacques. Simplement un retour d’expérience sur des erreurs que j’ai été le premier à commettre. A Tiaret (lors de 6 années de campagnes de Volontariat pour la Révolution Agraire dans les années 70) puis à Kaïs, des fellahines me disaient « langri yahrag al gamh » (l’engrais brule le blé). Les conseils d’un grand monsieur comme le Pr P. Grignac puis dans les années 90 plusieurs campagnes hivernales, tarière en main, de mesures de reliquats azotés dans le bassin parisien (au sein d’une équipe de techniciens de Chambre d’Agriculture) m’ont permis de dépasser ces erreurs. Puisse cette modeste expérience servir mes collègues algériens actuellement sur le terrain.

    ENGRAIS: L’ALGERIE PERD DES MILLIERS DE QUINTAUX DE BLE

    D. BELAID 01.02.2015 djam.bel@voila;fr

    Le blé et les céréales en général ont besoin d’engrais, principalement d’azote, de phosphore et de potasse. L’azote occupe une place primordiale. On ne peut obtenir de rendement élevé sans azote. Or, en Algérie, l’utilisation de cet engrais n’est pas maitrisée par l’encadrement technique. De ce fait, souvent les agriculteurs n’en veulent pas. « Cela brule le blé » affirment-ils. Des dizaines de milliers de quintaux potentiels sont ainsi irrémédiablement perdus chaque année. Pourtant des gestes simples et un peu plus de rigueur de l’encadrement technique permettraient de résoudre ce problème.

    QUELLES SONT LES PRATIQUES ACTUELLES EN ALGERIE?

    Face aux besoins du blé, les préconisations officielles en vigueur en Algérie, sont d’apporter 100 unités d’azote. C’est la dose moyenne conseillée en zone favorable pour la céréaliculture. C’est à dire dans les zones où les précipitations annuelles moyennes sont de l’ordre de 400 mm. Et cela quel que soit le type de sol où la culture précédente.

    Sur ces 100 unités, il est conseillé de réaliser un fractionnement des apports. Des essais de l’ITGC montrent en effet que le rendement et le taux de protéines du grain sont d’autant plus élevés que les apports sont fractionnés. Un tiers de l’engrais est à apporter en début de croissance et le reste avant la montaison.

    COMMENT EXPLIQUER CES PRATIQUES D’UN AUTRE AGE EN ALGERIE?

    Les façons d’apporter l’engrais azoté en Algérie sont dépassées. En effet, il n’est pas logique de préconiser une dose unique pour des situations différentes. Pour produire un quintal de blé dur, 3,5 kg d’azote sont nécessaires. La logique veut que pour chaque parcelle un objectif de rendement soit défini sur la base des 5 dernières années. En fonction de cet objectif l’agriculteur définit la dose moyenne à adopter. C’est ce qu’on appelle la méthode des bilans azotés.
    De façon étonnante, en Algérie, l’encadrement technique ne tient pas compte de cette méthode, ou du moins d’une de ses composantes: l’estimation de l’azote minéral du sol en sortie hiver; On peut penser que cela a pu être justifié à un moment où les moyens d’analyse étaient limités. Mais ce n’est plus le cas aujourd’hui.

    POURQUOI L’AZOTE EST IL SI DIFFERENT DES AUTRES ENGRAIS?

    Là où le bat blesse, c’est qu’en Algérie, il n’est pas tenu compte de la fourniture de l’azote minéral par le sol du sol. En effet, là où pour les éléments P et K, des analyses tous les 4 ou 5 ans suffisent, ce n’est pas le cas pour l’azote. L’analyse de sol est à réaliser chaque hiver sur les parcelles de blé. En effet, en hiver pluvieux jusqu’à 40 unités d’azote du sol est lessivé. Aussi, là où il est préconisé une dose moyenne de 100 unités afin d’atteindre 28 quintaux de blé dur, si on retranche les 40 unités lessivées, la plante n’a plus à sa disposition que 60 unités. A peine de quoi produire 17 quintaux. Avec 60 unités, la plante ne formera pas assez de grains et donc le rendement potentiel ne sera pas atteint. De même si l’hiver est sec, le lessivage peut être minime. A un apport de 100 unités, il faudra rajouter les 40 unités présentes dans le sol. La plante aura alors à sa disposition 140 unités. A raison de 3,5 kg d’azote pour produire 1 quintal de blé, on peut se dire que la parcelle pourra produire 40 quintaux. Mais c’est compter sans le climat. Car trop d’azote développe excessivement le feuillage. La transpiration de la plante est alors accrue. En cas de sécheresse, la plante qui aura rapidement épuisé la réserve en eau du sol, ne pourra plus faire face à la demande en eau. Résultat, on risque l’échaudage et un faible rendement.
    On le voit, avec l’azote, il faut du doigté. Le règne de l’approximatif ne peut être de mise. Or, en Algérie, les préconisations de l’encadrement technique restent peu rigoureuses. On comprend que les agriculteurs se plaignent que l’engrais azoté puisse bruler le blé.

    LA METHODE DES BILANS AZOTES EST ELLE FIABLE A 100%?

    La méthode des bilans azotés permet d’estimer les besoins en azote, de tenir compte de la fourniture du sol et d’indiquer le complément d’azote à fournir sous forme d’engrais. A ce titre, elle constitue un outil fiable.
    Il suffit de tenir compte des besoins en azote du blé: 3,5 kg/ha pour le blé dur et 3 kg pour le blé tendre. Les besoins en azote peuvent varier selon certaines variétés de blé dur. Il n’est pas rare en France, de leur voir appliquer un ratio de 3,7 voire de 4 au lieu des 3,5 kg d’azote par quintal de grains à produire.
    Une source d’erreur peut cependant survenir selon le type d’engrais azoté utilisé. Ainsi, l’urée une fois épandu au sol est sujet à des phénomènes de volatilisation en cas de fortes chaleur et de vent violent. De tels phénomènes peuvent occasionner des pertes de 30% sur les apports réalisés. Il faut donc en tenir compte lors de la méthode de l’utilisation de la méthode des bilans azotés.

    QUELLE EST LA PART DE RESPONSABILITES DES TECHNICIENS?

    Afin de résoudre ce problème, une seule solution: ne plus négliger l’azote minéral du sol et réaliser l’analyse du reliquat azoté en sortie hiver (RSH). Pour cela, en janvier, les techniciens doivent sortir de leurs bureaux. Il leur faut aller sur les parcelles de blé des agriculteurs qu’ils conseillent, récolter des échantillons de sol et les envoyer aux laboratoires d’analyses. Pour de petites régions homogènes, des moyennes d’analyses sur des parcelles représentatives peuvent suffire. Cependant, il est nécessaire de tenir compte du type de sol, de sa profondeur, des apports récents en amendements organiques et du précédent cultural. Des outils comme internet peuvent permettre ensuite une diffusion large des résultats.

    QUEL PLAN D’URGENCE ADOPTER?

    Afin de mettre fin à l’incurie concernant les préconisations en matière de fertilisation azotée, il devient urgent de mettre sur place, dans un premier temps dans les régions à plus fort potentiel, un réseau d’analyses sur des parcelles témoin. Des modélisations peuvent être également être testées en fonction du niveau des précipitations hivernales, du type de sol et de l’historique récent des parcelles. Par ailleurs, de nouveaux outils de diagnostic apparaissent. Le Nitrachek* permet d’analyser le niveau d’azote dans les feuilles de blé et d’ajuster la dose d’azote à apporter. Permettra-t-il de s’affranchir des RSH? La réponse ne peut venir que de l’étude de cas concrets.

    L’urgence est là. Il est illusoire de penser que l’augmentation des rendements se fera uniquement par l’irrigation d’appoint des céréales. La maîtrise fine de l’itinéraire technique s’avère également indispensable. L’approximation des doses d’azote est source de manques à gagner considérables. Ce facteur doit donc être pris en compte le plus vite possible.
    A cet effet, la mise à niveau de l’encadrement est primordiale. Politique de RSH ou Nitrachek, voire les deux en même temps; aux autorités scientifiques compétentes de mettre les outils adéquats entre les mains des techniciens.
    En cas d’absence de savoir faire local et étant donné l’importance du sujet, il peut être nécessaire d’avoir recours à l’expérience étrangère. Les Chambres d’Agriculture françaises regorgent de techniciens compétents rompus à ce type d’exercice et aptes à organiser des réseaux locaux d’analyses. Faire appel, dans un premier temps, à ce savoir-faire peut être intéressant. Ceci dit, rien n’empêche les techniciens de terrain, les agriculteurs leaders ainsi que les responsables qualité des moulins et semouleries de s’approprier le plus tôt possible de cette méthode des bilans azotés et de commencer à l’appliquer dans leur secteur. Pour cela, rien n’est mieux que la tarière et la visite des parcelles.

    (*) Le conseil de fumure azoté par l’utilisation du Nitrachek est en cours de développement en Algérie. Cela, grâce au travail remarquable du Pr Nadia BOULELOUAH de l’Université de Batna.

    • Mahmoud AIT-ABDERRAHIM Says:

      Bonjour A tous

      C’est bien ce que je dis , il faut absolument réformer l’itgc et les chambres d’agriculture et ou leur donner des moyens et plus d’autonomie financière
      Il est anormal que notre recherche agronomique ne soit pas capable de nous proposer des outils d’aides à la décision en 2014 , malgré les moyens dont elles disposent

      En 1997 au premier salon filaha , j’ai exposé le système Nitrachek (ainsi que les sondes wattermark) développé à l’époque par la société Challenges agriculture .

      Même les analyses de sols proposées par certaines sociétés sont difficiles à comprendre et à interprété et on ne peut pas être juge et partie .

      D’autre part vous oublier toujours que :

      Les prix des engrais actuels sont exorbitants et malheureusement certains agriculteurs mettent des engrais phosphatés et font l’impasse sur les engrais azotées alors qu’ils devraient faire l’inverse ( les céréales n’étant pas tres tres exigeante en azotes phosphatés)

      Nos outils d’épandage sont petits et nous obligeraient de passer régulièrement sur nos champs , sachant qu en fonction de certains stades de la culture et de l’état du sol, rien ne poussera sous les traces des roues de tracteurs

      Nous avons aussi des contraintes climatiques importantes , sans moyens d’avoir des informations agrométéorologiques fiables afin d’optimiser les dates d’épandage des engrais

      D’autres part la qualité et le taux de protéines de nos céréales ne sont pas valorisées ni par la ccls ni par les semouliers , sachant que la qualité et taux de protéine se font souvent au détriment du rendement garant de notre résultat économique

      Les agriculteurs français viennent de perdent une grande bataille face aux grands groupes de négoce , et ils vont devoirs pour des raisons évidentes de débouchées à l’export financer les réfactions que vont leurs appliqué ses même négociants afin d’augmenter les taux de protéines de leur blé ( ils faut toujours se méfier des industriels )

      Les systèmes actuels de cartographie de parcelles embarqués sur tracteurs et ou moissonneuses sont encore trop onéreux pour la plus part d’entre nous

      Personnellement j’ai choisi de me connecter sur le site arvalis profiter de ses stages de formations et ses conseils techniques

      Mais de quel encadrement technique vous parlez !!! il est sous formé et souvent pas très motivé pour resté diplomate

      Personnellement vu le couts des engrais j’envisage à moyen terme de semer de plus en plus de féverole , de lentille , pois chiche et recherchez d’autres alternatives , malgré les risque et la faiblesse du cout de rémunération de ses cultures ( vaste débat ), à leur risque agricole et au risque de vol en plein champ des récoltes.

      Vous devriez faire un tour dans certaines ccls et observez la cohorte de techniciens ou autres personnels qui végètent et s’ennuie dans des bureaux tout le long de l’année , et je ne parle pas des sites web officiels , et je suppose que dans certaines facs ça doit être pareil.

      Pour finir , avant de mettre en place le système nitrachek il y’a aussi des outils d’aide à la décision plus simples à mettre en place et qui nécessite très peu d’investissement , mais c’est sure que nous avons besoin sur le terrain d’outils d’aides à la décision et à l’optimisation

      Et puis sans vouloir jeter de pierres sur quiconque le niveau de notre corporation et de son organisation est telle qu’il complique aussi les choses … sans parler de notre volonté politique d’organiser cette coorporation

  51. Agronome Says:

    BLE
    ALGERIE, FAIRE APPEL A ARVALIS
    D.BELAID 30.01.2015 djam.bel@voila.fr
    Il est une évidence, ces dernières, grâce aux efforts des pouvoirs publics, les capacités agronomiques algériennes sont croissantes. La filière céréales par exemple en profite pleinement. Ces dernières années, les rendements moyens par hectare ont progressé d’un quintal par an. Mais face à une demande croissante, il nous faut faire mieux et plus vite. Comment? Il nous semble regrettable d’essayer tout seul dans notre coin de « ré-inventer chaque jour l’eau tiède ». Nous pensons qu’une coopération internationale bien menée peut permettre d’aller plus vite. Et à ce titre l’expérience de la filière céréales française et de ses outils: Arvalis et le mouvement coopératif paysan français par exemple sont des acteurs incontournables.

    LES ACQUIS DE L’AGRONOMIE DZ
    Ces acquis sont nombreux. Notons la formation de nombreux ingénieurs, des structures de terrain de plus en plus efficaces (cas des réseaux de technico-commerciaux en phytosanitaires, station de recherche INPV et ITGC), ou progression dans l’utilisation des semences certifiées et de l’irrigation d’appoint. Citons également l’acquisition de références techniques sur l’amélioration des itinéraires techniques adaptés en situation de déficit hydrique avec le début du semis direct.

    MAIS DES RETARDS TRAGIQUES
    En fertilisation azotée, nous ne savons pas utiliser la méthode des bilans azotés et faire des analyses de reliquats azotés hiver comme cela se pratique partout en France.

    En désherbage, nous ne connaissons que le désherbage chimique. Or, en France, Arvalis développe depuis le Grenelle de l’environnement le désherbage mécanique à l’aide de herses étrille et de houes rotatives.

    En matière de coopération agricole, nous ne savons pas faire émerger des coopératives céréalières autonomes et dirigées par de seuls agriculteurs comme il en existent en France.

    Concernant la vulgarisation agricole, malgré le développement de « l’école aux champs », nous ne savons pas initier la mise sur pied de groupes de développement agricole (GDA). De tels GDA peuvent permettre le regroupement technique d’exploitations cherchant à progresser. Les Chambres d’Agriculture en France ont une belle expérience en la matière. A noter cependant, que la réduction actuelle des financements est en train de casser ce bel outil.

    COOPERATION, SE TOURNER VERS LA FRANCE OUI MAIS…
    La proximité culturelle fait que l’agronomie algérienne se tourne traditionnellement vers la France. La formation agronomique locale est imprégnée des connaissances françaises. Les ouvrages très pédagogiques du célèbre agronome français Dominique SOLTNER sont par exemple très recherchés par nos étudiants. Nombre de nos étudiants poursuivent des études dans des laboratoires de recherche.

    Cette proximité ne doit pas réduire notre sens critique. Tout ce qui est fait en France n’est évidemment pas transposable.

    Comment réaliser cette coopération? Plusieurs formes sont à envisager. Il nous semble privilégier les actions proches du terrain:
    -accueil de groupes de techniciens français dans des CCLS, DSA, Chambre d’agriculture (CA), Station de recherche pour de courts séjours ponctuels répétés durant deux ans.
    -accueil de techniciens et ingénieurs français pour des séjours plus longs dans des structures locales afin de former sur place et de mettre au point des procédures inspirées de ce qui se fait en France (animation de sites internet agricoles, organisation de la collecte et du contrôle des céréales par les CCLS, modalités de mise sur pieds de GDA, définition des missions techniques des CA
    -envoi de missions d’études en France. Missions composées de l’encadrement de terrain vers Arvalis, des coopératives céréalières, des CA). Bien sûr la liste n’est pas exhaustive, des échanges réguliers entre experts des deux rives devraient permettre de réactualiser à chaque fois les priorités.

    Il nous semble qu’il y a là un transfert de compétences à acheter. Ce transfert doit être également inclus dans les contrats. Le raisonnement devant être le suivant: nous vous achetons tant de milliers de tonnes de céréales, mais nous envoyons des techniciens de CCLS et des agriculteurs leaders en mission d’immersion dans vos coopératives ou vous envoyez dans nos CCLS, DSA et CA des techniciens de terrain.

    Il y a certes d’autres pays intéressants comme l’Australie, l’Espagne ou le Maroc. A nous de trouver les moyens de développer des formes de coopération. Mais il est illusoire de vouloir rattraper notre retard technique et organisationnel en tournant le dos au monde, ce serait adopter un développement de type nord-coréen.

  52. Agronome Says:

    BLE DUR
    RESEAU GROUPE BENAMOR
    D. BELAID 30.01.2015 djam.bel@voila.fr
    Un compte rendu signé de Raouf Rafty retrouvé sur les réseaux sociaux. Quelques remarques.
    1-Il est bien que ces réseaux blé dur qualité existent. Ils ont été initiés par des semouliers. On peut se demander ce qu’attendent les DSA, CCLS et les Chambres d’Agriculture pour faire la même chose.
    2-Ce bilan arrive tardivement. Il aurait dû être fait bien avant les semis, au moment où les céréaliers peuvent commander de nouvelles variétés.
    3-Nous avons eu l’occasion de voir un fichier Excel comportant tous les éléments de l’itinéraire technique des participants d’un tel réseau. Malheureusement les techniciens ne semblent pas en faire une analyse poussée. Précisons. Quand on dispose de l’itinéraire technique et du rendement final d’une cinquantaine de parcelles, il est possible d’essayer de comprendre comment les 10% des meilleures parcelles sont arrivées au meilleurs résultats. D’après ce compte-rendu, ce type « d’enquête culture » n’est pas fait.
    4-Concernant la fertilisation azotée, les préconisations de l’intervenant concernent principalement le fractionnement de l’azote à apporter. Mais rien sur la méthode des bilans azotés. Il est à rappeler que l’azote organique du sol est minéralisé tout au long de l’année. Si d’importantes précipitations hivernales interviennent dans certaines zones, comme c’est le cas en 2014-2015, cet azote minéral EST LESSIVE. Il est grave que nos techniciens l’oublient. Car, dans ce cas, la dose moyenne d’azote de 100 unités traditionnellement préconisée ne permet pas d’atteindre au printemps le nombre optimal de grains par m2. Il est erroné de préconiser 100 unités d’azote pour un hiver pluvieux ou un hiver sec. Le lessivage de l’azote du sol n’est pas le même. On peut se demander comment cette évidence n’est pas prise en considération.

    AZOTE, SE METTRE AU NIVEAU TECHNIQUE
    Suite à cet état de carence des connaissances agronomiques de l’encadrement technique, une remise à niveau urgente est à faire. L’idéal serait d’envoyer une mission d’étude auprès d’Arvalis ou de recevoir durant une campagne de RSH un technicien français. Nous conseillons également aux techniciens isolés de rechercher sur internet des informations relatives à la méthode des bilans azotés. Une abondante documentation est en ligne sur le site d’Arvalis.fr, notamment concernant l’analyse des reliquats azotés en sortie hiver (RSH).
    -en absence de RSH, afin d’affiner les doses à apporter, il peut être possible de réaliser le raisonnement suivant. Les résultats publiés en ligne par Arvalis.fr et les Chambres d’Agriculture françaises montrent que, plus il pleut, plus les quantités d’azote lessivées sont fortes (voir la rubrique « Fertilisation azotée » sur ce site). Aussi, les techniciens d’une petite région peuvent essayer d’estimer les pertes d’azote selon le niveau des précipitations hivernales de leur zone. Ainsi, au lieu de préconiser les traditionnelles 100 unités d’azote, ils peuvent proposer 20 unités ou plus à rajouter. Bien entendu, il s’agit de tenir compte du précédent cultural et des amendements organiques antérieurs. Il est évident qu’un sol qui, ces dernières années a reçu du fumier ou des boues de stations d’épuration, présentera des RSH plus élevés; idem avec une parcelle semée précédemment de légumineuses (on pourra consulter des tables de valeurs disponibles sur internet).
    -les RSH sont en fait à réaliser chaque année. Les techniciens doivent aller sur les parcelles tarière à la main afin de faire des prélèvements de sol et envoyer des échantillons aux laboratoires d’analyse.
    -la méthode Nitrachek peut permettre d’affiner la dose d’azote, mais elle ne constitue en aucune façon un substitut de l’analyse des RSH.
    -il est inconséquent d’abdiquer quant à la nécessité d’affiner les doses d’azote à apporter. Il en va d’une composante importante du rendement: le nombre de grains/m2. Ne pas mettre assez d’azote, c’est amputer dès la sortie hiver le rendement à venir. Trop mettre d’azote, c’est risquer l’échaudage et c’est polluer les nappes phréatiques.

    TEXTE DU COMPTE RENDU TECHNIQUE
    Les participants au réseau « amélioration de la qualité du blé dur » se sont réunis le lundi 12 janvier 2015, à Guelma, à l’invitation du Groupe Benamor, initiateur du programme et organisateur de cette journée de travail.
    Ont pris part à cette journée d’évaluation, les adhérents céréaliers membres du réseau, les représentants de l’Administration, les intervenants des structures de l’OAIC et des coopératives de céréales, les représentants de la profession, ceux des instituts techniques, ceux des fabricants et fournisseurs des engrais et produits phytosanitaires, ainsi que des experts et invités.
    L’ordre du jour de la séance a porté sur l’évaluation des données de la campagne 2013/2014 et a mis en exergue les actions engagées et les enseignements qui ressortent de cette expérience.
    Il a été rappelé que le « réseau qualité », a été mis en œuvre afin de contribuer à l’évaluation et l’identification des conditions permettant la valorisation des blés de la production nationale, sous forme d’un objectif centré sur la qualité et la promotion du blé dur produit au niveau des zones potentielles de la région Est, couvrant les wilayate de Sétif, Mila, Constantine, Guelma, Annaba et Souk Ahras.
    Les intervenants au nom du comité de suivi ont mis en avant les caractéristiques de cette expérience qui favorise l’organisation participative des intervenants, et qui pour cela, a développé des instruments et outils opérationnels aptes à faire face aux aléas et contraintes de l’activité, contribuant ainsi à l’objectif de la sécurité alimentaire.
    Les responsables du réseau se sont dits satisfaits et très encouragés par la mobilisation et la contribution des adhérents, afin de faire avancer et de réaliser progressivement les objectifs tracés il y a trois campagnes.
    Ils ont ainsi appelé à la continuité du programme qualité, et ont estimé qu’il est plus que jamais nécessaire de veiller à la sauvegarde, au renforcement et à l’approfondissement de ce type d’expérience, face aux aléas climatiques, comme l’exemple caractéristique de la campagne 2013/2014, dont les effets ont été difficilement maîtrisables, et des risques concrets de déséquilibre des approvisionnements et de la sécurité alimentaire.
    Au terme de cette troisième campagne consécutive d’évaluation, tous les paramètres et plans d’action développés comme vecteurs d’exécution de cette initiative, visent le renforcement de la pratique participative et la réalisation adéquate des étapes et processus au niveau de la production, de la collecte et de la préservation des blés, de la transformation et de la meilleure utilisation, afin d’aboutir à des gains effectifs de qualité et de productivité.
    Il a été exprimé que la qualité implique dans tous les cas des gains économiques, la promotion des professionnels, le développement du potentiel national la création d’emplois.
    Les responsables du réseau n’ont pas omis d’évoquer l’impact de toutes les mesures d’appui, de soutien et d’organisation, déployées et mises en œuvre par les pouvoirs publics, et qui sont encourageantes et déterminantes pour aider à l’amélioration de la qualité et l’élévation des rendements.
    Ils ont appuyé sur les actions techniques et matérielles à engager afin d’identifier et d’établir des modalités d’intégration effective et durable des institutions et organismes techniques, la contribution à la définition de règles de rémunérations appropriées, la participation accentuée des coopératives de céréales, et l’extension des capacités de stockage pour aider les agriculteurs dans leurs efforts de préservation de la qualité et de la traçabilité.
    Le bilan 2013/2014 a fait état de données physiques et technologiques appréciables et ce en dépit de l’effet pénalisant des contraintes pluviométriques qu’a connu la céréaliculture au cours de la campagne.
    Il a été enregistré globalement une collecte à évaluer de 54 261 q, fournie par 41 céréaliers adhérents au réseau sur une superficie de 2 900 hectares. Soit un rendement moyen de 18,71 q à l’hectare, jugé parfaitement intéressant.
    Le bilan analytique des opérations culturales a été exposé en chiffres et en commentaires. Il a porté sur le précédent cultural, la préparation du sol, la fertilisation de fonds et de couverture, les semis et les variétés de semences utilisées, le désherbage chimique et les traitements fongique et insecticide.
    La quantité de collecte, évaluée sur la base de critères de classification rigoureux du blé dur, employés par le réseau BENAMOR (poids spécifique, teneur en protéine et vitrosité), a déterminé une part de 80 % de type « A », estimé comme lot supérieur, et seulement 20 % de type « B », de qualité moindre.
    De même que l’analyse des semoules issues des blés durs « réseau », a donné lieu, pour certaines régions comme Mila et Constantine, à des résultats technologiques très prometteurs.
    Les participants, très intéressés par les aspects techniques de la production, pour aboutir à de meilleures performances, ont été invités à suivre des communications éminemment importantes présentées par les experts, concernant l’amélioration génétique participative et la fertilisation des blés.
    La première communication intitulée « amélioration génétique pour la qualité du blé dur », s’est attachée à démontrer l’impact de la recherche pour un développement des cultures orienté vers des résultats optimums entre rendement et qualité.
    Après avoir mis en relief l’importance de la consommation du blé dur dans les habitudes alimentaires algériennes, le communiquant a développé l’intérêt des travaux de recherche et expérimentation, notamment par l’emploi de la méthode participative chez l’agriculteur.
    Il a précisé les principales contraintes technologiques liées à la fertilisation inadaptée (mitadinage, faiblesse du taux de protéines), en relation avec la valeur semoulière, et à la moucheture qui affecte l’aspect des semoules et des pâtes alimentaires.
    Pour une bonne prise en charge, il a noté l’importance de l’utilisation d’une semence de qualité, de variétés adaptées aux conditions pédoclimatiques.
    Il a ensuite mis en avant le critère d’utilisation des ressources génétiques possédant des caractères de qualité, obtenues par le biais de croisements dans le cadre de l’amélioration variétale.
    La recherche est menée en optant pour la méthode participative, ajoute-il, rejoignant ainsi les objectifs du réseau qualité.
    En résumé la communication a préconisé la combinaison entre le rendement et la qualité (protéine, mitadinage) à travers des essais et un parcours expérimental confié aux agriculteurs, pour obtenir de bonnes variétés aptes à produire de hauts rendements par rapport à la référence, une résistance aux maladies et une meilleure qualité.
    La deuxième présentation a porté sur la fertilisation des blés en phosphore, potasse et azote et le rôle de chaque élément dans l’alimentation du blé et l’élaboration du rendement et de la qualité du grain.
    Après avoir passé en revue le rôle de chacun des éléments fertilisants, un intérêt particulier à été accordé à la fertilisation azotée qui représente la clé d’une bonne teneur du grain de blé en protéine.
    A cet effet, il a été présenté les différentes formes d’engrais azoté et le processus de décomposition de chacune des formes pour être traduits en éléments assimilables, de même que le choix de la forme d’azote selon les conditions pédoclimatiques.
    Le communiquant a mis l’accent sur l’intérêt du fractionnement de l’apport d’azote selon les besoins et les stades phénologiques de blé pour arriver aux rendements et à la teneur en protéines escomptés.
    Les agriculteurs ont été fortement intéressés par l’exposé les différents aspects techniques, développés au cours de cette journée, et un fructueux débat a été engagé entre les participants.
    Raouf Rafty

    • Mahmoud AIT-ABDERRAHIM Says:

      La qualité et le risque agricole se payent !!!! ce n’est pas aux agriculteurs de prendrent en chargent les surcouts de la qualité et du taux de protéines

      Sachant que les semouliers sont les plus fortement subventionnées par les pouvoirs publics et en terme de prix et en terme de volume et en termes de prêts bancaires et d’assurances bonifiés, cette politique d’incitation à l’augmentation du taux de protéines qui intéressent surtout les semouliers doit être justement valorisé en terme de prix à la qualité par ses mêmes semouliers .

      Si la qualité n’est pas primé , par une prime supplémentaire aux agriculteurs performants , je ne vois aucuns intérêts a prendre des risques et des couts supplémentaire pour faire du taux de protéines , le reste n’est que blabla enrobé de scientisme comme savent bien le faire justement les industriels.

      Ils seraient intéressant de comparer la marge net au quintal que gagne un agriculteur comparé a celles des minotiers !!! chercheurs a vos calculettes !!!

      OULLAHH JE CROIS QUE JE VAIS ACHETER UN MOULIN !!!

      • Agronome Says:

        Mr Ait Abderrahim, vous écrivez:

        « La qualité et le risque agricole se payent !!!! ce n’est pas aux agriculteurs de prendre en chargent les surcouts de la qualité et du taux de protéines

        Sachant que les semouliers sont les plus fortement subventionnées par les pouvoirs publics et en terme de prix et en terme de volume et en termes de prêts bancaires et d’assurances bonifiés, cette politique d’incitation à l’augmentation du taux de protéines qui intéressent surtout les semouliers doit être justement valorisé en terme de prix à la qualité par ses mêmes semouliers .

        Si la qualité n’est pas primé , par une prime supplémentaire aux agriculteurs performants , je ne vois aucuns intérêts a prendre des risques et des couts supplémentaire pour faire du taux de protéines , le reste n’est que blabla enrobé de scientisme comme savent bien le faire justement les industriels.

        Ils seraient intéressant de comparer la marge net au quintal que gagne un agriculteur comparé a celles des minotiers !!! chercheurs a vos calculettes !!!

        OULLAHH JE CROIS QUE JE VAIS ACHETER UN MOULIN !!! »

        Mais vous avez raison. Pourquoi pas à plusieurs céréaliers bâtir de petits silos, acheter un moulin et produire de la semoule? Les producteurs doivent récupérer une partie des marges.
        Et cela vaut pour le blé dur, le lait, les oeufs, la viande ou les légumes et fruits.
        La solution est de créer des coopératives agricoles de statut privé. Seul ce moyen permettra de récupérer les marges actuellement captées par l’agro-industrie et le commerce de gros (les mandataires).

  53. n’oubliez surtout pas de parler de ça à toute l’Algérie :

  54. Agronome Says:

    CEREALES
    DES RESERVES DE PRODUCTIVITE
    Djamel BELAID 25.01.2015

    A nouveau, la baisse du prix du baril de pétrole et le niveau des importations de céréales relance en Algérie le débat sur l’autosuffisance alimentaire. Dans Maghreb Emergent, Abed Charef ce jeudi 15 janvier 2015 affirme que « L’Algérie n’arrive pas à changer de modèle pour la production de céréales ». Dans El Watan de ce jour, Lyes Mechti note « Importation de céréales : Une facture de plus en plus chère ».
    Comme l’affirment avec justesse le directeur du CREAD et le DG de l’ITGC, Mr OMAR ZAGHOUANE, il existe en effet des réserves de productivité. La question cruciale concerne donc la mise en oeuvre rapide des moyens permettant de libérer l’effort productif. Nous aimerions apporter au débat l’avis d’un agronome.

    DES RESERVES CERTAINES DE PRODUCTIVITE

    En céréaliculture, des réserves de productivité existent. Elles concernent les opérations de semis, d’irrigation, de protection sanitaire des cultures et de fertilisation.
    Concernant les opérations de semis, les techniques actuelles font appel au labour ou aux outils superficiels à disques. Or, il est prouvé qu’ils dessèchent le sol et l’appauvrisse à terme; notamment en matière organique.
    Bien qu’en progression, les rendements moyens actuels sont de l’autre de la dizaine de quintaux à l’hectare contre 50 quintaux en irrigué.
    Les chiffres communiqués par l’OAIC montrent que le désherbage chimique ne concerne dans le meilleur des cas qu’un quart des superficies. Or des augmentations de rendement de 30% voire plus sont possible. Les surfaces concernées par la protection insecticide et fongicide sont encore plus faibles. Or, selon les années et les céréales, les chutes de rendement peuvent être de 50% et plus.
    Quant à l’apport d’engrais, bien qu’en constante augmentation, sa mise en oeuvre nécessite de mettre à la disposition des céréaliers les formulations les mieux adaptées à leur type de sol.

    LES MOYENS DE MISE EN OEUVRE

    C’est dire combien, un itinéraire technique adéquat permettrait une meilleure production. Quelques rappels cependant.
    Toute politique céréalière se doit de ne pas oublier avant tout le revenu de l’agriculteur. Les pouvoirs publics l’ont bien compris en subventionnant les intrans et en relevant ces derniers les prix à la production.
    Tout apport de technologie nouvelle en agriculture ne peut envisagé uniquement dans le sens « top-down » mais par une participation active des premiers concernés.
    A chaque automne, en milieu-semi aride, l’agriculteur prend un risque: il laboure et sème sans savoir s’il récoltera. Il y a la une incertitude climatique qui constitue le fossoyeur de toute politique d’intensification céréalière.

    Concernant l’irrigation, au delà des querelles sur les superficies équipées ou effectivement irriguées, force est de reconnaître que cette pratique demande de nouvelles façons de faire au niveau des exploitations. Il s’agit de disposer du matériel d’irrigation, d’un point d’eau, d’une source d’énergie, du savoir faire et d’une volonté réelle d’intensification. Car, irriguer demande d’aller régulièrement déplacer le matériel sur les parcelles et de veiller à tout type de désagrément (panne, risque de vol). C’est là une nouvelle façon de procéder. Auparavant, les parcelles étaient ensemencées à l’automne puis pratiquement laissées à elles mêmes jusqu’à la moisson. Irriguer, c’est passer de l’extensif, à l’intensif. C’est donc passer plus de temps sur la parcelle.
    Une fois, les moyens matériels et financiers mis à la disposition des céréaliers, il serait intéressant que des études fines analysent les obstacles à la mise en oeuvre de ces moyens.

    Concernant la protection phytosanitaire, le maillage du territoire national par des firmes d’agrofourniture est un progrès. Ces firmes disposent de technico-commerciaux parcourant les campagnes et organisant avec les services compétents des journées de vulgarisation. De plus en plus de céréaliers ont ainsi recours à des techniques modernes. La question est de voir comment toucher rapidement le plus d’agriculteurs et comment les équiper en moyens modernes de traitement. Les pulvérisations se font à des stades précis de la culture. Cela oblige à disposer en permanence du matériel adéquat: tracteur et pulvérisateur tracté.

    La fertilisation reste un maillon faible. Les sols sont souvent riches en calcaire et peu profonds. Ces caractéristiques ainsi que le déficit hydrique ne jouent pas en une optimisation des engrais apportés. Des solutions apparaissent: nouvelles formulations plus adaptés à l’agressivité de nos sols, pulvérisations foliaires. Il s’agit également d’apporter aux sols des amendements organiques afin de restaurer une fertilité souvent dégradée. Or, ceci ne se fait pas ou très peu. Une partie des pailles devrait être enfouies au sol, du fumier ou des boues de stations d’épuration devraient être apportées. Trop longtemps l’Algérie a été caractérisée par une agriculture dite « minière »: jusqu’à aujourd’hui on prélève au sol plus d’éléments qu’on ne lui en restitue.

    Enfin, concernant les modes de semis, le monde agricole est trop resté arquebouté sur le sacro-saint « labours-semis ». Or, il apparaît aujourd’hui que le labour n’est plus d’actualité. Il est même néfaste aux sols et accélère l’érosion. Partout dans le monde, et en particulier en milieu méditerranéen et semi-aride, l’heure est au semis-direct. Nos voisins marocains ont même mis au point un semoir Made in Marocco. Les avantages sont considérables: outre des coûts de mise en culture moindres, l’humidité du sol est mieux préservée par rapport au labour. Le risque de sécheresse printanière est ainsi moindre, l’incertitude climatique si pesante pour l’agriculteur est ainsi partiellement levée. En Algérie, cette pratique est balbutiante. Dans les exploitations il n’existe que quelques dizaines de ce type de semoirs là où il devrait y en avoir des centaines.

    DES CADRES TECHNIQUES SOUS TUTELLE PAYSANNNE?

    Il apparaît qu’en Algérie, une dynamique céréalière est en marche. Certes, les progrès ne sont pas rectilignes; en témoigne la récolte modeste de l’an passé. C’est d’autant plus vrai qu’à l’instar du diction populaire « on n’applaudit pas avec une seule main », il existe des facteurs limitant de rendement. La plus belle parcelle de blé dur, irriguée, fertilisée et désherbée ne donnera que 20% du rendement espéré en cas d’attaque de rouille.
    Cependant nul ne peut contester en Algérie, ces milliers d’hectares de céréales aujourd’hui semés de semences certifiées, irrigués, désherbés, protégés sanitairement et fertilisés. Nul ne peut contester que des équipes de techniciens sous régime public ou privé se mettent en place, que des structures décentralisées voient jour, que l’avis de cadres paysans est sollicité dans des structures de base ou que l’industrie de la meunerie-semoulerie intervient en créant des réseaux d’appuis technique.

    La question de l’heure est de savoir comment passer à la vitesse supérieure. Outre les obstacles techniques mentionnés plus haut, il nous semble que le bon sens paysan doit être mobilisé. Nos « coopératives » céréalières CCLS ont des directeurs nommés par la tutelle là où sous d’autres cieux, ce sont des conseils d’administration représentatifs qui recrutent le directeur. Certes, il faut préciser que dans ce cas là, les coopérateurs mettent la « main à la poche » en achetant les parts sociales de la dite coopérative. Sous d’autres cieux, la majorité des techniciens ne sont pas majoritairement dans des structures administratives agricoles, mais dans des Chambre d’Agriculture ou autre organismes techniques où la gestion paritaire fait que les conseils d’administration sont composés notamment d’élus paysans. Ainsi, « l’obligation de résultats » est la règle pour les techniciens et cadres des dites structures.
    Certes, il ne s’agit pas de vouloir tout changer du jour au lendemain. Mais l’urgence de l’heure nécessite d’étudier les modèles étrangers efficients et d’incorporer dans nos structures ce zeste d’efficacité qui nous manque parfois. A ce titre, des missions d’études décentralisées doivent pouvoir aller étudier ce qui se fait au delà de nos frontières. Il devrait être inclus dans les contrats d’importations de céréales, le principe d’échanges d’étudiants agronomes, de cadres techniques et de cadres paysans nationaux vers les pays les plus proches.

    LE REGNE DE LA BAGUETTE DE PAIN PARISIENNE

    Vue la gravité de la question, les solutions sont à envisager également en amont de la production. Des informations, à vérifier, faisaient récemment état sur le net d’un cas local d’emploi de blé tendre importé à la place d’orge pour nourrir des animaux. C’est dire la pression qu’exerce l’élevage sur la filière céréalière. De la semoule made in DZ a été récemment testée avec succès par l’Eriad dans le mélange qui sert à confectionner la « baguette parisienne ». Ce type de baguette est actuellement devenu la référence d’Alger à Tamanrasset. Outre l’incorporation de blé dur, ne serait-il pas possible d’envisager des types de mélanges de farines encore plus économiques. On peut penser par exemple à l’utilisation de plus de farine complète à la place de la farine blanche. Actuellement, en Algérie le son et les issues de meunerie sont destinés à l’élevage. On peut également penser à des mélanges de farine de blé tendre et de farine d’orge. Outre le fait qu’il est plus facile de cultiver de l’orge en Algérie, cette céréale a des vertus diététiques reconnues même par la très sévère FDA américaine.
    Toujours afin de réduire la pression de l’élevage sur la filière céréale, pourquoi ne pas penser à des mélanges de viande hachée et autres produits avec incorporation d’une part de soja comme cela se pratique couramment en Europe.

    L’heure est à la mobilisation des énergies. Nous avons longtemps formés des cadres universitaires. Sur le terrain existent des cadres paysans qui, en d’autres temps, ont su mener dans le cadre du mouvement national des batailles plus décisives. Il est temps de faire appel plus largement à toutes ces potentialités humaines. La bonne gouvernance économique, c’est cela.

    • Mahmoud AIT-ABDERRAHIM (Agriculteur/éleveur ) Says:

      A mon humble avis les aspects techniques ne sont qu’une réponses parmi tant d’autres pour améliorer et rendre performante notre agriculture

      Le drame de l’algérie c est que nous aurions pu avoir des cargill algérien des céréales , du lait , du médicaments, des semences et des assurances etc etc , quel gachis

      Comment peut on avoir des eleveurs laitiers performants , avec un prix du lait aussi dérisoire compte tenu des efforts et des sacrifices qu il faut faire pour gérer un cheptel de vaches laitières performants et en s’assurant des revenus corrects et reproductibles dans le temps .

      Comment peut on perdurer lorsqu’on achete un produit qui nous coute 20 et qu’on revends à 2 .

      La politique de subventions des produits alimentaires est l’ une des principales contraintes de la production locale , ce qu vaut pour le lait , vaux aussi pour l encouragement a la production de la lentille , du pois chiche etcetc

      D’autres part j’estime que le fait que le marché du foncier est tellement rigide que nous sommes dans une démarche d’agriculture de subsistance , a part quelques exceptions pas du tout représentative de l ensemble de notre agriculture d’ailleurs

      Je ne parle s pas de notre célébre banque  »BADR  » QUI FAIT D’AILLEURS PARTIE DE VOTRE DREAM TEAM ? ET QUI est CAPABLE DE FINANCER DES PROJETS a des personnes qui n’ont auparavant rien prouver et qui d’ailleurs ne donne aucune garantie en contrepartie des prets qu’ils prennent , sans parler que cette célébre banque se refuse de financer l’achat de terres par des agriculteurs afin de s’agrandir et de se développer

      Le sens des responsabilités est à la base de toute civilisation ou de création d’une nation

      Sans parler des possibilités que peuvent avoir les agriculteur pour s’agrandirent en surface , pouvant ainssi s’agrandir , s’enrichir et innover plus tard

      Les systemes assurentiels sont médiocres , sans parler qu ils se diffuse dans certaines régions par des charlatans que les assurances sont haraam

      Nos chambres d’agricultures sont pour la plus part d’entre eux des coquilles vides

      Il n’y a aucune représentation sérieuse du monde agricole

      La question du revenu des agriculteurs et des eleveurs est primordial , leur formation et leur renouvellement aussi

      Le code communal doit absolument évoluer afin que chaque commune puisse lever un impot local ; et faire en sorte que les gens s’organisent en fonctions de leurs interets et valeurs et motiver les meilleurs d’entre nous pour briguer des mandats locaux et nationaux en fonctions de leurs résultats et succes locaux

      Le maire de chaque commune doit etre le socle sur lequel doivent se baser toutes politiques de developement local et de décentralisation , ceci est d’autant plus urgent que nous entendons de part et d’autres des ‘economistes, qu’il est urgent d’avoir un systeme administratifs performant afin d’identifier les plus pauvres d’entres nous pour cibler les aides directs aux plus démunis

      Il faud donc se méfier des bonnes intentions , l’enfer est pavé de bonnes intentions , et nos subventions si elles avaient pour role de faire sortir de la misère notre population se transforment petit a petit en piege et en pillage de nos ressources

      L’impot foncier doit avoir non pas un role confisquatoire mais plutot un encouragement a sortir de l’indivision et de performance justement pour dégager assez de revenus pour payer celui ci et vivre de son travail et participer à l’effort local et de la nation

      Il faud refléchir à une fiscalité verte et à une véritabble politique d’emplois durables dans la protection de l’environnement et de nos forets

      Un audit de certaines de nos administrations agricoles et des forets s’impose , vu les sommes frolles quelles utilsent , et pour quels résultats…

      Existent ils vraiment un centre de formations de mécaniciens agricoles en Algérie ? Ou se trouve t’il ? ,

      Il est urgent que le conseil d’administration de l’itgc et des autres centres agricoles se dotent de mode de management et de fiancement plus modernes et plus performants et que la priorité des priorités soit de faire des benefices et de la valeur ajoutée , pourquoi ne pas prendre exemple sur les modeles qui marchent ailleurs et les adaptés à notre contexte

      Je gère 700 hectares , je produits 5000 qtx/ an tte céréales et légumineuses confondues , , je repeuple a moi tout seul une foret de 35 ha et je n’ai jamais recu la moindre visite de chercheurs , universitaires , stagiares , techniciens , maire , chef de daira etc etc etc

      et je n’ai droit à aucuns crédit de la Badr, pilier de la dream team !!!

      Il y’a peut etre un autre aspect psychanalitique , il faud absolument faire en sorte de valoriser le métier d’éléveur et d’agriculteur plutot que certains métiers ridicules sans intérets réels, car le metier de producteur est le plus noble des métiers et toutes les innovations futures qui sauveront l’industrie proviendront de l’agriculture .

      La baguette de pain à 10 da ( soit 0.06 euros , cours port said) et le lait à 25 da , c’est non seulement insensé , ridicule , contre productif , destructeur d’emplois et de richesses mais c’est aussi la ruine et la dilapidation de nos ressources en devises si chèrement acquises .

      Un pain de 400 grammes au danemark vaudrait en dinars :600 da .

      Il est urgent d’instaurer une allocation familiale universelle ( pas si difficille à mettre en place ) plutot que d’augmenter les salaires, et de diminuer progressivement et régulièrement les subventions y compris celles de l’énergie ; il y va de l’avenir et de la stabilité de notre pays , que de temps et d’argent perdu…

      j espère avoir contribuer positivement à ce débat d’idées

  55. – BONNE ANNEE A TOUS –

    à tous les paysans d’Algérie et du monde (et pas de gaz de schiste en Algérie)

    imitons les suisses :

    Le chemin du sol
    http://www.ecolealaferme.ch/uploads/files/Le%20chemin%20du%20sol.pdf

    et plus généralement
    http://www.ecolealaferme.ch/index.php?page=39

    Bonne lecture

  56. http://www.elwatan.com//hebdo/magazine/absence-de-regulation-du-marche-du-miel-un-elixir-au-gout-si-cher-20-11-2014-278408_265.php

    Vive les femmes et celle là je l’admire – il faudrait pouvoir l’aider – il y a des formations dans la Somme pour les apiculteurs, même si les anciens c’étaient formés eux-même.

    je suis parfois allée aider un ami qui avait des ruches, c’est un sacerdoce – et les ruches ne restent pas toujours au même endroit, il faut les déplacer suivant la floraison – et récupérer les essaims ect….

    et ensuite, la récolte – le miel, le pollen, la gelée royale …

    Il y a du miel d’acacia (mais il faut planter des acacias) du miel de tilleul, de chataigniers etc …… et en ville on peut récolter du miel « toutes fleurs » – mais, pas de pesticides !!!!!!

    Toute mon admiration à cette dame –

  57. http://www.energie-sante.net/as/?p=1

    j’espère que vous allez tous bien – les paysans en particulier –

  58. Belaid Djamel Says:

    CEREALES
    DZ, FABRIQUER SOI MEME SON PROPRE SEMOIR POUR SEMIS DIRECT?
    Djamel BELAID
    Le semis direct est une innovation majeure en zone semi semi-aride. Elle se développe timidement en Algérie. Mais dans les autres zones semi-arides du globe cette façon de faire est souvent majoritaire. En Algérie, la disponibilité en semoirs pour semis direct est faible. La cause: un matériel cher. Jusqu’à trois fois le prix d’un semoir conventionnel. Par ailleurs, ce matériel est importé1. Pour l’agriculteur, n’y aurait-il pas moyen de fabriquer soi même son semoir? Ou du moins, créer un modèle s’en approchant à partir d’un semoir conventionnel. Nous pensons que certaines adaptations sont à la portée d’un bon bricoleur et de nombreux artisans.

    SEMOIR CLASSIQUE TRANSFORME

    Un semoir classique n’a pas la force d’enterrer les semences, même si ce n’est que sur 3 cm de profondeur lorsque le sol n’est pas travaillé. En effet, le sol est dur et les organes de terrage n’ont pas la force de pénétrer le sol et de recouvrir la semence.
    Un semoir pour semis direct peut le faire car il est lourd. La solution pourrait être d’alourdir un semoir conventionnel. Une telle opération nous semble difficile à réaliser. Les organes de l’engin ne sont pas adaptés à un tel effort. Bien que rien n’est réalisable pour un bon bricoleur…

    Par contre, il serait possible de s’inspirer de la démarche des agriculteurs américains. Ils sont à l’origine de la mise au point du strip-till.

    Sur maïs, avec un inter-rang de 70 cm, des pionniers américains ont imaginé une suite de deux outils: une dent ou soc ouvreur qui travaille juste à l’endroit où passe ensuite le disque semeur du semoir. La dent travaille le sol à une profondeur comprise entre 15 et trente centimètres selon les cas. Dans l’inter-rang, le sol n’est pas travaillé. C’est cette innovation développée par des agriculteurs qui a été ensuite reprise par des constructeurs pour donner naissance à un outil permettant le strip-till. On pourrait imaginer un même dispositif sur un semoir classique à céréales. Différentes variantes sont possibles. Un modèle comporterait un bâti attelé au tracteur et portant des dents travaillant seulement à 3-4 cm de profondeur (un peu comme une bineuse). Ensuite un autre bâti permettrait d’atteler le semoir. On peut se demander également si les dents ne pourraient pas être fixées directement à l’avant du semoir. Les dents pourraient être installées sur une même rangée ou sur deux rangées.

    Le principe de base est que les organes d’enterrement du semoir passent ensuite exactement à l’endroit où a travaillé la dent. Ainsi, le semoir conventionnel sèmerait sur un « lit de semences » réduit, la surface inter-rang n’étant pas travaillée.

    Le principe de dents préparant un pseudo lit de semences est surtout intéressant à double titre: en sol avec cailloux et pour son apparente simplicité de réalisation. Mais, on peut également imaginer un dispositif comportant des disques crénelés assurant un minimum de travail du sol. Souvent de tels disques crénelés disposés sur les semoirs étrangers ne sont pas perpendiculaires à la surface du sol. Ils forment un angle. Cela permet une meilleure pénétration dans le sol.

    DES ORGANES ANNEXES

    Afin de ne pas alourdir l’ensemble, quelques goulottes de distribution pourraient être enlevées sur les extrémités du semoir. Il faut par ailleurs envisager des roues crantées situées devant les dents afin d’écarter les résidus de culture. Ces roues tournent sous l’effet de l’avancement du tracteur et permettent d’éviter l’encombrement des résidus devant chaque dent. Un tel dispositif est indispensable seulement en cas de la présence de forts résidus de culture sur le sol. Enfin, des chaînes à gros maillons tirées à l’arrière du semoir permettent de mieux refermer le sol. Ce qui n’empêche pas également d’imaginer la présence de roues de tassement. Cette préoccupation est exprimée par un spécialiste travail du sol de d’Arvalis. Il peut être également nécessaire de « disposer d’éléments d’émiettement et de rappui sur la future ligne de semis2 ».
    Des photographies de tels systèmes existent sur le net à propos d’ensemble streep-till améliorés par des agriculteurs (voir aussi le site d’Arvalis).

    DES CONDITIONS IDEALES DANS LE GRAND SUD

    Dans le grand Sud, les prix actuels à la production du blé dur font que la céréaliculture sous pivot se développe. Les investissements sont très lourds du fait de la nécessité d’une irrigation continue. Les sols y sont souvent particuliers: très riches en sable, particulièrement pauvres en matières organiques et donc avec une faible rétention hydrique et avec une faible capacité d’échange cationique (C.E.C). Il n’y a donc pas de véritable sol arable. Ce sol est à créer, même si cela n’est que provisoirement3. Le semis direct trouve donc toute sa justification: le sol sableux permet un meilleur enfouissement des semences. L’absence de labour et la non perturbation des horizons permet également d’éviter une minéralisation rapide de la matière organique des racines.

    La transformation que nous proposons sur les semoirs conventionnels y trouve toute sa place. En effet, le sol sableux peut permettre une meilleure pénétration des organes d’enfouissement du semoir.

    UN OUTILS INDISPENSABLE AUX ELEVEURS

    Si le semis direct possède l’avantage de semer vite, d ‘éviter l’asséchement du sol et de préserver la fertilité du sol, il possède un avantage incomparable pour les producteurs de fourrages. Il permet de semer au sein même d’une prairie déjà existante. Par exemple avec le semis direct il est possible de semer de l’avoine au sein même d’une luzerne. Cela semble utopique. Pourtant Lucien SEGUY du Cirad montre sa faisabilité en Tunisie. La possibilité de ce type d’association de culture réside dans la possibilité de profiter des cycles de croissance décalés des deux cultures. Alors que l’avoine a un maximum de croissance en hiver et au début printemps, ce maximum de croissance se situe en été pour la luzerne. Par ailleurs, l’avoine profite de l’azote atmosphérique fixé par la luzerne. Dans un tel schéma, l’idéal est de pouvoir récolter l’avoine par ensilage.
    Lorsque qu’on dispose d’irrigation d’appoint, un semoir pour semis direct peut permettre trois récoltes de fourrages par an. En août un colza fourrager peut être installé. Il peut être pâturé jusqu’à l’automne. Un semis de vesce-avoine est ensuite réalisé. La culture est récoltée par ensilage ou foin très tôt4 au printemps avec dans la foulée un semis de sorgho.
    Seul un semoir pour semis direct permet cette agriculture d’opportunité. Il permet également d’ensemencer des jachères pâturées.
    A signaler dans d’autres conditions climatiques l’utilisation du semoir pour semis direct Aitchison. C’est le cas notamment en Nouvelle-Zélande. Ce semoir est idéal pour semer au sein d’une prairie. Il a la particularité de posséder une dent en forme de « T » renversé. Cette dent permet de créer dans le sol un environnement à l’abri de la sécheresse et donc propice à la levée des semences. Un tel dispositif mériterait d’être testé par les agriculteurs. En effet, quel pourrait être son intérêt dans certaines conditions locales?

    INSTAURER DES PARTENARIATS

    L’idée de semoirs conventionnels transformés pourrait être reprise et testée par un investisseur potentiel. Il existe des personnes ressources à l’étranger prêt à apporter une aide. C’est le cas de l’ONG parisienne FERT et de l’ex-CEMAGREF qui contribuent à développer au Maroc et dans les pays du Sahel des semoirs pour semis direct. Le type de semoir proposé présente la particularité de pouvoir être tiré par des tracteurs de faible puissance. Il est possible de faire appel également aux ingénieurs agronomes algériens spécialisés en option machinisme et à des agriculteurs innovants.

    Ce genre de préoccupations pourraient être reprises également par le secteur public. Le groupe PMAT se doit de renforcer sa cellule conception afin de mettre au point tels dispositifs. Des collaborations avec des constructeurs étrangers, petits ou grands, pourraient être mises en place.

    Les pouvoirs publics pourraient également imposer aux concessionnaires privés important du matériel agricole étranger de commencer à produire localement à petite échelle du matériel simple ou de la pièce détachée.

    EN CONCLUSION
    Cette réflexion vise à ouvrir des pistes d’action. Il nous semble que les agriculteurs, gestionnaires de parcs agricoles, concessionnaires et fabricants de matériel agricole (groupe PMAT) ne doivent pas rester prisonniers de schémas de pensée induisant l’immobilisme. Il n’y a rien de plus perfectionnable que le matériel agricole. A l’étranger, les constructeurs sont friands d’aménagements réalisés par les agriculteurs sur leur matériel. Ces aménagements sont souvent repris par la maison mère sur les nouvelles versions.

    En attendant une plus grande disponibilité de semoirs pour semis direct, l’idée d’adapter des semoirs conventionnels selon la méthode du strip till américain est à creuser. Certes, selon les types de sols et les conditions des exploitations, ces aménagements peuvent être différents.

    Nous pensons que c’est avant tout aux agriculteurs leaders et à leurs associations professionnelles mais aussi aux investisseurs privés de développer de tels matériels. Les services agricoles ne peuvent pas tout faire. Il serait illusoire d’attendre tout de la part de ces services quel que soit le dévouement admirable de la plupart de leur personnel.

  59. Ya Si Aït Abderrahim, Bonjour. Il est toujours plaisant de discuter avec vous. C’est avec plaisir que j’ai lu votre contribution de ce 14.09.2014).

    Vous écrivez: « Quand il ne pleut pas pendant des mois de mi mars jusqu’à la fin de l’été , semi direct ou pas la récolte reste médiocre voir catastrophique ».
    La situation que vous décrivez est terrible. C’est dramatique. Le réchauffement climatique y est pour quelque chose. Heureusement que toutes les régions céréalières d’Algérie ne connaissent pas de telles sécheresses. Heureusement également que l’OAIC propose de développer progressivement l’irrigation d’appoint. Mes remarques portaient sur les zones qui ont été plus ou moins arrosées. Y avons nous travaillé comme il faut? Avons nous proposé aux céréaliers les techniques les plus appropriées à la culture des céréales en conditions de déficit hydrique? Je pense que non. Et je pense que les conseillers de Mr le Ministre du MADR ont le devoir de lui parler du semis-direct.

    Personnellement je crois beaucoup au non-labour avec semis direct. Cette technique se développe en Tunisie et au Maroc. Idem en Espagne. Quant à l’Australie, ils ne font plus que pratiquement que du semis-direct. J’y reviendrais dans un instant.

    Vous suggérez de « racheter un constructeur de matériel agricole » . Vous soulevez un réel problème. Notre production nationale de tracteurs et matériel agricole a le mérite d’exister. Bravo à PMAT et à ses partenaires. Il s’agirait de la dynamiser afin de produire de nouveaux matériels et de perfectionner l’existant. Par quels moyens? Il est évident qu’il faut injecter de la technologie étrangère. Apparemment des accords de montage locaux sont en cours comme dans le cas des moissonneuses-batteuses Sampo.
    Il faut développer ce type de production. Ainsi, je suis pour la fabrication locale de semoirs pour semis direct mais aussi de moyens de désherbage mécanique: herses étrille et houes rotatives (voir sur Arvalis.fr les vidéos de ces engins nouveaux).
    Il faut également des semoirs qui permettent également la localisation des engrais. Nous avons des sols trop riches en calcaire. Certains types d’engrais sont rapidement bloqués. La solution pourrait être de localiser l’engrais au plus proche de la semence. A propos de semences, PMAT devrait produire de petites unités de tri et traitement des semences.

    Les sociétés publiques de matériel agricole doivent avoir plus d’autonomie. Elles doivent pouvoir licencier le personnel en trop (elles ont plus de 2 500 employés); en lui proposant un accompagnement pour développer des activités de sous-traitance. Exemple, en aidant à l’acquisition de machines en cours de réforme et autres…

    Concernant la maintenance du matériel agricole. Je ne peux être que d’accord avec vous. L’accent doit être mis sur la formation et la rémunération de techniciens compétents présents sur le terrain. L’OAIC parle du développement de 110 camions-ateliers. A suivre…

    Vous écrivez: « Il est urgent de mettre en place une filière de formation techniques et pratique des technologies agricoles » et « il vaut mieux un bon maçon qu’un mauvais médecin ». Un article du Pr Slimane Bedrani (agro-économiste) m’a interpelé. Je le cite de mémoire, il aborde le sujet de l’encadrement. Et il se demande s’il faut continuer à financer à grand frais des filières universitaires agronomiques avec à l’arrivée des cadres qui restent enfermés dans des bureaux en ville ou plutôt financer la formation de techniciens, chefs de cultures, chefs de parc qui eux habitent la campagne.

    A propos du « Management de tous les services capables d’améliorer les performances de notre agriculture et en encouragement la mise en place d’organisations professionnelles agricoles autonomes ». Ya Si Aït Abderrahim, je vais vous dire. Quand j’ai été recruté par une chambre d’Agriculture en France, il y avait le chef de service (un fonctionnaire de la Chambre) mais il y avait, lors de l’entretien final d’embauche, 4 agriculteurs élus. Et ILS AVAIENT LEUR MOT A DIRE. Le chef de service était « dans ses petits souliers ». C’est la même chose dans les coopératives céréalières où les agriculteurs ont des parts sociales. C’est eux qui recrutent les techniciens et ingénieurs et recrutent aussi leur directeur. Et je peux vous dire que ça travaille H24. Leur DSA n’ont qu’un rôle minime administratif. L’encadrement technique est fait par les coopératives, les Chambres d’Agriculture et les firmes d’agro-fourniture dont les technico-commerciaux sont rémunérés à la commission. Donc en Algérie, sans puissantes associations agricoles représentatives puissantes, point de salut. En France, il existe un institut de formation des cadres paysans (l’IFOCAP). Il faudrait également un DZ-IFOCAP.
    Film documentaire la cooperation agricole en algerie Anfel …
    Vidéo sur une coopérative VRAIE de service en Algérie: http://www.youtube.com/watch?v=T-qNV97SG9A

    Vous écrivez « Irriguer un champ de blé ne s’improvise pas : Il faut d’abord un débit d’eau au niveau du champ à proximité significatif et une maitrise technique et économique et de la trésorerie!!! ». Je suis d’accord avec vous. Il me semble que quand l’OAIC annonçait l’an passé 600 000 ha irrigués, je pense qu’il s’agissait de capacité irrigable. Mais, nous n’avons pas d’autres choix que d’irriguer. Selon une étude algérienne, avec le réchauffement climatique en 50 ans, certaines régions d’Algérie ont perdu jusqu’à 100 mm de précipitations en moyenne.
    Irriguer suppose mobiliser de l’eau: plus de retenues collinaires, plus de techniques pour éviter le ruissellement et favoriser l’infiltration de l’eau vers les nappes phréatiques, construction de réservoirs pour stockage hivernal de l’eau. Puis, il s’agit d’utiliser l’eau à bon escient en mettant des capteurs d’humidité dans le sol.

    Vous écrivez « Il faudra se pencher bientôt sur les dettes cumulés des agriculteurs qui ne seront pas capables de rembourser ». C’est pour cela qu’il faut abandonner le labour. Il coûte trop cher en gazoil, il faut développer les engrais biologiques (fumier, boues des stations d’épuration, copeaux de branchage ou BRF, prairies permanentes, légumineuses, …). Que se passera-t-il s’ils ne remboursent pas? Emeutes puis finalement rachat de leurs terres par de plus gros. L’urgence de la petite paysannerie algérienne est de s’organiser pour réduire ses coûts: achat de matériel à plusieurs, entraide, valorisation des produits (exemple abattre et vendre ses moutons dans une boucherie commune, idem pour les fruits et légumes). Actuellement, ce sont les mandataires qui récupèrent le bénéfice des agriculteurs.

    Certes ce ne sera pas facile de s’entendre avec un voisin avec qui on s’est chamaillé. Mais c’est ça ou la disparition à terme des petites exploitations et … des moyennes.

    Vous écrivez « La formation et la vulgarisation reste largement insuffisante ». Mais, c’est à vous de créer les conditions nécessaires. Créez un groupe d’agriculteurs et invitez (voir payez le couscous) un vétérinaire, un technico-commercial pour des visites de troupeaux et de parcelles tous les dix jours en période de culture.

    Vous écrivez « Le choix des semences mis à la dispositions des agriculteurs n ‘a pas changé depuis des années ». Une solution. Débrouillez vous dix sacs d’une variété nouvelle et multipliez là dans vos champs. Mais il vous faut un trieur de semences pour enlevez les graines de mauvaises herbes et une bétonnière pour mélanger les produits phytosanitaires aux semences. Ramenez une machine d’occasion de France et organisez une activité de traitement de semence pour vos voisins (en vous faisant payer bien sûr). Regardez les vidéos sur you tube concernant les « semences de ferme ».

    Vous écrivez « La majorité des terres que nous prévoyons d’emblaver sont souvent parcourus par le cheptel laissant les terres dures comme du béton ». Merci de cette remarque. Comment faire pour réduire le piétinement des bêtes mais aussi mettre plus d’amendements organique au sol? (Rappel: un sol avec fumier est moins dur). Une piste: développer des fourrages irrigués pour moutons: colza fourrager, sorgho, … Et ne plus faire pâturer les moutons sur toute l’exploitation.

    Vous écrivez « Je vous rappelle que le couts des intrants n’a cessé de progresser alors que le prix des céréales livrés n ont pas augmentés depuis 2007 ». Je vous donne mon avis personnel. Les rentrées pétrolières et gazières baissent. Ne vous attendez pas à de nouvelles aides des pouvoirs publics. Rappel: la prime des 1 000 DA/Quintal de blé dur est provisoire… Beaucoup de produits sont aidés: engrais, phytos, matériel, crédit à 0%. Etudiez vos charges et pensez à des solutions pour les réduire. Les pistes: travail à plusieurs, abandon du labour, engrais biologiques, valorisation des produits agricoles, …

    Ahhh, ya Si Aït Abderahim, nous y voilà. Barak Allah ou fik. Vous écrivez « Vous oublier de dire que l’encouragement aux techniques de semis direct est accompagner par une augmentation de l’utilisation d’herbicides et de du développement de bromes et de résistances a ses mêmes herbicides ( sans parler du danger sanitaires qu’induit l’utilisation massives d’herbicides ) »
    En un article, je ne pouvais pas tout développer (mais je le fais sur mon blog « Agriculture Algérie »). Effectivement, qui dit abandon du labour dit plus d’herbicides. Attention, je ne roule pas pour les marchands d’herbicides… Oui, en semis-direct, vous utilisez plus d’herbicides. Mais vous économisez l’eau de votre sol . Car, comme le dit un technicien algérien sur une vidéo, « el ardh, adou el ardh » le labour est l’ennemi du sol.

    2 Vidéos extraordinaires pour « Algerie agriculture de conservation part 1 » http://www.youtube.com/watch?v=1RzgeqGrydU
    13 nov. 2012 – Ajouté par Hamoudi Chellal
    http://www.youtube.com/watch?v=VnzXr7yg3pk 11 janv. 2013 – Ajouté par Yac Ine

    Pour résoudre le problème du brôme et du ray-grass: désherbage chimique, désherbage mécanique (avec herse étraille et houe rotative), rotations, récolte de la vesce-avoine par ensilage (comme ça pas de graines qui tombent au sol). A propos des rotations, il y a trop de céréales sur céréales. Le prix intéressant du blé dur incite à faire beaucoup de blé dur.

    Mais une chose. Mr Ben Hamdi à Constantine travaille 750 hectares en semis-direct. Allah i zidlou. Je ne me permettrais pas de critiquer. Si les petites et moyennes exploitations n’arrivent pas à s’adapter, il ne leur restera plus qu’à louer leur terre aux gros céréaliers ou leur vendre…

    Nous allons vers une agriculture « marche ou crève ». La prochaine signature des accords avec l’OMC augure le pire… L’UGTA proteste, que fait l’UNPA?

    Le semis-direct permet de faire face au sécheresses (modérées) et réduit les coûts de mécanisation. C’est le poste le plus élevé. C’est celui-là qi’il faut baisser en priorité. C’est maintenant qu’il faut le faire. Tant que l’Etat soutien l’agriculture. Quand les subventions auront disparu, il sera trop tard pour se mettre au semis direct. On n’apprend pas à devenir soldat sous la mitraille, ou avec beaucoup de pertes…

    Vous écrivez « La qualité des agronomes et mêmes des vétérinaires rencontrer sur le terrain laisse malheureusement à désiré , et je ne pense pas qu’il y ai beaucoup d’agronomes ingénieux ni à l’oaic ni à la badr ». Je pense qu’il vont apprendre. A mon humble avis, il faut envoyer nos étudiants faire des stages à l’étranger et inviter plus souvent des techniciens étrangers chez nous. L’OAIC devrait mettre sur pied des voyages d’études auprès de grandes coopératives céréalières. Idem pour l’agro-fourniture et les moulins privés qui commencent à le faire. Mais, on reviens aussi à la nécessite d’associations professionnelles agricoles représentatives et fortes.

    Vous écrivez « Les ntic sont rarements mis à la dispositions pour performer notre agriculture , mobilis ou d autres opérateurs doivent etres mis à contribution ». Oui, j’enrage quand je vois la pauvreté des sites internet institutionnels Algériens. Hacha l’INPV. Mais que font-ils dans leurs bureaux???? Le MADR devrait inviter quelques mois les responsables du site Arvalis.fr pour dynamiser nos sites internet. La 3 G peut également aider pour des avertissements agricoles de tout type.

    Vous écrivez « voir le nez dans le guidon ne permet guère d’anticiper et de se préparer à un virage, les cyclistes le savent bien , les agriculteurs beaucoup moins ». Vous avez entièrement raison. Personnellement je pense qu’il faut aller voir ce qui se fait de mieux à l’étranger. Internet est une fenêtre vers les expériences agricoles étrangères. J’invite chacun à faire sa propre « veille technologique » en consultant des sites agricoles étrangers.

    Vous écrivez « Des bons agriculteurs au ministère de l’agriculture et dans les instances de la recherche agronomique, à la badr , l oaic et chez pmat , vite !!! des patriotes désintéressés aussi !!! ». La rente gazière a un terrible inconvénient. Elle excite les appétits les plus féroces. Il y a des prédateurs mais il y a aussi des patriotes. Vous avez raison Mazalou les patriotes, même si la rente gazière et les subventions aiguisent appétit des prédateurs. Dans le pays du 1er Novembre 1954, cela m’étonnerait beaucoup qu’il n’y ait plus de patriotes.

    Cordialement.
    Djamel BELAID.

  60. Agronome Says:

    CAMPAGNE CEREALIERE 2013-2014:
    MISSION IMPOSSIBLE POUR LE DG DE L’OAIC.
    D.BELAID 7.09.2014

    A la mi-mai 2014, Mr Mohamed BELABDI, DG de l’OAIC, lors d’une déclaration à l’APS indiquait qu’on pouvait s’attendre à « une hausse remarquable de la production au niveau national ». Comme chacun le sait, la récolte nationale de céréales a été bien en deçà des 60 millions de quintaux espérés. Retour sur un loupé.

    L’OAIC: UNE ERREUR DE JEUNESSE
    Loin de nous d’accabler qui que ce soit et notamment le DG de l’OAIC. Essayons par contre d’analyser ce qui a manqué lors de cette campagne céréalière.
    Une évidence. Il a manqué de l’eau. Alors que le côté nord de la Méditerranée recevait des précipitations abondantes, celles-ci ont été capricieuses en Algérie. Dans certaines zones, au printemps, il a manqué une centaine de millimètres de pluie par rapport à la moyenne.

    Question. Quand on a la lourde tâche d’administrer un pan important de la filière céréales, ne faut-il pas prévoir les risques de sécheresse et y palier par des moyens techniques? D’autant plus que ces sécheresses printanières, selon les régions, arrivent en moyenne 2 années sur 5?
    Depuis plusieurs années, l’OAIC et ses partenaires ont réagi au déficit chronique qui menace les céréales. Un ambitieux programme d’irrigation d’appoint est en cours. Cette année, l’OAIC indiquait des capacités d’irrigation d’appoint installées sur 600 000 hectares avec la volonté d’arriver à moyen terme à un million d’hectares.

    Aussi pourrait-on demander, pourquoi un recul de la production nationale s’il a été possible d’irriguer 600 000 hectares de céréales? L’explication est à rechercher à deux niveaux. Tout d’abord, vendre aux céréaliers le matériel nécessaire afin d’irriguer la surface annoncée n’indique pas que 600 000 hectares ont été effectivement irrigués. Un céréalier peut avoir acheté la motopompe et l’enrouleur sans que ce matériel ait pu être immédiatement installé. Ensuite, l’eau d’irrigation est distribuée selon des quotas liés au remplissage des barrages. Que le niveau de ces barrages baisse et l’agriculteur se voit contraint de réduire ses prétentions d’irrigation. Des études fines s’imposent à ce niveau afin de dresser la part des potentialités d’irrigation et celle des effectivement mise en place mais aussi afin de connaître les stratégies mises en place par les céréaliers. Parfois, ils préfèrent lâcher leurs moutons sur les céréales dès qu’ils estiment que la sécheresse est arrivée à un point de non retour.

    Mais surtout, si 600 000 hectares sont irrigables, et il faut féliciter l’OAIC et ses partenaires pour ce résultat, ce chiffre est à ramener à la surface emblavée en céréales. Or, celle-ci selon l’OAIC, s’est établie à 3 400 000 hectares cette campagne. Tous les hectares de céréales sont donc loin d’être concernés. Précisons à ce propos qu’il ne s’agit pas d’une irrigation continue comme dans le Sud en climat aride, mais d’une irrigation d’appoint en zone semi-aride.

    Ce sont donc 2 800 000 hectares de céréales qui restent menés en sec. En pronostiquant très tôt, une augmentation de la production nationale l’OAIC a donc pêché par orgueil. Cela s’apparente à une erreur de jeunesse.

    UN CONTEXTE EXCUSABLE, MAIS…
    L’erreur de pronostic de l’OAIC est compréhensible. Cet office et sa direction n’ont pas ménagé leur efforts pour mettre à la disposition des céréaliers des semences, des tracteurs, des semoirs, des engrais, des herbicides, des insecticides, des fongicides et un matériel de récolte ultra-performant.

    Fort de ce travail, la direction de l’OAIC pouvait objectivement s’attendre à une amélioration de la production nationale de céréales. Le problème vient des céréales menées en sec sur ces fameux 2 800 000 hectares.

    Question. Etait-il possible techniquement, et sans irrigation d’appoint, d’arriver à une production honorable dans les zones affectées par des sécheresses printanières? Force est de répondre que oui. Nous pesons nos mots: sans toutefois arriver à des rendement mirobolants, avec les moyens agronomiques relativement simples, il aurait été possible de récolter plus.

    La technique en question s’appelle non-labour avec semis direct. Cette technique testée au Maroc depuis une quinzaine d’années par une équipe d’agronomes dirigée par le Pr Rachid M’RABET donne des résultats honorables (voir ses travaux en ligne). A tel point que ces dernières années, il a même été invité à Sétif lors d’un séminaire consacré à ces nouvelles méthodes de culture des céréales. Au Maroc, mais également en Tunisie les surfaces consacrées au semis direct progressent. Elles seraient de l’ordre de la dizaine de milliers d’hectares. Avant la tragédie actuelle, en Syrie 60 000 hectares étaient emblavés en semis direct. En Algérie, un groupe de pionniers tente de la vulgariser. Cette technique présente l’énorme avantage de permettre d ‘économiser l’eau emmagasinée dans le sol. Ainsi, le céréalier ne pouvant apporter une irrigation d’appoint pourrait ainsi à l’avenir réduire les effets des sécheresses printanières et de celles à venir avec le réchauffement climatiques

    Mais, ce qui a manqué cette campagne, c’est que l’OAIC et son réseau de CCLS dispose des moyens pour proposer cette technique aux agriculteurs.

    TECHNIQUE DU SEMIS DIRECT POURQUOI CE RETARD DANS SON EXTENSION?

    Comment expliquer que l’OAIC n’ait pas proposé le semis direct au niveau de ses unités motocultures? Et comment expliquer qu’agriculteurs et cadres techniques algériens connaissant cette technique n’aient pas alerté l’OAIC? Précisons que pour équiper les unités motoculture des CCLS, cet office s’est engagé dans un programme d’achat de plusieurs milliers de semoirs conventionnels incapables de réaliser un semis direct.

    Arrêtons nous un instant sur ce point. Précisons qu’il ne s’agit nullement de polémiquer mais de comprendre le cheminement de la pensée agronomique et de sa mise en application. Répétons les données du problème. Nous cultivons 2 800 000 d’hectares de céréales en sec. Il existe une technique relativement simple et peu coûteuse qui permet de réduire les effets de la sécheresse et nous ne l’appliquons pas. Alors que nos voisins le font.

    Précisons à ce propos l’excellent travail de l’OAIC et de ses partenaires afin de développer l’irrigation d’appoint des céréales. La direction actuelle de cet Office met en place une politique efficace d’augmentation de la production en s’attaquant à une question pratiquement vierge depuis l’indépendance.

    Cette question mérite des mémoires de fin d’études et des thèses d’étudiants en sociologie rurale. Essayons donc d’apporter des pistes de réflexion.

    1-L’OAIC possède-t-elle une cellule agronomique qui s’occupe de veille scientifique? Existe-t-il en son sein un groupe d’agronomes qui analyse les techniques les plus aptes en zones semi-aride et les recommande à la direction? Comment expliquer l’excellent travail sur l’irrigation d’appoint et ce qui s’apparente à une impasse concernant le semis direct?

    2-Il faut dire que le semis direct implique l’utilisation de semoirs spécifiques importés dont le prix peut aller jusqu’à trois fois celui des semoirs classiques. Précisons cependant qu’avec l’aide d’experts internationaux le Maroc et la Syrie tentent de produire leurs propres semoirs. Selon la presse nationale, PMAT aurait commencé à importer des semoirs pour semis direct de marque SOLA. A notre connaissance les concessionnaires privés n’importent pratiquement que des semoirs conventionnels.

    3-Utiliser le semis direct implique la maîtrise de la lutte contre les mauvaises herbes. Cela par voie chimique avec l’emploi d’herbicides et de pulvérisateurs ou par voie mécanique en utilisant des herses étrilles notamment. On, le voit, cela nécessite du matériel et une certaine maîtrise technique. Le passage au semis direct ne peut donc être que graduel.

    4-Les agriculteurs et les cadres techniques de l’agriculture n’ont pas d’organisation professionnelle assez forte pour imposer des choix techniques aux décideurs ou du moins forcer la main à ces derniers en les proposant à leurs adhérents. Par ailleurs, en Algérie, il n’existe pas de véritables coopératives céréalières, avec achat de parts sociales par des agriculteurs, et direction nommée par les agriculteurs eux-mêmes, seul moyen d’une autonomie paysanne.

    EN GUISE DE CONCLUSION PROVISOIRE
    Le recul de la production céréalière illustre nos carences. Ces carences sont collectives. Il serait illusoire de jeter la pierre à un quelconque membre de la filière céréales.
    A ce jour, il nous semble que l’OAIC a eu une démarche volontariste en matière de lutte contre les risques de sécheresse. Elle y a répondu avec la technique la plus logique, celle de l’irrigation d’appoint. Par ailleurs, durant la campagne cet office a assuré a eu le mérite d’assurer la totalité de la logistique des intrants: semences, engrais et phytosanitaires. Cela sans compter l’aspect prestation de service (labour, semis, récolte).

    L’heure est au développement du semis direct. Des pays comme l’Australie l’ont définitivement adopté sur toute la surface du pays. Bien sûr avec ses unités motoculture et sa couverture du territoire nationale l’OAIC et ses CCLS est en première ligne pour proposer cette technique particulièrement économe en eau.
    Cependant, la mise en oeuvre du semis direct nécessite la collaboration de toute la filière. Sans quoi ce sera à nouveau mission impossible pour l’OAIC et pour son DG Mr Mohamed BELABDI qui n’a pas ménagé ses efforts.

    • mahmoud AIT-ABDERRAHIM Says:

      Quand il ne pleut pas pendant des mois de mi mars jusqu’a la fin de l’été , semi direct ou pas la récolte reste médiocre voir catastrophique

      Vous avez raisons sur une choses ; les solutions seront pluriels ( yedd wahda maa tsefek ) et méfions nous des solutions miracles

      Notre «  » dream team «  » » devrait etre plus agressive sur le marché international et racheter un constructeur de matériel agricole , nous en avonss les moyens ou financon ses achats par une augmentation graduelle mais progressives du gazole et de l ‘énérgie domestique

      Nous devrions concentré nos forces et nos devises et créer un veritable centre de formation d’excellence au machinisme agricoles plutot que de dissoudre nos devises dans la construction de centres de formation dans chaque wilaya

      Allors qu’il est de notoriété publique ( en tout cas chez les agriculteurs ) que nous avons du mal à trouver de bons mécaniciens maitrisant les nouvelles technologiues embarqués dans les nouveaux tracteurs

      Nous avons du mal a trouver de bons éléctriciens pour réparer nos pompes immergés en plein été lors du ramadhan afin de continuer à irriguer nos vergers ou nos champs

      Il est urgent de mettre en place une filière de formation techniques et pratique des technologies agricoles

       » il vaut mieux un bon maçon qu’un mauvais médecin «  »

      Des contrats de performances doivent etre mises en place
      ( avec la baguette et le gant de soie ) dans le management de tous les services capables d’améliorer les performances de notre agriculture et en encouragement la mise en place d’organisations professionnelles agricoles autonomes

      Irriguer un champ de blé ne s’improvise pas :
      Il faut d’abord un débit d’eau au niveau du champ à proximité significatif et une maitrise technique et économique et de la trésorerie!!! .

      La mise à disposition et la vente de moissoneuse batteuse à sacs ( sans parler de leurs modes de financement et octroi ) est une drole d’opération d’encouragement à l’investissement réfléchi

      Il faudra se pencher bientot sur les dettes cumulés des agriculteurs qui ne seront pas capables de rembourser

      La formation et la vulgarisation reste largement insuffisante

      Le choix des semences mis à la dispositions des agriculteurs n ‘a pas changé depuis des années

      La majorité des terres que nous prévoyons d’emblaver sont souvent parcourus par le cheptel laissant les terres dures commes du béton

      Bien entendu la dream team est un partenaire essentiel , mais insuffisant

      Je vous rapelle que le couts des intrants n’a cessér de progresser allors que le prix des céréales livrés n ont pas augmentés depuis 2007

      Vous oublier de dires que l’encouragemnt aux techniques de semis direct est accompagner par une augmentation de l utilisation d’herbicides et de du developpemnt de bromes et de résistances a ses memes herbicides ( sans parler du danger sanitaires qu’induit l utilisation massives d’herbicides )

      La qualité des agronomes et memes des vétérinaires rencontrer sur le terrain laisse malheureusement à désiré , et je ne pense pas qu’il y’ai beaucoups d’agronomes ingénieux ni à l’oaic ni à la badr

      Les ntic sont rarements mis à la dispositions pour performer notre agriculture , mobilis ou d autres opérateurs doivent etres mis à contribution

      voir le nez dans le guidon ne permet guère d’anticiper et de se préparer à un virage, les cyclistes le savent bien , les agriculteurs beaucoups moins . Un esprit concret habitué à réfléchir sur les moyens à mettre en oeuvre pour fabriquer et ou produire et étant trés à l’aise avec les idées du moment, a tendance à rejeter les idées vraiment nouvelles, les jugeants innapropriées

      Des bons agriculteurs au ministère de l’agriculture et dans les instances de la recherche agronomique, à la badr , l oaic et chez pmat , vite !!! des patriotes désintéressés aussi !!!

      Et pour finir je pense qu’il manque souvent chez nos interlocuteurs une bonne connaisances des agricultures de notre pays avec une bonne maitrise du sujet

      Cordialement

      • Bonjour,

        qu’est-ce que vous attendez pour donner des bourses à des étudiants qui viendront en France dans les lycées agricoles – ou dans les lycées de mécanique diésélistes etc …… bien évidemment il en faut sur le terrain, en Algérie même, mais en attendant que tout cela soit performant, la terre a le temps de pleurer ………. Dito pour les vétos

        j’en profite pour vous dire que le fièvre aphteuse est transmissible à l’homme (je l’ai eue – après avoir du lait acheté chez un fermier dont les vaches venaient d’être vaccinées, lait qu’il n’aurait pas du vendre pendant une semaine je crois) –

        donc : « le chlorure de magnésium dans l’élevage » , c’est efficace –
        (Professeur Delbet – et Dr Neveu son élève) – efficace et peu coûteux – (trop simple sans doute et peu rentable pour les laboratoires)

        Bon courage et bonne chance – que la sagesse divine vous protège (quelle que soit l’idée qu’on ait de Dieu)

  61. Garfy Says:

    je ne sais plus où j’ai mis mon message, mais le livre s’appelle : le chlorure de magnésium dans l’élevage et il est du Dr Neveu – 14 euros sur priceminister

    il y a aussi évidemment les travaux du Professeur DELBET –

    une cuillère à soupe de NIGARI (chlorure de magnésium NIGARI, pour un litre d’eau)

    essayez

  62. Agronome Says:

    Je regardais récemment des photos satellitales de la Mitidja prises à quelques années d’intervalle. Inquiétant la progression du béton.
    D’où cette réflexion afin d’enrichir le débat.

    ARRETER LE BETON EN « PLANTANT DES PISTACHIERS »?
    D.BELAID 8.07.2014
    Ce 6 juillet, un correspondant d’El Watan rapporte qu’à Mascara l’ONCV encourage la plantation de pistachiers. L’un des avantages de cet arbre serait de permettre de s’opposer à l’avancée du béton sur les terres agricoles. Le vœu est pieu. On ne peut que le respecter. Il n’en demeure cependant qu’un vœu. La préservation des terres agricoles nécessite d’autres mesures.
    Nous aimerions apporter sur la question le regard de l’agronome.

    PRENDRE DES MESURES DE BON SENS
    Pour mesurer l’étendue du problème, les images satellitales sont un bon outil. Prises à quelques années d’intervalles de telles images prises en Mitidja montre la progression du béton sur les plus belles terres agricoles du pays. Ces images permettent de délimiter des zones à préserver. Ensuite, il s’agit de faire respecter l’état de droit en luttant contre les constructions illicites et en procédant à leurs destruction; le coût étant bien entendu à la charge du contrevenant. Reste à l’autorité publique de proposer des solutions de relogement là où la construction est possible.
    Plusieurs solutions sont à envisager: construction en hauteur, mais surtout gestion du territoire. Il est salutaire que des immeubles d’une dizaine d’étages aient par exemple été construits dans la région d’Alger. Il s’agit là d’autant moins de pression sur les terres agricoles. Mais c’est sans compter sur les besoins induits des occupants en surface au sol: parking, routes, «équipements sociaux, emplois. La solution est donc une gestion fine du territoire nationale en s’appuyant sur les spécialistes en la matière.
    Il est étonnant de concentrer toutes les structures économiques au Nord du pays. Est-il normal par exemple, que des instituts de recherche agronomique: INRAA, INPV, ITGC aient leur siège localisé à Alger? La vocation de ces organismes concerne l’ensemble du territoire. Dans ce cas là comment expliquer leur maintien dans la région d’Alger?

    Il s’agit là de quelques exemples dans le domaine agricole. Mais en cherchant, les exemples seraient nombreux dans différents domaines. Certes, déplacer des personnels n’est pas chose aisée. Il s’agit de trouver les moyens afin de réaliser des transitions. Ainsi, une structure peut être provisoirement dédoublée à l’intérieur du pays et tout nouvelle embauche y être affectée. Les départs en retraite au niveau au niveau de l’ancien siège n’étant plus remplacés. Des primes de ré-installations peuvent être proposées. C’est par le dialogue et la concertation que des solutions sont à rechercher.

    Les villes du Nord pourraient avoir une surface d’empreinte au sol définie. Tout agrandissement pourrait y être interdit. Un nombre d’habitants maximum d’habitants pourrait être défini.

    Idem concernant les centres universitaires du Nord. Ils devraient avoir une taille maximum qui devrait à terme être réduite au bénéfice de ceux des villes de l’intérieur du pays. Notons à ce propos l’effet positif qu’aura eu la création de pôles universitaires à l’intérieur du pays pour la préservation des terres au Nord.

    DU PAIN ET DES ROSES1
    Des moyens incitatifs pour fixer la population à l’intérieur du pays sont nombreux: investissements publics dans l’emploi, exonérations fiscales, développement de zones industrielles…
    Au risque de se répéter, une telle politique de décentralisation implique, outre une vue à long terme, des investissements massifs à l’intérieur du pays: emplois, logements, infrastructures d ‘éducation, de santé et de loisirs.
    Les loisirs sont un aspect à ne pas négliger. Pour les villes loin du bord de mer, des centres nautiques sont à développer. Le succès des centres actuellement ouverts par des investisseurs privés montre l’attente des populations. De même que sont à envisager des piscines dans les résidences collectives d’habitations comme cela se pratique dans le Sud de la France. Enfin, le secteur des piscines privées est à encourager.

    L’habitat à l’intérieur du pays et dans le Sud nécessitent d’être l’objet de toutes les attentions. Les surfaces à bâtir y étant souvent non limitantes, l’habitat collectif doit comprendre un faible nombre d’étages avec des cours et des terrasses ombragées. Le recours à des spécialistes doit permettre d’atténuer à l’intérieur des habitations l’effet des températures caniculaires. Il existe pour cela des dispositifs et des matériaux de construction appropriés.

    LE FAUX ARGUMENT DE LA MISE EN VALEUR DE TERRES NOUVELLES
    Répondant un jour à un journaliste qui s’alarmait de la mise à la disposition du secteur de la construction de terres agricoles, un ancien ministre de l’agriculture répondit qu’on pouvait compter avec la mise en valeur de nouvelles terres agricoles.

    Notons au passage que l’imprévision qui règne depuis des années au niveau de l’aménagement du territoire est la cause de ces crises récurrentes: trouver des assises foncières pour des tours d’habitations, zones industrielles, équipements électriques… Et à chaque fois, la solution est de déclasser des terres agricoles en terres à construire.

    Penser que la mise en valeur est la solution à l’avancée du béton sur les terres agricoles du littorale manque de réalisme. Pour un ministre de l’agriculture, oserions nous dire qu’il s’agit également d’ignorance? Certes, il existe à l’intérieur d’immenses surfaces potentiellement cultivables; Mais à condition de les irriguer, car ces surfaces sont situées dans des zones semi-arides ou arides. Or, cultiver en zone aride relève du miracle. Ainsi, c’est devoir répondre à une évapo-transpiration de 200 mm. C’est à dire qu’il s’agit d’apporter jusqu’à 2 000 litres d’eau par m2 aux cultures lors d’une campagne agricole. Cela demande donc de mobiliser des ressources en eau considérables. Ressources certes présentes au niveau des nappes phréatiques mais non renouvelables car pour l’essentiel fossiles. Il faut compter par ailleurs avec la salinité de ces eaux qui en 5 à 6 ans peuvent rendre impropres à la culture les parcelles sous pivot. Quant aux sols sahariens, leur fort taux de sable fait qu’ils ne retiennent ni eau ni engrais. Les sols steppiques ne sont guère mieux lotis. Ils sont extrêmement fragiles et pour partie en voie de désertification du fait d’un pastoralisme incontrôlé. C’est dire si laisser bétonner les terres les plus riches de la frange littorale car les plus arrosées est criminel pour les générations à venir.

    Que feront nos descendants lorsque la Mitidja sera entièrement bétonnée, le gaz et pétrole ainsi que les nappes phréatiques épuisées?

    Outre la population locale, il s’agit de tenir compte des phénomènes migratoires. Les frontières Sud du pays sont limitrophes de pays dont, selon les démographes, le pic de population est à venir lors de ces prochaines décennies. Ces pics de population sont actuellement parmi les plus élevés au monde. Or, il s’agit pour la plupart de pays en déshérence. Alors que les frontières de l’Europe se ferment faudra-t-il que ces migrants restent éternellement en transit en Algérie2?

    ALGER UNE CAPITALE QUI TOURNE LE DOS AU PAYS

    L’heure est à la prospective et à la prise de décisions courageuses. Certes, ces dernières années les investissements publics dans les communes rurales ont fortement progressé. Les attentes des populations rurales en matière d’équipements de base sont fortes. C’est aux économistes, géographes et spécialistes de l’aménagement de l’espace de tirer le bilan de ces actions, mais également du retard accumulé mais aussi des effets de la décennie noire sur l’exode rural.

    Par ailleurs, d’autres phénomènes de répartition de la population sont à souligner. Il existe des wilayas où la majorité de la population est localisée au niveau du chef-lieu. C’est le cas de Batna. A l’origine, la ville s’est constituée sur une cuvette fertile. Cuvette constituée à partir de la terre arrachée par l’érosion aux hauteurs environnantes. Aujourd’hui le développement de la ville est tentaculaire. L’ensemble de la vallée est occupée. Ainsi, même à l’intérieur du pays la fixation des populations ne signifie pas préservation des terres agricoles.

    En définitive, face à l’avancée du béton sur les terres agricoles, il serait faux de dire que rien n’est fait par les pouvoirs publics. Mais pour notre regard d’agronome, l’observation de terrain montre que cette réponse est sans commune mesure avec la gravité du problème. Il s’agit de prendre des mesures selon un plan concerté sur le long terme. Celles-ci doivent également comprendre des mesures symboliques au retentissement médiatique telles la destruction de construction illicites. Mais c’est aussi aux pouvoirs publics à montrer l’exemple: en organisant la relocalisation d’institutions à l’intérieur du pays et sans oublier aucun levier3.

    A l’heure des moyens modernes de communication, la concentration de toutes les institutions à Alger n’a plus de sens. Cette capitale tourne le dos4 au pays et regarde vers l’Europe. Nombre de services pourraient être installés à l’intérieur du territoire et vivre plus au diapason5 des besoins de la population.

    Un dernier aspect mérite également toute l’attention des pouvoirs publics. Il s’agit de la nécessaire occupation homogène du territoire national et d’un meilleur brassage des populations. A l’heure de menaces aux frontières Sud du pays, il s’agit là d’un aspect non négligeable. La nature ayant horreur du vide…

    NOTES:

    1Il s’agit du mot d’ordre de syndicalistes américains du 19ème siècle qui par là voulaient affirmer leur volonté de salaires convenables mais également de meilleures conditions de vie.

    2Il nous semble qu’une coopération économique transfrontalière est indispensable afin d’assurer un co-développement équitable de part et d’autre des frontières Sud. Les investisseurs nationaux ont là une carte à jouer. Les pouvoirs publics ont tout intérêt à favoriser tout projet de création d’emplois.

    3On peut se demander à cet égard quel est le nombre d’habitants peut nourrir le pays. Selon la réponse, la politique de natalité peut-être différente.

    4Le chanteur Abdelmadjid Meskoud s’étonne même dans une de ses chansons de l’arrivée de ruraux dans la capitale et de la perte de sa splendeur d’antan.

    5Il nous a été donné d’observer lors du Service National, à l’occasion de manoeuvres dans la steppe, que nombre d’universitaires ne connaissaient pas ce milieu. Etonnés d’une telle rigueur climatiques, la question sur toutes les lèvres était de comment mettre en valeur de tels sols rachitiques.

  63. Agronome Says:

    Si Aït Aberrahim ne va pas être content du sujet du jour. Il s’agit en effet de relever le prix des carburants agricoles …

    ALGERIE: AUGMENTER LE PRIX DES CARBURANTS ET DE L’ELECTRICITE, UNE BONNE CHOSE, A LONG TERME, POUR L’AGRICULTURE.
    D.BELAID
    Les carburants et l’électricité sont deux sources d’énergie très utilisées. Les carburants sont principalement utilisés pour actionner les moteurs des engins agricoles: tracteurs, moissonneuses-batteuses, ramasseuse-presse… L’électricité est plus particulièrement utilisée pour actionner les pompes hydrauliques pour l’irrigation des cultures. Elle est si vitale que tout nouvel investisseur agricole réclame avant tout une ligne électrique.
    Bien que non dérisoires, les prix de l’énergie est bas. Cette énergie n’est pas payée à sa juste valeur aux entreprises Sonatrach et Sonelgaz. Pour cette dernière et en tenant compte l’électricité fournit aux villes, la situation financière est telle que c’est tout l’avenir de l’entreprise qui risque à terme d’être compromis. Son PDG demande aux pouvoirs publics des augmentations de prix, mais elles lui sont refusées. Conséquences, une quasi absence de fonds pour la recherche-développement dénoncée notamment par l’économiste A. Benchenhou dans une récente conférence. Pour Sonatrach, une plus grande aisance financière évite cette situation. Cependant, la conséquence est une tragique hémorragie de carburant à travers les frontières Ouest, Est et Sud du pays. Certaines années, dans l’Ouest du pays, il est arrivé que les agriculteurs ne trouvent plus de carburant lors des moissons. Chacun des voisins de l’Algérie profite indûment des investissements pétroliers de la nation.

    POUR UNE JUSTE POLITIQUE DES PRIX DE L’ENERGIE

    Ce faible coût de l’énergie entraine de graves conséquences en agriculture, notamment pour le travail du sol et de l’irrigation.
    Concernant le travail du sol, il permet la poursuite de pratiques telles le labour qui sont épuisantes pour le sol en région semi-aride. A propos de l’irrigation, cette abondance d’eau se traduit par la poursuite de l’irrigation par submersion. Cette façon de faire se traduit par un gaspillage de l’eau.

    Un relèvement progressif des prix de l’énergie constitue donc un puissant moyen pour inciter les agriculteurs à des pratiques plus vertueuses vis à vis du milieu.
    Ainsi, les agriculteurs pourraient remplacer le labour par le semis direct. Quant aux irrigants, ils pourraient remplacer l’irrigation par submersion par celle permise par l’emploi de kits d’aspersion, d’enrouleurs ou du goutte à goutte. Dans le cas de l’irrigation par pivot dans le Sud, l’économie consisterait à passer à l’énergie solaire. A ce propos, il est à noter l’excellent travail du HCDS qui équipe dans la steppe des puits à l’énergie solaire pour l’abreuvement des troupeaux et fournit progressivement aux nomades des panneaux solaires.

    POUR UNE VERITABLE TRANSITION ENERGETIQUE

    Des études fines sont à mener sur les conséquences d’une augmentation des tarifs de l’énergie sur les revenus des exploitations agricoles. C’est aux services spécialisés1 du MADR de procéder à ce type d’études par grand type de production et d’exploitation tout en incluant dans le modèle informatique différents niveaux de relèvement de tarifs..
    Vue l’ampleur des changements à opérer, une telle transition énergétique au niveau de l’agriculture ne peut être que progressive. Elle mérite d’être préparée finement et le plus tôt sans attendre de devoir être faite « au son des canons ». Les atouts dont disposent les pouvoirs publics ne sont pas négligeables.
    Concernant le semis direct, à travers PMAT, les pouvoirs publics ont les moyens de produire et de commercialiser le matériel nécessaire. Les unités de motoculture des CCLS peuvent également aider à une meilleure connaissance de ce type de matériel.
    Le semis direct a l’avantage de réduire les coûts de mécanisation ce qui permettrait aux exploitations céréalières de mieux encaisser le coût d’une hausse des carburants.
    Concernant l’irrigation, deux points forts sont à noter. Tout d’abord, la disponibilité toujours plus grande en matériel d’irrigation moderne dont une partie est produite localement par des entreprises telles Anabib. Ensuite, l’existence d’offices régionaux qui supervisent les quantités d’eau vendues aux agriculteurs. Il est à remarquer que pour de mêmes quantités d’eau utilisées ces dernières années au niveau de ces offices, les surfaces irriguées sont plus grandes. Cela est le signe d’une meilleure efficience des techniques d’irrigation mises en route.

    Il reste à introduire en Algérie des pivots mus par énergie solaire. Il en existe à l’étranger. Etant donné le taux d’ensoleillement dont jouit le pays, il serait dommage de continuer à utiliser une électricité produite à partir de gaz dont les réserves sont limitées.
    Les pouvoirs publics possèdent également un autre levier d’action. Il s’agit d’aider les producteurs à vendre leurs produits en s’affranchissant des intermédiaires. Ceux-ci ne font pratiquement l’objet d’aucune fiscalité. Au niveau de la commercialisation des fruits et légumes plusieurs économistes notent que des sommes considérables sont prélevées du circuit pour être investies ou parfois thésaurisées, hors du secteur agricole.

    LES TARIFS DE L’ENERGIE FOSSOYEURS DE TOUTE INNOVATION

    En définitive, ces dernières années, les tarifs actuels de l’énergie auront contribué à un véritable décollage de la massification des productions agricoles. C’est notamment le cas en blé dur, orge et pomme de terre. L’agriculture est ainsi dopée et addict à ce niveaux de tarifs. Ceux-ci auront été les fossoyeurs de toute innovation en matière de travail du sol et mode d’irrigation.
    Faire perdre au monde agricole l’habitude de cette énergie à bas prix ne peut se faire que par de profonds changements dans les façons de faire. C’est pour cela que la mise en œuvre de nouvelles pratiques ne peut se faire que par un relèvement courageux des tarifs qu’il s’agit de plus différé. Il devra être programmé sur le long terme afin que les exploitations puissent s’adapter.

    Notes:
    1- Il y a là également matière à sujets de mémoire de fin d’études pour les étudiants en agronomie.

    • ait abderrahim Says:

      Concernant l’augmentation du prix du gazole et de l ‘énérgie , je suis bien entendu totalement favorable à l’augmentation et l arret déféinitif de la subvention a cette énergie si précieuse , meme si je suis encore un adepte ( sur certaines parcelles ) du labour

      Mais je ne comprends vraiment pas pourquoi cette augmentation devrait uniquement toucher les agriculteurs , qui sont les seuls ou les rares algériens à créer de la valeur

      Je reviendrais sur ce sujet , car les subventions en régle général sont un sujet fondamental et la manière dont elles sont prodiguées dans notre pays est un véritable scandale qui ruinent notre pays et donc toute la région

      Concernant la dream team , en bon paysan je serais prudent je propose que l on demande à la dream team de s inscrire à la bourse d’alger afin de lever des fonds auprés des investisseurs et de la popultaion

      Pour ma part actuellement je ne miserais pas un kopek sur cette dream team qui sans l’aide du trésor n ‘éxisterait plus .

      Concernant les cadres et les agronomes , franchement vous me faites bien rigoler meme si c’est triste de le dire

      J’ai des milliers et des milliers de metres cubes d’eau qui passent en haut de ma ferme et qui se perdrent surement dans la mer, malgré mes demandes et mes écrits et nos rencontres , c est le desert

      Bien entendu je serais fier et tellement heureux de rencontrer des cadres compétents et des agronomes de qualité qui travaillent sur le terrain , nous avons tellement besoin d’agronomie

      Dans ma wilaya il est inutile de chercher un bon mécanicien pour réparerr un tracteur récent ou un bon éléctricien pour mettre en place une instalation éléctrique corecte et qui dure afin d’arroser son verger , ils sont rares ou introuvables ou allors ils ne se déplacent pas ou incompétents malgré les divers cfpa qui pullulent partout

      Suite à une panne de pompe immergé nous avons du mes employés et moi arroser en plein ramadhan mon verger avec des citernes pour éviter qu il disparaisse à l’image des vergers de mes voisins

      Inutile de vous dires que sans ma présence quotidienne auprés de mes employés et malgré leur bonne volonté , avec la chaleur et le ramadhan mes employés auraient baissé les bras surtout que les cadres et agronomes dont vous nous parler étaient invisibles !!!!

      C’est malheureusement comme notre équipe de foot , beaucoups de milliards dépensé pour des résultats médiocre ( meme si le match de foot contre l ‘allemagne a sauver l’image ridicule de notre foot en général )

      La majorité des gens ne travaillent pas , ils sont souvent peu efficaces ,ni motivés , notre administration agricole est franchement pas du tout au top , meme si les gens sont sympathiques et parfois de bonne volonté , celà ne suffit pas

      Sans parler du niveau des élus et du reste qui dilapident les aides et subventions de l’état pour des résultats aléatoires voir éphémères
      sans parler des milliards jeter pour des ponts , des routes et d’autres conneries du genre

      Je plante 5 hectares de figues de barbaries , si vous n avez pas peur de vous piquer les doigts , vous etes les bienvenus

      A bientot

  64. Agronome Says:

    Merci au 11 national et à son coach pour la prestation contre l’Allemagne. Une équipe n’est rien sans ses supporters. Notre dream team s’est sentie portée par les supporters dans les tribunes mais aussi par ceux devant leur petit écran.

    En matière d’agriculture, la dream team doit être aidée par les consommateurs. C’est l’objet de cette réflexion du jour…

    CONSOMMATEURS, UNE RESPONSABILITE CITOYENNE VIS A VIS DES AGRICULTEURS
    D.BELAID
    En Europe et aux USA des consommateurs de produits agricoles optent pour la seule consommations de produits locaux (moins de 100 km de chez eux). Le but de ces « locavores » est de réduire la consommation frénétique en carburants. Il est vrai qu’il est devenu courant que les consommateurs européens trouvent en plein hiver des cerises venant du Chili.
    En Algérie, les consommateurs peuvent-ils modifier les façons de faire du monde agricole et de la distribution?

    AGIR SUR LES PRIX
    Ces dernières année, l’association des consommateurs algériens a eu l’occasion de lancer des mots d’ordre visant à moins consommer afin de peser à la baisse sur les prix des fruits et légumes. Une autre façon de procéder des associations de consommateurs pourrait être de vulgariser les AMAP (Association pour le Maintien d’une Agriculture Paysanne). Il s’agit de groupements de consommateurs qui s’engagent en prenant un abonnement à acheter durant toute une année la production d’un agriculteur. Sont ainsi définis à l’avance des prix et la composition d’un panier hebdomadaire dont la composition peut varier au cours des saisons. Chaque semaine les adhérents viennent chercher leur panier chez un dépositaire en ville. L’agriculteur bénéficie de prix rémunérateurs, d’un financement et de l’assurance d’écouler sa production. De leurs côtés, les consommateurs se voient proposer des tarifs inférieurs à la moyenne du fait de l’absence d’intermédiaires.
    Intermédiaires parasites dans la mesure où ils ne ré-investissent pas dans l’agriculture les sommes engrangées. Sommes considérables en l’absence d’une fiscalité agricole adaptée.

    AGIR SUR L’OFFRE
    Plus difficile mais réalisable, les consommateurs peuvent agir sur la nature des produits offerts. Pour cela, il s’agit qu’un minimum d’offre existe. Puis à eux, par leurs achats d’enclencher un effet d’entrainement.
    Dans le cas de la semoule d’orge, les consommateurs peuvent contribuer, par leurs achats, à la réussite d’un producteur ou d’un transformateur qui proposerait ce nouveau produit sur le marché. Rappelons que de par sa richesse en fibres et en glucides dont les bêta glucanes, l’orge possède d’éminentes vertus diététiques. Des produits à base de soja (lait de soja, dessert chocolaté à base de soja, fromage de soja, soja texturé) peuvent permettre de réduire la pression sur les produits issus de l’élevage. Mais la promotion de ces nouveaux produits nécessite un éducation nutritionnelle. Cela peut être le rôle d’associations écologiques et de consommateurs auprès du public mais aussi des pouvoirs publics. L’éducation nutritionnelle devrait être plus présente dans les programmes scolaires.

    AGIR SUR LA FERTILITE DES SOLS
    Il est également un domaine où les consommateurs peuvent apporter beaucoup. Il s’agit de la fertilité des sols.
    L’un des objectifs est de favoriser toute action vers le retour à la terre de toute source de matière organique d’origine agricole (fumier, fientes de volailles, composts divers, sciure de bois, …). Les sols agricoles ont besoin de cette matière organique. Celle-ci joue le rôle d’un éponge et retient eau et engrais. En se décomposant progressivement la matière organique libère des minéraux qui nourrissent la plante. Or l’agriculture moderne est hyper spécialisée. Auparavant l’élevage était systématiquement associé aux cultures. Ce n’est plus le cas depuis l’apparition des engrais azotés. Leur synthèse se fait à partir de l’azote de l’air. Ces engrais ont remplacé le fumier traditionnellement épandus dans les champs. Mais cette substitution ne peut remplacer toutes les fonctions du fumier de ferme. Notamment, cette capacité à retenir l’eau et les élément minéraux. Ce qui peut être sans grand danger en climat tempéré s’avère dangereux en climat semi-aride. En effet, la matière organique du sol y est rapidement détruite dès que l’humidité du sol et chaleur sont présent. Aujourd’hui, en Algérie, de nombreux sols ont ainsi perdu leur fertilité car personne ne s’est jamais préoccupé de ré-équilibrer les pertes annuelles en matière organique.

    S’INSPIRER DES ENSEIGNEMENTS DE P. RABHI
    Durant des décennies, on a prélevé des éléments de la terre sans jamais rien lui restituer ou très peu. Outre la perte de fertilité, l’évolution ultime de ce processus est l’érosion. Car un sol pauvre en matière organique y devint extrêmement sensible. Pierre Rabhi est là pour nous le rappeler.
    Tous ces prélèvements de matière à partir du sol et sous forme de récoltes de grains, tiges, feuilles ou racines sont effectués afin de nourrir le citadin. A ce titre, un retour au sol des déchets organiques liées à l’activité humaine est une nécessité. La fraction organique de nos poubelles (épluchures de fruits et légumes, marc de café, serviettes en papier, …), boues résiduaires de nos stations d’épuration, composts de déchets verts en provenance des jardins devraient retourner à la terre. Or, cela ne se fait que très peu en Algérie. Nous enfouissons par exemple la fraction organiques des déchets ménagers dans des CET au lieu d’en faire du terreau agricole. Certes, l’utilisation des boues résiduaires se développe mais elle reste limitée. Et dans certaines villes, des usines déversent dans les égouts des eaux chargées de métaux lourds sans procéder à un traitement préalable. Ces métaux lourds devraient être traités à la base. Le travail des stations d’épuration s’en trouverait ainsi grandement facilité.

    AGRICULTEURS ET URBAINS LIES PAR LE CYCLE DE LA MATIERE ORGANIQUE

    Que peut faire le citoyen devant si peu d’intérêt porté au statut organique des sols? L’une des actions est de créer ou rejoindre des associations écologiques afin de peser sur le choix des décideurs et cela à tous les niveaux.
    Car qu’est ce qui empêche une municipalité d’installer des bacs afin de de promouvoir le développement du compost urbain ou celui des déchets verts? Cela peut être démarré expérimentalement dans un quartier puis progressivement étendu à toute une ville.
    Des citoyens organisés en associations peuvent par exemple demander l’installation de bacs afin de récupérer les piles sources potentielles de métaux lourds dans les composts urbains. Idem quant au tri sélectif du verre, carton, plastique et métal. Tout progrès dans la généralisation de ce tri est un gage vers la possibilité de plus de composts urbains de qualité pour l’agriculture.

    Nous sommes tous, agriculteurs et urbains, liés par un fil invisible: celui du cycle de la matière organique. Ne pas en être conscient, c’est rendre notre agriculture moins productive, c’est fragiliser les sols agricoles et hypothéquer notre avenir.

    De par une action citoyenne et en pesant sur les prix, la variété des productions agricoles, ainsi que le recyclage des déchets les consommateurs peuvent être des acteurs du progrès agricole.

  65. Agronome Says:

    L’ITGC par la voix de son directeur, a ces dernières années parlé de développer le maïs en climat aride. Cela nous semble aventureux. Cette culture réclame beaucoup d’eau. Or, l’eau des nappes phréatiques du Sud ne se renouvelle pas. Par ailleurs, cette eau est chargée en sel. D’où des risques de salinisation des sols comme on commence à l’apercevoir en blé dur sous pivot. Nous proposons à la réflexion le développement du maïs plus au Nord du pays.

    CULTURE DU MAIS EN ALGERIE, DES POSSIBILITES DE DEVELOPPEMENT SOUS CONDITIONS.
    D.BELAID 27.06.2014

    Cultiver ou non du maïs en Algérie? La question semble incongrue. Surtout quand on sait que les importations annuelles se comptent en dizaines de millions de dollars. Cependant cette culture qui sert de fourrage vert pour les vaches laitières ou d’aliment volaille sous forme de grains est très exigeante ne eau. Or, l’eau en Algérie est une ressource limitée qui devrait se raréfier à l’avenir.

    CULTURE DU MAIS, DES FACONS DE FAIRE QUI EVOLUENT
    En matière de culture du maïs, de nouvelles données viennent bouleverser les façons de faire. Certaines variétés ont un cycle court. En 90 jours, il est possible de récolter. Or, si le climat local est sec, il possède un atout: c’est la chaleur. Car le maïs est exigeant en température. Donc, à conditions d’assurer un minimum d’eau, il est possible d’assurer des rendements corrects.

    Sur les zones littorales ou à pluviométrie favorables, l’astuce serait d’installer le maïs derrière une première culture d’hiver afin d’assurer en une seule campagne agricole 2 récoltes sur une même parcelle. On peut penser à installer d’abord à l’automne une culture de vesce-avoine avant la culture du maïs. Afin de faire profiter le maïs des pluies de printemps, il est intéressant de récolter la vesce-avoine tôt par exemple sous forme d’ensilage. L’enrubannage sous forme de balles rondes permet également une conservation de qualité de la récolte. En outre, en absence d’animaux sur l’exploitation, ce mode rapide de récolte permet de vendre la production.

    Les parcelles peuvent ainsi être récoltée dès le mois d’avril. Dans la foulée, par semis direct, il est possible d’installer le maïs. Le semis direct nécessité un semoir spécial. Cependant il présente deux avantages: vitesse et d’exécution et absence de retournement du sol. Avantage, l’humidité du sol est ainsi préservée. L’idéal est d’implanter la culture en sol profond à bonne réserve hydrique et en zone littorale bien arrosée.

    Une irrigation d’appoint est cependant nécessaire par la suite. Là aussi, de nouvelles solutions se font jour avec l’utilisation possible d’enrouleurs, kit d’aspersion, goutte à goutte voire de goutte à goutte enterré. Enrouleurs et kit d’aspersion sont courant à l’étranger comme par exemple entre Lyon et Avignon. Le goutte à goutte est testé avec succès au Maroc par nombre d’agriculteurs. En Algérie, la disponibilité en matériel d’irrigation s’étoffe avec la commercialisation de matériel d’irrigation par des entreprises telles Anabib, Groupe Kharbouche ou Profert.

    La maîtrise de l’irrigation s’avère déterminante étant donné les consommations d’eau nécessaire par la plante. Ne pourront réussir en maïs que les agriculteurs qui sauront mobiliser de façon efficace et durable de l’eau pour l’irrigation:
    eau recyclée des stations d’épuration,
    eau des retenues collinaires,
    eau de pluie retenue dans de petits bassins aménagés avec des géomembranes,
    eau provenant d’aménagements permettant l’épandage de crues,
    eau souterraine de nappes phréatiques bénéficiant de recharge grâce à de petits aménagements permettant l’infiltration des eaux de ruissellement (haies, diguettes, terrasses, seuils dans les ravins, puits de recharge, …).

    Enfin, cette culture peut être désherbée en partie ou totalement mécaniquement grâce à des bineuses. Mieux, depuis peu sont apparues à l’étranger des herses étrilles. Elles permettent en plusieurs passages un désherbage dans l’inter-rang et sur le rang lui même. A ce titre, cette technique est révolutionnaire.

    CULTURE DE MAIS, DES POSSIBILITES DE MARGE BRUTE PHENOMENALE
    En matière de fertilisation, la localisation des engrais sur le rang de culture permet d’optimiser la nutrition des plantes surtout en sol calcaire. La pulvérisation d’engrais foliaire s’avère être un complément efficace pour lutter contre les carences induites par des pH alcalins.

    Arriver à des rendements de 60 quintaux/hectares ou plus nécessite également l’apport d’amendements organiques: fumier*, compostes verts ou urbains, bois raméal fragmenté ou boues résiduelles). Cet apport avant la première culture permet d’atténuer un éventuel trop fort apport d’azote. En effet, la première année il peut y avoir une forte minéralisation de la matière organique apportée.

    Le maïs présente un autre avantage. C’est de posséder des variétés mixtes. En cas de difficultés d’irrigation au cours de la campagne, il est possible de récolter comme fourrage vert la culture au lieu de la mener à son terme, c’est à dire la production de grains.

    Mais s’il y a un argument décisif, c’est celui de la marge brute dégagée à l’hectare. Le prix du quintal de maïs acheté par l’OAIC est actuellement de 4 500 DA. A raison de 60 à 80 QX/ha on arrive ainsi à des niveaux de vente de 270 000 à 360 000 DA/ha. A cela, il s’agit de rajouter le revenu apporté par le fourrage de vesce-avoine. Peu de cultures permettent de telles marges brutes.

    La culture du maïs s’avère donc être une culture rentable à condition que l’exploitant dispose de ressources en eau et de la maîtrise des techniques d’irrigation efficientes. Arriver à un décollage massif des cultures de maïs nécessiterait la signature d’accord avec des partenaires étrangers telles des chambres d’agriculture française et des firmes de semences afin d’assurer la présence de techniciens confirmés sur le terrain au moins les premières années.
    De leurs côtés un institut technique tel l’ITGC devrait procéder à des essais afin de fournir des références techniques aux agriculteurs. De leur côté, ceux-ci et notamment les agri-managers devraient se constituer en pool d’exploitants afin de disposer du matériel spécifique à cette culture et d’un encadrement technique de qualité.

    NOTES:
    (*) Les élevages bovins produisent des quantités appréciables de fumier qu’il s’agit de ré-injecter dans le circuit en le réservant aux surfaces fourragères dont le maïs. A ce titre, il s’agirait de penser à la mécanisation totale des opérations d’épandage.

  66. Agronome Says:

    Les résultats des moissons à l’Ouest ne sont pas bons. Notre Dream Team aurait-elle un peu de plomb dans l’aile?

    CEREALES: SECHERESSE A L’OUEST, OUI MAIS…
    D. BELAID 21.06.2014

    Ces jours ci la presse nationale égrène les surfaces affectées par la sécheresse à l’Ouest du pays.

    Certes, il y a un manque de pluie. Mais ne nous voilons pas la face. Avons-nous fait tout ce qu’il faut ? La réponse est NON. C’est aux cadres de terrains et aux agriculteurs leaders de réaliser des « enregistrements de performance » afin d’analyser les dysfonctionnements techniques de la campagne écoulée. Enumerons les paramètres qui permettent de réduire le stress hydrique. Il y a bien sûr l’irrigation d’appoint. Mais abordons d’abord le cas des parcelles en sec.

    DATES DE SEMIS : trop souvent le blé est semé tardivement. Or, c’est en octobre-novembre que les semis doivent être réalisés. Sinon, les plantes sont chétives.

    LABOUR : des études montrent que le labour assèche le sol. Il faut lui préférer le semis direct. Quel est le % de semis direct dans les zones « touchée par la sécheresse » ?

    DESHERBAGE : beaucoup de petits agriculteurs ne désherbent pas leurs champs. L’eau du sol profite ainsi aux mauvaises herbes. Pourtant pour ceux qui n’ont pas de pulvérisateur, on pourrait penser à les équiper de herses étrilles fabriquées dans des ateliers locaux.

    ENGRAIS : correctement utilisés les engrais potassiques et phosphatés aident à réduire l’effet du stress hydrique.

    AMENDEMENTS ORGANIQUES : beaucoup de sol sont « squelettiques ». Ils n’ont pratiquement plus de matière organique. Or, celle-ci joue le rôle d’éponge et retient l’eau. Des essais montrent que le rendement double quand on apporte des boues résiduelles.

    Il y a donc des solutions parfois simples. Les étagères des bibliothèques de nos universités ploient sous le poids des mémoires d’ingénieur; idem quant aux étagères de l’ITGC. Ces solution ne sont pas entièrement mises en œuvre au niveau du plus grand nombre d’exploitations.

    NE PAS CACHER LE SOLEIL AVEC LE TAMIS

    Le constat est amer. Malgré les efforts financiers consentis par les pouvoirs publics, il manque du matériel : tracteurs et semoirs. Quant au progrès agronomique, il ne diffuse pas assez dans les campagnes. Il existe des solutions : achat en commun de tracteurs, développement de « cercles d’échanges » de matériel, optimisation des unités motoculture des CCLS, … Sur le plan technique, les solutions sont connues. Au lieu de labourer, on peut utiliser un chisel qui va 5 fois plus vite que la charrue ou le semis direct qui va 10 fois plus vite pour un même rendement en blé.

    Mais qui va aller expliquer cela au fin fond des campagnes, là où se trouve la majorité de ces petits agriculteurs.
    Pour arriver à les atteindre, une partie des cadres doivent être affectés dans des associations professionnelles agricoles, des coopératives de service, les Chambres d’Agriculture, … Dans de tels organismes réellement représentatifs ; c’est-à-dire où un conseil de direction paysan décide réellement de la marche à suivre, les cadres techniques seraient pleinement utilisés. Or, cela nous ne le faisons encore qu’imparfaitement.

    On parle de CCLS. Mais au niveau de ces « coopératives », c’est le directeur nommé par la tutelle qui décide de tout. Dans une vraie « coopérative », par exemple, en France ; ce sont les agriculteurs qui ont acheté des part sociales qui recrutent leur directeur. Quant aux techniciens, recrutés par la coopérative, ils sont payés en fonction de la quantité d’engrais, de phytosanitaires vendus sur leur secteur et en fonction du nombre de quintaux de blé qui rentrent dans les silos. Résultat, ce système avec « obligation de résultat » est un puissant moteur pour que les techniciens et ingénieurs aillent au contact des agriculteurs. Devrions-nous avoir de vraies coopératives aux côtés des CCLS ?

    Tant que les cadres resteront enfermés dans des bureaux, tant que le monde paysan sera tenu à l’écart des prises de décision, la sécheresse aura encore « bon dos ». Cela est d’autant plus regrettable que jamais l’agriculteur algérien n’a autant reçu d’aides financières. Comment ferons-nous lorsque cette aisance financière du pays ne sera plus de mise ? Nous devons donc regarder la réalité en face. On ne pourra éternellement cacher le soleil avec le « ghalbel ».

  67. Agronome Says:

    @Si Aït Abderrahim, vous parliez récemment de la campagne fenaison au niveau de votre exploitation. J’ai pensé à vous en relisant un texte paru en 1986 dans la revue CEREALICULTURE de l’ITGC. Ce texte est écrit par de jeunes ingénieurs agronomes français qui sont restés 2-3 ans à Tissemsilt comme experts. Ce texte reprend des techniques pour engraisser les moutons sans trop créer de pointes de travaux en octobre ou au printemps.

    Il est ainsi proposé: pâturage d’orge en vert, ensilage, meilleure maîtrise des dates de récolte du gourtt pour pas que ce ne soit qu’un vulgaire tben.

    Bonne lecture. Et parlez nous de vos travaux. Comment sont vos rendements d’orge?

    ps1: étudiants, cadres, agriculteurs, copiez/collez ce texte. Il est d’une grande valeur agronomique. Or, il reste endormi dans les tiroirs du ministère de l’Agriculture. Faites le connaître autour de vous (l’étude globale comprend au moins 3 tomes d’une valeur inestimable).

    ps2: Le fait que des études de grande valeur scientifique restent dans des tiroirs est un vrai problème. A quoi cela sert de payer en devises des experts étrangers si c’est pour empiler leur rapport dans une armoire. Le MADR devrait scanner ces études et les mettre en ligne. Mr Naïli, c’est un problème grave dont nous souffrons nous agronomes: la non circulation de l’information. Mr Slimane BEDRANi s’en est même plaint dans les colonnes d’El Watan. Les anciens n° de la revue CEREALICULTURE devraient être accessible en ligne pour tous. Si on veut augmenter el inetadj ez-zira3i, la moindre des choses c’est de rendre disponible l’information pour les étudiants, cadres et agriculteurs.

    Ch 10. LES CULTURES FOURRAGERES.
    D.BELAID 1986

    Les cultures fourragères prennent de plus en plus d’importance ces dernières années. Cela est dû à la résorption progressive de la jachère. Par ailleurs, cette tendance est encouragée par la forte rentabilité des productions animales.
    Ces cultures sont passées de 187 000 ha en 1972 à 350 000 ha en 1979. Elles représentent cependant moins de 10% des cultures au niveau national. Les besoins en protéines animales et donc en fourrages font que les cultures fourragères sont nettement insuffisantes pour assurer un bon approvisionnement du cheptel.
    Les fourrages sont surtout composés de vesce-avoine (70%), d’orge, d’avoine et de seigle (8 à 10%). Les fourrages tels le bersim, la luzerne, le sorgho et le maïs fourrager sont des cultures marginales. Quant à la betterave fourragère, elle est à peine connue. Cette primauté de la vesce-avoine, qui est souvent de mauvaise valeur alimentaire n’est pas sans conséquence sur le niveau des productions animales. La vesce-avoine est surtout récoltée sous forme de foin. Une tendance se dessine quant à l’utilisation du mélange pois-fourrager-avoine.
    Citons également les fourrages naturels constitués par les prairies et les jachères pâturées qui représentent 85% de la surface fourragère totale. Un essai d’introduction du médicago sur les jachères pâturées a été tenté au milieu des années 70, mais sans suite.
    Il apparaît donc que l’idée de cultiver de l’herbe ne semble pas encore admise par la majorité des agriculteurs. C’est ainsi qu’il existe rarement des calendriers fourragers au niveau des D.A.S. La production fourragère de ce type d’exploitation est proportionnelle à la surface agricole utile alors que les besoins de leur cheptel devraient être les principaux indicateurs pour élaborer le calendrier fourrager.

    S/Ch I. Le fourrage de vesce-avoine.

    Ce texte est issu des travaux parus dans la revue « CEREALICULTURE » de l’ITGC.

    Sur les hauts plateaux céréaliers, les fourrages annuels (essentiellement la vesce-avoine) récoltée en sec occupent une place prépondérante dans la sole fourragère, et par conséquent dans l’alimentation des animaux. Pour cette raison, les plantes fourragères cultivées actuellement doivent produire un fourrage à la fois abondant et de qualité. Divers travaux menées en Tunisie et en Algérie ainsi que les observations réalisées sur la daïra de Tissemsilt ont montré le rôle important de la mise en place des cultures fourragères et de la fertilisation sur les rendements obtenus. Cependant, on s’intéressera ici, aux opérations de récolte et leur effet sur la qualité des fourrages, c’est-à-dire à leur valeur alimentaire. Celle-ci s’apprécie objectivement en station de recherche par la détermination de l’acceptabilité (quantité sèche ingérée par l’animal) et de la valeur nutritive.
    Dans la Daïra de Tissemsilt, l’on s’efforcera d’apprécier cette quantité à partir de facteurs simples :
    – Stades végétatifs au moment de la récolte,
    – Durée de séchage,
    – Composition du mélange fourrager.

    Le principal facteur de réussite de l’exploitation des fourrages en foins est constitué par l’absence de pluies durant la période de récolte. Les observations faites en 1974 et 1976 ont montré que le moment le plus propice aux opérations de récolte des fourrages se situait entre le 5 et le 15 mai (pour la région de Tissemsilt). La pluviométrie observée au cours des trois dernières années montre que seule l’année 1974 a présenté des conditions climatiques favorables pour la fenaison. Cependant, une étude fréquentielle réalisée sur 10 années montre que ces conditions favorables se reproduisent au moins 6 années sur 10. On peut donc considérer que la récolte peut se faire dans d’excellentes conditions climatiques près de deux années sur 3. Notons que pour plus de précisions ces observations sont, en général, réalisées sur des périodes de 20 à 25 ans.

    Stades de développement au moment de la récolte :
    Le stade de coupe optimum où le foin présente une meilleure combinaison possible entre le rendement en unités fourragères et le rendement en azote digestible n’est pas toujours respecté. Les observations réalisées en 1975 sur la Daïra, confirment l’importance du stade de développement au moment de la coupe sur la valeur nutritive : la matière azotée digestible (MAD) des fourrages récoltés diminue considérablement entre le début et la fin de la récolte. Pour les fourrages actuellement cultivés dans la région, les stades optimum sont les suivants :
    – Pour l’avoine seule : il faut faucher avant l’épiaison,
    – Pour le mélange vesce-avoine : habituellement mis en place dans la région (vesce précoce et avoine tardive) la coupe doit être faite lorsque la vesce est au stade fin floraison ou début de formation des gousses et l’avoine en début d’épiaison.
    – Pour le mélange vesce-orge, la coupe doit s’effectuer lorsque l’orge est au stade fin montaison début épiaison. La présence de barbes diminue fortement l’acceptabilité du fourrage. C’est l’orge seule qui doit déterminer la date de coupe.

    Pour récolter le maximum de fourrage de bonne qualité, il convient donc au niveau de la production de raisonner la date du début des opérations de récolte en fonction du stade optimum des différentes cultures fourragères pratiquées. L’évolution rapide de la végétation après ce stade, limite la période favorable à la récolte à environ 3 semaines. Passé ce délai, on risque d’obtenir un fourrage de qualité médiocre et de faible acceptabilité et de favoriser le salissement des terres par la dissémination des adventices arrivées à maturité. Dans la mesure où l’assurance de pouvoir réaliser la récolte de la totalité de la superficie fourragère au moment du stade optimum est peu probable, il faut mieux débuter la récolte plus tôt.

    Composition du mélange fourrager :

    La teneur en azote digestible dépend principalement de la proportion de vesce contenue dans le mélange vesce-avoine. Son rôle est déterminant dans la croissance de l’animal et la production laitière. Plusieurs facteurs interfèrent dans la croissance de l’animal et notamment la quantité de MAD disponible dans la ration. Par ailleurs, plusieurs facteurs interfèrent sur la composition du mélange semé (proportion des graines de chaque espèce), la fumure pratiquée et les caractéristiques de la zone de production. L’examen des échantillons prélevés sur différentes parcelles montre qu’un foin récolté tôt contient très souvent une vesce avec toutes ses folioles. Les prélèvements effectués
    Quinze jours plus tard montrent que la valeur nutritive du mélange fourrager diminue considérablement. Cette baisse est en grande partie responsable de la chute du taux de matière azotée digestive enregistrée. Le stade de coupe apparaît comme le principal facteur qui détermine la proportion respective des éléments composant le mélange fourrager.

    Durée de séchage au sol :

    Indépendamment du système de conservation, la fenaison entraîne une déperdition de la valeur alimentaire du fourrage. Les légumineuses sont particulièrement sensibles aux pertes à cause de la fragilité de leurs feuilles et de leur dessèchement rapide. Dans la daïra, on observe que la durée de séjour au sol, lorsqu’elle est trop élevée, entraîne une chute de la teneur en matière azotée digestible pouvant aller jusqu’à 58% pour un stade de végétation donné. Sans doute les conditions climatiques n’ont-elles pas toujours été favorables à un séchage rapide. Cependant, les temps de séchage au sol enregistrés ont été variables (2 à 12 jours pour des parcelles soumises aux mêmes conditions climatiques). C’est surtout au fanage (qui permet un séchage rapide) et à une meilleure organisation des chantiers de récolte que l’on peut espérer réduire le temps de séjour au sol des fourrages.

    Pertes au cours de la conservation :

    Normalement un foin est stabilisé à 15% d’humidité. Mais pour avoir moins de pertes en feuilles, on bottelle à 20% d’humidité environ et parfois plus. Surtout si le foin contient une forte proportion de légumineuses. Le fourrage pressé à 20% d’eau doit encore sécher pour se stabiliser à 15% d’humidité. Entre temps, il peut subir de nombreuses pertes de qualité et même en quantité à cause des fermentations. En 1976, les mesures effectuées sur une vingtaine d’échantillons recueillis, soit derrière la botteleuse, soit sur les lieux de stockage, ont fait apparaître un taux moyen d’humidité de 32%. Il semble évident que des foins stockés à de tels taux d’humidité ont subi des fermentations et perdus de leur qualité comme le montrent les observations réalisées. Pour limiter au maximum les pertes au cours de la conservation ; il convient donc :
    – D’assurer un temps de séchage suffisant,
    – De limiter la densité des bottes,
    – De mettre rapidement les bottes à l’abri.

    Le système fourrager dans la daïra de Tissemsilt :

    L’étude du système fourrager pratiqué dans les 21 unités de production du secteur socialiste de la daïra, repose d’abord sur la connaissance des surfaces fourragères. Sur près de 665 000 ha de surface agricole utile, les cultures fourragères occupent 4 500 ha (soit environ 6%). Cela représente une moyenne d’environ 200 ha par unité de production. La production fourragère de la daïra est essentiellement constituée de vesce-avoine ou d’avoine cultivée en sec (93%). Les surfaces pâturées n’occupent quant à elles que 5% de la SAU. De novembre à mai se pratique, en général, le pâturage de jachère, avec comme seul complément, du foin. Les charges sur jachère varient d’une unité à l’autre (0,15 à 3 brebis/ha). La pratique d’un système très peu diversifié ne permet pas une répartition des risques de production sur plusieurs types de fourrages, comme les conditions climatiques l’imposeraient. Avec la réduction progressive de la jachère et l’intensification des cultures autres que les céréales primaires, le développement de l’élevage ovin sur les hautes plaines se pose en termes nouveaux. La lutte contre les adventices et la conservation d’une bonne humidité dans le sol nécessitent d’effectuer les préparés de printemps précocement : ceci entraîne une situation difficile pour les troupeaux qui se voient privés de passage naturels de février à mai.

    I-LE SYSTEME FOURRAGER ACTUEL.

    A-Son inadaptation aux besoins des animaux.

    L’objectif d’un système fourrager dans une unité de production pratiquant l’élevage est d’assurer une alimentation équilibrée et répondant aux besoins des animaux. Or, le système fourrager observé est inadapté aux troupeaux ovins dans les unités de production :
    – Les foins de vesce-avoine ou d’avoine, de qualité souvent médiocre, sont distribués sans tenir compte des besoins totaux des troupeaux et ne complètent pas les disponibilités aléatoires de la jachère. Ils constituent 75 à 100% de l’énergie apportée aux troupeaux au cours de l’automne et l’hiver sous forme d’aliments grossiers (foins d’avoine ou de vesce-avoine, paille de lentille, paille de céréales).
    – D’autre part le cycle de production des troupeaux (reproduction, sevrage, alimentation, vente) n’est pas synchronisé avec les disponibilités alimentaires de la jachère, qui conditionnent l’ensemble des performances des troupeaux

    a) Les agnelages s’effectuent principalement en hiver, période où les disponibilités sur jachère sont très faibles. Les quantités d’aliments grossiers distribués aux troupeaux d’ovins en complément du pâturage sur jachère, ne permettent qu’un gain de croît des agneaux nés au cours de l’hiver de 40 à 180 gr/j entre le 10ème et le 110ème jour. Ce gain varie de façon importante selon les années et selon les zones agro-climatiques :
    – les années où les pluies d’automne sont précoces (début octobre) et abondantes, la jachère est riche et le croît des animaux élevé. Par contre, lorsque les premières pluies sont tardives (fin décembre), la jachère est pauvre et le croît des animaux faible (de 3,8 kg à 9,3 de 10 à 90 jours). Lorsque les pluies (20 mm) sont réparties tout au long de l’automne, on peut espérer un croît moyen acceptable (de 4 kg du 10ème au 110ème jour),
    -au cours de l’année 1974/75, le croît moyen observé sur les agneaux entre 10 et 90 jours était sensiblement différent selon les zones agro-climatiques.

    b)Les quantités de fourrage distribuées par troupeaux restent stables et se situent aux alentours de 2 à 2,5 qx par brebis et par an. Ces fourrages de qualité médiocre sont distribués dans la plupart des troupeaux à même le sol, ce qui provoque de fortes pertes et facilite la contamination des animaux par des parasites divers. On constate que les brebis soumises à ce système fourrager perdent de 5 à 10 kg d’octobre à avril. Fait plus grave, cette perte de poids ne sera généralement rattrapée qu’après la mi-juillet, grâce aux chaumes de céréales. Ce n’est qu’à cette période que les brebis ayant retrouvé un état satisfaisant peuvent être saillies. Cela explique pourquoi la majorité des agnelages (30 à 60%) a lieu à la période la plus dure de l’hiver. Finalement, en année moyenne, les résultats de croissance sur les agneaux d’hiver, obtenus en zone pauvre (Sersou Est) ne sont pas meilleurs que sur la steppe où les quantités de fourrages distribuées sont inférieures. En zone steppique, les autres résultats concernant les troupeaux (mortalité, fécondité, …) seraient semblables à ceux observés dans la Daïra. Ceci tendrait à prouver que les capacités de développement du mouton en zones céréalières ne sont pas valorisées. L’élevage est conduit dans un mode de production de type « cueillette », le mouton se contentant de ramasser les « miettes ». Il apparaît aussi que le système fourrager semble plus déterminé par le niveau technologique des exploitations que par le système d’élevage pratiqué et l’importance du troupeau.

    B-Les répercussions et inconvénients pour l’exploitation céréalière.

    Outre son inadaptation aux besoins du troupeau de la région, ce système de monoculture fourragère a d’autres conséquences importantes pour l’unité de production. Les travaux de récolte concernant les fourrages annuels doivent se faire en trois semaines, compte tenu du même degré de précocité des variétés fourragères utilisées et de la rapidité d’évolution de la végétation. Cela entraîne une pointe de travail au niveau de l’utilisation de la main d’œuvre et du matériel. D’autre part, il y a concurrence entre la récolte des fourrages et le binage des lentilles. Les observations effectuées montrent que depuis plusieurs années, le goulot d’étranglement de la récolte des fourrages se situe au niveau des disponibilités en tracteurs pneumatiques. Si bien qu’actuellement, aucune des unités de production n’est capable à elle seule de constituer une chaîne élémentaire de récolte, c’est-à-dire qu’elle dispose à peine de 3 ou 4 tracteurs pour effectuer la récolte des fourrages. Cela s’est aggravé avec l’arrivée sur certaines unités de tracteurs de forte puissance, inadaptés pour la récolte des fourrages. Aussi, actuellement la plupart des unités ne sont pas en mesure de récolter plus de 100 à 150 ha de fourrages en sec dans de bonnes conditions. Si la récolte doit s’effectuer sur une courte période, il en est de même pour les semis qui doivent se faire en moins d’un mois, avant le 15 octobre. Cela, si on cherche de bons rendements en matière sèche.
    Dans la daïra de Tissemsilt, les rendements en fourrage sont moins aléatoires que ceux des céréales. Cependant, les risques de coup de sec d’automne peuvent limiter l’ensemble de la production fourragère qui n’est constituée que par un seul type de fourrage semé à cette période et quelque soient les zones agro-climatiques et agro-économiques. L’utilisation des fourrages annuels sous une seule forme et le manque de variétés fourragères entraînent une grande rigidité du système fourrager actuel.

    II-PERSPECTIVES D’AMELIORATION

    Bien qu’importantes, les actions susceptibles d’améliorer la récolte en sec ne peuvent avoir que des effets limités. Les possibilités de diversification des cultures fourragères devront être étudiées à la station expérimentale la plus proche. L’utilisation en grande culture de variétés nouvelles ne peut s’envisager que pour le moyen terme. Dans l’immédiat, on peut réaliser une intensification fourragère par la diversification des modes d’exploitation des fourrages actuellement pratiqués : à la conservation par voie sèche (foin), il faut ajouter la conservation par voie humide (ensilage) et l’utilisation du fourrage directement en vert principalement par pâturage sur champ.

    A-Mode de conservation complémentaire à la fenaison : l’ensilage.

    Ce mode de conservation par voie humide est pratiquement indépendant des conditions climatiques puisque cette conservation se fait à l’abri de l’air au moment de la récolte. L’ensilage peut s’effectuer à partir du début épiaison jusqu’au stade pâteux e la céréale fourragère. Ce qui correspond à des taux de matière sèche allant de 20% à 30% environ. Les délais de récolte sont donc plus étendus que pour la fenaison, mais en plus l’ensilage pourra s’effectuer avant la date de fenaison. Cela devrait permettre en outre une lutte plus efficace contre les mauvaises herbes. Cette possibilité sera encore plus valorisée si les parcelles les plus infestées sont ensemencées en orge, laquelle est plus précoce que les variétés d’avoine disponibles actuellement. La pratique de l’ensilage et les mesures régulières de ses effets ont pu être testées durant deux années consécutives sur un même troupeau. Les résultats enregistrés sur ce troupeau sont encourageants :
    – Gain de croît sur agneau légèrement supérieurs à ceux recueillis sur les autres troupeaux de la même zone.
    – Disparition de la chute de poids sur les brebis, durant toute la période d’hiver.
    – Economies de surfaces fourragères utilisées : deux fois moindre qu’un système fourrager habituellement pratiqué.
    Actuellement, ce mode d’utilisation intéresse plusieurs unités. Les techniques d’ensilage s’effectuent dans de bonnes conditions quand le suivi continu du chantier est assuré. Le désilage est volontairement exécuté au profit de bovins mais plus difficilement pour les ovins.

    Dans le premier cas (bovins), l’effet est immédiatement perceptible et mesurable, par le biais de la production laitière quotidienne (augmentation supérieure à 5% constatée par les éleveurs eux-mêmes par rapport à l’affouragement en sec).
    Dans le cas des ovins au contraire, l’effet n’est mesurable qu’’à long terme. De plus, on constate des réticences à la manipulation d’un aliment humide, en vrac et dont le transport est pénible par rapport à celui des bottes de foin. Ce type de conservation maîtrisé en Kabylie et sur le Haut-Chélif a donné de bons résultats. Aussi, nous pouvons nous appuyer sur les expériences qui y sont déjà ancienne et développées à plus grande échelle que sur le Sersou. Parmi les résultats acquis : avec de la vesce-avoine, les animaux ingèrent en foin 70% des UF et en ensilage 90% de ces UF. D’autre part, le coût de l’UF ingérée en foin de vesce-avoine s’est avéré 2,8 fois plus élevée que l’UF ingérée en foin de vesce-avoine avec ensileuse (pertes en quantités moins importantes). D’après les mesures effectuées, on peut estimer la valeur de l’ensilage de vesce-avoine à environ 0,55 UF/KG et 80 à 100 g MAD/KG de MS, et celle de l’orge à 0,50 UF/KG et 80 g de MAD/KG de MAD. Pour cette dernière, on remarque un niveau d’ingestion supérieur à celle de la vesce-avoine. Par rapport au fourrage vert, la baisse de la valeur énergétique de l’ensilage est plus faible que celle due à la fenaison de 0 à 0,20 UF/KG de MS pour l’ensilage, contre 0 à 0,30 pour les foins.

    B-Le pâturage des céréales fourragères en vert.

    Le pacage apparaît comme le système d’utilisation le plus rationnel. Curieusement dans le Sersou, c’est une pratique exceptionnelle utilisée seulement pour tirer partie des céréales endommagées (parcelles infestées en adventices, grêlées, par une sécheresse de fin d’hiver, …). Cette pratique présente des avantages pour l’exploitation. Il y a une souplesse dans la réalisation des objectifs du plan de culture. Le pâturage direct sur les céréales fourragères élimine les difficultés matérielles de la récolte traditionnelle. Le pacage peut débuter de décembre à février selon les conditions climatiques de l’année et les catégories d’animaux mis sur les pacages. Selon la charge des animaux, l’exploitation définitive sur une parcelle donnée peut se terminer d’avril à juin par la technique de rotation des troupeaux.
    Par ailleurs, si la résorption de la pointe de travail à la récolte peut se faire par la diversification des modes d’utilisation des fourrages annuels, il semble malgré tout difficile d’augmenter considérablement la surface fourragère totale par unité de production. En effet, un des facteurs limitant pour l’augmentation de cette surface fourragère dans les unités de la région semble être la surcharge de travail existant déjà au moment des semis. Or, parler d’augmentation de la sole fourragère, c’est accentuer le caractère concurrentiel du fourrage par rapport. Si précisément l’on préconise une notable augmentation des surfaces à pâturer , c’est que la première incidence de cette technique est la suppression de la pointe de travail en période de semis.. Effectivement la pratique du pâturage en vert nécessite un étalement de la végétation au stade fin tallage qui doit se répartir de décembre à mai sur les différentes parcelles de la même exploitation. Il s’ensuit que les semis doivent s’étaler du début septembre à janvier. Rappelons que cette solution est aussi applicable pour les fourrages à récolter en sec. Ainsi, disparaît la concentration des semis sur une courte période. Ceci peut être accru par l’utilisation de fourrages comportant des degrés de précocité différents (orge, avoine seigle). D’autre part, selon le système de rotation retenu sur certaines parcelles (exemple : lentille, blé, fourrage-blé), les fourrages à pâturer, semés précocement pourront être implantés derrière une préparation superficielle et rapide. Dans ces conditions, en complément des surfaces en fourrages récoltées en foin semées habituellement, il semble possible d’envisager des surfaces à pâturer de l’ordre de 200 à 250 ha pour la majorité des unités de production céréalière de la région. Enfin, augmenter les surfaces à pâturer en vert, c’est réduire du même coup les besoins en surface fourragères à récolter en sec, ce qui atténue le caractère concurrentiel actuel des fourrages avec les céréales et permet plus de souplesse pour l’exécution des travaux d’automne et d’hiver.

    Sur un autre plan, cette technique permet une réduction de la jachère. Jusqu’à présent, sauf pour ceux qui disposaient de surfaces de parcours, les unités de production réservaient des parcelles en jachère non travaillées jusqu’en mai, de manière à faire la soudure avec les chaumes de fourrages. C’est ainsi que le système fourrager actuel va à l’encontre de l’intensification : en effet, il favorise le développement des adventices et crée des pointes de travaux en particulier à la fenaison alors qu’il devrait assurer une meilleure utilisation de la main d’oeuvre et du matériel. Le système fourrager ne doit pas concurrencer le secteur céréalier mais au contraire le compléter. Ainsi, les fourrages à pâturer doivent permettre une grande souplesse tant au niveau du sol : semis des fourrages er emblavements. D’autre part, les surfaces à pâturer se révèlent deux fois mieux valorisées par les animaux que les surfaces récoltées en foin. En effet, il s’avère que le pâturage permet de produire 1 600 à 2 000 UF par ha contre 700 à 1 100 UF pour les surfaces récoltées en foin. Quant aux augmentations de croît des agneaux, il a été observé les résultats suivants en Sersou centre :
    – Quelle que soit la période d’agnelage, on constate une augmentation du croît moyen journalier des agneaux bénéficiant de fourrages à pâturer (avec ou sans leur mère) par rapport au système traditionnel.
    – Qu’un gain supplémentaire maximum est obtenu pour les agneaux en décembre-janvier avec pâturage des agneaux seuls.
    – Qu’un gain supplémentaire minimum s’observe pour les naissances de printemps avec pâturage des coupes mères-agneaux. Cette dernière augmentation est suffisante pour amener la plupart des agneaux ou agnelles de printemps à des poids de 25 à 30 kg en juin et leur permettre de mieux résister aux chaleurs de l’été.
    Sources : Revue CEREALICULTURE de l’ITGC.

  68. Agronome Says:

    Ce week-end, la lecture d’articles agronomiques consacrés à l’élevage laitier m’a laissé atterré par notre déficit en fourrages. Je propose à la discussion cette réflexion…

    ALGERIE, «B’HIRA LAL BAGRATT[1]? »
    D. BELAID 8.06.2014

    Récemment, au cours d’une discussion entre deux ingénieurs agronomes est venu ce questionnement. A priori saugrenu, il a déclenché l’hilarité générale: « El gamh it’hamar ? » (peut-on biner du blé[2]?). Nous aimerions poser une question du même genre. Ne faudrait-il pas des jardins potagers pour nos vaches ? Question étonnante direz-vous. Mais quand on a passé une partie du week-end à lire l’état des lieux[3] de l’élevage bovin laitier en Algérie tel qu’il est décrit par nos agronomes ou Marocains concernant le Maroc, on ne peut qu’être convaincu de la nécessité d’une diversification fourragère dans nos exploitations laitières.

    La question mérite donc d’être posée à l’heure où les élevages laitiers manquent de fourrages verts. Ceux-ci pourraient compléter l’horrible paille et le foin de mauvaise qualité avec lesquels sont nourries les vaches. Alors que paille et foin sont produits sur de grandes surfaces non intensifiées, ne faudrait-il pas ajouter à ce système des parcelles plus petites, choisies pour leur sol profond et où l’agriculteur « mettrait le paquet » ? Un peu comme une b’hira. Ces carrés de maraichage où les légumes sont bichonnés et reçoivent des doses copieuses de fumier et d’eau d’irrigation.

    Sur de telles surfaces réduites, les éleveurs pourraient cultiver des fourrages verts à haute valeur ajoutée. Déjà, l’idée fait son chemin. Il existe de petits éleveurs dont les vaches produisent 40 litres de lait par jour au lieu d’une moyenne nationale de 12 L/j. Il n’est par rare de voir ci et là de petites parcelles de sorgho fourrager ou de luzerne. Comment amplifier cette pratique? Cela est d’autant plus nécessaire que nos vaches ont faim[4] et que le coût de l’aliment ne pourra qu’augmenter à l’avenir. Il suffit de constater l’envolée du cours du soja et du maïs importés. Or, différentes études montrent que les fourrages produits à la ferme coûtent moins cher[5].

    BETTERAVE, COLZA ET LUZERNE DANS LA B’HIRA

    Parmi les plantes à mettre dans notre b’hira, il en est une pratiquement inconnue. Elle possède des qualités intéressantes. Il s’agit de la betterave fourragère[6]. Qu’on ne nous dise pas que cette plante n’est pas adaptée à nos conditions. Dans les années 70, en Algérie, nous avons déjà cultivé avec succès de la betterave sucrière. Et le Maroc qui continue à le faire a obtenu cette année, des résultats plus qu’honorables. On pourrait imaginer des semis semi-mécaniques avec des semoirs de jardinier ou des semoirs conventionnels pour de plus grandes surfaces. L’irrigation serait assurée par des kits d’aspersion voire par du goutte à goutte.

    La betterave fourragère, cousine de la betterave à sucre, possède plusieurs avantages. Le premier est sa richesse en énergie. Pauvre en cellulose, elle est le complément idéal des rations actuelles de paille et de foin. Un autre avantage est sa conservation. Il suffit d’aller déterrer chaque jour ou chaque semaine la quantité de racines à utiliser et la laisser en tas dans un endroit frais.

    Les références techniques locales manquent. Nos agronomes locaux, restent enfermés dans des schémas routiniers ou pour les plus imaginatifs, restent coupés du monde agricole. Lui-même longtemps forcé à un immobilisme infantile lié à un « dirigisme administratif » n’émerge que progressivement notamment par le biais d’association professionnels, de conseil de filière ou quelques coopératives de services.

    Bref, il s’agit de constituer des référentiels techniques afin de proposer aux éleveurs toute une palette de solutions. C’est la pratique des agriculteurs qui permettra de faire le tri selon les conditions des exploitations et les conditions climatiques locales.

    Un autre type de plantes à cultiver est représenté par la famille des crucifères. Alors que les crucifères sauvages locales parsèment avec de belles taches jaunes le moindre terrain nu dès l’apparition des pluies, leurs homologues cultivés tels le colza fourrager, le chou fourrager ou la navette restent inconnus en Algérie. La situation est telle qu’en tant qu’agronome, le conseil qui pourrait être donné aux éleveurs algériens serait de profiter de leurs liens familiaux de l’autre côté de la Méditerranée pour se procurer une poignée de ces précieuses semences[7].

    Qu’on en juge. « En colza fourrager en semant dans les quinze premiers jours d’août avec des variétés d’hiver qui monteront moins en fleur, on pourra disposer à l’automne d’une production de 2 tonnes de matière sèche/ha. Le colza est principalement pâturé au fil[8] de façon rationnée. En semant dans la deuxième quinzaine d’août avec des variétés précoces de printemps, on peut disposer ainsi en octobre-novembre, d’une production de 3 à 4 tonnes de matière sèche/ha [9]». Depuis longtemps déjà, des éleveurs pratiquent le « gsil » ou orge en vert qui consiste à semer de l’orge en irrigué dès le mois d’août. Pourquoi ne pas leur proposer le colza fourrager qui pousse plus vite ?

    Une autre solution consiste en l’utilisation du sorgho. Il peut être utilisé en affouragement ou conservé en ensilage. Il existe même des variétés aux tiges riches en sucres.

    Algerie,Tiaret, culture du sorgho – YouTube
    http://www.youtube.com/watch?v=JdlEhYHCb9M

    Des investisseurs privés devraient se pencher sur la multiplication de ces semences stratégiques pour la filière lait. L’enrubannage est un mode de conservation nouveau. Il demande certes un matériel spécifique, mais il est intéressant car il permet de préserver la valeur nutritive du fourrage.

    ensilage et enrubannage agroplus algerie 05 50 … – YouTube

    http://www.youtube.com/watch?v=mYoFOfxj88M

    La luzerne est une autre parade au manque de fourrages. Son enracinement profond, jusqu’à 1,20 mètre lui permet de résister au déficit hydrique. Le maximum de croissance est obtenu sous 30°C c’est dire son adaptation à nos latitudes. Ce n’est pas pour rien que traditionnellement ce fourrage est présent sous les palmiers dans les oasis. Alors que les graminées fourragères présentent un pic de production au printemps, c’est en été que se situ le pic de production de la luzerne. En année sèche, ce fourrage produit plus que les graminées fourragères. De même en conditions sèches, sa production est plus élevée et plus régulière que le maïs. Enfin, la luzerne convient parfaitement aux fortes productrices bénéficiant de rations élevées en concentrés.

    fauchage de la luzerne près de sétif algerie part 4 – YouTube

    http://www.youtube.com/watch?v=-RfAdGw5M2M

    Par ailleurs, on peut penser que du petit matériel : faucheuse, ensileuse ou matériel de distribution pourrait être utile aux exploitants.

    B’HIRA, MAIS PENSER AUSSI FILIERE

    La diversification fourragère peut être une action personnelle au niveau d’éleveurs pionniers. Mais elle peut être également prise en charge par des associations d’éleveurs laitiers dynamiques comme celle qui a organisé la fête du lait d’Imaloussen près de Tizi-Ouzou ou par les groupes appuis-lait de laiteries dynamiques engagés dans la recherche du développement d’une production locale de lait frais (Soummam, Danone, …).

    On peut se demander ce qui pousse les pouvoirs publics à concentrer les agronomes dans des bureaux dans des emplois fonctionnarisés. Une partie devrait pouvoir être recrutés et donc éventuellement licenciés par des Chambres d’Agriculture représentatives et par des associations d’éleveurs représentatives bénéficiant de subventions pour des postes budgétaires. Les laiteries devraient avoir obligation de collecter du lait frais au prorata du quota de la poudre de lait obtenu. De même qu’elles devraient avoir obligation de constituer des groupes techniques d’appui-lait.

    En attendant, les vétérinaires et agronomes des universités[10], des CCLS, de l’ONAB et des DSA pourraient être mobilisés pour des sessions de formation en direction des éleveurs[11]. Une étude menée dans la région de Sétif montre que seulement 4% des éleveurs ont bénéficié d’une formation agricole. Il pourrait être envisagé de courts modules destinés à tout éleveur désirant bénéficier des subventions. Seul ce sésame devrait permettre d’accéder aux subsides publics.

    A l’heure de la diminution progressive des revenus de la rente pétrolière, nul ne sait combien de temps les pouvoirs publics pourront subventionner la filière lait. Il est temps que celle-ci gagne en maturité. Il est du devoir de tous de favoriser la diversification fourragère et une animation technique non pas de type « top-down » mais prise en charge par les premiers concernés, du moins par les éleveurs leaders.

    [1] Un jardin potager pour les vaches ?

    [2] En fait, il est possible de désherber mécaniquement du blé avec une herse étrille. Voir les vidéos sur Arvalis.fr

    [3] On consultera notamment les articles très documentés de la revue en ligne « Fourrages ». http://www.afpf-asso.org/download.php?type=1&id=1819&statut=0

    [4] Pour la plupart, elles ont aussi dramatiquement soif du fait de l’absence d’abreuvoirs automatiques dans les étables. Il faut savoir que les vaches consomment un maximum d’eau 3 heures après la traite du soir alors qu’elles sont enfermées dans des étables sans eau.

    [5] Cas d’un élevage laitier intensif en zone pluviale au Maroc http://www.afpf-asso.fr/download.php?type=1&id=1790&statut=0

    [6] Luzerne, sorgho et betterave : trois cultures fourragères sécurisantes en conditions froides ou sèches. http://www.afpf-asso.org/download.php?type=1&id=1436&statut=0

    [7] Bien sûr en respectant la législation nationale dont celle sur les OGM.

    [8] Il s’agit de clôtures le plus souvent électrifiées et déplacées chaque jour. Cela permet de faire exploiter correctement la parcelle par les animaux en évitant tout piétinement.

    [9] GNIS. « Sécheresse : comment répondre au déficit de fourrage ».

    [10] Le Pr Slimane BEDRANI note dans un de ses articles la prédominance des budgets destinés aux écoles d’agronomie au détriment de la formation des agriculteurs.

    [11] Bon nombre d’éleveurs ne connaissent pas les besoins en sel (NaCl) et en Ca et P de leurs bêtes. Les vaches souvent taries tardivement ont du mal à reconstituer leurs réserves de Ca pour la gestation. Combien de fois ais-je vu des vaches mâchonnant des cailloux calcaires glanés autour de leur étable. Combien de fois ais-je vu à Kaïs Mme BELAID Baya, docteur vétérinaire, appelée en urgence par des éleveurs pour traiter par injection intra-veineuses de solutés calciques des vaches victimes de fièvres vitulaires.

  69. Agronome Says:

    Wallah gheir je ne sais pas si c’est l’approche du mois de Ramadhan ou bien les récentes déclarations de Mr Sellal, mais ce soir je me demandais comment produire plus de viande en Algérie. Comme chacun le sait, les climats secs n’aident pas à produire en quantité le fourrage indispensable aux animaux.

    Aussi, il est possible d’explorer d’autres voies…

    ALGERIE, ET SI ON PENSAIT VIANDE VEGETALE?
    D. BELAID 2.06.2014

    En tant que cadres formés dans les universités algériennes, il nous semble nécessaire de constamment être en alerte et de mobiliser notre savoir académique pour le confronter aux réalités du pays. Cela pour proposer des idées nouvelles adaptées à nos conditions.

    Donc voici l’idée de ce jour. Excusez le manque de modestie, mais il pourrait s’agir d’une véritable pépite. Jugez-en vous même!

    A l’étranger, les végétariens utilisent beaucoup le « tofu » ou le « seitan » comme substitut végétal à la viande. En Algérie, nous n’avons pas de soja pour fabriquer du tofu, mais nous avons du blé (et du pétrole jusqu’à 2030, voir les récentes déclarations de Mr Sellal). Or, avec du blé, il est possible de fabriquer du « seitan ». Nous vous proposons une vidéo sur le procédé de fabrication du « seitan » ou viande de blé. En fait, le procédé consiste à récupérer le gluten de la pâte du blé en le débarrassant de son amidon par lavage.

    Cette viande végétale pourrait être utilisée pour les plats cuisinés, les boureks, les conserves genre sauce tomate bolognaise, … Il y a là tout un secteur agro-alimentaire à développer en Algérie. On peut penser à des merguez avec 50% de seitan. Nous y reviendrons. Nous vous conseillons déjà la nombreuse documentation disponible sur le net.

    ps: Industriels, proposez ce sujet de recherche à une étudiante en technologie alimentaire puis recrutez là. Universitaires, proposez un mémoire sur ce sujet (faut-il utiliser du blé tendre ou du blé dur? ce procédé est-il industriable?). Etudiants, demandez à vos enseignants de travailler sur un tel sujet. Comme perspectives, vous aurez la possibilité de vous faire recruter par un industriel ou de créer votre propre entreprise…

    Voici, le procédé sous la forme d’une vidéo.

    http://www.youtube.com/watch?v=s9vHa66Bm5E

    • bonsoir tout le monde
      Ces végétariens qui consomment donc le  »tofu » et le  »seitan » se trouvent dans des pays occidentaux.
      qui dit pays occidentaux dit donc pays de surproduction. Ces idées de  »tofu » et le  »seitan » sont nés parce qu’il y avait une surproduction dans le blé. on ne trouvait même plus quoi en faire et c’est alors que naissent ces idées de  »tofu » et le  »seitan » .
      mais en Algérie cher ami, on manque de tout . tout est acheté a
      l’ étranger.
      Sid Ahmed Ghozali, alors premier ministre, avait dit un jour: si a chaque jour que dieu fait, il n y a pas un bateau rempli de blé n’accoste pas dans un port d’Algérie, il y aurait une révolution le lendemain.
      alors pour conclure cet affaire de  »tofu » et le  »seitan » , contentons nous d’abord par produire ce blé si précieux en algérie, ayons notre estomac bien rempli et surproduisons même. ce n’est qu’a ce moment la qu’on pourra parler de  »tofu » et le  »seitan » .
      salutations a tous.

      • Garfy Says:

        non – il y a des végétariens depuis longtemps, c’est un choix personnel et pas à cause de la surproduction de blé – pour la santé et pour la souffrance des animaux

        en tout cas, végétariens ou non , il ne faut pas imiter ce qui se passe à Amiens (et en Corrèze) – l’élevage de mille vaches , dans des conditions un peu plus humaines –

        les galettes de blé , c’est bon à la place d’un beefsteak –

        j’ai été étonnée de voir un problème de bateau qui partait de Bretagne pour un livraison « de patates » pour l’Algérie – pourtant la culture de pommes de terre, c’est facile et il n’y a plus de doryphores –

        • Garfy Says:

          excusez moi – je voulais dire qu’il ne fallait pas utiliser des méthodes inhumaines comme c’est fait à Amiens – c’est révoltant

  70. Agronome Says:

    Question Dream Team, voyons comment font-ils en France. Il y aurait beaucoup à dire. Je propose de parler de ce que je connais suite à 4 années de travail, les bottes aux pieds, dans les champs de gros céréaliers-betteraviers du Bassin Parisien. C’est l’époque où de ma province natale de Batna où le rendement était en moyenne de 10 qx/ha, j’ai débarqué sur une « planète » où des rendements approchaient 100 qx/ha en blé fourragers. Certes, il y avait la pluie, mais pas seulement. En tant qu’ingénieur conseil nous travaillons 10 heures par jour. L’explication? Nos patrons étaient des agriculteurs élus de la Chambre d’Agriculture et nous avions « obligation de résultats ».

    ALGERIE, PREPARER L’APRES-MOISSON
    C’est en juillet-août que se gagne la prochaine campagne !
    D.BELAID 1.06.2014

    La moisson de céréales a déjà commencé. Pour les zones les plus tardives, les dernières interventions concernent l’irrigation d’appoint. Mais, pour les techniciens, déjà la prochaine campagne céréalière est à préparer. Comment ? Par la pratique de l’enregistrement des performances ou « l’enquête culture » trop peu utilisée en Algérie.

    L’ENQUETE CULTURE, COMMENT ?

    L’enquête culture consiste à enregistrer les pratiques agronomiques des agriculteurs sur leurs parcelles. Elle concerne tout type de cultures. Elle est réalisée par un technicien sur une petite région. Dans le cas des céréales, il s’agit de faire remplir par des agriculteurs un formulaire avec différentes rubriques et cela pour plusieurs de ses parcelles.
    Le sol. On demandera la profondeur du sol et sa nature (limoneux, argileux), la pente. On demandera également la nature du précédent cultural.

    Le travail du sol. On demandera le type et date de labour, le type et nombre de façons superficielles.
    Fertilisation. Pour chaque engrais on demandera le type, la dose et la date d’apport. On questionnera sur les éventuels apports d’amendements organiques, la dose et la date d’apport. Demander également si les chaumes sont enfouis.
    Le semis. On demandera le mode, la dose, la variété, la date de semis et la nature des semences (de ferme non traitées ou certifiées).
    La protection phytosanitaire. On demandera pour la lutte contre les adventices, les maladies à champignons et les insectes la nature des produits apportés, la dose et la date d’apport.
    L’irrigation. On demandera le type d’irrigation, le nombre, les dates et les doses.
    Rendement. On demandera le rendement de la parcelle et le poids spécifique.
    Il est évident que selon les spécificités locales, on peut développer certaines rubriques. Il nous est arrivé de demander le coût des postes fertilisation, herbicides, fongicides, insecticides. Il devient alors possible de procéder à des calculs de marges brutes. Une autre fois, nous avons axé une enquête sur l’aspect fertilisation. Il avait été demandé aux agriculteurs qui avaient des analyses de sols de les indiquer. Imaginez le plaisir technique d’avoir des analyses de sol et d’avoir les rendements obtenus sur ces parcelles.

    L’ENQUETE CULTURE, POURQUOI, POUR QUI ?

    L’enquête n’est pas destinée à tous les agriculteurs, même si le maximum est convié à y participer. On doit viser les agriculteurs leaders et ceux en contact avec les techniciens afin de viser le maximum de retour des formulaires.
    Le formulaire d’enquête peut être publié sur un site, dans un bulletin agricole ou envoyé par courrier

    Aux adhérents d’un groupe suivi par un technicien. Le formulaire peut également être rempli lors d’une réunion. Certes, si les agriculteurs n’ont pas sur eux tous leurs chiffres, les renseignements risquent d’être approximatifs (ils peuvent être prévenus à l’avance). Cette façon de faire à l’avantage de forcer un maximum d’agriculteurs à participer et à aider ceux qui sont analphabètes. Il est également possible de faire appel à un stagiaire qui aidera à remplir les questionnaires tout au long de la campagne.
    Pourquoi tant d’efforts pourrait-on me demander ? Pour avoir personnellement pratiqué cette façon de faire il nous est possible d’affirmer qu’il s’agit là d’un moyen extraordinaire pour avoir des références techniques. Cette façon de faire est la meilleure façon pour être efficace, pour peser sur les façons de faire des agriculteurs. Tout technicien sérieux engagé dans des actions de vulgarisation se doit de développer ce type de méthode. Il peut ainsi se construire des références et pouvoir ensuite diffuser des préconisations. Cette méthode peut également être utilisée par un chef de service de DSA ou un chef de silo de CCLS.

    Pour qui ce genre d’enquêtes ? Evidemment pour les agriculteurs me direz-vous. Cela semble évident. Pourtant, je connais au moins un cas en Algérie, où des animateurs d’un réseau céréales ont demandé aux agriculteurs de remplir de tels questionnaires sans que ceux-ci soient exploités et que des conclusions soient renvoyées aux agriculteurs.
    Car, disons le tout de suite : s’il n’y a pas de retour aux agriculteurs sous forme de résultats pratiques, le nombre de réponses aux questionnaires chutera.

    Dans la pratique, les questionnaires sont à envoyer aux agriculteurs avant la récolte. Ils devront être récupérés après la récolte. Ainsi, en juillet-août les données seront enregistrées sur un tableur type Excel. Des « tris » pourront être réalisés, des conclusions tirées et une réunion « bilan de campagne » organisée fin août. Un document sera également remis à l’agriculteur.

    ENQUETE CULTURE, DES RESULTATS

    La méthode d’enquête culture est intéressante à plus d’un titre :
    -des références provenant des parcelles agriculteurs. Une fois que la méthode est comprise par les agriculteurs, il y a une adhésion totale de leur part. L’explication vient du fait qu’il s’agit de données qui viennent de leurs propres parcelles. Il ne s’agit pas de résultats venant de stations d’essais. Ils comprennent qu’il s’agit d’analyser leurs propres pratiques par rapport au « peloton » de tête. C’est un moyen puissant d’évolution technique.
    -des références multiples. Un autre avantage est la quantité de références obtenues. Il y a ainsi des informations qui donnent une photographie. Ainsi, on peut connaître les précédents culturaux les plus représentés ou les variétés les plus utilisées. Mais le fait de connaître le rendement des parcelles permet de savoir quel précédent cultural ou quelle variété est le plus intéressant. Idem quant à l’emploi d’un herbicide, d’une date de semis ou du fractionnement ou non des apports d’azote.

    Nous avons eu l’occasion de réaliser une enquête où nous avions demandé le taux de protéines du grain, l’analyse du sol en azote et la quantité d’engrais azotés apportés. Les agriculteurs avaient été ravis du rendu des résultats. Certains avaient pu voir comment en mettant trop d’azote, ils avaient pénalisé leur rendement.

    Nous espérons vous avoir convaincu de ce type d’approche. Il est possible de commencer avec 50 parcelles. Cela ne signifie par qu’il faut toucher 50 agriculteurs puisque chaque participant peut renseigner sur la fiche l’itinéraire technique pour plusieurs parcelles. Pour tout technicien qui croit en son métier, l’enregistrement de performances ou « enquête culture » est l’outil de base.

    Bon courage…

  71. Agronome Says:

    Comme pour les lycéens attendant le bulletin de fin de trimestre, la publication du montant de la récolte de céréales indiquera le niveau de performance de la filière. Mr Mohamed Belabdi DG de l’OAIC a annoncé à l’APS que pas moins de 600 000 équivalents hectares avaient été désherbés sur 3 400 000 ha emblavés. Nous souhaiterions approfondir cette question de l’emploi des herbicides.

    ALGERIE, LES PROFONDES MUTATIONS DU DESHERBAGE EN GRANDES CULTURES.

    Le désherbage des céréales et des légumes secs est devenu une pratique courante dans bon nombre d’exploitations agricoles1. Cette pratique permet des augmentations significatives de rendement. Sur orge, on peut passer de 26 quintaux/hectares à 35 qx/ha avec la simple application d’un herbicide. Nous nous proposons d’expliquer cette progression et les moyens de faire mieux.

    MUTATIONS LIEES AU RE AJUSTEMENT STRUCTUREL

    La politique des pouvoirs publics a été déterminante dans l’augmentation des superficies désherbées. C’est le cas bien sûr avec la formation de cadres agricoles, la fabrication locale de pulvérisateurs ou la possibilité de leur importation, l’élaboration de références techniques par l’ITGC et les préconisations de l’INPV.

    Mais il est d’autres facteurs aussi déterminants. C’est par exemple la restructuration du secteur agricole, le soutien du prix des désherbants importés, le développement d’entreprises d’agrofourniture, le relèvement des prix à la production des céréales et des légumes secs mais également la volonté de privilégier la production locale de blé dur en substitution aux importations.

    Le développement de firmes d’agrofourniture s’est accompagné de la mise en place d’un réseau de technico-commerciaux sillonnant les campagnes et contribuant à vulgariser2 des désherbants de dernière génération. C’est le cas par exemple du Sekator de Bayer qu’utilisent également les agriculteurs européens contre les dicotylédones. Certes, en Algérie, cette utilisation concerne uniquement les exploitations les plus modernes, c’est-à-dire disposant d’un pulvérisateur. Mais progressivement le progrès technique diffuse à travers les campagnes.

    Les technico-commerciaux mettent en avant des agriculteurs leaders reconnus dans leur région. Ainsi, dans le cas du désherbant Topik de Syngenta contre le fléau que représente la folle-avoine, ray-grass et phalaris dans les champs ces agriculteurs témoignent. Mr Khaled Yacine Bachtarzi souligne sa souplesse d’utilisation : « je peux l’appliquer à un stade précoce, de 2 à 3 feuilles de ma céréale sans qu’il retarde ou bloque ma culture. J’ai pu également l’appliquer tardivement au stade plein tallage ». Mr Rachid Belouar loue son efficacité : « dans notre zone, le ray-grass est la mauvaise herbe la plus difficile à maîtriser. Elle affecte la qualité de la semence et diminue considérablement les rendements. C’est une mauvaise herbe précoce et grâce à Topik, j’ai pu l’éradiquer de mes parcelles ».
    Mais un autre facteur est venu renforcer cette utilisation des désherbants : celui de la transformation des céréales. Les moulins privés exigent des céréales sans impuretés et notamment sans graines de mauvaises herbes.

    Cette exigence se traduit concrètement au niveau des points de collecte de grains. Ainsi, les CCLS appliquent des pénalités en cas de livraisons de grains comportant trop d’impuretés3. Les transformateurs privés visent la qualité. Ils ambitionnent également d’exporter leurs produits (pâtes et couscous), d’où des exigences qualitatives toujours plus fortes. Aujourd’hui, plus que les structures du Ministère de l’agriculture ou les Chambres d’Agriculture, se sont ces transformateurs qui sont en pointe pour l’utilisation du désherbage chimique. Nombre d’entre eux développent des réseaux d suivi technique d’agriculteurs. Par ce biais, ils dispensent des conseils concernant le choix variétal mais également toute la panoplie des traitements phytosanitaires.

    VERS DE NOUVELLES MUTATIONS

    Ce développement du désherbage chimique n’est pas sans poser de nouvelles questions. Ainsi, quid du désherbage mécanique le plus souvent ignoré, quid des céréaliers sans pulvérisateurs ou de la sélectivité des herbicides sur certaines cultures.
    En céréaliculture, le prix de revient élevé du quintal de céréales milite dans la recherche de solutions alternatives. Le semis direct en est une particulièrement séduisante. Cette nécessite la maîtrise du désherbage. On peut se demander si, pour les petites exploitations désirant se tourner vers ce genre de semis, ce désherbage mécanique ne permettrait pas d’éviter de passer par la case désherbage chimique.

    Car, en grandes cultures, le désherbage mécanique progresse technologiquement. En France par exemple, sous l’effet du « Grenelle de l’environnement », la filière expérimente des solutions permettant de réduire l’emploi des phytosanitaires. Arvalis, l’équivalent de notre Institut Technique des Grandes Cultures, a ainsi montré tout l’intérêt de l’emploi de herses étrille qui « peignent » les céréales arrachant les plantes adventices au stade plantules ou de herses rotatives qui binent les cultures.
    Or, il s’agit là de matériel facile à fabriquer en Algérie. Il s’agit d’une poutre métallique fixée à l’arrière du tracteur et portant différentes rangées de dents telles celles existant à l’arrière de certains semoirs. Nul besoin de prise de force. On consultera à cet effet les vidéos consacrées à ce genre d’engins sur le site d’Arvalis.fr. En légumes secs, dont les fèves, le binage peut être une solution contre les mauvaises herbes. Or, il existe une production locale de bineuse que PMAT commercialise. Mais si la bineuse n’élimine les plantes adventices que dans l’inter-rang, il faut insister sur le fait que les herses étrilles et houes rotative (animée par la simple force d’avancement des roues et à ne pas confondre avec une fraise rotative) permet un désherbage sur l’inter-rang et le rang lui-même. Il s’agit là d’une véritable révolution technique très récente qui nécessite toute l’attention de la profession.

    Selon les particularités locales, le type de culture et son stade, ces engins de désherbage mécanique nécessitent certes des réglages adaptés. Et c’est aux premiers concernés, agriculteurs et techniciens, d’acquérir les références nécessaires. Mais c’est là une solution contre des problèmes handicapants que n’arrivent pas à résoudre les désherbants. Ainsi, dans le cas des légumes secs, trop d’exploitations retardent les semis afin d’éviter un trop fort salissement en adventices. Retard qui n’est pas sans conséquences sur le niveau des rendements et décourage les producteurs alors qu’il s’agit là de cultures stratégiques.

    Concernant les infestations en brome sur orge, des agriculteurs se plaignent de la faible sélectivité de certains désherbants chimiques. On le voit donc, le désherbage mécanique à l’aide de herses étrille, herses rotatives ou de bineuses peut venir en complément du désherbage chimique ou en son remplacement.

    En fin de compte, il apparaît que le désherbage progresse. Il est un gage sûr de rendement. On peut remarquer qu’il s‘agit uniquement de désherbage chimique. Or, celui-ci bien qu’efficace présente des limites. Il est coûteux, nécessité un matériel sophistiqué, une connaissance technique. Les molécules importées présentent généralement une bonne sélectivité et un large spectre d’action sauf dans quelques cas. Aussi, selon les situations, le désherbage mécanique constitue un complément indispensable voire une alternative. Cela est d’autant vrai qu’aux traditionnelles bineuses utilisables pour les cultures à large inter rang sont venus s’ajouter de nouveaux engins qui présentent un bon rapport qualité/prix. Ils sont cependant totalement inconnus en Algérie.

    Il serait intéressant que la recherche universitaire se penche sur la question en important ou mettant au point des prototypes pour des essais et que des investisseurs se penchent sur les possibilités de fabrication locales. Ces préoccupations pourraient être reprises dans le cadre des activités d’un Conseil Régional Interprofessionnel des Céréales.

    NOTES:

    1 Selon le DG de l’OAIC, Mohamed Belabdi, la disponibilité en désherbants permettait de traiter 257 000 d’équivalents hectares en 2011 contre 369 000 ha en 2013. Pour cette campagne l’objectif était de désherber 600 000 ha sur les 3 400 000 ha emblavés (APS du 11 mai 2014).
    2 Les essais en parcelles se multiplient et les agriculteurs sont invités. Après visite des parcelles et exposé en salle, le plus souvent les participants sont conviés à un repas. Il s’agit de nouvelles formes de vulgarisation puissantes. De tels regroupements peuvent parfois concerner jusqu’à 200 personnes (agriculteurs, encadrement technique) lors du lancement d’un nouveau produit.
    3 « Nous avons remarqué lors de l’enquête, que les agriculteurs utilisent des produits phytosanitaires pour lutter contre les maladies, les parasites et pour que leur production soit acceptée par la CCLS ». MERABET L. 2011 Effets des politiques agricoles sur l’offre et les revenus. Cas de la zone sud de Khenchela. Mémoire ENSA. 102p.

    • Utiliser le désherbage mécanique
      Les techniques alternatives de maîtrise des adventices ont fait leurs
      preuves chez les producteurs bio et offrent à tous les agriculteurs des
      solutions non chimiques à un problème envahissant : les adventices. Ces
      techniques sont variées et font avant tout appel à la prévention : rotations
      appropriées alternant des cultures variées, gestion du stock semencier par
      le travail du sol, pratique de faux-semis. Elles peuvent aussi être curatives :
      techniques de désherbage mécanique et thermique.
      Avec une large gamme d’outils disponible, les méthodes mécaniques sont
      considérées comme des solutions simples techniquement et peu coûteuses à l’achat et à l’utilisation.
      L’action de ces outils consiste à déraciner les mauvaises herbes. La houe rotative, grâce à ses roues en
      étoiles, projette la terre et déchausse les adventices, du stade fil blanc au stade cotylédons. Elle permet
      de casser la croûte de battance, d’aérer le sol et de relancer la minéralisation.
      La herse-étrille, plus agressive, permet aussi de détruire les adventices jusqu’au
      stade plantule. Ces deux outils permettent d’intervenir assez tôt dans
      les parcelles et de bien maîtriser les adventices quand elles sont peu développées.
      Ils assurent des débits de chantier importants grâce à des vitesses d’utilisation
      qui vont en général de 12 à 20 km/h. Si un passage sur des adventices
      plus développées s’avère nécessaire, on utilisera alors la bineuse (à soc, à
      dents ou à doigts).

      Pour en savoir plus : Guide Technique ITAB : « Maîtriser les adventices en grandes cultures biologiques », commande sur http://www.itab.asso.fr, rubrique Publications

      • Agronome Says:

        Bravo pour ce document. Il est très intéressant. En Algérie, l’augmentation des rendements passe par la maîtrise du salissement adventice. Sans vouloir faire de l’agriculture biologique, les techniques de ce type d’approche ouvrent des perspectives intéressantes: nouveaux outils performants plus ou moins sophistiqués (certaines bineuses ont même des capteurs optiques pour éviter de déterrer les cultures), faible coût, technicité moindre que celle de l’emploi des herbicides, moindre pollution, réduction des intrants importés.

        cela mérite vraiment que des profs de fac mettent des étudiants sur ces axes de recherche, que des essais soient réalisés dans les instituts techniques et que PMAT et ses filiales développent des prototypes de herses étrille et houe rotative.

        Un bravo à Mr Aït Abderrahim qui a lui même fabriqué une bineuse. Il mérite une médaille de la part du Ministre de l’Agriculture Mr Nouari.

  72. Agronome Says:

    DREAM TEAM CEREALES, DU NOUVEAU.
    Ou comment apprendre à jouer collectif.
    D .BELAID 22.05.2014

    Au risque de désespérer certains, quelques échos de notre dream team céréales. Pourquoi dire « désespérer » ? Car, si « globalement » il y a de relatifs progrès, combien de dysfonctionnements sont visibles sur le terrain. Notre propos n’est pas d’essayer de les cacher. Mais nous n’oublions pas les efforts quotidiens de cadres pour qui le « patriotisme économique » n’est pas un vain mot. Ces cadres se battent pour trouver des solutions spécifiques dans un environnement administratif parfois lourd. A ce titre ils méritent toute notre considération. Rendons hommage à leurs efforts, à leur persévérance. Malgré l’adversité, ils ne renoncent pas. A ce titre, ils sont notre « Dream Team ».

    DREAM TEAM : FARINE MIXTE DE FARINE ET SEMOULE

    Chacun sait que nous produisons plus facilement du blé dur (BD) que du blé tendre (BT). Le BD est mieux adapté aux conditions locales de déficit hydrique. Abdelkader Téta nous apprend ce jour dans les colonnes d’El Watan que l’Eriad de Ksar El Boukhari a récemment procédé « au test de préparation de la baguette de pain à base d’une nouvelle formule de farine composée de 70% de blé tendre et 30% de blé dur ». Une telle farine permettrait de réduire les importations de BT. « La boulangerie des frères Bacha de Médéa, lauréat du concours du Meilleur boulanger en 2013, a été choisie pour fabriquer les premières fournées de ce pain à base de ces ingrédients » précise le journaliste. En plus de l’avantage de réduire les importations de BT « le prix du quintal de farine diminuera à la vente, puisqu’il sera cédé à 1880 DA au lieu de 2000 DA actuellement. Les boulangers qui utiliseront cette farine feront donc des économies, et le prix de la baguette sera maintenu à 7,50 DA pour le consommateur ». Terminant son article, AEK Téta rapport que des tests de dégustation ont été concluant.

    Pour ceux qui ne connaissent pas le pain de semoule au blé dur « khobz ed-dar » qu’ils essayent d’en préparer dans un gas’a avec de l’eau et de la levure de bière comme cela se prépare dans les familles de l’Est du pays. « Khobz ed-dar » se présente sous forme de grosses galettes sur lesquelles est badigeonné du jaune d’œuf et mis des grains de nigelle. Enfant, à Batna, je me régalais de la vue de ces plateaux « sni » de tôles, qui à l’approche de l’Aïd convergeaient vers les fours des boulangeries. Tremper une tranche de ce pain dans son bol de café au lait le matin était un vrai délice. Idem que déguster une chorba frik* chaude épicée de persil avec une tranche de ce pain de semoule maison. Que le BD soit remis à l’honneur honore la filière et nous réconcilie avec des traditions culinaires millénaires de terroirs. Les initiateurs de ce projet sont à féliciter. Ils réhabilitent la semoule algérienne, la mettant au même pied d’égalité que ces farines venues d’au-delà des mers.

    DRAM TEAM OAIC, PLUS DE SEMENCES CERTIFIEES

    Une autre bonne nouvelle. L’APS annonce ce jour que « l’OAIC lance un appel d’offres pour réaliser 17 stations de conditionnement de semences de céréales ». Au même titre que les efforts de cet office pour promouvoir l’irrigation d’appoint des céréales, Mr Mohamed Belabdi , DG de l’OAIC poursuit là un objectif stratégique : mettre à la disposition des céréaliers des semences triées et traitées contre les maladies et prédateurs. En matière d’optimisation céréalière, en Algérie, l’entrée du progrès dans les exploitations agricoles ne commence pas par la visite d’agronomes. Non pas que nous n’en ayons pas. Mais nous avons ce malin plaisir de les cacher à la vue des agriculteurs et de les cantonner dans des bureaux. Grâce aux efforts de l’OAIC et des cadres de l’ITGC qui dans leurs stations produisent de la semence de base, le progrès agronomique rentre dans les fermes par la semence. Ce progrès commence par une semence d’une variété productive, adapté à nos conditions, intéressante pour la transformation et saine. Il faut savoir que traditionnellement les agriculteurs gardent une part de leur récolte pour les semis de l’année suivante. Le problème est qu’en l’absence de désherbage, à la récole, aux grains de blé sont mêlés des graines de mauvaises herbes. Et souvent l’agriculteur sème en même temps que son blé des graines de mauvaises herbes. Elles viendront concurrencer le blé. Cela peut diminuer les rendements de 50%. Peu d’agriculteurs passent leurs graines à travers des « tamis » industriels. Or, ces « tamis » permettent actuellement de séparer totalement les grains de céréales de ceux de mauvaises herbes. Certaines de ces installations fonctionnent même par tri optique, notamment déjà en Tunisie.

    Outre un tri mécanique, l’OAIC traite ces semences contre les attaques d’insectes et de champignons microscopiques protégeant ainsi la plantule. Il s’agit là d’un progrès considérable contre les maladies. Certes, cette protection ne couvre pas tout le cycle de la plante, mais elle lui permet de démarrer dans de bonnes conditions. C’est ensuite à l’agriculteur d’assurer les traitements phytosanitaires adéquats en fonction des ravageurs présents.
    Il est à remarquer que l’appel d’offre de l’OAIC est également ouvert aux compétences nationales. Il est à espérer que des entreprises locales proposeront leurs services. Car, disons le, assurer le tri de graines à travers des « tamis » n’est quand même pas si sophistiqué que cela. De même qu’appliquer un produit chimique sur des graines peut se faire avec une simple bétonnière. Et bon nombre d’agriculteurs français utilisent cette solution.
    Certes, la tâche se corse lorsqu’il s’agit de trier et traiter des milliers de quintaux de graines. Des dispositifs adéquats sont nécessaires. Et on peut comprendre l’appel d’offres de l’OAIC. Mais on peut s’étonner que ce secteur ne soit pas l’objet de toutes les attentions des services concernés.

    Que ce soit les sociétés de machines agricoles du groupe public PMAT ou des établissements privés tel Djoudi métal, il existe des compétences. Il serait opportun que l’OAIC ou ses CCLS et le secteur de la transformation qui se plant des semences de mauvaises herbes dans les récoltes prennent des initiatives locales afin de développer de tels matériels. On pourrait également envisager la mise au point de petites unités mobiles parcourant les exploitations afin d’améliorer la semence de fermes. Comme le font des céréaliers étrangers ; ainsi une part des semences serait régulièrement renouvelée à travers celles achetées à l’Oaic et une autre part proviendrait des champs de l’agriculteur. Il faut savoir que les semences certifiées coutent plus cher et que parfois elles ne sont pas toujours disponibles au moment optimum pour les semis. Or, un semis tardif signifie des quintaux en moins. Pourquoi ne pas proposer de telles unités mobiles à des jeunes de l’Ansej?

    NE PAS BOUDER NOTRE PLAISIR

    Qu’à cela ne tienne. Ne boudons pas notre plaisir! Des cadres nationaux agissent dans le sens d’une satisfaction des besoins de tous. Certes, les démarches ne sont pas identiques. Dans le cas du mélange farine-semoule de l’Eriad, il s’agit d’une ingénierie meunière innovante et jamais essayée. Dans le cas des unités de production de semences, il s’agit de la politique du carnet de chèque. On passe commande vers l’étranger. Certes, dans un but louable, mais n’y-a-t-il pas des solutions de type « cluster » ou l’appel à la sous-traitance et l’appel d’abord à des entreprises DZ ainsi qu’à nos universitaires pour trouver des solutions. A quoi sert sinon l’Ecole Polytechnique et les écoles assimilées? A quoi servent les départements « machinisme agricole » de nos écoles d’agronomie ? Il est temps de penser cluster !

    Le DG de l’OAIC, a pour mission de sa tutelle des objectifs d’amélioration immédiats de la production de semences. Il agit en conséquence. Cela est louable. Et en aucun cas, on ne peut lui jeter la pierre. Mais, en parallèle à de tels appels d’offres que risquent de rafler des entreprises étrangères, il nous faut apprendre à agir sous forme de cluster. Il nous faut apprendre à mobiliser les compétentes locales. Allons nous laisser à nos jeunes chômeurs comme seules perspectives la gestion de parkings informels.

    Wach ? Des entreprises locales seraient capables de fabriquer 30% d’une voiture Renault, d’un camion Mercédès, d’une moissonneuse-batteuse SAMPO, d’un 4×4 blindé pour l’ANP et nous ne serions pas capables grâce à une bielle de mouvoir de gauche à droite une série de grilles séparant grains de blé et petites graines rondes de mauvaises herbes ? Personnellement, comme beaucoup, j’ai du mal à l’admettre. Ce qu’il nous faut, c’est cette prise de conscience que la rente pétrolière n’est pas illimitée. Il faut savoir jouer collectif et passer le ballon entre nous.
    Sans vouloir jouer les déclinistes à la Baverez, notons que Mr Abdelhak Lamiri un économiste bien de chez nous a récemment tiré la sonnette d’alarme avec un livre qui devrait être sur la table de chevet de tout Algérien disposant d’une once de pouvoir dans les institutions de ce pays. Un livre au titre sans équivoque: « C’est la décennie de la dernière chance … ».

    Notre dream team a accompli des exploits. Néanmoins, il lui reste du pain sur la planche. En témoigne cette remarque de Si Aït Abderrahim Mahmoud, agriculteur : « Il faut passer des heures et des heures à attendre même des nuits aux portes des docks pour constater que la dream team à encore du travail sérieux à faire ».

    NOTES.
    Frik, blé dur concassé.

    • BENYOUCEF BADREDDINE Says:

      Si Djamel, bonjour,

      Tu viens, à travers un chiffre que tu as cité, montré le gouffre qui nous sépare du monde dans lequel nous vivons et qui nous impose la triste posture de la « mondialisation » qui va s’avérer un désastre intégral pour toute la population mondiale.

      C’est le chiffre de 7,5 DA la baguette et tu précises que si la proportion de blé dur/ blé tendre que tu préconises est appliquée, on fera de belles économies.

      Et si on remettait les choses dans l’ordre :

      7,5 DA ne valent que 0,6 centimes alors que la banale baguette est vendue en France au moins à 0,70 centimes d’€uros dans n’importe quel bourg de France. Je ne parle pas de baguette + élaborée qui caracole à plus d’1 €uro.

      Pour faire simple, la baguette algérienne est subventionnée pour plus de 85% par Dieu Pétrole. Sur les 7,5 DA cités, le quidam algérien ne paie en fait que 1,25 DA !…

      Tu vois, la solution préconisée, aussi noble soit-elle n’est qu’un replâtrage de saison et ne solutionne pas le problème des céréales…

      Et je ne te parle pas de cette mauvaise saison qui s’annonce. Rabi Yaster. Avec 10% d’exportation de pétrole en moins, l’année sera catastrophique…

      C’est pourquoi, je considère que les céréaliers algériens dont fait partie notre ami Aït Abderrahim (à qui je n’ai pas encore répondu à son invitation !…), qui s’échinent malgré les problèmes rencontrés, sont de vrais combattants qui méritent la médaille agricole. Et ne parlez-pas de la fixation des prix à 4500 DA le quintal, car un autre calcul dans l’autre sens prouvera qu’ils sont lésés à plate couture, Ils devraient le vendre à au moins 5 fois ce prix !… L’OAIC joue sur du velours à tous les coups et je peux vous assurer que les campagnes de distribution de pivot pour l’irrigation d’appoint, les MOISS-BAT à échanger et tout le reste ne constituent en aucun cas un cadeau aux agriculteurs. Ils ont déjà payé ce matos !…

      L’Algérie sera riche le jour où les céréaliers algériens seront riches !…

  73. Agronome Says:

    BONJOUR A TOUS. Et Bonjour à vous Si Aït Abderrahim. Quel plaisir de vous revoir ici et de vous lire. Je pense ne pas être le seul à se réjouir de vos interventions. D’autant plus que vous avez le sens de la formule.

    1-« Il n’est pas du tout sérieux de présenter les techniques simplifiées comme des techniques simples à mettre en œuvre ».

    Je ne sais si vous parlez des « Techniques Culturales Simplifiées »
    ou TCS qui consistent à implanter une culture sans labour (attention, il ne s’agit pas de semis direct). Selon, différents observations, elles permettent une implantation sans trop de coût de gazoil. Ceci dit leur réussite semble conditionnées par l’incorporation de résidus de récolte au sol afin de favoriser l’activité des vers de terre ». Leurs galeries permettant un travail biologique du sol. Ceci dit, comme nous emportons le moindre brin de paille pour nourrir les moutons, je ne vois pas ce qui pourrait rester pour les lombrics. Puis la chaleur ne doit pas les inciter à travailler …

    2-« Il faut passer des heures et des heures a attendre même des nuits aux portes des docks pour constater que la dream team à encore du travail sérieux à faire ».

    Wallahi gheir vous m’avez faire rire à propos du « travail sérieux » de la Dream Team. Je voudrais préciser que je parlais des efforts globalement fournis par différentes institutions. Ceci dit cela n’empêche pas des dysfonctionnements. Et vous êtes bien placé pour le constater.

    3- « il serait intéressant de voir les rendements chez les agriculteurs qui ont procéder à des labours et ceux qui ont pratiqué le semis direct ».

    Attention, ce sont justement les années sèches que le semis direct permet de meilleurs rendements que le labour. Voir pour cela les témoignages de Tunisiens sur la vidéo you tube « Agriculture de conservation Algérie Part 2 » et de Marocains (http://youtu.be/FqqJVdVL5Xw ) où un ingénieur montre deux plants de blé côte à côte. C’est celui semé en semis direct qui est le plus haut.

    Regardez sur cette vidéo à 1’25 la compariason des deux plants de blé.
    18/03/2012 | L’INRA Promeut le semis direct – YouTube
    ► 3:30► 3:30
    http://www.youtube.com/watch?v=FqqJVdVL5Xw

    4-« d’ailleurs personnes n’ intègrent le surpaturage qui affectent les meilleurs terres de céréales »

    Vous avez raison. Quelles conséquences du piétinement des moutons sur la structure du sol ? Est-ce que cela ne risque pas de réduire l’enfoncement des socs ou dents du semoir direct ?

    5-« dieu merci j’ai vendu au bon moment et au bon prix toutes mes vaches cette année ouf… et si le prix du lait produit localement persiste à être payer à 42 da le litre, il ne faudra pas sortir de st cyr pour prévoir la disparition de beau coups d éleveurs laitiers ».

    Si j’ai bien compris vous arrêtez l’élevage laitier. N’aviez vous pas la possibilité de planter du sorgho et de l’irriguer avec un kit d’aspersion ? Que pensez-vous des enrouleurs pour l’irrigation d’appoint ?

    6-« Pour revenir vers les semences, le choix que nous proposent la ccls est extrêmement réduits et concernant les variétés de blé tendre c est encore pire ) ».

    Question : ne serait-il pas possible de prendre des tôles et de faire des trous de différentes tailles à la chignole pour trier votre propre récolte et faire vos propres graines ? Les tôles pourraient être reliées à un axe solidaire d’une bielle. Un petit moteur ou une prise de force de tracteur actionnant l’ensemble. Pour traiter les semences une fois triées, il est possible d’utiliser une bétonnière de mettre les semences et le produit phytosanitaire. Une fois l’appareil au point, il serait aussi possible de traiter les semences de vos voisins. Il y a des vidéos sur you tube (la solution peut être d’importer une petite station mobile de traitement de semences).

    7-« Pour l’irrigation l’administration algérienne veut combattre la sécheresse par fax , sur le terrain je vous assure que nous n’avons rien de sérieux qui nous ai proposé sérieusement , la pluie tombe ; l’eau coulent , nous la voyons passé , nos demandes de retenues
    col linaires se perdent dans les tiroirs … ».

    Suggestions : essayer de créer de petits obstacles pour réduire le ruissellement de l’eau de pluie et favoriser l’infiltration : seuils en pierres, seuils de piquets et de pneus usagés, haies d’arbustes, petites terrasses au buldlozer, … L’idée en favorisant l’infiltration c’est de pouvoir recharger la nappe phréatique qui alimente vos puits. Créer de petits bassins tapissés de géo-membrane pour stocker l’eau qui coule en hiver).

    Chouf, Bni M’zab wach idirou des « ahbass » pour bloquer l’eau. Celui de l’article date de l’an 1263 ans. Un salut à l’ingéniosité de ces Algériens. Bravo!
    « Ahbas » d’El-Atteuf (Ghardaia) – Algérie Presse Service
    http://www.aps.dz/…/2314-lancement-prochain-des-travaux-de-réhabilitation-d...

    8-« L’administration agricole n’a aucun objectifs de rendements et leurs salaires ne s’établit pas en fonction de la production réellement produite (et pour ce qu’ils font, je trouve qu’ils sont très très bien payé!!! )».

    La solution à mon humble avis : créer des regroupements de paysans et faire pression localement. L’idéal serait que des associations professionnelles représentatives dirigent la Chambre d’Agriculture locale et ait voix au chapitre concernant l’aménagement et l’affectation des crédits. Je vais vous dire une chose. J’ai travaillé 4 ans dans une Chambre d’Agriculture (CA). Lors de l’entretien d’embauche, il y avait le chef de service technique de la CA mais aussi trois agriculteurs qui m’ont bombardé de question. Personnellement, je pense qu’au moins 15% de la masse salariale des DSA devraient être affectée aux CA. Et les CA devraient elles même recruter les techniciens animateurs de terrain. Cela viendra un jour… Mais dépêchez vous de prendre le pouvoir sur les administratifs…C’est à vous de gérer votre avenir.

    Il faut aussi former des cadres paysans comme l’a fait dans les années en France Michel Debatisse avec l’Ifocap:

    Film des 50 ans de l’Ifocap – YouTube
    ► 25:27► 25:27
    http://www.youtube.com/watch?v=pG2HKuU3liM
    25 mai 2012 – Ajouté par ifocap Paris

    9-« Concernant le matériel mécanique et le matériel disponible , la majorité est importé parfois de qualité douteuse sans parler de l inexistence de centre de formation de qualité pour former nos chauffeurs et surtout des mécaniciens de qualité capables de réparer les tracteurs de fortes puissances et ayant intégré dans leur cursus les nouvelles technologies ».

    J’espère que votre remarque sera lu en haut (el wazir)… Et les concessionnaires privés ? Le directeur de l’OAIC parle de la mise en place de 110 camions ateliers.

    10. « Avec un peu de volonté, d’un poste à souder et du fer acheter à la casse, je viens de construire une bineuse qui m’a permis de semer et biner 10 hectares de fèves ».

    Walla, cela fait plaisir à lire. Bravo ! Lazame tswira woula vidéo. SVP postez nous quelque chose qu’on puisse admirer votre réalisation. Qu’en pensent vos voisins ?

    11-« a bientot car je fauche mon fourrage demain que je souhaite vendre le plus cher possible vu le travail qu’il faut pour le produire et le collecter »

    Allah i ‘awnek ! Moi, si il y avait une station d’épuration pas loin, j’aurais mis des boues résiduelles sur le champs pour que ça donne plus. Cherchez sur internent, ces boues permettent de doubler le rendement !

    Download – Université de Batna
    theses.univ-batna.dz/index.php?option=com_docman&task…
    Batna. Faculté des sciences. Département d’agronomie. MÉMOIRE DE MAGISTÈRE. EN SCIENCES AGRONOMIQUE. Présenté par : Mlle. ATI Sabrina …. I.5.1. 1 .Effet des boues résiduaires sur la composante biochimique

    Ce concessionnaire tunisien a inventé une machine pour ramasser les bottes.
    RAMASSEUSE DE BALLES tunisie.wmv – YouTube
    ► 6:07► 6:07
    http://www.youtube.com/watch?v=U4ZKHQRC1MU

    • mahmoud ait abderrahim Says:

      merci pour vos encouragements , je répondrais a vos suggestions d une manière positive , concrète et réaliste

      l article sur la dream team me laisse reveur comme on dit chez nous ezzzourrh maa yebniii el kheiiim ( kheimaaatt )

      pour le moment je tonds mon cheptel et partage les agneaux avec mon berger ( stress et compte et décompte ) sans parler des incendies d origine criminelles que nous subissons

      ce n est pas le clé à molette qui fait le mécano , pour l organisation il faud avoir du temps de la maturité et le sens de la solidarité

      maa ssaalamaa et comme vous dites rabbi yestaar

      • bonjour a tous
        c’est Aziz de Montréal. écoutez moi, vous avez remarqué que je suis pas très bavard, c’est juste parce que je suis un peu déconnecté du bled.
        la stratégie est claire maintenant.
        il faut planter des semis, et les arroser le moment venu pour les faire pousser, n es ce pas?
        il faut que ces parcelles irriguées soient comme de véritables usines ou il y a un responsable qui doit rendre compte et du personnel qui ont une feuille de route bien claire pour savoir ce qui doit être fait a un moment donné et même l’existence ‘un système de protection anti-incident.
        le privé aura sa chance aussi.
        et a savoir si cela va marcher ou non.
        cela c est des rêves pour que ca marche .il faut que changent les mentalités des gens et avoir de gros moyens.
        il faut que les algériens rentrent dans leur têtes que c pour leurs biens et qu’il peuvent gagner de l argent derrière.
        faire sortir du bon grain du désert le plus aride du monde n’est pas une mince affaire.
        ca serait une vraie révolution. ca sera changer la nature des choses et forcer la nature. ce qui est une chose extraordinaire.
        je me demande pourquoi les pouvoirs publics ont attendu jusqu’ au années 2000 pour en prendre conscience alors qu’on est indépendant depuis 1962.
        en tout les cas cela serait merveilleux.
        courage a tous.je tiens a féliciter tous ceux qui font des efforts a savoir les paysans , les responsables et autres.
        arrêtons de critiquer, encourageons et laissons ceux qui ont ces projets en tête travailler.
        bonne chance.

  74. il y a un principe qui dit tout ce qui est gratuit n’a pas de valeur ;et bon nombre de nos agriculteurs issues des anciens domaines autogérés ont bénéficier de ces terres il faut bien voir comment sont exploités ces terres bien que je ne suis pas agronome je sais pour les céréales il faut les labours profonds et ensuite pour les semailles les labours au coovercrop remarque que la plupart n’utilisent que la deuxième phase l’essentiel est d’ensevelir les semences par les moyens les plus simple vous n’avez qu’ a aller dans n importe quel champs et vous verrez à combien de millimètres sont ensevelis les grains à la première semaine de soleil ces plantes deviennent secs cette année en est la preuve il a suffit d’un mois sans pluie et la différence est bien claire entre ceux qui ont travailler leurs terres selon les normes agricole et ceux qui utilisent le coovercrop comme unique outil de travail.

    • Agronome Says:

      Si Hassane,
      « El mahradh ‘adou al ardh » dit cet ingénieur dans la vidéo à 1’25 ».
      Cela réduit l’érosion. Par ailleurs, les charges de mécanisation sont moins élevées. Pour un agriculteur c’est fondamental.

      UNE VIDEO FONDAMENTALE
      Agriculture de conservation en Algérie Part 2 … – YouTube
      ► 12:55► 12:55
      http://www.youtube.com/watch?v=M_xFH72HO9c
      13 nov. 2012 – Ajouté par Hamoudi Chellal

      Regardez aussi la Part1.

      UN DOCUMENT SUR LES RESULTATS DE 15 ANS D’ESSAIS
      le semis direct potentiel et limites pour une a – Maroc
      http://www.un.org.ma/IMG/pdf/CEA_09_fr.pdf
      Expérience de la pratique du semis direct au Maroc : de la recherche …. une couverture végétale constituée de résidus et de pailles

      ps: est qu’il pleut à l’intérieur du pays?

      • hassane Says:

        salut agronome excuse le retard. en première je répond à ta question s’il pleut à l’intérieur désolé je suis au nord du pays et il y a eu de belles averses ces trois derniers jours.
        à travers la vidéo sur le semi direct si tu connait bien le pays et là je te parle de l’ouest tu doit savoir la qualité de nos sols, et les terres fertiles sont peut le restes des champs ont un sol très très pauvre or cette technique demande une terre fertile et une pluviométrie régulière or ici il suffit d’un mois sans pluie et le sol devient comme du béton nous ne pouvons pas comparer nos fellahs a ceux de nos voisins ou autres car ceux là ne comptent sur personne mais seulement sur la qualité de leurs travail à titre comparatif le climat de l’afrique du nord est le même alors pourquoi les autres réussissent et les notre pas es que vous avez vus un autre pays qui finance entièrement à la charge de l’état un programme de plantation de vigne ( programme dont vous devez savoir les causes) et des vignes ont étés plantés ensuite arrachés nos fellah ne sont plus les fellahs d’antan mais des bricoleurs qui cherchent a pratiquer l’agriculture sans dépenses .

  75. ait abderrahim mahmoud Says:

    BONJOUR A TOUS

    Un principe a retenir d’urgence !!!

    Il n’y a pas de solutions miracles ni de solutions durables ; la vie est faites d’équilibres instables

    Les algériens sont biens placés pour savoir qu ‘une solution indispensable et obligée un certain temps , peux si elle persiste à contre courant se transformer en enfer …

    Il n’est pas du tout sérieux de présenter les techniques simplifiées comme des techniques simples à mettre en oeuvre

    Il faut passer des heures et des heures a attendre même des nuits aux portes des docks pour constater que la dream team à encore du travail sérieux à faire

    Malheureusement cette année ce ne sera pas le cas , et il serait intéressant de voir les rendement chez les agriculteurs qui ont procéder à des labours et ceux qui ont pratiquer le semis direct

    d’ailleurs personnes n’ intègrent le surpaturage qui affectent les meilleurs terres de céréales

    Pendant longtemps l idéologie et ou l’hypocrisie régnante préférait des agriculteurs pauvres pour tout le malheur de notre pays et pour le bonheur des agriculteurs étrangers trop content de nous envoyer leur surplus

    yaad ouahdaa maa tssefek il ne s’agit de savoir si un ou deux agriculteurs par wilaya arrivent a des rendement de 60 ou 80 qtx à l hectrare , le rendement ne se mange pas , c’est la production totale produite qui se consomme , et c est le rendement moyen et marge à l hectare dans une exploitation qui compte sans parler de toutes las activites complémentaires mie en place au sein de l exploitation.

    c’est la place de l’agriculteur et de l’eleveur qui produisent de la valeur qui est a revoir au sein de la société algérienne ; quand on importe des milliers de tonnes de poudre de lait , c est une concurrence déloyale est imbattable qui est imposé à nos éleveurs

    dieu merci j’ai vendu au bon moment et au bon prix toutes mes vaches cette annee ouf… et si le prix du lait produit localement persiste à être payer à 42 da le litre , il ne faudra pas sortir de st cyr pour prévoir la disparition de beau coups d éleveurs laitiers

    Certaines subventions destinées à la conssomation sont un véritable pillages de nos richesses sans parler du gaspillage et aux comportements quelles induisent

    Pour revenir vers les semences , le choix que nous proposent la ccls est extrêmement réduits et concernant les variétés de ble tendre c est encore pire )

    Pour l’irrigation l’administration algérienne veut combattre la sécheresse par fax , sur le terrain je vous assure que nous n’avons rien de sérieux qui nous ai proposé sérieusement , la pluie tombe ; l’eau coulent , nous la voyons passé , nos demandes de retenues col linaires se perdent dans les tiroirs …

    L’administration agricole n’a aucun objectifs de rendements et leurs salaires ne s’établit pas en fonction de la production réellement produite ( et pour ce qu il font , je trouve qu ils sont très très bien payé!!! )

    Concernant le matériel mécanique et le matériel disponible , la majorité est importé parfois de qualité douteuse sans parler de l inexistence de centre de formation de qualité pour former nos chauffeurs et surtout des mécaniciens de qualité capables de réparer les tracteurs de fortes puissances et ayant intégré dans leur cursus les nouvelles technologies

    Avec un peu de volonté , d un poste à souder et du fer acheter à la casse , je viens de construire une bineuse qui m’a permis de semer et biner 10 hectares de fèves

    abientot car je fauche mon fourrage demain que je souhaite vendre le plus cher possible vu le travail qu il faut pour le produire et le collecter

    • Agronome Says:

      Une technique qui peut vous intéresser pour vos semences de fèves et éventuellement pour les céréales. Pourquoi ne pas traiter les semences de vos voisins avec un tel matériel (il y en a de plus petits)…

      Remarquez le traitement anti-mildiou des semences. Il protège assez longtemps la plante.

      La semence autoproduite, un gage de confiance – YouTube
      ► 3:33► 3:33
      http://www.youtube.com/watch?v=N-oqfVDvAnQ

  76. Agronome Says:

    Si Benyoucef. Vous parliez de l’importance de la matière organique pour les parcelles de blé et la nécessité de récupérer tout ce qui peut enrichir le sol.
    Il y a aussi l’irrigation d’appoint. C’est bien que l’OAIC développe cette technique.

    Cette opération d’irrigation est un grand succès et cela à double titre.
    Tout d’abord, aussi inimaginable que cela puisse se concevoir, l’option de l’irrigation des céréales n’a jamais été une option de l’Ecole agronomique algérienne. A ce titre, c’est un grave échec. L’idée défendue a toujours été de développer la pratique du labour profond afin d’emmagasiner l’eau de pluie ou d’utiliser des variétés plus résistantes à la sécheresse. Ce retard dans cette prise de décision reste un mystère qu’il s’agira d’élucider grâce au travail de quelque thésard minutieux. Car, il faut savoir que dès le milieu des années 70 quelques pionniers à l’INA d’El Harrach ont proposé cette stratégie. Certes, le niveau des réserves en eau de l’époque était loin de celui d’aujourd’hui, mais comment expliquer ce retard ? Sans vouloir tomber dans la vaine polémique, pourquoi plus d’agronomes n’ont pas été convaincu de l’intérêt de ce procédé et pourquoi plus d’agronomes n’ont pas alerté les autorités politiques ?

    Aussi, la stratégie d’irriguer les céréales est d’abord en Algérie, une victoire de la pensée (comme l’est actuellement l’option de l’abandon du labour pour le remplacer par le semis direct). Les autorités ayant pris ce tournant stratégique sont à féliciter. Attention, il ne s’agit pas là de l’irrigation continue sous pivot dans le grand sud algérien en milieu aride mais de l’irrigation d’appoint en milieu semi-aride.

    La stratégie d’irriguer est également un succès par la façon dont elle est conduite : utilisation de capacités matérielles nationale (matériel d’Anabib), montage des opérations de financement de l’équipement où l’OAIC se porte garant vis à vis d’Anabib et permet au céréalier de rembourser son emprunt par des versements en grains. C’est de l’inédit ! C’est bien pensé. La presse et les thésards devraient approfondir l’étude de ce montage qui honore ses concepteurs dont l’OAIC et en particulier son management actuel ou passé dont Mr Nourredine Kehal.

    Ceci dit les objectifs prévus pour 2014 et annoncés dès 2011 ne semblent pas totalement atteints. De même que l’annonce de 600 000 ha signifie-t-elle une surface réellement irriguée ou dotée de moyens et susceptible de l’être?

  77. C’est bon d’avoir de bonnes nouvelles de temps à autre et de voir que de bonnes choses sont réalisées dans notre pays.
    A noter aussi l’initiative prise par PMAT qui consiste à donner une moissonneuse neuve à tout paysan qui envoie à la casse sa vieille machine. L’opération a été menée avec succès en partenariat avec les entreprises publiques de récupération de ferraille.
    Bonne continuation pour notre bien à tous.

    • Agronome Says:

      Effectivement, il s’agit là de bonnes nouvelles.
      La construction de matériel agricole par le secteur public ou privé constitue un sérieux atout pour l’agriculture.
      Chacun a pu voir dans les champs les nouvelles moissonneuses-batteuses de marque Sampo produites par CMA avec un taux d’intégration qui devrait être porté à 62% dès 2014. Ces machines permettent de renouveler un parc vieillissant et de développer le chargement en vrac des remorques de céréales en remplacement de la technique en sac. Il y a cependant d’autres réalisations moins mises en avant par la presse nationale mais d’une aussi grande importance.

      IC’est le cas des planteuses et ramasseuses de pomme de terre. Ces engins permettent une mécanisation de la culture de pomme de terre, denrée devenue aussi stratégique que les céréales. Citons également la production locale de pulvérisateurs et d’atomisateurs pour le traitement des cultures contre les ravageurs. Trop souvent on constate que plantation de pomme de terre et arrachage sont réalisés manuellement. La mécanisation permet d’étendre les surfaces et de réduire le coût de production.

      Ainsi, outre la mécanisation des cultures, il est progressivement possible de traiter de protéger de plus grandes surfaces contre les prédateurs. Il faut savoir que désherber un champs permet d’augmenter les rendements de 50%. Protéger le blé contre la rouille jaune permet d’éviter des pertes de 60%. C’est dire combien la disponibilité toujours plus grande de ces engins est source d’augmentation de la production.

      Un autre succès des entreprises publiques de matériel agricole concerne la production locale de chisels et de roto-herses. Les premiers permettent de ne pas recourir à la charrue et de procéder à des « techniques culturales simplifiées » aussi efficaces ou voire plus qu’un labour mais plus rapides et moins couteuses. Quant aux roto-herses, elles permettent d’affiner le lit de semences bien mieux que le seul traditionnel cover-crop, unique instrument jusque là disponible dans les exploitations. Cette roto-herse semble avoir été conçue par la seule technologie locale. Ses concepteurs sont à féliciter. Il est d’un bon augure pour une meilleur qualité d’implantation des céréales et pourrait même, dans l’hypothèse d’un retour de la culture de betterave sucrière, s’avérer être un outil fondamental.
      Il reste d’autres équipements à proposer aux fellahs: mini-station de traitement de semences, herses étrille pour désherber mécaniquement les cultures, ensileuses pour fourrages verts, …
      Cependant, l’équilibre financier de PMAT et des entreprises publiques semble fragile. Elles devraient étoffer leur force de vente face aux importateurs privés. Qu’en sera-t-il en 2020 si l’Accord d’Association avec l’UE fait que les produits européens entrent en Algérie sans droits de douanes? Il nous semble que les gestionnaires de ces entreprises devraient avoir plus d’autonomie de gestion et financière. A eux également de savoir puiser dans le vivier de la recherche universitaire locale et de valoriser le savoir faire de leurs collaborateurs par des primes à l’innovation (pourquoi ne pas envisager des primes comme dans les usines allemandes?). A eux également se savoir nouer des partenariats de sous traitance et de co-production avec le secteur privé: Ets Djoudi Métal à Alger, Toufik Trailor à Batna, …
      Ne pas savoir s’adapter, c’est risquer de disparaître.

  78. Aziz Says:

    bravo a tous les paysans d ‘ Algérie.
    bravo a tous les responsables d ‘ Algérie.
    je suis vraiment content.
    il faut encourager ce beau monde et les soutenir.
    l ‘état doit intervenir a tous les niveaux.
    nos scientifiques doivent savoir et profiter des nombreuses expériences réussies qui ont eu lieu dans des pays au climat similaire a l ‘ Algérie.
    le chemin est encore long certes, mais un grand bravo a tous ce beau monde.

    Aziz algérien au canada.

    • Agronome Says:

      1-Vous avez raison de féliciter les acteurs de la filière agricole dont les agriculteurs. Voyez ce que dit l’agroéconomiste Omar Bessaoud à propos du développement agricole: « L’enjeu, peut être plus modeste, mais plus ambitieux à long terme est de valoriser les ressources locales, l’ingéniosité et la force de travail du million de familles paysannes. Elles occupent des territoires locaux, où l’avenir de l’agriculture et l’élevage repose d’abord sur cette fabuleuse capacité de flexibilité et d’adaptation à leur environnement que les éleveurs et agriculteurs des zones semi-arides ont su sauvegarder ».

      Pour se convaincre de la rudesse de leur tâche ce survol d’avion donne un aperçu:
      Vue Aérienne De Sétif à Béjaïa En Avion – YouTube
      ► 10:56► 10:56
      http://www.youtube.com/watch?v=oWfctF-Mavg

      2-Quant à apprendre de l’expérience des « pays au climat similaire », je suis entièrement de votre avis. A ce titre, il nous faut étudier les expériences agricoles marocaine et espagnole bien riches en enseignements.

      • aziz de Montréal - canada Says:

        bonjour a tous,

        merci pour cette merveilleuse vidéo. cela montre combien notre pays est beau. la région de Sétif est une région a vocation agricole.
        et cette magnifique baie de Bejaia, c’est tout simplement merveilleux.
        encore merci et merci.
        vous avez raison de citer des pays comme le Maroc et surtout l’Espagne, un pays tout a fait similaire au notre dans sa partie sud.
        moi j’ai parcourue toute la cote espagnole de malaga jusqu’ a Paris, c est merveilleux lorsque l’on voit comment sont travaillés les flancs de montagne. c’est superbe.
        il faudrait profiter de l’expérience de ces pays la, parce que ils sont tout proches de nous.

        en tout cas merci et a la prochaine

  79. BADREDDIEN BENTOUCEF Says:

    Rebonjour , Djamel,

    Dans mon premier message j’ai juste oublié de parler du financement agricole.

    En 2012, j’ai effectué 7 voyages dans le cadre de ma tentative de retourner au pays pour participer à l’essor de la prodcution céralière.

    Le PDG de la BADR a même refusé de me recevoir !…

    Je te mets le copier-coller de la réponse d’un très haut cadre algérien, qui ayant lu le courrier final que j’avais envoyé à ce gros plein de soupe boualem djebbar PDG de la BADR….

    Tu pourras lire le lien courrier en suivant le line suivant :

    http://lequotidienalgerie.org/2012/10/10/on-acheve-bien-les-cadres-qui-veulent-retourner-au-pays/

    Ci-joint réponse du cadre qui a lu ma lettre :

    M. Benyoucef Badreddine,

    Ne mettant ni en doute ni votre probité ni votre louable initiative et tout autant consterné par ce mépris affiché a votre égard par des « institutions » de l’Etat, mais au regret de le dire ce pays en tant que tel n’existe plus.
    Ma naïveté tout autant que la votre est de croire qu’un capital de 20 millions de dinars représente encore quelque chose en Algérie, a l’exemple d’un médecin qui perçoit 70.000 DA/mois et pour cumuler un tel capital il lui faut travailler 3 siècles.

    Par contre en ALGIRÉÉÉE (one two three viva… ) un bon resto pour 4 personnes revient a 15.000 DA, une voiture décente frise le million de DA et un simple F3 dans une cite dortoir se revend cash au voisin de palier pour la modique somme 15 millions de DA, une villa presque centenaire se fourgue a 150 millions de DA, parce que sise a Hydra. Dans une simple agence bancaire d’une banlieue de la capitale on peut y détourner facilement 20 MILLIARDS de dinars. Un capitaine d’industrie sur la revente de margarine et d’huile se targue après 15 ans d’existence de pouvoir investir en milliards de dollars, un autre qui fait dans la tomate s’adonne a de pseudo œuvres caritatives pour faire bon citoyen, tout autant que celui qui fait dans le bâtiment et en moins de 10 ans se paye un club de foot pour la bagatelle de 70 milliards de centimes et pourvoit au salaire d’un joueur a hauteur de 2,5 millions DA/mois.

    Alors M. Badreddine ce DG, qui marine dans sa vertu ne peut vous considérer en tant que tel, vous êtes l’antinomie de ce qu’il représente, vous ignorez les règles plus élémentaires de l’investissement et en plus vous faites dans le parjure, presque de l’infamie, d’abord vous osez vous présenter a lui sans parrainage et en plus vous faites preuve de négligence envers sa personne, même pas un petit quelque chose pour lui en retour, une petite voiture pour son rejeton ou a défaut un petit voyage tous frais payes au pays des gaulois proposés autour d’un bon gueuleton dans un resto branché. Rien de tout cela. Comment voulez-vous qu’il puisse vous percevoir avant de vous recevoir?

    Mon cher compatriote, pour avoir connu tant de personnes comme vous victimes de leur intégrité face a ce capharnaüm d’institutions qui n’ont de façade que le nom alors je vous invite à émarger aux illusions perdues

    « P’t…. de nous autres » nous sommes tombés si bas.

    Avec le partage de votre affliction toute ma cordialité.

    Bien à vous

    =======================================

    Djamel, je te reprends pour conclure :

    Alors, tu vois cher ami, il ne s’agit pas de bonne volonté comme la tienne mais il faut tenir compte de la réalité du terrain.

    Par exemple, pour illsutrer mon propos, si tu prends le P-dg, M. Belabdi Mohamed, que je ne connais ni d’Eve ni d’Adam, si tu grâtes juste un peu, tu découvriras qu’il est piloté par un quelcoqnue ponte et qu’il ne doit faire que de la figuration et IL DOIT EL SAVOIR…. Alors, il bougepour fair semblant et pour brasser du vent !…

    Par contre, pour les humbles agriculteurs qui obtiennent de bons rendements, alors-là, oui je suis entièrementd’accord. Si j’étais décideur, j’ordonnerais de suite le renouvellement gratuit de leur parc (tracteurs, moissoneuses batteuses, véhicule de transport et même aide financière conséquente pour q’uils améliorent substantiellment leur cadre de vie. Je précise bien sous forme de subvetion « remboursable »… ¨Pardon pour le lapsus mais c’est volontaire pour la compréhension.

    Et mettre en place de suite « des portes ouvertes » où ils pourront vulgariser leur savoir.

    Alors !…. J’espère que le débat avance.

  80. BENYOUCEF BADREDDINE Says:

    Bonjour Si Djamel, bon article avec cependant des oublis de taille et je pense que tu ne connais pas la réalité algérienne, toi qui a sillonné toutes les plaines de l’Aurès.

    Tout d’abord, je ne comprends pas ce réflexe algérien qui veut de vouloir distinguer à tout prix quelqu’un, de l’extirper de l’endroit où il excelle et le mettre dans un endroit inadapté. Ceci pour ta proposition de confier des responsabilités aux céréaliers méritants. Je serais plus d’accord si ces mêmes personnes pilotent des stages « dans leurs régions » pour entraîner leurs voisins et non les parachuter à Alger où ils se noieront dans la médiocrité.

    Merci de citer Bessaoud, Bedrani et autre, qui sont pour ma part des théoriciens qui n’ont jamais mis les pieds dans un champ et d’avoir oublié l’exilé de Nîmes qui a usé ses culottes dans une parcelle de 10 hectares à El Khroub et qui a prouvé que produire plus de 80 q/ l’hectare n’était pas du tout une sinécure. Je tenterais de mettre en fin d’article le copier-coller de la page de ma thèse qui avait obtenu en son temps la note de 88/100 attribuée par la communauté internationale… Il s’agissait de supprimer la jachère en introduisant la luzerne médicago truncatula… Oh tout simplement supprimer la jachère tout court en adaptant le semis direct et là on gagnerait 3,5 millions d’hectares… Je ne sais pas si tu réalises… On doublerait instantanément la production !… Et de cela, PERSONNE ne parle….

    C’est vrai, que ma seule tare est d’avoir abandonné le milieu depuis déjà une vingtaine d’années. Mais, tout de même, m’oublier comme tu l’a fait… Je mettrais du temps pour m’en remettre… A moins que tu ne sois pas au courant des mes travaux, toi qui m’avait connu dans le monde restreint de avicultrice. Auquel cas, tu es pardonné !…

    Pour les autres opérateurs, nul doute que tu as entièrement raison.

    Pour ta gouverne, je viens de transmettre à Monsieur le 1er ministre une demande de concession de terre dans la bande céréalière. J’ai la promesse que ma demande lui soit transmise EN MAINS PROPRES…. Et s’il me répond positivement, prépares-toi à m’accompagner au bled pour au moins 2 ans et on mettra en pratique nos connaissances….

    Sauf, que je n’ai pas tout dit et qui relève de mes compétences, à savoir la résistance du monde rural à tout incursion extérieure et surtout la tradition désormais établie au pays qui veut que l’on soit chapeauté par une ponte du régime pour faire quoi que ce soit. J’ai refusé une telle proposition en 2012 et je refuserai sans doute la prochaine si elle accompagnée par un parrainage quelconque.

    Ceci pour te dire, que tous les opérateurs que tu as cités, je dis bien TOUS, mangent dans la gamelle, soit d’un général, soit d’une ponte quelconque… Et tu sais très bien cher Djamel, que je ne mange pas de ce pain-là !…

    C’est tout même terrible que l’on communique à travers un site. Doit-on remercier notre ami Mohamed NaIli ????

    L’exilé de Nîmes…

    Ci-joint en copier-coller ma thèse que tu pourras obtenir tout seul en tapant les mots clés suivants : BENYOUCEF BADREDDINE CEREALES….

    Bonne lecture :

    : Thèse répertoriée et mise en grande culture en 1975 à la station expérimentale d’El Baraouia El Khroub (wilaya de Constantine).
    Titre : Essai de charge sur une prairie
    de Luzerne annuelle
    ( (Medicago Truncatula « Jemalong »)
    Type de document
    Texte imprimé
    Auteurs : Badreddine Benyoucef, Auteur

    L Langues Français (fre)

    Mots-clés : Agriculture : Agronomie appliquée
    Luzerne

    Index. décimale : 633.3 Légumineuses (luzerne, trèfle)

    Essai de charge sur une prairie de Luzerne annuelle (Medicago Truncatula  » Jemalong « ) [texte imprimé] /,
    Auteur. – , 1975
    Notation : 88 / 100

    Mots- mots clés Agriculture Agronomie appliquée
    Luzerne

    Index. décimale : 633.3 Légumineuses (luzerne, trèfle)

    • Agronome Says:

      Bonjour Si Badredine. Merci d’avoir pris le temps de lire cette réflexion sur notre « Dream Team » et d’y apporter des commentaires. Cher Badredine, nous allons préciser pour ceux qui nous lisent que nos nous connaissons depuis plus de 20 ans et qu’à Batna nous rêvions à l’époque d’investissements agricoles.

      Ceci dit, ya Si Badredine, je vais essayer de reprendre point par point vos remarques.

      1-Vous écrivez, « bon article avec cependant des oublis de taille et je pense que tu ne connais pas la réalité algérienne, toi qui a sillonné toutes les plaines de l’Aurès ».

      Merci, d’apprécier l’article. Certes il y a des oublis et dès que je l’ai mis en ligne, je m’en suis rendu compte. Ainsi, je lisais hier l’article d’El Watan sur la rencontre nationale organisée par ACI à Mila sur le semis direct. L’initiative de cette société d’agro-fournitures dirigée par Mr Rabah Allam est à encourager ; de même quant à Mme Benali, animatrice de cette rencontre.

      2-Vous écrivez : «Tout d’abord, je ne comprends pas ce réflexe algérien qui veut de vouloir distinguer à tout prix quelqu’un, de l’extirper de l’endroit où il excelle et le mettre dans un endroit inadapté. Ceci pour ta proposition de confier des responsabilités aux céréaliers méritants».

      Je comprends votre étonnement à cette proposition, surtout dans le contexte actuel où certains scandales immobiliers parisiens font la une de notre presse. Mais, les pouvoirs publics ne peuvent pas mettre un administrateur derrière chaque fellah pour que les rendements augmentent. Par contre, ils peuvent leur confier des responsabilités et garder ce pouvoir régalien du contrôle. En France, les coopératives agricoles céréalières sont des entreprises prospères. Leurs adhérents y possèdent des parts sociales et élisent un conseil d’administration de paysans qui élit un président paysan. Et c’est ce CA qui recrute un directeur ainsi que les salariés de la coopérative. En Algérie, dans le domaine de l’apiculture, il existe déjà de telles coopératives très dynamiques.

      Puis, il faut se rappeler que durant la guerre de Libération Nationale, à côté des urbains, la paysannerie algérienne a donné beaucoup de cadres (lire à ce propos le témoignage de la vie dans les maquis « Journal de Marche » paru aux éditions SNED 1965 de Abdelhamid Benzine). Pourquoi des paysans qui ont commandé des hommes au combat ne seraient-ils pas aptes à co-gérer des CCLS, par exemple ? Certes, il faudrait aider à faire émerger les leaders et organiser des formations de ces cadres paysans comme l’a fait l’IFOCAP en France dans les années 50 avec le dynamique Michel Debatisse (voir sur you tube la vidéo « Les 50 ans de l’Ifocap »). Mr Mohamed Belabdi (DG de l’OAIC) pourrait en prendre l’initiative. De même que les universitaires et les directeurs de DSA.

      3- Vous parlez d’un oubli malheureux : « d’avoir oublié l’exilé de Nîmes qui a usé ses culottes dans une parcelle de 10 hectares à El Khroub et qui a prouvé que produire plus de 80 q/ l’hectare n’était pas du tout une sinécure. (…). Il s’agissait de supprimer la jachère en introduisant la luzerne médicago truncatula… Oh tout simplement supprimer la jachère tout court en adaptant le semis direct et là on gagnerait 3,5 millions d’hectares… (…). On doublerait instantanément la production ! ».

      Milles excuses. Barak’Allah oufik pour ce travail. Vous faites partie de ces universitaires anonymes qui oeuvraient pour le bien du pays. Il serait bien difficile de les citer tous. Mais sur cette question du médicago citons les efforts inlassables du Pr Aïssa Abdelguerfi de l’INA d’El-Harrach. Et puisque nous avons travaillé tous les deux à l’Institut agronomique de Batna, citons les efforts d’un organisateur remarquable : Mr Hamdi Pacha, premier directeur de cette structure (il nous disait à l’époque en feuilletant son agenda : « nous avons fait plus de 100 réunions de travail en deux ans) ou les efforts scientifiques du Pr Amor Halitim qui a formé toute une génération d’agronomes. « Allez participez dans les séminaires scientifiques ! Publiez !» nous disait-il à l’époque et s’inquiétait quand il nous voyait parfois sortir à 17h en même temps que les étudiants. Travailleur infatigable, il nous disait « la journée de travail d’un enseignant chercheur ne doit pas se terminer dès 17h » ou nous apprenait la rigueur en nous racontant ses années de thèse à l’INRA en France. Ainsi, alors qu’un jour il posait une question son collègue de bureau celui lui avait répondu : « je veux bien qu’on discute, si vous voulez, on va prendre rendez-vous ».
      Oui, il y aurait du monde à nommer. Déjà, simplement en considérant le petit cercle de l’époque. Mais combien d’équipes, à travers le pays travaillent à la réussite de la céréaliculture ! Et combien de jeunes collègues talentueux, viennent se rajouter à cette Dream Team.

      4- Vous écrivez : « C’est vrai, que ma seule tare est d’avoir abandonné le milieu depuis déjà une vingtaine d’années. Mais, tout de même, m’oublier comme tu l’as fait… Je mettrais du temps pour m’en remettre… A moins que tu ne sois pas au courant des mes travaux, toi qui m’avait connu dans le monde restreint de l’aviculture. Auquel cas, tu es pardonné !… ».

      Ya Si Badredine, vous avez une riche expérience dans la mise au point du système blé-médicago, l’analyse des politiques agricoles et dans l’aviculture que ce soit sur le territoire national ou à l’étranger. A mon humble avis, il vous faudrait prendre la plume pour témoigner de cette belle expérience. Combien aujourd’hui de jeunes agronomes sont à la recherche de documents techniques et d’expériences. Témoignez ! Vous avez cette facilité à écrire. C’est un don du Ciel. Faites partager nos jeunes de vos travaux et votre expérience. Pour ma part, je n’y manquerais pas de m’y plonger.

      Et que ce soit là l’occasion de proposer aux cadres agronomes où qu’ils soient d’écrire pour témoigner d’expériences vécues, mais aussi de photographier ou de filmer et de poster sur les réseaux sociaux.

      5- « (…) je viens de transmettre à Monsieur le 1er ministre une demande de concession de terre dans la bande céréalière. J’ai la promesse que ma demande lui soit transmise EN MAINS PROPRES…. Et s’il me répond positivement, prépares-toi à m’accompagner au bled pour au moins 2 ans et on mettra en pratique nos connaissances…. ».

      Quelle énergie ! Quel punch ! Quelle chance a le pays de posséder des gens si engager. La proposition est séduisante…

      6- « Sauf, que je n’ai pas tout dit et qui relève de mes compétences, à savoir la résistance du monde rural à tout incursion extérieure et surtout la tradition désormais établie au pays qui veut que l’on soit chapeauté par une ponte du régime pour faire quoi que ce soit. J’ai refusé une telle proposition en 2012 et je refuserai sans doute la prochaine si elle accompagnée par un parrainage quelconque».

      Ce sont là des questions qui me dépassent. En matière de développement agricole, ce que fait un Slim Othmani PDG de la marque de jus Rouiba est intéressant. Il a l’air dynamique, parle de management, d’encourager la mobilisation de l’épargne vers le secteur des PME à travers la bourse d’Alger et semble vouloir faire preuve d’indépendance vis-à-vis de tout « pouvoir ». Sauf que tout investisseur national ne doit jamais oublier qu’ils bénéficient d’un marché fermé (à l’abri de la concurrence internationale) et de consommateurs au bon niveau de vie grâce à la rente pétrolière. Pour en revenir à NCA Rouiba, il serait bien qu’à l’image du succès du Groupe Benamor dont l’action a permis de tripler le rendement de la tomate industrielle, Mr Slim Othmani encourage la production d’agrumes ALGERIENS au lieu d’utiliser du concentré brésilien pour les boissons qu’il met sur le marché.

      7- « Ceci pour te dire, que tous les opérateurs que tu as cités, je dis bien TOUS, mangent dans la gamelle, soit d’un général, soit d’une ponte quelconque… Et tu sais très bien cher Djamel, que je ne mange pas de ce pain-là !… ».

      Je ne suis qu’un modeste observateur qui ne voit que ce qui est écrit dans la presse nationale et les articles universitaires. Le reste… Votre pain est hllal. J’ose croire que la filière céréalière se développe dans la bonne direction grâce à des acteurs économiques patriotes. Nous n’avons qu’une Algérie. Réussissons son développement économique.

      Laissons la parole à Mr Omar Bessaoud : « Il serait illusoire de penser l’avenir de l’agriculture algérienne, uniquement au travers du filtre d’entreprises agro-industrielles virtuellement exportatrices. L’enjeu, peut être plus modeste, mais plus ambitieux à long terme est de valoriser les ressources locales, l’ingéniosité et la force de travail du million de familles paysannes. Elles occupent des territoires locaux, où l’avenir de l’agriculture et l’élevage repose d’abord sur cette fabuleuse capacité de flexibilité et d’adaptation à leur environnement que les éleveurs et agriculteurs des zones semi-arides ont su sauvegarder jusqu’ici ».

      8- « C’est tout même terrible que l’on communique à travers un site. Doit-on remercier notre ami Mohamed NaIli ???? ».
      Oui, Mr Mohamed Naïli est à remercier pour son hospitalité.

      • BENYOUCEF BADREDDINE Says:

        Djamel, cher patriote, bonsoir,

        Merci pour la réponse et je pense que ton expérience est aussi précieuse que la mienne si ce n’est plus car tu as l’art de compiler les données agronomiques et le site que tu as créé est un outil précieux pour les agronomes. Tu me rappelles le prof français qui écrivait de beaux livres sur l’agriculture et avec lequel me semble-t-il tu as déjà travaillé.

        Rien qu’à voir la jolie vidéo que tu as montré sur le survol de Sétif-Béjaia est un enseignement de qualité. Je l’ai déjà dit dans un article, qu’il suffit de survoler le territoire algérien pour se rendre compte de la déliquescence de l’agriculture algérienne. Par exemple, sur cette même vidéo on aperçoit un barrage plein d’eau et pas une parcelle verte dans le pourtour. C’est symptomatique du désastre de l’agriculture algérienne. Sous d’autres cieux et pour ne citer que l’Espagne, le pourtour d’un tel barrage aurait été une mer de serres d’où sont exportés des produits maraîchers vendus dans l’Europe toute entière.

        Et puis, il y a un autre problème qui ne verra sans doute pas de solution avant longtemps. C’est le morcellement des terres… On ne peut faire de l’agriculture intensive sur des micro-parcelles. La France a compris ce problème il y a bien longtemps en opérant au remembrement des parcelles. Tu proposes une telle solution à la paysannerie algérienne et tu peux être assuré d’une jacquerie qui enflammera les campagnes algériennes. e

        Mais, tous ces problèmes vont avoir une solution imposée par ce qui attend désormais notre pays. Tu gagneras à lire un article paru ce jour sur El Watan-électronique où Ghozali l’ancien premier ministre parle de l’après pétrole. Sais-tu que dans moins de 5 ans, l’Algérie ne produira comme gaz juste pour la consommation interne. C’est-à-dire que la fin de la rente est pour demain.

        Et là, tu verras, on verras que le génie algérien renaîtra de ses cendres et tu verras si on laissera 3,5 millions d’hectares en jachère tous les ans !… On sera obligés de retrousser les manches pour cultiver même les bas côtés des routes et ce ne sera pas une mauvaise chose. Il n’y aura rien à récolter pour tous les flibustiers qui ont mis à genoux notre beau pays. Mais, ne t’en fais pas pour eux, ils ont déjà préparé de doux coins qq part en Europe et ailleurs et ils seront tranquilles pour des générations.

        C’est juste par déformation professionnelle que j’ai conclu sur cette note à propos des responsables qui ont avili le peuple algérien, peuple valeureux s’il en est et qui a prouvé par le passé qu’il a toujours surmonté les vicissitudes de la vie.

        En conclusion, je reste optimiste pour l’avenir de notre beau pays et c’est pourquoi si on me répond positivement à propos de la concession (je t’avoue que je suis très sceptique…), eh bien, je passerai les qq années que Dieu me réserve à mettre en grandeur nature la culture du médic en association avec du blé dur et prouver à la communauté scientifique que produire 80 quintaux de blé dur à l’hectare est une réelle possibilité.

        J’aurais continuer mon intervention pour te parler de la vertu d’une telle association mais c’est un autre débat.

    • Agronome Says:

      Ya Si Badredine, vous proposez d’aller cultiver une concession de 50 hectares.
      Il faudrait vous rapprochez de Mr Zoubiri Hakim. Ce jeune a un punch d’enfer.
      Voyez la vidéo suivante (et regardez toutes les vidéos qu’il a produit. Il s’est même lancé dans les vergers d’olives):

      1)Vidéo sur les parcelles qu’il travaille en Midtidja: http://youtu.be/wR_Fh37VTqI

      2) Une autre vidéo qui montre l’attachement des vieux agriculteurs au labour (technique aujourd’hui dépassée!). Regardez sur la vidéo la taille des mottes de terre après le labour: on dirait des parpaing! Imaginez le nombre de litre de fuel qu’il a fallu pour tirer la charrue dans ce sol argileux et le nombre de passages de cover-crop nécessaire pour réaliser le lit de semences.

      La vidéo: en question

      ZOUBIRI Hakim partenaire avec ITELV – YouTube
      ► 1:58► 1:58
      http://www.youtube.com/watch?v=OY6LUMbAxGE
      23 sept. 2012 – Ajouté par ZOUBIRI Hakim

      La solution nouvelle est d’abandonner la charrue et laisser les vers de terre faire des galeries et semer avec un semoir de semis direct:

      Voir les travaux sur l’’Expérience de l’agriculture de conservation en Algérie
      Presented by : Mme ZIZA Fatima Zohra
      INRAA Researcher in the laboratory of Soil Science
      CRP Mehdi-Boualem, Baraki ( Algeria)
      Mail professionnel: zizafatimazohra1@gmail.com

      PRESENTATION DIAPO (seul document algérien où on voit des vers de terre).
      http://www.minagri.dz/…/L_Experience_de_l_Agriculture_de_Conservation_e...
      œuvre de la technique du semis direct sous couvert végétal, fondée sur quatre principes …. niveau de la station de recherche INRAA,localisée à Mehdi-boualem …

      3) La nouvelle technique du semis direct sans labour.
      3.1: Deux vidéos à voir absolument. Des agronomes algériens sur le terrain montrant cette technique révolutionnaire qui réduit les charges de mécanisation:

      Agriculture de conservation en Algérie Part 1 الزراعة المحافظة …
      ► 13:22► 13:22
      http://www.youtube.com/watch?v=1RzgeqGrydU
      13 nov. 2012 – Ajouté par Hamoudi Chellal

      L’agriculture de conservation en Algérie – P2 – YouTube
      ► 12:55► 12:55
      http://www.youtube.com/watch?v=VnzXr7yg3pk
      11 janv. 2013 – Ajouté par Yac Ine

      CONCLUSION: Ya Si Badredine, si vous obtenez une concession agricole, je vous conseille de tout faire pour vous procurez un semoir de semis direct. En plus comme cet engin travaille vite, après avoir réalisé vos semis vous pourrez même aller semer chez vos voisins et avoir ainsi une activité d’entrepreneur de travaux agricoles.

      • BENYOUCEF BADREDDINE Says:

        Si Djamel,

        Merci pour tous ces conseils.

        Tu dois savoir, Toi l’agronome, toi le fou rural !… que le poids de la matière organique contenue dans les 30 centimètres de la croute terrestre pèse plus que tout ce qui est contenu sur la terre (bâtiments et autres…) ? C’est dire l’importance des cette couche terrestre qui a été hélas détruite en partie par l’homme.

        Tu dois savoir que le niveau de pollution de cette croute des 75 dernières années est plus grand que celui depuis la création de l’univers !…

        Je souhaite et rêve pratiquer l’agriculture pensée par Monsieur Rabhi et je serai sans doute un adepte d’abord du semis direct, ça tu l’as relevé, mais je traquerais tous les débris verts « jetés  » dans le pays pour enrichir mes sols.

        Donc, mis à part le semoir, je compte même en acquérir 2 avec des longueurs de travail différentes pour m’adapter à tous types de sols, l’achat de 2 camions de 3 tonnes que je bricolerais en camions-poubelles et bien sûr le recrutement de 2 jeunes chômeurs pour les conduire. Tu vois que j’y ai pensé !… Pour ramasser tous les débris verts jetés partout en Algérie.

        Et puis de toute manière, si par miracle on m’accorde une concession de terre et que tu refuses de t’engager dans l’aventure, eh bien je refuserai !… Car ta contribution est trop précieuse pour la dilapider.

        Et pour conclure, plus j’y pense à cette concession, plus si par miracle on me répond, tu seras associé de force dans le projet, au risque de te mettre un fusil sous la tempe…

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