Agriculture algérienne : Tributaire des aléas climatiques et peu modernisée

Révélées et structurées dès la fin du 19ème siècle selon le modèle français, soit aux premières décennies de la colonisation, les potentialités agricoles du territoire algérien occupent une place centrale dans les politiques de développement économique du pays mais elles demeurent confrontées à des contraintes non moindres.

Plus vaste pays d’Afrique avec 238 millions d’hectares, mais la surface agricole utile (SAU) n’est que de 8,5 millions ha, soit 3,5% seulement de la superficie totale du pays. Alors que, à titre indicatif, la France dont le territoire représente ¼ de cette superficie seulement en dispose d’une SAU de 29 millions ha. Lequel indice reflète les limites de l’agriculture algérienne en dépit de toute l’importance des efforts consentis par les pouvoirs publics depuis le début des années 2000 pour donner un nouvel essor au secteur agricole. Avec un taux de croissance annuelle moyenne de 13%, participant à hauteur de 11% au PIB (produit intérieur brut) et employant 20% de la population active, l’agriculture algérienne occupe une place prépondérante dans l’équilibre socioéconomique du pays. Néanmoins, les contreperformances qui caractérisent les filières stratégiques hissent ce pays au rang du principal importateur de produits agricoles en Afrique et dans le bassin méditerranéen.

Le premier facteur de blocage qui freine l’élan du secteur agricole en Algérie est d’ordre naturel. Malgré son étendue, le territoire de ce pays est de nature désertique dans sa plus grande part. Le Sahara en représente en effet 84% du territoire. Le climat qui y sévit est donc semi-aride à aride avec une pluviométrie qui oscille entre 500 et 800 mm/an à travers les régions à potentialités agricoles. Les périmètres d’irrigation étant encore limités, avec moins d’un million d’hectares à la fin 2014, l’agriculture algérienne se pratique dans sa majorité en sec. Outre la modernisation des techniques culturales qui fait défaut, la mécanisation, elle aussi, est à un stade quasi embryonnaire. En conséquence, les rendements demeurent très en-deçà des niveaux moyens enregistrés par les pays de même rang que l’Algérie à travers le monde. Pour les céréales, la filière peine à dépasser la moyenne de 17 quintaux/hectare. Pour la production laitière, les rendements sont de moins de 15 litres/vache/jour.

Des aides à l’importation

Ce n’est que ces 10 dernières années que les politiques publiques accentuent les efforts, tant financiers que techniques pour inciter les agriculteurs à développer les performances de leurs exploitations. Des subventions importantes sont ainsi allouées aux agriculteurs pour leur permettre d’introduire des équipements modernes et d’améliorer leurs rendements. Un plan quinquennal pour la période 2015-2019 est ainsi mis en œuvre avec une mobilisation budgétaire de 15 milliards d’euros, soit 3 milliards €/an sous forme de subventions au profit des agriculteurs pour l’acquisition de nouveaux équipements, le renouvellement des cheptels bovins à travers l’importation de vaches laitières de races à forts rendements ou de bovins de boucherie de qualité supérieure. Les pouvoirs publics incitent également les exploitants agricoles à nouer des partenariats avec des coopératives agricoles et agriculteurs étrangers dans le but de s’imprégner de leur savoir-faire et d’introduire des techniques culturales modernes. C’est dans ce sillage d’ailleurs que de nombreux accords de coopération ont été signés entre des exploitants algériens avec leurs homologues français, notamment dans les domaines de la production laitière, les céréales et l’amélioration des semences.

En revanche, la taille des exploitations agricoles en Algérie représente une autre contrainte qui rend difficile l’aboutissement des programmes de modernisation et d’amélioration des rendements. Avec 75% des exploitations ayant une superficie moyenne de moins de 5 hectares, l’agriculture algérienne est dominée par la petite exploitation, ce qui ne permet pas la rentabilisation des investissements engagés dans l’équipement.

Outre les cultures céréalières qui occupent 3,3 millions hectares chaque année, le maraichage, l’élevage ovin et bovin, les filières arboricoles et viticoles renferment des potentialités importantes. Les agrumes, l’oléiculture et la phœniciculture (palmier-dattier) occupent une place importante dans le système de production agricole en Algérie, avec des rendements annuels moyens respectifs de 200 000 tonnes pour tous types d’agrumes, 500 000 tonnes pour les olives et 600 000 tonnes de dattes dont près de 50% destinés à l’exportation. Pour la viticulture, bien qu’elle soit dominée par la production du raisin de table au détriment de raisin de cuve après le net recul de la production du vin, la filière est forte avec une production annuelle moyenne de 250 000 tonnes…Lire la suite sur www.revenuagricole.fr

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